Toutes les capsules historiques de Louis-Guy Lemieux

Vous retrouverez ci-après toutes les capsules historiques que notre journaliste Louis-Guy Lemieux a rédigées au cours de la dernière année au sujet des 400 ans de la ville de Québec.
Quebec en 1608
Le 3 juillet n'est pas le jour anniversaire de la ville de Québec pour rien. C'est bien le 3 juillet, 1608, que Samuel de Champlain arrive à Québec avec une équipe d'ouvriers spécialisés.
Son commanditaire, Pierre Du Gua de Monts, l'a chargé de construire rapidement un poste de traite. Il avait déjà repéré le site près de l'eau, au pied du Cap aux Diamants. « l'Abitation » de Québec est à la fois une petite forteresse, un comptoir de traite et une maison.
Il écrira plus tard: « Je cherchai lieu propre pour notre Abitation, mais je n'en pus trouver de plus commode, ni mieux situé que la pointe de Québec, ainsi appelée des Sauvages, laquelle était remplie de noyers et de vignes. Aussitôt, j'employai une partie de nos ouvriers à les abattre pour y faire notre Abitation. »
Selon l'historien Torontois Joe C. W. Armstrong, ce 3 juillet 1608 est la date la plus importante dans l'histoire de la colonisation française en Amérique. En plus de marquer la fondation de la ville de Québec, elle marque les débuts du Canada en tant que nation.
L'historien Armstrong ajoute: « Son fondateur n'est pas encore conscient de l'importance historique du geste qu'il pose, mais il vient de créer la plus ancienne colonie à avoir survécu en Amérique du Nord. »
Champlain arrive de loin. Quatre ans plus tôt, en 1604, il a exploré l'Acadie avec Pierre Du Gua de Monts. Il a tenté de fonder deux colonies. La première sur l'île Sainte-Croix et la seconde à Port Royal. Ce sera deux échecs cruels.
La sagesse populaire dit qu'un grand malheur est souvent suivi d'un grand bonheur. Ce sera le cas de la ville de Québec. Champlain eut l'intelligence de comprendre que l'avenir de la colonie française en Amérique se trouvait dans la vallée du Saint-Laurent, avec ses eaux poissonneuses, ses forêts giboyeuses et ses terre fertiles. Du Gua de Monts voulait un simple poste de traite pour les fourrures. Champlain, lui, rêvait déjà d'une colonie de peuplement, c'est-à-dire d'une ville et d'un nouveau monde.
Samuel de Champlain est né quelque part entre 1567 et 1570. Il vient de la Saintonge. La plupart des historiens le font naître à Brouage, en Charente-Maritime. Il n'exercera qu'un seul métier celui de marin.
Le grand rêve du fondateur de Québec aurait pu ne jamais se réaliser. Quelques mois après son arrivée à Québec, et alors qu'il s'affaire à la construction de l'Abitation, quelques-uns de ses ouvriers ourdissent un complot pour l'assassiner et vendre l'Abitation aux Basques qui font de la traite à Tadoussac. Les jours de Champlain sont comptés. Heureusement pour lui et pour nous, un délateur, Antoine Nantel, vend la mêche. Les séditieux sont arrêtés et rapidement jugés. Le serrurier Jean Duval, le chef du complot, est « pendu et étranglé audit Québec, et sa tête mise au bout d'une pique pour être plantée au lieu le plus éminent de notre fort », écrira plus tard Champlain dans ses récits de voyages. Les autres comploteurs sont rapatriés en France pour y être jugés.
(Sources: Nos Racines et Histoire populaire du Québec de Jacques Lacoursière; Champlain, de Raymonde Litalien et Denis Vaugeois; Samuel de Champlain, de Joe C. W. Armstrong).
Québec en 1609
Le chef algonquin Iroquet rencontre Champlain à Québec. Il lui demande de se joindre aux Algonquins, aux Hurons et aux Montagnais pour faire la guerre aux Iroquois. Champlain accepte. Cette rencontre historique fera la fortune de Québec qui deviendra rapidement le centre de la lucrative traite des fourrures.
À Ticonderoga, c'est le choc avec les Iroquois. Champlain charge son arquebuse et fait feu. Il tue sur le coup deux chefs iroquois. Les guerriers iroquois ne connaissaient pas encore les armes à feu. Ils se débandent. C'est la première participation française à une guerre indienne.
Selon l'historien Marcel Trudel, le grand résultat de la bataille fut d'assurer aux Français l'amitié des trois nations indiennes qui contrôlaient la route des fourrures.
Québec en 1610
Après la grande victoire de Ticonderoga sur les Iroquois, en 1609, Champlain est rappelé à Paris par son patron, Dugua de Mont. Cela tombe bien, Il veut se marier.
Il arrive à Paris en 1610. Elle s'appelle Hélène Boullé. Elle a 12 ans. Trente ans de moins que son mari.
Hélène de Champlain viendra vivre quatre ans dans l'Abitation de Québec, entre 1920 et 1924. Il semble que l'amour était impossible entre Hélène et Samuel. Elle a le mal du pays. Elle ne peut s'adapter à la Nouvelle-France.
Pendant les quatre longues années qu'elle vivra à Québec, Hélène trompera son malheur en secondant Marie Rollet, la femme du premier colon Louis Hébert, qui aide les enfants amérindiens.
De retour en France, elle aura la qualité de s'occuper avec compétence des affaires de son mari.
Québec en 1611
Champlain n'est pas explorateur pour rien. Il a un gros côté aventureux. Pour impressionner les Indiens venus faire la traite et au risque de sa vie, il descend en canot les rapides de Lachine.
À Québec, les gens accueillent avec chaleur le coureur des bois Étienne Brûlé de retour d'un séjour d'une année chez les Indiens. Étienne Brûlé est l'un des premiers colons à pouvoir traduire les langues indiennes. Ce sera un énorme avantage pour les fondateurs et les premiers missionnaires.
Champlain accueille le chef algonquin Iroquet et le chef Huron Outchetaguin, au large de Québec, par une salve d'honneur d'arquebuses, de mousquets et de petits canons ainsi que par deux saluts des 13 pinasses (bateaux à fond plat) qui étaient arrivées pour faire la traite des fourrures.
Québec en 1612
Louis XIII désigne Charles de Bourbon, comte de Soissons, pour agir comme son lieutenant général en Nouvelle-France. Celui-ci a le monopole de la traite des fourrures au-dessus de Québec pour une période de 12 ans. Champlain devient son lieutenant et l'homme le plus important dans la colonie.
Dans sa commission, Charles de Bourbon lui ordonne, selon l'historien Marcel Trudel que cite Jacques Lacoursière, « d'aller se loger, avec tous ses gens, au lieu appelé Québec (...) et autres endroits que le dit sieur de Champlain avisera bon être, y faire construire et bâtir tels autres forts et forteresses »
Il a aussi le devoir de trouver « le chemin facile pour aller au pays de la Chine et des Indes Orientales, de faire la recherche de mines de métaux précieux pour les exploiter. »
Québec en 1613
En janvier, Champlain obtient le privilège de publier ses Voyages. Il s'agit du récit de ses voyage de 1604 à 1612.
En novembre, à Paris, l'acte de constitution de la Compagnie des marchands est signée. Elle est composée de trois marchands de Saint-Malo et de trois marchands de Rouen. Champlain signe l'acte en tant que fondé de pouvoir du prince de Condé. La compagnie achète de Pierre Du Gua de Monts le poste de Québec pour la somme de trois mille neuf cents livres tournois. Du Gua de Monts entre dans la compagnie pour une somme de trois mille livres et Champlain, pour mille huit cents livres.
Champlain plante une croix aux armes de la France sur l'île aux Allumettes. Ce qui fait dire à l'historien Marcel Trudel que, dorénavant, « la route française de l'Ouest de l'Amérique est inaugurée ».
Québec en 1614
Fin mars, la Compagnie des marchands de Rouen et de Saint-Malo, connue aussi sous le nom de Compagnie de Champlain, précise ses règles de fonctionnement. La durée de l'entente sur les droits de traite des fourrures est de onze ans.
En retour, la compagnie a des obligations strictes: verser au vice-roi mille écus par an; établir au pays (la Nouvelle-France) six familles chaque printemps; payer un salaire à Champlain et lui fournir, pour chaque bateau de traite, quatre hommes avec liberté de les employer aux travaux du poste ou à l'exploration du pays.
À Paris, les parents d'Hélène Boullé veulent déshériter leur fille pour mauvaise conduite. Champlain prend la défense de sa femme et les parents reviennent sur leur décision.
Québec en 1615
De retour au pays après une absence de quelques mois, Champlain amène avec lui quatre Récollets. Il leur fait immédiatement construire un logement et une chapelle. Il se nomment Jean Dolbeau, Joseph Le Caron, le frère Pacifique Duplessis et le supérieur Denis Jamet. Le 25 juin, le père Dolbeau célèbre la première messe à Québec.
De Québec, le récollet Denis Jamet signe une relation adressée au cardinal François de Joyeuse dans laquelle il vante les « belles et bonnes terre du Canada ». Par contre, il est scandalisé par les moeurs des Amérindiens et leur cruauté envers leurs ennemis.
« D'arrivée, écrit-il, les femmes (Algonguines) lui enlevèrent la peau de la tête ( au prisonnier iroquois), la laissant pendre arrière, et lui couvrirent le chef écorché de cendre brûlante. »
Québec en 1616
À Québec, le supérieur récollet Le Caron et Champlain font agrandir l'Abitation et couper le blé.
Champlain part pour la France avec les récollets Denis Jamet et Le Caron. Ils vont se plaindre auprès du roi contre la Compagnie des marchands de Rouen et de Saint-Malo dont les agents dans la colonie seraient une entrave au travail des missionnaires récollets. La même année, Champlain est maintenu dans ses fonctions, malgré un accusation d'avoir profité de sa position pour s'enrichir. L'accusation ne sera jamais prouvé. Champlain était indépendant de fortune.
Le même Champlain passe proche de laisser sa vie dans l'État de New York. Il est blessé de deux flèches iroquoises. Il est transporté à dos d'homme dans un panier par les Hurons, « comme un petit enfant en son maillot » Il s'en sort somme d'habitude.
Québec en 1617
Le 6 mars, Louis Hébert loue ses services à la Compagnie du Canada « pour habiter avec ma famille, deux filles et un fils, avec un homme que je mène avec moi nommé Claude Rollet (son beau-frère), audit pays du Canada, et, pendant les deux premières années, travailler à tout ce que me commanderont ceux qui auront charge de ladite compagnie à Québec, pour le service d'icelle et, lorsqu'il ne s'offrira affaire méritant s'y occuper, lesdits commis de Québec me donneront licence de défricher, labourer et améliorer les terres dudit pays... »
Le provincial des récollets, en France, écrit au pape Paul V pour demander que la mission de la Nouvelle-France lui soit confiée en exclusivité. Il ne sait pas que , déjà, les Jésuites ont des plans au sujet de la Nouvelle-France.
Les Jésuites arriveront en 1925.
