Si on avait l'habitude de voir du sang à l'hôpital dans les précédentes saisons, on en verra beaucoup à l'extérieur cette année, tant certaines scènes sont violentes.

Trauma en plein chaos

Coups de feu, kidnappings, assassinats: la saison cinq de Trauma ne fait pas dans la dentelle. «On est toujours dans l'urgence du moment», affirme Fabienne Larouche, avec l'intention de ne laisser aucun répit aux fidèles de la série, de retour pour 12 épisodes le mercredi 15 janvier à 21h sur ICI Radio-Canada Télé.
Selon elle, «les téléspectateurs n'en ont jamais assez et sont capables d'en prendre». On le comprend dès les premières secondes de la saison, lorsque Julie Lemieux (Isabel Richer) tente d'échapper à des méchants qui la poursuivent. En Haïti, où elle a enfin retrouvé Sophie (Laurence Leboeuf), elle se sent loin de chez elle, constamment traquée. «Les médecins, ça vaut de l'or pour les trafiquants», explique l'auteure et productrice.
Si on avait l'habitude de voir du sang à l'hôpital dans les précédentes saisons, on en verra beaucoup à l'extérieur cette année, tant certaines scènes sont violentes. Le beau Malik de Sophie Paquin, l'acteur Danny Blanco Hall, devient ici un trafiquant capable des pires cruautés pour qu'on le soigne de son cancer, tenant en otage Julie et Sophie.
Cette incursion en Haïti est tout sauf une publicité touristique, au moment où l'on tente de relancer cette industrie là-bas. Mais autant Fabienne Larouche que le réalisateur François Gingras plaident qu'il y a réellement des endroits en Haïti où les Blancs ne sont jamais en sécurité. Outre de véritables prises de vue du pays, l'équipe n'a envoyé aucun acteur là-bas et a tourné la majorité des scènes au Québec, mais vous n'en verrez rien, tant l'illusion est parfaite.
Bien que les cinq premiers épisodes se déroulent beaucoup en Haïti, on ne délaisse pas pour autant l'hôpital de Saint-Arsène, où c'est aussi le chaos. Quand une jeune patiente (Mirianne Brûlé) arrive, enflée de partout et les organes génitaux ensanglantés, on conclut à un viol. Il se trouve que son copain (Frédéric Lemay), principal suspect, est le fils du doyen de la faculté de médecine, un avocat réputé (Gildor Roy), assez pour que la directrice de l'hôpital veuille le protéger de la police.
Diane Hevey (Pascale Montpetit) n'a d'ailleurs jamais aussi bien porté son nom. Elle se voit cette fois offrir 200 000 $ pour conclure un marché avec le crime organisé. L'enjeu : un traitement V.I.P. pour certains patients. Du côté de Pierre Meilleur (James Hyndman), qui doit bientôt se marier, sa blonde Véronique réussit à trouver la trace de son frère Raymond (Michel Laperrière), dans l'espoir de réunir la famille. «Moi, je sauve des vies, lui, y'é prend!» réplique Meilleur, furieux en l'apprenant. Qu'a-t-il voulu dire?
En visionnant les deux premiers épisodes, j'ai eu l'impression qu'on étirait encore un peu plus l'élastique de notre naïveté. La psy de l'hôpital (Cynthia Wu-Maheux) en mène un peu trop large, jouissant même du privilège de faire attendre la police. Le cas de Laprade (Luc Guérin) m'ennuie et j'ai hâte qu'on aboutisse avec ce personnage, qui continue d'empoisonner l'existence de Meilleur.
Patrick Labbé et Normand Daneau apparaîtront au fil des épisodes. Après Martha Wainwright, au tour de Coeur de pirate, une bonne prise, d'interpréter les chansons incluses dans la série. Déjà confirmée pour une sixième saison l'an prochain, Trauma aura de gros compétiteurs le mercredi soir, TVA ayant logé à 21h Les beaux malaises de Martin Matte et Un sur 2.