L'Agence des services frontaliers du Canada a détenu 9929 personnes pour une durée moyenne de 19 jours en 2011-12.

Trafic de drogue : oui à 12 ans de prison, non au prélèvement d'ADN

Douze ans de pénitencier? Pas de problème. Interdiction de port d'arme à perpétuité? Oui, monsieur le juge. Mais un prélèvement d'ADN? «Ça me tente pas de me faire piquer! Avec ça, l'ADN, même si tu changes de face et de nom, ils peuvent te retrouver pareil!»
Le trafiquant de drogue Alexis Audet, chef d'un important réseau de vente de cocaïne à Québec et dans l'est de la province, a plaidé coupable, mercredi, à des accusations de complot, de trafic et de gangstérisme.
Détendu et affichant un sourire moqueur dans le box des accusés, le grand gaillard de 38 ans a changé d'expression lorsque le procureur de la Couronne a évoqué le prélèvement d'ADN, obligatoire pour certaines infractions criminelles. «Ils peuvent donner ton ADN à tous les pays du monde entier!», protestait le trafiquant, qui souhaitait visiblement garder toutes les portes ouvertes pour le futur et a demandé à son avocat de récupérer son passeport.
Alexis Audet a été arrêté en même temps qu'une centaine de personnes le 1er novembre 2012 dans le cadre d'une vaste opération antidrogue à travers le Canada.
Cette frappe avait fait tomber un consortium formé de membres des Hells Angels, du Gang de l'ouest et de gangs de rue qui s'étaient regroupés pour importer des stupéfiants. Ils les revendaient ensuite à différents trafiquants, comme Alexis Audet.
Des chambres d'hôtel dans la région de Montréal servaient de cache de drogue à Audet et ses complices.
«Sommes astronomiques»
Les courriers et les clients venaient s'approvisionner directement dans les chambres d'hôtel. Audet n'a été vu sur place que deux ou trois fois, mais des textos envoyés sous son pseudonyme de «Harry» ou «Le Grand» l'ont incriminé, en plus, élément essentiel, du travail d'un agent civil d'infiltration.
Au total, la cellule gérée par Alexis Audet aurait vendu en seulement quatre mois 90 kg de cocaïne et récolté quatre millions de dollars, des «sommes astronomiques», commente le procureur de la Couronne, Me Marc Gosselin.
L'avocat de Audet, Me Serge Matte, a souligné que son client, un père de quatre enfants au passé judiciaire jusque-là plutôt mince, a choisi de plaider coupable «pour mettre un trait sur cette aventure-là».
Le juge Alain Morand a accepté d'imposer la peine de 12 ans suggérée par les parties, une des plus sévères depuis belle lurette à Québec pour trafic de drogue. En soustrayant la détention provisoire, il lui reste 10 ans et huit mois à purger.