Québec en 1618
Champlain voit grand. Il présente son programme au roi: faire de Québec le lieu de perception de la douane sur la route de la Chine et des Indes, établir une grande ville sur les bords de la rivière Saint-Charles et la baptiser Ludovica en l'honneur du roi Louis XIII.
Dès cette année-là, il établit sur le futur site de Ludovica le couvent des Récollets et pour la défense de la ville fait construire le fort Saint-Louis sur le cap, à proximité de l'actuel Château Frontenac.
Ludovica demeurera une belle utopie mais ce sera la première grande vision d'une politique de colonisation pour la Nouvelle-France.
À Paris, la Chambre de commerce, poussée par Champlain, demande au roi de fournir des moyens de faire passer 300 familles par année, en Nouvelle France, avec outils et bétails, et de financer l'envoi de 300 soldats.
(Source: Jean-Marie Lebel, Cap-aux-Diamants, hors série 2005; Dictionnaire biographique du Canada).
Québec en 1619
Champlain présente une requête au Conseil d'État concernant la constestation de son autorité sur l'Abitation de Québec par des marchands de Saint-Malo et de Rouen. Les associés veulent restreindre les activités de Champlain à l'exploration du territoire et confier le gouvernement de Québec à Gravé Du Pont. Champlain refuse. Le Conseil d'État lui donnera raison sur toute la ligne.
Le frère récollet Pacifique Duplessis meurt à Québec en août. Il est le premier missionnaire à mourir au pays.
Champlain obtient un privilège pour la publication d'un nouveau récit de voyages.
Il reçoit au début de la même année la balance de sa dot, soit 1 500 livres.
(Sources Dictonnaire biographique du Canada (DBC)).
Québec en 1620
Les travaux de construction du fort Saint-Louis sur le promontoire qui domine la basse-ville seront bientôt terminés.
En mai, Champlain reçoit une lettre du roi lui demandant de maintenir la colonie en « mon obéissance, faisant vivre les peuples qui y sont le plus conformément aux lois de mon royaume que vous pourrez ».
L'une des filles de Louis Hébert et de Marie Rollet donne naissance au premier enfants à survivre dans la colonie.
Arrivée à Québec de Champlain, de sa femme, Hélène Boullé, de leurs trois domestiques, ainsi que du récollet Le Baillif, après une traversée difficile. La jeune femme met les pieds en Nouvelle-France pour la première fois, dix ans après son mariage à Paris.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière, Chronologie du Québec, de Jean Provencher).
Québec en 1621
Champlain procède à la nomination des premiers officiers de justice au Canada. Louis Hébert devient procureur du roi; Gilbert Courseron, lieutenant du prévôt et un nommé Nicolas, greffier de la juridiction de Québec.
Le Récollet Denis Jamet bénit le couvent de sa communauté à Notre-Dame-des-Neiges, sur les bords de la rivière Saint-Charles. Il bénit aussi le mariage de Guillemette Hébert, la fille de Louis Hébert. En outre, il baptise « le premier Canadien de naissance », Eustache Martin, fils d'Abraham Martin et de Marguerite Langlois.
Champlain fait signer une pétition à tous les Francais de la colonie, pétition qui sera présentée au roi. Elle demande notamment l'exclusion des Huguenots de la colonie, ainsi que la fondation d'un séminaire pour accueillir 50 jeunes Amérindiens.
Québec en 1622
Des Iroquois lancent une attaque contre les Français et les Montagnais sur la rivière Saint-Charles près de Québec. Ils sont repoussés avec pertes. Les Iroquois veulent négocier la paix. Champlain les reçoit à Québec et il convainct les Amérindiens alliés de déléguer en Iroquoisie quatre des leurs en signe de bonne volonté.
Le Montagnais Miristou, fils du chef Anadabijou, reçoit la dignité de chef, grâce à l'appui de Champlain qui l'avait convaincu, avec 30 des siens, de s'établir sur des terres près de Québec et de les cultiver.
Les compagnies des de Caen et de Gravé du Pont fusionnent pour devenir la Compagnie de Montmorency. Ils ont le monopole total de la traite des pelleteries et autres marchandises partout en Nouvelle-France.
Québec en 1623
Québec se développe lentement mais sûrement. Quelques colons vivent sur « les hauteurs », d'autres dans la partie basse près du fleuve. Cette année-là, Champlain fait construire un petit chemin pour relier les deux parties. Le sentier part de l'Abitation et grimpe juisqu'au fort Saint-Louis. Ce sera la future côte de la Montagne. L'hiver précédent, une soixantaine de personnes, dont des femmes et des enfants, ont hivernées à Québec. Champlain dresse les plans d'une nouvelle habitation plus spacieuse, plus facile à chauffer l'hiver et plus adaptée à la guerre contre les Iroquois. La colonie prend forme.
Louis Hébert est confirmé dans la propriété de sa terre qui sera connue plus tard sous le nom de fief du Sault-au-Matelot.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1624
En présence de Champlain, plusieurs nations, dont les Montagnais et les Iroquois signent un traité de paix. Cette paix durera trois ans.
Le récollet Paul Huet baptise Marguerite, fille d'Abraham Martin. Champlain pose la première pierre de la nouvelle habitation.
Champlain va en France présenter à Louis XIII et à son conseil la situation de la colonie. Sa femme, Hélène Boullé l'accompagne. Elle ne reviendra jamais en Nouvelle-France
Le récollet Le Baillif présente à Louis XIII le dictionnaire des langues huronne, algonquine et montagnaise, rédigé par le récollet Le Caron.
Le jésuite Charles Lalemant devient le premier supérieur des Jésuites de Québec, poste qu'il occupera jusqu'en 1629.
(Sources: Histoire populaire du Québec de Jacques Lacoursière).
Québec en 1625
Appelés à la rescousse pour l'évangélisation des Amérindiens, cinq missionnaires jésuites arrivent à Québec.
Henri de Lévis, duc de Ventadour, en faveur de qui Montmorency se départit de son titre de vice-roi de la Nouvelle-France, confirme Champlain dans son poste de lieutenent de la Nouvelle-France. Ses pouvoirs comprennent toujours la recherche de la route vers la Chine, l'évangélisation des Indiens et la tâche de supprimer la contrebande des fourrures.
Au Sault-au-Récollet, le récollet Nicolas Viel est tué et jeté à l'eau par des Indiens. Le corps du religieux fut repêché quelques jours plus tard et inhumé à Québec devant toute la colonie réunie. Ses contemporains n'hésitent pas à proclamer le père Viel « premier martyr de la foi au Canada ».
(Sources Jean-Marie Lebel, dans un no hors série 2005 de Cap-aux-Diamants; Jacques Lacoursière dans Histoire populaire du Québec).
Québec en 1626
Armand-Jean Du Plessis, cardinal de Richelieu, alors âgé de 39 ans, prend la direction des affaires de France. Il s'intéresse de très près à la Nouvelle-France. Il se fait nommer « grand-maître, chef et surintendant-général de la navigation et commerce de France. Tous ces titres pour bien montrer qu'il prend la direction des affaires coloniales, dont celles de la Nouvelle-France. Il obtient la démission du duc de Ventadour comme vice-roi de la Nouvelle-France.
De retour à Québec, Champlain constate que les travaux d'agrandissement de l'habitation n'ont pas avancé depuis son départ.
Il décide de s'en occuper lui-même et bientôt l'habitation est complétée. De plus, il fait construire un édifice plus imposant à la place du fort Saint-Louis.
(Sources: Histoire populaire du Québec de Jacques Lacoursière).
Québec en 1627
La Nouvelle-France compte un peu moins de 100 habitants, dont moins d'une douzaine de femmes.
Le cardinal Richelieu abolit la Compagnie de Caen pour lui substituer la Compagnie des Cent-Associés. La nouvelle compagnie doit dorénavant travailler au peuplement de la colonie. Elle y verra car, en quelques mois, 300 nouveaux colons débarquent à Québec.
Un décret royal réserve la Nouvelle-France aux seuls catholiques; on tolérera un petit nombre de protestants, mais les cérémonies religieuses seront interdites.
La Compagnie des Cent-Associés reçoit tout le territoire compris entre la Floride et le cercle Arctique, de Terre-Neuve aux Grands Lacs. Elle monopolisera la traite des fourrures sur ce territoire pendant 15 ans, à compter du 1er janvier 1628
(Sources: Chronologie du Québec de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec de Jacques Lacoursière)
Québec en 1628
Une terrible famine éprouve la colonie, cette hiver-là. Les colons souffrent. Ils ne perdent pas espoir cependant car des boeufs et des charrues sont arrivés d'Europe. Le travail de la terre sera moins pénible. C'est Guillaume Couillard, à Québec, qui sera le premier « à entamer la terre avec le soc et les boeufs ».
Les Montagnais offrent à Champlain trois jeunes filles de 11, 12 et 15 ans. Elles recoivent les noms de Foi, Espérance et Charité. La plus jeune retourne dans son village quelque temps plus tard, mais les deux autres s'installent au fort Saint-Louis. Le fondateur les regardera comme ses propres filles.
Des Basques arrivent à Québec avec la sommation des frères Kirke de rendre la place. Champlain refuse, même s'il ne reste que 50 livres de poudre à canon et que les habitants ne disposent que de 7 onces de pois par jour.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1629
Annus horribilis pour la ville de Québec. Les cinq frères Kirke (David, Lewis, Thomas, John et James), des corsaires au service de marchands britanniques, s'emparent de la colonie par la force. Champlain doit capituler la mort dans l'âme. Il quitte le pays pour la France avec tous les administrateurs, 60 des 80 colons, de même que les Récollets et les Jésuites.
Les premières familles françaises les plus enracinées, les Hébert, les Couillard, une vingtaine de colons en tout, décident de demeurer au pays. Mais ils ne se mettent pas au service de l'occupant anglais. Leur dignité impressionera les frères Kirke. Plus tard, l'histoire les retiendra comme des colons enracinés et courageux.
Quand, en 1632, le traité de Saint-Germain-en-Laye redonnera la Nouvelle-France aux Français, Champlain reviendra accompagné de plus de deux cents colons. Il faut tout reconstruire. Ils reconstruiront.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1630
Les frères Kirke entretiennent 200 hommes dans la vallée du Saint-Laurent et font explorer le territoire « 4000 lieues » à l'intérieur, selon Jacques Lacoursière qui cite le Dictionnaire biographique du Canada (DBC).
Champlain est persuadé qu'il reviendra à Québec et que la France reprendra la Nouvelle-France. Il présente à Louis XIII un appel qui reprend les arguments de son document de 1618. Il ajoute un nouveau point: obliger les Français « à la culture de la terre, avant toutes choses, afin qu'ils aient sur les lieux le fondement de la nourriture, sans être obligés de la faire apporter de France ».
Le fondateur est tellement convaincu de son retour prochain à Québec qu'il vend les deux maisons qu'il possède dans son village natal de Brouages.
Québec en 1631
C'est Lewis Kirke qui devient commandant du poste de Québec. Il envoit des soldat pour protéger la chapelle des missionnaires ainsi que la maison de Marie Rollet, veuve de Louis Hébert.
