La Sûreté du Québec a remis son rapport d'enquête sur la tragédie de L'Isle-Verte, où l'incendie d'une résidence pour aînés avait fait 32 victimes, en janvier dernier.

Tragédie de l'Isle-Verte: une enquête qui ravivera de tristes souvenirs

L'enquête publique du coroner Cyril Delage sur l'incendie mortel survenu à L'Isle-Verte le 23 janvier s'ouvre ce matin au palais de justice de Rivière-du-Loup. Pour plusieurs résidents de la région, les prochains jours raviveront de douloureux souvenirs de cette funeste nuit où 32 aînés ont péri dans le brasier de la Résidence du Havre de L'Isle-Verte, au Bas-Saint-Laurent.
«On a beaucoup parlé de ça, on a voulu oublier ça et là, ça recommence, commente Viateur Grand'Maison, originaire de L'Isle-Verte. On retombe là-dedans.» Selon lui, il est triste de placer certaines personnes au banc des accusés. «Le monsieur qu'on dit qu'il a fumé dans sa chambre, il a une famille, souligne-t-il, en ajoutant que c'est le cousin de sa mère. C'est comme si le monde croyait qu'il est le coupable. Pour le fils de ce monsieur-là, c'est terrible!»
Il croit tout autant injuste de jeter le blâme sur les pompiers. «Les pompiers, ils ont fait de leur mieux, croit Viateur Grand'Maison qui précise, du même souffle, que le chef pompier du service des incendies de L'Isle-Verte, Yvan Charron, est l'un de ses amis. Même s'il avait demandé plus de renfort, il était trop tard. Ce sont des pompiers volontaires. Ils ne sont pas trop formés. Je connais la plupart des pompiers et je sais qu'ils ont fait pour le mieux. Yvan disait qu'il avait essayé de sauver le plus de vies possible. Il est rentré à l'intérieur. Il aurait pu y rester! Je suis convaincu de la bonne foi des gens qui étaient là.»
Un chauffeur de taxi de Rivière-du-Loup, qui ne savait pas que les audiences de la commission d'enquête débutaient ce matin dans sa ville, abonde dans le même sens. «Ce ne sera pas drôle du tout, appréhende-t-il. Les gens qui vont venir témoigner, c'est du monde qui se connaît!»
Néanmoins, Viateur Grand'Maison salue la tenue de cette commission d'enquête qui tentera de faire la lumière sur les véritables causes du terrible sinistre. «Ça va être fait par des professionnels, des avocats qui connaissent leur affaire», estime-t-il.
Les audiences publiques débuteront ce matin dès 9h au palais de justice de Rivière-du-Loup, pour se poursuivre demain et mercredi. Elles reprendront par la suite les 24, 25 et 26 novembre. Des dates supplémentaires pourront s'ajouter si nécessaire. Il y aura ensuite publication d'un rapport qui aura pour objectif de formuler des recommandations, s'il y a lieu, visant la protection de la vie humaine.