Si la plupart parmi la vingtaine de colons qui demeurent à Québec gardent leurs distances face à l'occupant et continuent de vivre en français. une poignée de colons épousent ouvertement la cause des Kirke. Parmi eux, deux coureurs des bois, Étienne Brûlé et Nicolas Marsolet, et un charron, Pierre Raye. Ces traitres avaient déjà, par leur conduite, scandalisé les autres membres de la colonie. Ils mangeaient de la viande les vendredis et samedis, jours d'abstinence pour les catholiques. Ils se livraient, de plus, « à des débauches et des libertinages désordonnés ».
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1632
Le 29 mars, un accord intervient entre l'Angleterre et la France à Saint-Germain-en-Laye. Guillaume de Caën doit se rendre à Québec présider à la remise du fort et de l'Abitation. Son frère Émery de Caën obtient le commandement de Québec. Il arrive sur place en compagnie de trois Jésuites et d'une quarantaine d'hommes. Le père Paul Le Jeune raconte avec tristesse le spectacle qu'il a sous les yeux: « Nous vîmes au bas du fort la pauvre habitation de Québec toute brûlée. Les Anglais qui étaient venus dans ce pays-ci pour piller et non pour édifier, ont brûlé, non seulement la plus grande partie du corps de logis que le père Charles Lalemant avait fait dresser, mais encore toute cette pauvre habitation; cela incommode fort les Français qui ne savent où loger.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1633
Champlain avait été écarté par les de Caën du voyage de 1632. Il revient, en force, en mars de l'année suivante. Il devient à nouveau lieutenant de la Nouvelle-France et représentant de Richelieu dans la colonie. Ses trois navires, le Saint-Pierre, le Saint-Jean et le Don-de-Dieu arrivent à Québec le 22 mai. Ils transportent plus de 200 personnes exerçant tous les métiers utiles.
La tâche la plus urgente est de reconstruire le magasin de Québec sur les ruines de l'Abitation. Il ajoute trois ou quatre pièces de canon.
Pour remercier Dieu d'avoir redonné la Nouvelle-France à la France, Champlain fait construire aux frais de la Compagnie des Cent-Associés une petite chapelle qui prendra le nom de Notre-Dame-de-la- Recouvrance
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1634
La Compagnie de la Nouvelle-France concède à Robert Giffard une seigneurie d'« une lieue de terre à prendre le long de la côte du fleuve Saint-Laurent sur une lieue et demie de profondeur dans les terres, à l'endroit où la rivière appelée Notre-Dame-de-Beauport entre dans le dit fleuve, icelle rivière comprise ». En échange, Giffard doit recruter des colons et il lui est interdit de faire la traite des fourrures sur ses terres ni ailleurs en Nouvelle-France.
Arrivée à Québec de Jean Bourdon et de l'abbé Jean Le Sueur, abbé de Saint-Sauveur. Il s'agit du premier prêtre séculier dans les établissements du Saint-Laurent. Une paroisse de Québec rappelle son nom.
Champlain écrit à Richelieu pour lui dire que Québec se relève de ses ruines.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1635
La Compagnie de la Nouvelle-France concède à Abraham Martin 12 arpents de terre sur le promontoire de Québec.
Fondation du Collège des Jésuites, à Québec. Cette école primaire pour jeunes garçons est le premier collège digne de ce nom en Amérique du Nord.
Champlain est frappé de paralysie. Il a le temps de rédiger son testament et fait de la Vierge Marie son unique héritière. Le fondateur meurt, dans son lit, au fort Saint-Louis, le 25 décembre, jour de Noël. Le missionnaire jésuite Charles Lalemant l'assiste dans ses derniers moments. À la suite des funérailles de Champlain, le jésuite Paul Le Jeune produit « en présence du peuple rassemblé dans l'église » les lettres nommant Marc Antoine Bras-de-Fer de Chateaufort commandant intérimaire de la Nouvelle-France.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher
Québec en 1636
De retour au pays après une absence de quelques mois, Champlain amène avec lui quatre Récollets. Il leur fait immédiatement construire un logement et une chapelle. Il se nomment Jean Dolbeau, Joseph Le Caron, le frère Pacifique Duplessis et le supérieur Denis Jamet. Le 25 juin, le père Dolbeau célèbre la première messe à Québec.
De Québec, le récollet Denis Jamet signe une relation adressée au cardinal François de Joyeuse dans laquelle il vante les « belles et bonnes terre du Canada ». Par contre, il est scandalisé par les moeurs des Amérindiens et leur cruauté envers leurs ennemis.
« D'arrivée, écrit-il, les femmes (Algonguines) lui enlevèrent la peau de la tête ( au prisonnier iroquois), la laissant pendre arrière, et lui couvrirent le chef écorché de cendre brûlante. »
Québec en 1637
Charles Huault de Montmagny avait été nommé l'année précédente premier gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France. Champlain n'avait jamais porté officiellement le titre de gouverneur.
La population de la Nouvelle-France s'élève à 400 habitants. C'est peu comparé aux 2000 habitants de Boston, mais cela n'empêche pas le Jésuite Paul Le Jeune d'écrire dans ses Relations que Québec n'est plus, contrairement aux années 1620, « ce petit coin caché au bout du monde ».
Les Jésuites font installer devant l'église un carcan pour punir ceux qui sont trouvé coupables de blasphèmes, d'ivresse et de ne pas assister à la messe et aux services divins les jours de fête.
À Sillery, les Jésuites établissent une réserve pour accueillir les Indiens qui veulent se sédentariser.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1638
La compagnie de la Nouvelle-France concède aux hospitalières de Québec une lieue sur dix de terre à prendre le long du fleuve Saint-Laurent au-dessus ou au-dessous de Québec.
À Québec, l'esclave nègre Olivier Le Jeune est mis à la chaîne pour une période de vingt-quatre heures pour avoir calomnié Nicolas Marsolet. Bréhaut Delisle occupe le poste de juge.
La Compagnie de la Nouvelle-France concède aux Jésuites l'île aux Ruaux, située immédiatement à l'est de l'île d'Orléans.
À Québec, baptême du chef montagnais Negaramar, établi à Sillery. Il prend le nom de Noël, en l'honneur de Noël Brulard de Sillery.
À Paris, les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu négocient l'établissement d'un hôpital à Québec.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1639
Arrivée à Québec des Ursulines, financées par Mme de Chauvigny de la Peltrie. Elles s'établissent pour un temps à la basse-ville où elles fondent un « séminaire de filles ». Nouvellement arrivées elles aussi, les Hospitalières augustines fondent l'Hôtel-Dieu de Québec. Dès leur arrivée, elles soignent les Indiens victimes d'une épidémie de variole.
Guillaume Couillard se construit à Québec un moulin à farine. Le gouverneur Montmagny le nomme « commis pour la visite des terres ensemencées et victuailles des habitants »
Montmagny concède à Jean Bourdon un lopin de terre sur le côteau Sainte-Geneviève, terre que Bourdon occupait depuis son arrivée et qu'il avait nommé « terre Saint-Jean ».
(Source: Histoire populaire du Québec, de jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, e Jean Provencher)
Québec en 1640
Robert Giffard devient le premier médecin de l'Hôtel-Dieu.
Le gouverneur Huault de Montmagny fait jouer une tragi-comédie, dont on a oublié le titre et le nom de l'auteur, et où son secrétaire, Piraube, tient le premier rôle. C'est la première pièce de théâtre présentée en Nouvelle-France.
Un incendie détruit l'église de Notre-Dame-de-la-Recouvrance. Une chapelle temporaire est alors installée dans la maison de la Compagnie des Cent-Associés.
La même Compagnie de la Nouvelle-France concède à François de Chavigny de Berchereau et à son épouse Éléonore de Grandmaison, une maîtresse femme disent les chroniqueurs, des terres dans la ville et la banlieue de Québec, à Sillery, ainsi qu'une seigneurie située à 15 lieues de Québec, sur la rive nord du Saint-Laurent.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1641
Fort de l'appui des Hollandais de la région de New York et d'Albany qui leur fournissent des armes à feu, les Iroquois déclarent officiellement la guerre aux Français. Les Iroquois n'hésitent pas à faire des raids meurtriers jusque dans la région de Québec.
À la demande du gouverneur Montmagny et du jésuite Vimont, le jésuite Paul Le Jeune se rend en France, pour « le bien public et commun de la colonie », exposer au roi et à Richelieu la situation précaire de la colonie et demander du renfort. Thomas Godefroy de Normanville l'accompagne.
Les navires qui transportent Maisonneuve, Jeanne Mance et leur monde arrivent à Québec. Ils s'en vont fonder Ville-Marie qui deviendra Montréal. Ils séjournent longuement à Québec et chez les Jésuites de Sillery.
(Source: Dictionnaire biographique du Canada)
Québec en 1642
Selon des documents de l'Hôtel-Dieu de Québec, Marie Irwin, une jeune Écossaise dont la famille serait alliée par le sang à la reine Marie, d'Écosse, aurait séjourné toute l'année comme pensionnaire et novice à l'Hôtel-Dieu.
Le Jésuite Jean de Brébeuf revient à Québec après un séjour de sept ans en Huronie.
Le gouverneur Montmagny fait de fortes pressions sur Maisonneuve pour qu'il s'installe avec ses gens à Québec, plus précisément à l'île d'Orléans. Rien n'y fait. Maisonneuve préfère l'île de Montréal.
Naissance de Marguerite Bourdon, fille de Jean Bourdon, qui sera l'une des fondatrices de l'Hôpital-Général.
Les Ursulines aménagent dans leur nouveau monastère de la haute-ville qui est construit sur trois étages. Il fait 92 pieds de longueur et 28 pieds de largeur.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1643
Guillaume Couillard ouvre une fabrique de chaux ; son principal client est la Compagnie de la Nouvelle-France. Les maisons de Québec sont presque toutes en colombage pierroté et on fait venir des artisans de France pour les construire. On trouve sur place le sable, la brique et la chaux.
René Chartier de Lotbinière est nommé chapelain des Ursulines.
Le jésuite Vimont disculpe sa communauté accusé de faire la traite des fourrures. En cela, il a l'appui de la Compagnie de la Nouvelle-France. Deux nouveaux jésuites arrivent à Québec. Ils s'agit de Noël Chabanel et de Léonard Garreau. Les disciples d'Ignace de Loyola veulent faire de la Nouvelle-France une de leurs plus importantes terres de mission dans le monde.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1644
Le gouverneur Montmagny préside au fort Saint-Louis une assemblée des notables et de jésuites. Il vient d'apprendre que des Iroquois sont en marche sur Sillery pour enlever les Hospitalières. Il est décidé de rappeler incessamment les religieuses à Québec. Toute la communauté prend place dans une chaloupe, avec meubles et bagages. Le vent et la marée entraînent l'embarcation à plus de deux lieues au-dessous de Québec. Les religieuses sont obligées de débarquer sur la côte de Beaupré et de revenir à pied jusqu'à Québec. En attendant que leur nouvel hôpital soit habitable, les Hospitalières vont habiter la petite maison de la basse-ville qui leur avait servi d'asile à l'époque de leur arrivée et que Montmagny met de nouveau à leur disposition.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1645
Robert Giffard est nommé marguillier de la paroisse de Québec.
Le chirurgien Adrien Du Chesne cède à Abraham Martin la terre de vingt arpents qui lui appartenait sur ce qui deviendra les Plaines d'Abraham.
Sur la réserve de Sillery, les jésuites dénombrent 167 Indiens, tous chrétiens et catéchumènes. Marie Forestier, dite de Saint-Bonaventure, est nommée supérieure des religieuses Hospitalières de l'Hôtel-Dieu. Elle occupera ce poste jusqu'en 1683.
Le 6 mars, par arrêt royal, les Cent-Associés cèdent leur monopole de commerce à une société coloniale, la Communauté des Habitants de la Nouvelle-France. Pour la première fois, le grand commerce des fourrures va se pratiquer sous la direction et pour le profit directs des commerçants établis dans la colonie. Tous les colons peuvent participer à la traite.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1646
Marie-Françoise Giffard, la fille de Robert Giffard, entre en religion chez les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu. Elle est la première religieuse canadienne.
La ville et toute la colonie connaisent un hiver exceptionnellement doux. Dès le début avril le fleuve se libère de toutes ses glaces.
Prise du premier saumon de l'année en juin. En novembre, c'est la fin de la pêche à l'anguille. Le journal des Jésuites nous apprend qu'on en a pris quarante mille au cours de l'année que l'on a vendu une demi-écu le cent. La pêche avait commencé en août.
Devant le gouverneur Montmagny, des jésuites et quelques Indiens, une troupe d'amateurs jouent le Cid de Pierre Corneille
Décès de Marie Guenet dite de Saint-Ignace, première supérieure des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu.
(Source: le journal des Jésuites que cite Jacques Lacoursière)
Québec en 1647
Début de la construction de l'église Notre-Dame-de-Québec. Les Ursulines ne donnent une constitution. Naissance de Noël Juchereau, premier jésuite et premier religieux né au Canada.
Le premier cheval arrive dans la colonie; il est à l'usage exclusif du gouverneur Montmagny.
La ville compte désormais un syndic, élu chaque année au scrutin, pour représenter sa communauté.
À Sillery, on fait de la bière pour la première fois.
Médard Chouart Des Groseilliers épouse Hélène Martin, fille d'Abraham.
Le gouverneur Montmagny concède la seigneurie de Maur ou de Saint-Augustin à Jean et Noël Juchereau.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1648
Le 19 septembre, Jacques Boisdon (le bien nommé) reçoit du Conseil de la Nouvelle-France la permission « à l'exclusion de tout autre ... de tenir boutique de pâtisserie et hostellerie pour tout allans et venans » C'est la plus ancienne législation relative à la tenue des auberges et des cabarets au Canada.
Les Iroquois attaquent la Huronnie. Quelque 300 Hurons survivants viennent se réfugier à Québec sous la conduite de leurs missionnaires jésuites.
Le gouverneur d'Ailleboust établit l'admission gratuite à l'Hôtel-Dieu de Québec des malades et des blessés.
Éléonore de Grandmaison s'établit à l'île d'Orléans avec son époux. Elle est la première femme à vivre sur l'île.
Cinq personnes sont mises sur le chevalet, tous des hommes, pour s'être enivrées à Pâques.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1649
Guillaume Audouart, en tant que secrétaire du Conseil de la Nouvelle-France, devient le premier notaire officiel de la colonie.
Le gouverneur Louis d'Ailleboust distribue des terres dans la ville; il se réserve soixante-quinze arpents sur le coteau Sainte-Geneviève.
Abraham Martin est emprisonné; il est accusé d'avoir violé une jeune fille de 15 ou 16 ans.
Le journal des Jésuites que cite Jacques Lacoursière nous apprend que la rivière Saint-Charles voient ses glaces se rompre, le 27 avril, et qu'on commence aussitôt les semailles.
Jean Bourdon et une quinzaine d'habitants reviennent à Québec avec une pleine cargaison de sel et de morues qu'ils ont pêchées sur les côtes de la Gaspésie.
La nouvelle du martyr de Jean de Brébeuf et de Gabriel Lallemant aux mains des Iroquois parvient, à Québec, en juillet.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1650
Le Jésuite Ragueneau écrit dans ses Relations que Québec est « un misérable petit bourg d'une trentaine de maisons dispersées sans aucun ordre ».
Le corps du jésuite Lalemant supplicié par les Iroquois est transporté à Québec.
Pierre-Georges Roy, que cite Jacques Lacoursière, raconte qu'en juin, Le huron Kandahietsi, « jugé digne de mort, est conduit au carcan par le bourreau et le sergent et laissé à la disposition des Hurons et des Algonquins. Un Huron, nommé Henheonsa, lui donne deux coups de hache sur la tête et le tue sur le champ. Il est enseveli par madame d'Ailleboust et madame de Monceaux ».
Le premier navire venant de France arrive le 22 juin.
Un incendie détruit le monastère des Ursulines. Une perte de 40 000 francs. Les Hospitalières les logeront charitablement.
(Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1651
Charles Sevestre devient le premier lieutenant civil et criminel en la Sénéchaussée de Québec (autrement dit: chef de police). Les Sevestre sont une famille d'imprimeurs parisiens qui sont tombés en amour avec la Nouvelle-France après avoir publié les récits de voyages de Samuel de Champlain. Ils ont été parmi les premiers propriétaires et les cultivateurs de ce que nous connaissont aujourd'hui comme les Plaines d'Abraham.
Les Iroquois sont déchaînés. Ils attaquent systématiquement Ville-Marie (Montréal) et Trois-Rivières. La région de Québec n'est pas épargnée.
Marie Guyart de l'Incarnation est élue supérieure des Ursulines de Québec. Sans elle et son moral d'acier, les colons auraient probablement plié bagages, tant la menace iroquoise était inquiétante. À ce moment, le grand homme de la Nouvelle-France était une femme.
(Source: Nouvelle-France, la Grande Aventure, de Louis-Guy Lemieux et André-Philippe Côté)
Québec en 1652
Malgré son courage, Marie Guyart de l'Incarnation voit bien le danger que représentent les Iroquois. Elle écrit à sa communauté: « L'on projette de tout quitter et de faire venir des vaisseaux de France pour sauver ceux qui ne seront pas tombés en la puissance de nos ennemis. »
Guillaume Couillard et sa femme donnent à la fabrique de Québec le terrain de 80 perches en superficie sur lequel est bâtie l'église paroissiale.
Pour faire face à la menace iroquoise, le grand sénéchal Jean de Lauson fils réunit, à Québec, un corps expéditionnaire composé d'Amérindiens alliés et de colons français. Ils s'installent à Trois-Rivières, le point le plus chaud.
Les Ursulines entrent dans leur nouveau monastère. L'édifice a 108 pieds de longueur.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1653
Le 22 septembre, Maisonneuve revient de France avec 100 soldats venus principalement du Maine et de l'Anjou pour défendre Montréal contre les Iroquois. Les historiens disent que n'eût été de leur présence, Montréal tombait aux mains des Iroquois. Après Montréal, Trois-Rivières et Québec n'auraient pas pu résister.
À bord du navire de Maisonneuve se trouve également Marguerite Bourgeois, fondatrice de la congrégation de Notre-Dame. Le navire fait halte dans le port de Québec et Marguerite Bourgois porte un jugement lapidaire sur la ville: « À Québec, tout est si pauvre que cela fait pitié. »
Marie Guyart de l'Incarnation rédige sa Relation autobiographique.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1654
La reine de France envoie en Nouvelle-France « quelque nombre de filles fort honnestes » sous la conduite d'une religieuse hospitalière de Quimper. Ce sont les premières « filles du roi ».
Hélène Boullé, la femme de Samuel de Champlain, décède à Paris.
Jean de Lauson fils concède aux Ursulines de Québec trois cent vingt arpents de terre en la seigneurie de Lauzon, soit huit arpents de front sur quarante de profondeur.
Le roi de France annoblit Guillaume Couillard « en faveur des services rendus au pays du Canada » Sa devise: « Dieu aide au premier colon ».
Geneviève Bourdon, la fille de Jean Bourdon, fait profession religieuse chez les Ursulines.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1655
Arrivée à Québec de Charles Aubert de La Chesnaye, à titre de représentant d'un groupe de marchands de Rouen. Il deviendra rapidement l'un des hommes d'affaires les plus prospères de la colonie.
Les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Québec veulent prendre en charge l'Hôtel-Dieu de Montréal. Mais l'opposition de Jeanne Mance et de Maisonneuve fait échouer le projet.
Jean Bourdon acquiert l'arrière-fief Sainte-Anne, dans la seigneurie de Lauson. Ce sera la dot de sa fille Anne qui entre comme novice chez les Ursulines.
Les Iroquois rodent dans la région de Québec. À l'ïle aux Oies, des Agniers attaquent la famille Moyen. Le père et la mère sont massacrés. Leurs deux filles sont emmenées prisonnières au pays des Onontagués. On ne les reverra jamais vivantes.
(Source: Histoire popiulaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1656
La Communauté des habitants est au bord de la faillite. Des réformes ramènent les Cent-Associés dans l'administration de la traite des fourrures. Après des années d'une émigration rationnelle dans le choix des métiers et judicieuse dans le choix des recrues, les marchands commencent, selon l'historien Jean Provenche,dans sa Chronologie du Québec, à amener de France des émigrés d'une qualité professionnelle douteuse, pour la plupart journaliers de service, souvent fort jeunes. Les contrats d'engagement témoignent éloquemment de ce phénomène que note l'historien.
Les Iroquois sont de plus en menaçants. Quelque 300 d'entre eux attaquent les Hurons établis sur l'île d'Orléans. Ils brûlent la bourgade, tuent leurs ennemis ou les font prisonniers. Quand leurs canots passent devant Québec, les Iroquois crient des insultes aux habitant, qui, selon les ordres du gouverneur Lauson, ne les attaquent pas. Comprenne qui pourra.
Québec en 1657
Selon le Journal des Jésuites, le pont de glace se forme sur le fleuve, le 14 janvier, d'abord entre le Sault Montmorency et l'île d'Orléans et, ensuite, entre Québec et Lévis
Louis XIV écrit au pape pour lui proposer son candidat comme évêque du Canada: François-Xavier de Montmorency Laval. Les Montmorency sont une grande famille influente très proche du pouvoir royal à Paris. Les Associés de Montréal voudraient voir Gabriel Thubières de Lévy de Queylus, fondateur du séminaire de Saint-Sulpice, à la tête de l'évêché de la Nouvelle-France. L'opposition des Jésuites fait avorter le projet. Les querelles Montréal versus Québec ne datent pas d'hier.
Le roi de France lance un édit interdisant la vente de l'eau-de-vie aux Indiens, sous peine de châtiments corporels.
Le Journal des Jésuites note laconiquement qu'il a neigé toute la journé le 9 octobre.
(Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1658
Rome nomme François de Montmorency Laval, évêque de Pétrée et vicaire apostolique en Nouvelle-France. Les Jésuites ont eu raison des Sulpiciens dans ce cas précis.
Le Journal des Jésuites note, le 26 janvier, que pour le deuxième hiver consécutif le pont de glace s'est formé devant Québec. Pour au moins deux mois, c'est la fête. Les gens peuvent traverser à pied ou à cheval entre Québec et Lévis. Tout un commerce, pas toujours légal ni moral, s'installe dans des cabanes sur les glaces, au beau milieu du fleuve, devenue zone franche.
Les Iroquois sont toujours sur le sentier de la guerre. Ils rôdent autour de Québec. Les colons isolés vivent dans la terreur.
Le nouveau gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Voyer d'Argenson, arrive à Québec. Il s'installe au château Saint-Louis après avoir fait ses politesses aux Jésuites et aux Ursulines.
(Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1659
À la demande Mgr de Laval, le père Jérôme Lalemant revient à Québec pour occuper, à nouveau, le poste de supérieur des Jésuites du Canada.
Deux cents personnes s'embarquent à La Rochelle en direction de la Nouvelle-France. Ce sera l'une des pages les plus pénibles de l'immigration chez nous à cette époque. Ce groupe comprend des colons recrutés pour Ville-Marie et des aventuriers qui viennent chercher fortune au Nouveau Monde. On a négligé de prendre à bord des navires les précautions d'hygiène élémentaires. Avant même le départ, l'eau est polluée et une partie de la nourriture, avariée. C'est l'enfer. Plus du tiers des passagers meurent en pleine mer. À l'arrivée à Québec, on ne débarque que des malades ou des moribonts. Ce qui a pour effet de déclencher dans la colonie une épidémie de petite vérole. Heureusement, on peut compter sur les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1660
Selon le journal des Jésuites l'hiver est fort rude et, le 20 janvier, un pont de glace se forme entre la ville et la pointe de Lévis.
Une rumeur persistante veut qu'une armée d'Iroquois résolue à massacrer tous les Français se dirige vers Québec. C'est la panique générale dans la population. Les habitants des environs quittent leurs terres et leurs maisons pour venir chercher protection près du fort Saint-Louis. Une douzaine de grands chiens gardent les portes du monastère des Ursulines. Finalement, il y aura plus de peur que de mal.
Mgr de Laval annonce qu'il excommuniera ipso facto quiconque se livrera à la vente de boissons enivrantes aux Amérindiens. Pour amadouer les femmes iroquoises, les Ursulines leur font un festin et leur remettent de petits présents.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1661
Pierre Dubois d'Avaugour, le nouveau gouverneur, s'amène au pays avec 100 soldats pour lutter conntre les Iroquois. En septembre, il publie un édit interdisant la vente de l'eau-de-vie aux Amérindiens sous peine des sanctions les plus sévères. Le mois suivant, deux hommes, convaincus d'avoir contrevenu à l'édit, sont fusillés et un troisième est fouetté sur la place publique.
Début des apparitions du Diable à Catherine de Saint-Augustin. Elles se poursuivront jusqu'en 1667. On pend à Québec un meunier de Beauport accusé de sorcellerie.
Inhumation dans l'église paroissiale de Québec des sept habitants tués par les Iroquois à l'île d'Orléans.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1662
Mgr François de Laval quitte le couvent des Jésuites et s'installe dans une petite maison qu'il vient d'acheter.
Une femme est emprisonné pour avoir vendu de l'eau-de-vie aux Amérindiens. Le Jésuite Jérôme Lalemant intervient auprès du gouverneur pour obtenir sa libération. Davaugour est choqué par cette intervention et signe un nouvel édit mettant fin aux restriction concernent la vente de l'eau-de-vie aux Indiens affirmant que « si la vente de l'eau-de-vie aux Indiens n'était pas un crime pour la femme en cause, à l'avenir ce ne serait un crime pour personne ».
Louis Jolliet reçoit la tonsure et les ordres mineurs dans la chapelle de la congrégation de la Sainte-Vierge, au collège des Jésuites.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1663
Grosse année. D'abord la ville subit le plus grand tremblement de terre de son histoire. Les habitants sont terrifiés. Puis le jeune roi Louis XIV intervient. Il fait abolir la Compagnie des Cents-Associés et prend le contrôle de la colonie. Il adjoint un intendant au gouverneur et institue un Conseil souverain, confirmant ainsi la ville dans son rôle de capitale. Toutes les décisions importantes relèveront du roi.
Mgr François de Laval fonde le Séminaire de Québec, destiné à recruter, former et regrouper le clergé.
Après des années de querelles de préséance et autres, le vicaire apostolique François de Laval obtient le rappel du gouverneur d'Avaugour et choisit lui-même son successeur, Saffray de Mézy.
(Source: Jean-Marie Level dans Cap-aux-Diamants, hors série 2005)
Québec en 1664
Sur l'ordre du ministre Jean-Baptiste Colbert, la construction navale débute à Québec,
Totalement ruinée, la Communauté des Habitants de la Nouvelle-France est dissoute, Le roi de France concède désormais la colonie en fiefs et seigneuries à la Compagnie des Indes occidentales. L'administration de la colonie relèvera désormais du roi par l'intermédiaire de ses ministres.
Louis Jolliet devient le premier organiste de la cathédrale.
Érection de la première paroisse, celle de Notre-Dame de Québec qui est rattachée au Séminaire de Québec.
Laval publie une ordonnance qui oblige les pères et mères à faire baptiser leurs enfants aussitôt après leur naissance.
(Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1665
Le premier recensement dans la colonie: 3215 habitants. Deux habitants sur trois vivent à Québec et dans sa région immédiate. Les premières filles du roi arrivent à Québec. En même temps que les troupes du régiment de Carignan-Salières. Il faut mettre fin aux attaques des Iroquois.
Daniel Rémy de Courcelle est nommé gouverneur.
Jean Talon, l'homme de confiance du ministre Colbert, contrôleur général du roi, est nommé le premier intendant de la colonie. Les historiens considèrent, généralement, Talon comme un grand intendant. Un homme intègre. C'était rare à l'époque. Il avait comme mission d'étendre en Amérique le royaume de France, c'est-à-dire de l'empire français d'amérique. Le Conseil souverain lui mettra constamment des bâtons dans les roues. Sinon, Talon aurait pu réussir.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher.
Québec en 1666
Premier recensement nominatif dans l'histoire du Canada: la ville de Québec compte 747 habitants et Montréal 624. Pour toute la colonie, on dénombre 3215 habitants.
Mgr de Laval confère la prêtrise au Jésuite Julien Garnier. C'est le premier Jésuite ordonné prêtre au Canada.
Devant le notaire Romain Becquet, Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard, vend à Mgr de Laval le fief du Sault-au-Matelot. Laval veut y établir un séminaire. Des enfants de feu Guillaume Couillard s'opposent à cette vente.
En présence de Mgr de Laval, du commandant Tracy, du gouverneur de Courcelle et de l'intendant Talon, Louis Jolliet et Pierre Francheville soutiennent, en latin, une thèse de philosophie.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1667
En février, les autorités organisent un carnaval particulièrement joyeux pour fêter la paix intervenue avec les Iroquois.
L'intendant Talon reçoit de France deux chaudières pour faire de la bière et il obtient du ministre Colbert la permission d'établir une brasserie. Quatorze chevaux arrivent en Nouvelle-France à l'usage des habitants. La colonie compte déjà 3107 bovins, presque tous regroupés sur la Côte de Beaupré, de la rivière Saint-Charles au cap Tourmente. On retrouve aussi 45 moutons. Il y a assez de porcs pour pouvoir se passer du lard de La Rochelle.
Marguerite Leboeuf doit fermer sa maison close. Elle est chassée de la ville. Les autorités religieuses se livrent à une véritable croisade contre la prostitution.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1668
Jean Talon retourne en France en avril pour des raisons de santé, dit-il. Claude de Boutroue d'Aubigny est nommé intendant.
Les autorités françaises demandent aux Jésuistes et aux Ursulines de tenter de franciser les Indiens. Marie Guyart de l'Incarnation écrit: « C'est une chose très difficile pour ne pas dire impossible, de les franciser ou civiliser. Nous en avons l'expérience plus que tout autre, et nous avons remarqué que de cent de celles qui ont passé par nos mains, à peine en avons-nous civilisé une. »
Le capitaine huron Taondechorem agit comme dogique de la petite colonie huronne de la ville, c'est-à-dire qu'il était chargé de diriger les prières et de veiller à la bonne conduite des Indiens en l'absence du missionnaire.
Le pensionnat du petit séminaire ouvre ses portes. Sur les 14 premiers petits pensionnaires, on compte huit Français et six Hurons.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1669
En octobre, la ville est frappée par une violente tempête qui dure 15 jours. Le vent, la pluie, la marée qui monte jusqu'au troisième étage des maison de la basse-ville causent d'énormes dégâts.
Mgr de Laval écrit au pape Clément IX. Un décret a déjà été rendu, le 15 décembre 1668, concernant l'érection de l'Évêché de Québec. Mais il ne peut être mis à exécution parce que, paraît-il, l'archevêque de Rouen prétend que le vicaire apostolique est son subordonné.
Le Conseil souverain défend à quiconque de partir à la chasse des fourrures sans avoir obtenu une permission spéciale des autorités, sans avoir laissé fouiller ses bagages, sans pouvoir emporter, par tête, et pour huit jours, plus d'un pot d'eau-de-vie. Le contrevenant est passible de la confiscation de ses marchandises et d'une amende de 50 livres.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1670
Jean Talon est à nouveau nommé intendant. Jacques de Chambly, qui était retourné en France, revient à Québec, à la demande de Talon, comme capitaine d'une compagnie de marine. Il s'établit près du fort Saint-Louis où il installe des colons. La brasserie de Talon commence à produire de la bière. Talon demande à Colbert de lui envoyer un faiseur de goudron.
Le Conseil souverain ordonne que tous les habitants tant de Québec que des villages des environs soient dans l'obligation de faire leurs Pâques, sous peine d'amendes.
À Paris, Louis XIV signe un arrêt du Conseil d'État pour engager les pères de famille du Canada à marier de bonne heure leurs fils et leurs filles. Les garçons doivent être mariés au plus tard à 20 ans et les filles au plus tard à 16 ans. Les pères de famille contrevenants seront pénalisés pécuniairement.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Note à l'éditeur: pour publication le lundi 29 janvier 2007
Québec en 1671
Mgr de Laval retient les services de Claude Baillif pour enseigner à l'école des arts et métiers du séminaire de Québec: « la charpenterie, la sculpture, la peinture, la dorure comme décoration d'église, le maçonnage et l'ébénisterie ».
L'intendant Talon passe un règlement sévère: « tout volontaire arrivé à l'expiration de ses trois années de service et qui ne sera pas marié 15 jours après l'arrivée des vaisseaux qui amènent les filles du roi, sera privé de la traite et de la chasse. »
Un certain Jean Bourgeois est accusé d'avoir violé Jeanne Jacquereau, âgée de six ou sept ans et de l'avoir « gâtée », c'est à dire de l'avoir infestée d'une chaudepisse, est trouvé coupable et condamné à être conduit nu, en chemise, la corde au cou et une torche ardente au poing... à être battu de verges et marqué sur la joue droite avec le fer chaud d'une fleur de lys. Il est banni à perpétuité de ce pays.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1672
Louis de Buade comte de Frontenac devient gouverneur de la Nouvelle-France.
Jean Talon procède à une grande distribution de seigneuries: 46, un nombre jamais atteint en une seule année. Avant la fin de l'année, l'intendant le plus compétent et le plus dévoué à la colonie, selon tous les historiens, démissionnera de son poste, las qu'il est de lutter contre les mauvaises volontés coalisées des autres dirigeants de la Nouvelle-France.
Mort de Marie Guyart de l'Incarnation. Dès son décès, on la vénère comme une sainte.
Talon pose la première pierre des nouveaux bâtiments de l'Hôtel-Dieu. Le Conseil souverain enregistre l'arrêt du Conseil d'État ordonnant à Talon de faire des règlements de police.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1673
Le gouverneur Frontenac interdit aux citoyens de nourrir ou d'entretenir des bestiaux dans la ville.
La brasserie de Jean Talon fait faillite. Les habitants préfèrent le vin et l'eau-de-vie à la bière.
Les Jésuites cessent de publier les Relations qui, depuis un demi-siècle, racontent la colonie mieux que quiconque.
Les Hurons établis à Sillery vont s'installer à l'Ancienne-Lorette. Décès du Jésuite Jérôme Lallemant qui a beaucoup fait pour la colonie.
Les Récollets se voient confirmer la concession de la seigneurie située sur la rivière Saint-Charles et comprenant 106 arpents de terre sur le front de la rivière. Mgr de Laval fait la bénédiction de la nouvelle chapelle des Récollets à Notre-Dame-des-Anges.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1674
François de Laval fait pression et réussit à faire transformer son vicariat apostolique en évêché couvrant un très vaste diocèse. Il en devient le premier évêque. L'église paroissiale devient une cathédrale.
Jean Thomas dit Lebreton est pendu haut et court pour s'être absenté plus de 24 heures pour la chasse. Son complice, Guillaume Yvelin, doit faire amende honorable, c'est-à-dire qu'il doit, une corde autour du cou, une torche ardente à la main et à genoux devant la porte du Château Saint-Louis, assister à la pendaison de Thomas. Les deux avaient enfreint l'ordonnance royale de 1673 qui interdit aux habitants de courir les bois plus de 24 heures sans la permission du gouverneur ou du lieutenant général de la milice.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1675
Jacques Duchesneau devient intendant et reçoit ordre du roi « de porter les habitants à establir des manufactures de laines, de cuir, et généralement de ce qui peut leur être nécessaire, même de ce qui peut servir à être envoyé au dehors ».
Nouvelle construction au Séminaire de Québec. Construction de l'église en pierre de la paroisse de Saint-Joseph de la Pointe-Lévy (Lauzon). Début de la construction de l'église paroissiale de l'Ange-Gardien.
Jacques Daigre, exécuteur de la haute justice (bourreau) engage Jean Renault dit Montauban, pour l'aider dans son exercice d'exécuteur, moyennant 150 livres de gage par année et 10 litres de vin de marché.
Le notaire Gilles Rageot devient le premier notaire de la Nouvelle-France à recevoir une commission royale.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1676
Le Conseil souverain établit les « Règlements généraux de police » et des mesures de protection publique pour la ville de Québec: Interdiction est faite aux protestants de s'assembler; aux habitants d'héberger des femmes de « mauvaise vie »; condamnation de la prostitution et du vagabondage; proscription de la mendicité sans certificat de pauvreté de la part du curé; prohibition de l'ivresse dans les cabarets ou ailleurs sous peine d'amende et même de prison.
Par crainte des incendies, défense à tous les résidents de la ville de fumer dans la rue et même de transporter sur eux du tabac. Au premier coup de cloche, chaque habitant se rendra au lieu de l'incendie avec un seau sous peine de châtiment. Les propriétaires et locataires devront se construire des latrines et devront nettoyer la rue devant leur logis.
(Source: Histoire pupulaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1677
Louis XIV signe l'édit créant un office de prévôt de la maréchaussée de la Nouvelle-France, avec siège à Québec. Autrement dit, il vient de créer le premier corps de police au Canada.
Le torchon brûle entre Mgr de Laval et le gouverneur Frontenac au sujet de la vente de l'eau-de-vie aux Amérindiens. De Paris, le ministre Colbert arbitre la querelle. Laval veut interdire ce commerce purement et simplement. Frontenac croit que la vente d'alcool aux Indiens est une problème qui relève strictement de lui en tant que gouverneur. Laval en fait une question de morale. Frontenac en fait une affaire de police. C'est à suivre.
Colbert demande à l'intendant Duchesneau de prendre les moyens pour que la colonie produise plus qu'elle n'achète.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1678
Plus de 900 « filles du roy » ont déjà accepté de refaire leur vie en Nouvelle-France. Elles arriveront, ponctuellement, par petits groupes très attendus par le mâles locaux en manque.
Les autorités procèdent à la translation des restes de Louis Hébert dans le caveau de la chapelle des Récollets. Les restes du premier colon sont placés dans un cercueil en cèdre, un luxe pour l'époque.
Le roi ordonne au gouverneur Frontenac de convoquer en assemblée les vingt principaux et plus anciens habitants du pays pour avoir leur avis sur le commerce de l'eau-de-vie avec les Indiens. Quinze d'entre eux soutiennent que la traite de l'eau-de-vie est absolument nécessaire au bien de la colonie. Leur argument le plus fort est que les Anglais et les Hollandais en vendent librement aux Indiens et qu'ils attirent ainsi à eux les Indiens et le commerce des pelleteries.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1679
Le gouverneur Frontenac et l'intendant Duchesneau se querellent au sujet de la présidence du Conseil souverain. Frontenac refuse d'en référer au roi et exige la direction effective du Conseil.
Le Conseil souverain enregistre l'ordonnance du roi défendant à tous les habitants de porter des boissons enivrantres chez les Indiens, sous peine d'amendes. Les Amérindiens ne peuvent acheter et boire de l'eau-de-vie que près des habitations des colons.
Louis Jolliet et ses compagnons reviennent à Québec après une mission à la baie James. Pour le découvreur, « il n'y a point de doute que si on laisse cette baie aux Anglais, ceux-ci se rendront maîtres de tout le commerce du Canada en deça de dix ans ».
Charles Aubert de la Chesnaye commence à exploiter une briquerie.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1680
Jean Rattier dit Dubuisson, un domestique, est condamné à être « pendu et étranglé » à une potence sur le marché de la basse-ville pour le meurtre de Jeanne Couc, âgée de vingt ans. Comme il n'y a pas d'exécuteur de haute justice (bourreau), le Conseil souverain fait une offre au meurtrier: il restera en prison jusqu'à ce qu'on ait trouvé un bourreau pour le pendre où bien il devient bourreau lui-même, et il est libre. Rattier acceptera de devenir bourreau, le premier en Nouvelle-France.
François de Laval écrit à Rome pour annoncer que son séminaire commencé il y a trois ans est maintenant terminé. On y compte déjà quarante séminaristes et neuf ont déjà été ordonnés prêtres. Laval écrit au roi pour lui demander de construire une chapelle à la basse-ville sur le site du vieux magasin du roi.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1681
Le gouverneur Frontenac, l'intendant Duchesneau et l'évêque Francois de Laval font pression, collectivement pour une fois, pour obtenir, à Québec, un hôpital général qui pourrait recevoir les enfants pauvres « jusqu'à l'âge où les filles pourraient être mises en service et les garçons, en état d'être placés chez les habitants qui en feraient la demande.
Un récollet, Adrien Ladan, met le feu aux poudres à l'archevêché de Québec. Il a osé aborder dans son sermon à la cathédrale le différend qui existe entre le gouverneur Frontenac et l'intendant Duchesneau. Mgr de Laval l'avertit alors de s'abstenir d'aborder cette question. Le gouverneur et l'intendant ne s'entendent sur rien, surtout pas sur la préséance des honneurs à la cathédrale. Le récollet récalcitrant accuse en chaire le gouverneur de « cabale, division et partialité ». Il sera interdit de prêche par Mgr de Laval.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1682
Un incendie catastrophique détruit 55 maisons de la basse-ville ainsi que les principaux magasins et leurs marchandises si précieuses pour la colonie. Seuls échappent au feu la maison et les entrepôts de Charles Aubert de la Chesnaye.
Le gouverneur Frontenac quitte Québec et la colonie à la fin de son premier mandat. Il reviendra en 1689 pour près de dix années encore. Louis XIV nomme Joseph Antoine Le Febvre de La Barre au poste de gouverneur. L'intendant Jacques De Meulles le seconde. Le nouveau gouverneur se plaint rapidement auprès du roi de l'ingérence de François de Laval dans les affaires civiles. Il lui reproche notamment de vouloir régenter l'Hôtel-Dieu au grand dam des Hospitalières.
Les marchands de Québec prennent l'initiative d'établir la Compagnie du Nord pour exploiter la baie d'Hudson par voie de mer.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1683
Il y a pénurie d'argent en espèces à Québec et dans toute la colonie. L'intendant De Meulles écrit au ministre Colbert qu'on ne peut plus « faire aucun paiement en argent ». Le peu qu'il en reste est aux mains des commerçants. Le marchand devient le centre d'un nouveau système d'échange. Lui seul peut tirer des billets pour ses clients. Le peuple, mécontent, murmure que les commerçants s'enrichissent au détriment des autres. L'intendant prend la défense de la population. Il se heurte à la coalition des conseillers, pour la plupart apparentés aux plus riches marchands.
Le Conseil supérieur fait défense aux mendiants valides de mendier à Québec et aux particuliers de leur donner l'aumône sous peine de dix livres d'amende. Les mendiants valides, eux, risquent le carcan et le fouet.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1684
Dans une lettre datée du mois de mai, le baron de Lahontan, un chroniqueur de l'époque, écrit que la hauteur moyenne de neige à Québec est encore de trois à quatre pieds.
Une épidémie d'influenza (grippe) frappe Québec et se répand dans toute la colonie. L'épidémie force le gouverneur La Barre à signer une « paix honteuse » avec les Iroquois.
Le maître charpentier Jean Lemire signe un contrat pour l'agrandissement de la cathédrale. Il construit le clocher de la tour sud en chêne de Batiscan. Claude Baillif dirige les travaux.
Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène épouse Jeanne Dufresnoy, âgée de 12 ans. Mgr de Laval lui accorde la dispense nécessaire.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1685
À court d'argent pour payer la solde des troupes, l'intendant invente la monnaie dite « de carte ». À l'arrivée des vaisseaux de France, ces cartes sont remboursées par l'argent du trésorier de la Marine. Par la suite, l'intendant émettra de la monnaie de cartes pour une quantité supérieure au fonds annuel du roi, ce qui entraîne une forte inflation.
Jacques René de Brisay, marquis de Denonville, est nommé gouverneur. Louis XIV a rappelé La Barre en raison de la paix « honteuse » qu'il a signée avec les Iroquois. Aussitôt en poste, le nouveau gouverneur dénonce la multiplication rapide des cabarets à Québec.
Récemment arrivé, l'ingénieur Robert de Villeneuve fait des relevés précis du promontoire de Québec en vue de fortifier la ville.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1686
Les dames de la Congrégation Notre-Dame ouvrent une école d'enseignement ménager pour filles, connue sous le nom de Maison de la Providence.
Les flammes détruisent le monastère des Ursulines.
Le bourreau Jean Rattier se plaint au Conseil souverain qu'on l'insulte quotidiennement, lui, sa femme et sa fille dans sa maison de la Grande-Allée. Le Conseil fait défense à toutes personnes d'aller dans la maison du dit Rattier et de l'insulter sous peine de punition corporelle.
Le gouverneur Denonville se plaint de la présence à Québec et dans la colonie de trop nombreux jeunes gens débauchés et de mauvaises femmes. Il écrit au ministre de la Marine: « Si vous me vouliez permettre de les faire enlever et les mettre cet automne dans un vaisseau, ce serait grand bien. »
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1687
Une épidémie de rougeole frappe Québec et toute la colonie. Uniquement à Sillery, 100 Amérindiens en meurent. Dans toute la colonie qui compte 11 000 habitants, on compte 1400 morts.
La croisade contre la prostitution s'amplifie. Une tenancière de maison close, Jacqueline Roullois, est chassée de la ville.
Louis XIV accorde 2000 livres au Séminaire pour l'entretien des vieux missionnaires qui ne sont plus en état de travailler; il accorde en outre 3000 livres aux Ursulines pour les aider à reconstruire leur monastère incendié.
Thomas Morel, celui qui avait fait reconstruire l'église de Sainte-Anne-de-Beaupré décède à Québec. Il laisse un manuscrit décrivant les premiers miracles survenus à cet endroit.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1688
Mgr de Laval se retire au Séminaire qu'il a fondé et Mgr Jean-Baptiste de Saint-Vallier lui succède. Laval se battait depuis des années pour empêcher Saint-Vallier de lui succéder. Le diocèse de Québec comprend 35 paroisses, 102 prêtres (36 jésuites, 19 sulpiciens, 14 récollets et 33 séculiers) et 97 religieuses.
Saint-Vallier retient les services de Hilaire Bernard de la Rivière, entrepreneur en bâtiments, pour diriger les travaux d'agrandissement de la cathédrale de Québec et la construction de l'église de l'Enfant-Jésus à la basse-ville.
Timothée Roussel fait construire sur la rue Buade une maison qui sera connue plus tard sous le nom de « Maison du Chien d'Or ».
Mgr de Saint-Vallier se fait sacrer évêque de Québec en l'église Saint-Sulpice, à Paris.
(Sources: Jean-Marie Lebel dans un numéro hors série 2005 de Cap-aux-Diamants; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1689
Mgr de Saint-Vallier fonde l'Hôpital-Général et deux soeurs de la Congrégation s'y installent comme infirmières au service des vieillards.
Le Conseil souverain se réunit pour la première fois au Palais de l'intendant, l'ancienne brasserie de Jean Talon.
Frontenac revient à Québec pour un second mandat de gouverneur. Denonville est rappelé à Paris par Louis XIV.
Jean Haude-Coeur est étranglé par le bourreau Jean Rattier, sur la place de la basse-ville. Il a assassiné François Poignet, un marchand français. Son corps est placé ensuite durant 24 heures sur une roue, la face tournée vers le ciel.
Frontenac arrive à Québec avec la flotte qui devait attaquer New York par voie de terre. La saison est trop avancée pour partir en guerre.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1690
En octobre, la flotte de William Phips, comptant 2000 miliciens du Massachusetts, se présente devant Québec. Ces gens veulent prendre Québec. Louis de Buade, comte de Frontenac, refuse de capituler. On lui prête des phrases qui passeront à l'histoire: « Je vous répondrai par la bouche de mes canons ».Les troupes de Phips débarquent sur les battures de Beauport où elles sont repoussées. L'hiver précoce force Phips et ses navires à repartir pour la Nouvelle-Angleterre. C'est à ce moment que les autorités de Québec comprennent la nécessité de fortifier cette ville tellememt importante dans le plan d'un empire français en Amérique.
Cette belle utopie englobait déjà les deux tiers du Canada actuel, jusqu'aux Rocheuses, et les deux tiers des Etats-Unis, colonisés et nommés, ville par ville, par les explorateurs français.
(Sources: Jean-Marie Lebel dans un no hors série de Cap-aux-Diamants; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1691
Mgr de Laval n'est plus évêque de Québec mais il n'est pas inactif pour autant. Il fait aménager au sous-sol de l'église Notre-Dame-de-la-Victoire (à Place Royale) une « maison d'accommodement » relevant du curé pour l'instruction des jeunes garçons de la basse-ville.
Le gouverneur Frontenac et l'intendant Champigny abusent du droit qu'ils ont de se procurer des ressources à discrétion avec la monnaie de cartes, d'où surchauffe de l'économie.
François de Lajoue commence la construction d'un bâtiment de 100 pieds de long pour les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu.
Guilaume De Lorimier et Pierre de Noyan, capitaines dans les troupes de la marine, se battent en duel. Ils doivent payer chacun 50 livres d'amendes.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)Les autorités planifient la construction d'une halle à la basse-ville et d'une autre à la haute-ville pour faciliter le commerce en toutes saisons sur les marchés publics.
La fondation de l'Hôpital-Général amène la fermeture du bureau des pauvres.
Les nombreuses pertes de navires et des marchandises qu'ils transportent dans le golfe et le fleuve affaiblissent considérablement l'économie de Québec. Frontenac écrit à son ministre de tutelle que l'anguille que l'on trouve en grande quantité dans le fleuve est la « manne de l'habitant ».
Pour la première année depuis longtemps, aucune incursion des Iroquois n'est venue perturber les semences et les récoltes. Malheureusement, la récolte de grain demeure maigre à la suite d'une invasion de chenilles.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1693
Le gouverneur Frontenac, malgré les avertissements de l'évêque Saint-Vallier, remet le théâtre à l'honneur à Québec. Il fait jouer Nicodème de Corneille et Mithridate de Racine.
Claude Baillif s'engage par contrat à diriger les travaux de construction du palais épiscopal.
Les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu acceptent de fournir quatre religieuses pour s'occuper de l'Hôpital-Général. Saint-Vallier s'engage à payer annuellement la somme de mille livres du pays pour la nourriture et l'entretien des religieuses. Il est stipulé expressément que l'Hôpital-Général ne sera qu'une succursale de l'Hôtel-Dieu.
Frontenac fortifie Québec en faisant construire les portes Saint-Jean et Saint-Louis. Les porte doivent avoir treize pieds de hauteur et être construites en pierre de Beauport.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1694
Le gouverneur Frontenac annonce qu'il veut faire jouer le Tartuffe de Molière à Québec. L'évêque Saint-Vallier sort de ses gonds et dénonce cette pièce et les autres comédies du genre comme « absolument mauvaises et criminelles ». Le roi Louis XIV doit intervenir pour ramener le calme. C'en sera fini du théâtre à Québec jusqu'en 1760.
Saint-Vallier demande et obtient la démission de l'aumônier des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu, André-Louis de Merlac. Il l'accuse de répandre des idées jansénistes.
L'intendant Champigny écrit au ministre Pontchartrain pour se plaindre de la conduite de Saint-Vallier qui a réussi à se brouiller avec tout le monde dont Frontenac et les récollets. Le roi Louis XIV demande à Saint-Vallier de donner sa démission comme évêque de Québec. Ce dernier refuse.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1695
Des lettres du ministre Pontchartrain au gouverneur Frontenac et à l'intendant Champigny nous apprennent que Saint-Vallier à donné la somme de 100 pistoles à Frontenac pour qu'il retire son projet de monter le Tartuffe de Molière. On apprend aussi que l'affaire des différends survenus entre l'évêque de Québec et diverses parties a été envoyé pour examen au Conseil du roi. Les chicanes incessantes entre les notables de Québec semblent avoir usé à la corde la patience de Louis XIV.
Frontenac répond à Pontchartrain: « À l'égard des cent pistoles que M. L'évêque m'a données, c'est une chose si risible que je n'ai jamais cru qu'on la pût tourner à mon désavantage, mais qu'elle donnerait matière à se réjouir à ceux qui en entendraient parler. »
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1696
Après avoir été anobli par le roi Louis XIV, le commerçant et industriel, Charles Aubert de Lachesnaye, est nommé au Conseil souverain; cet homme a construit toute sa carrière à Québec à partir de rien. La maison qui porte son nom est, encore aujourd'hui, une des plus intéressantes de la basse-ville, architecturellement parlant.
Ignace Juchereau Duchesnay prend possession de la seigneurie de Beauport.
Anne Emond, âgée de 16 ans, de Saint-Laurent, île d'Orléans, fait marcher toute la ville, le gouverneur Frontenac en premier. Elle arrive à Québec travestie en homme, prétend qu'elle arrive de Boston où elle était prisonnière et annonce qu'une flotte anglaise remonte le Saint-Laurent pour attaquer Québec. Confondue, elle sera battue de verges sur la place publique, les épaules nues, et mise en prison.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1697
Après les récollets, l'évêque Saint-Vallier s'en prend aux jésuites. Il interdit les représentations académiques et théâtrales de leur collège. Qui plus est, il les accuse d'enseigner le « probabilisme », source de relâchement des moeurs. Il veut en outre leur enlever le contrôle de leur mission huronne, à trois lieues de Québec; la Nouvelle-Lorette devient l'Ancienne-Lorette.
Louis XIV demande de nouveau à Saint-Vallier, qu'il a convoqué à Versailles, de démissionner. De nouveau, il refuse et promet de « modérer son zèle ». Le roi lui permet de retourner à Québec.
Les Ursulines reconnaissent les dons « extraordinaires » d'un thaumaturge, le frère Didace Pelletier: il aurait guéri « miraculeusement » une religieuse et une pensionnaire; l'évêché fait enquête.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1698
Louis de Buade, comte de Frontenac, décède au château Saint-Louis, le 28 novembre, sur les trois heures de l'après-midi. Il a reçu les derniers sacrements. Louis-Hector de Callières est nommé gouverneur. Frontenac est inhumé dans l'église des récollets, en présence de Saint-Vallier.
La pauvreté généralisée et la croissance du nombre de mendiants forcent les autorités à rouvrir le « Bureau des pauvres ».
Un règlement de police interdit aux résidents de Québec « de jeter par les fenêtres ou autrement aucunes eaux, saletés et ordures dans les rues ». Il est en outre interdit « de faire monter ni descendre les bestiaux par l'escalier qui aboutit de la basse-ville à la haute-ville »
Érection canonique de la paroisse de Notre-Dame-de-Foy, Charles Amador Martin est nommé curé.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1699
À la suite d'une proposition de l'intendant Champigny, le Conseil souverain crée un service d'archives pour la conservation des édits, ordonnances et proclamations royales. C'est l'ancêtre de nos Archives nationales d'aujourd'hui.
Le testament de Frontenac accorde un don de 1500 livres aux récollets « en vue de la célébration de messes pour le repos de son âme ».
Michel Sarrazin, médecin du roi à Québec, est nommé membre correspondant de l'Académie royale des Sciences de Paris.
Le suicide est mal vu par les autorités. Étienne Chipault dit Beaufort, un soldat de la compagnie De Grais, tente de se pendre pour une peine d'amour. Il rate son suicide. Le Conseil souverain le condamne « à être battu et fustigé, nu, de verges sur les épaules » par le bourreau de Québec. Il doit payer 50 livres d'amende et il est banni pour toujours de la Nouvelle-France.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1700
Québec compte 2000 habitants, environ. La Nouvelle-France dans son ensemble, 15 000 personnes.
Soeur Barbier est hospitalisée à l'Hôtel-Dieu de Québec pour un cancer du sein. Elle subit la première ablation du genre au Canada. Le chirurgien s'appelle Michel Sarrazin.
L'historien Bacqueville de La Potherie écrit dans son Histoire de l'Amérique septentrionale que les repas à Québec sont magnifiques et qu'ils se font avec cérémonie. L'évêque Saint-Vallier, pour sa part, réussi à faire abolir les festivités hivernales du carnaval.
Les habitants de Québec font pression sur l'intendant Champigny pour que le buste du roi Louis XIV installé à la place de la basse-ville (Place-Royale) soit déplacé. Selon les habitants, le buste et son enceinte prennent trop de place et nuisent au marché public.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1701
La vie n'est pas tous les jours facile en Nouvelle-France. Les mauvaises récoltes créent une famine qui menace carrément les familles les plus pauvres de Québec de mourir de faim. Le Conseil souverain doit, encore une fois, organiser la distribution de blé et de pain.
Comme si ce n'était pas assez, une épidémie de « picote » fait de nombreux morts dans la ville.
Les Cinq-Nations iroquoises des Grands Lacs signent un traité de paix avec les Français et leurs alliés amérindiens. La Nouvelle -France peut respirer un peu. Québec aussi.
Les bateaux du capitaine Charles Denys de Vitré ramène 70 baleines ou marsoins à Québec. L'huile de baleine est une huile précieuse. De Vitré pêche au large de Rivière-Ouelle et de Kamouraska.
Le Séminaire brûle en partie. Les prêtres se réfugient à l'évêché voisin.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1702
Les épidémies se succèdent. La petite vérole ou variole frappe cruellement toute la colonie. De 300 à 400 morts à Québec. Près de 4000 dans toute la colonie, en incluant les Amérindiens qui sont toujours les plus fragiles.
François de Beauharnois est nommé intendant. Le roi lui écrit « d'avoir en vue que la colonie du Canada n'est bonne qu'autant qu'elle peut estre utile au Royaume ».
L'évêque Saint-Vallier veut que ses curés refusent l'absolution et la communion pascale aux paroissiens qui ne payent pas leurs dîmes. Le roi trouve la mesure trop rigoureuse. Il suggère de payer la dîme en deux temps, à Pâques et à la fin de l'été.
L'évêque Saint-Vallier retrouve les bonnes grâces du roi qui lui paye un voyage à Rome.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1703
Le jésuite Martin Bouvard rédige une violente critique du Catéchisme de l'évêque Saint-Vallier. Il qualifie son catéchisme de « jansénisme moral ». Saint-Vallier en réfère à la Sorbonne qui condamne le texte de Bouvart comme étant « téméraire, tendant au schisme et à la révolte des ouailles contre le pasteur, et très injurieuse à Mgr de Québec ». Saint-Vallier reçoit l'appui du pape Clément XI.
Le gouverneur de Callière décède à Québec. Philippe de Rigaud de Vaudreuil le remplace.
Le Conseil souverain devient le Conseil supérieur. Le nombre de conseiller passe de sept à douze.
Jean-Baptiste-François Deschamps de la Bouteillerie, seigneur de Rivière-Ouelle est inhumé dans le cimetière de son fief. Rivière-Ouelle a été l'un des beaux exemples de la colonisation réussie du pays et le poste avancé de Québec dans le Bas-du-Fleuve.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1704
Les directeurs de la Compagnie de la colonie annoncent, de Québec, qu'ils sont dans l'incapacité absolue de pourvoir aux charges. La Nouvelle-France est au bord de la révolution. Louis XIV abolit l'allocation qui permettait de payer un supplément à certains curés dans le besoin. Ces derniers menacent d'abandonner leurs ouailles.
Le gouverneur et l'intendant prennent sur eux de mettre en circulation de la monnaie de cartes qui ne repose sur aucun fonds. Le gouverneur Vaudreuil signe une ordonnance interdisant les assemblées et les attroupements séditieux.
Après bien des discussions à Québec et à Versailles, le gouverneur et l'intendant publient l'ordonnance qui défend la traite de l'eau-de-vie aux « Sauvages », pour cause de désordre. Les deux hommes croient avoir l'appui des « gens de bien » dans cette affaire.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière;
Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1705
Jacques et Antoine-Denis Raudot, père et fils, sont nommés intendant et intendant adjoint.
L'intendant accorde une commission à Pierre de Silva, dit Portugais, pour le transport entre Québec, Trois-Rivières et Montréal de toute lettre qui lui serait confiée par des particuliers. C'est le premier facteur connu et le début du système postal au Canada.
l'intendant doit refuser pour 100 000 livres de monnaie de cartes. La colonie vit une grave crise financière.
Le Conseil souverain demande à Jacques Élie, qui avait été condamné à la peine capitale à Port-Royal et envoyé à Québec pour y être pendu, s'il accepte de devenir le maître des hautes oeuvres (bourreau). La colonie en est dépourvue depuis deux ans. Élie accepte à la condition que sa condamnation soit annulée. Elle le sera.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1706
La Compagnie de la colonie s'effondre entraînant dans sa chute la désorganisation de la traite des fourrures, l'industrie vitale de la colonie. La vente de la peau de castor se concentre dans les mains des fermiers royaux que viendra plus tard relayer la Compagnie des Indes. L'exportation des autres pelleteries demeure libre et concurrentielle.
Le Conseil supérieur adopte un règlement de police qui oblige « toutes personnes qui feront bâtir à l'avenir des maisons en cette ville d'y faire des latrines privés, afin d'éviter l'infection et la puanteur que ces ordures apportent lorsqu'elles se font dans les rues... »
L'évêque Saint-Vallier a été capturé par les anglais, en 1704, durant une de ses nombreuses traversées de l'Atlantique et en pleine guerre de la Succession d'Espagne. Il restera dans les prisons anglaises durant cinq ans. Mgr de Laval assure l'intérim.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1707
L'intendant Raudot émet une ordonnance qui enjoint aux cabaretiers de Québec de fermer leurs établissements à neuf heures du soir. L'intendant dit avoir été informé que « des désordres qui arrivent tous les jours dans cette ville à cause de la liberté que les cabaretiers et hôteliers se donnent de donner à boire toute la nuit... »
Le même intendant fait un bilan cruel et lucide de l'économie locale. Il parle, en substance, du « triste état du pays résultant du bas prix du castor et de la cherté des marchandises ». Mais, plus encore, ce qui fait mal, c'est la perte de 50 pour cent sur la monnaie donnée en France pour les lettres de change de la Nouvelle-France. Toujours selon l'intendant Raudot, les habitants reconnaissent qu'ils ont eu tort de s'occuper plus de chasse et de traite que de culture.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacourcière)
Québec en 1708
Le vicaire général de l'évêché de Québec, Charles de Glandelet, écrit à Saint-Vallier, toujours détenu dans sa prison anglaise, une lettre sur les moeurs relâchées des habitants de la ville. « Les désordres d'impureté sont si fréquents et si familiers, écrit-il, qu'on n'en fait plus un mystère. Rien n'est si commun que de voir des filles grosses, et une personne de distinction qui connaît fort bien ce qui se passe dans Québec me disait, il y a peu de jours, que la moitié de Québec est un franc b... » (lire bordel).
Mgr de Laval décède à Québec, le 6 mai. L'intendant Raudot écrit que le peuple l'a pour ainsi dire canonisé aussitôt après son décès. Son exposition dans l'église donne lieu à des scènes d'hystérie religieuse. Des gens ont même découpé des morceaux de sa robe pour s'en faire des reliques.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1709
Le 13 avril, l'intendant Raudot légalise l'achat d'esclaves au Canada. À Québec, sur trois esclaves on trouve deux Amérindiens (Panis) et un noir des Antilles. Le haut clergé et les communautés religieuses sont ceux qui achètent le plus d'esclaves, selon l'historien Marcel Trudel.
Saint-Vallier est libéré par les Anglais et retourne à Paris pour se refaire une santé avant de revenir à Québec, mais pas avant 1713. Il voudrait revenir tout de suite, mais le roi Louis XIV craint de le voir recommencer les disputes religieuses.
L'intendant Raudot fait défense à tous ceux qui ont des « chiens vicieux » de les laisser aller à la campagne. Chaque moutons égorgé devra être remboursé aux habitants par le propriétaire du chien.
Raudot défend aux habitants de chasser la faune ailée dans les terres ensemencées et dans les jardin clos ou déclos de la ville. La chasse est un sport national.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière).
Québec en 1710
Une autre annus horribilis: un printemps de sécheresse; les grandes gelées en mai; un été au climat désastreux; une invasion de chenilles qui mangent le lin et le blé; pas de foin et le beurre est rare et cher. Ajoutons à cela, qu'en hiver, une épidémie de fièvres malignes, la « maladie de Siam », frappe toute la colonie.
Une ordonnance interdit de fumer à la porte des églises et de sortir durant le prône des curés, à moins de grande nécessité. Dix livres d'amende contre les contrevenants, payables même par les pères de famille pour leurs enfants, et la prison en cas de récidive.
L'intendant Raudot convient qu'il y a trop de cochons dans la région de Québec et dans la colonie. Les habitants devront leur mettre un carcan et il sera permis de les tuer et de les garder si ils envahissent votre propriété ou vos champs.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1711
On passe tout l'été sur le qui-vive dans la crainte de voir une flotte britannique attaquer à nouveau la capitale de la Nouvelle-France. Les autorités religieuses organisent des séances de prières dans les églises. Les gens de Québec apprennent avec soulagement, le 3 septembre, le naufrage de la flotte de Sir Hovenden Walker sur les rochers de l'île aux Oeufs, sur la Côte Nord, à 290 milles en aval de Québec. On y voit la protection de la Providence et l'église Notre-Dame-de-la-Victoire est rebaptisée Notre-Dame-des-Victoires.
Louis XIV écrit au gouverneur Vaudreuil. Il trouve que le nombre de garçons et de filles célibataires au-dessus de 15 ans est trop considérable. Il reproche au gouverneur de n'avoir pas encouragé suffisamment les mariages. Il rétablit la gratification de 3000 livres pour doter 60 filles annuellement.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1712
Michel Bégon devient intendant de la Nouvelle-France. Dès son arrivée à Québec, il constate que toutes les pêches sont désorganisées à cause de la disette de sel. Pas de sel, pas de conservation du poisson.
Louis-Joseph de Montcalm naît à Candiac, en France. Il ne sait pas encore que son destin le mènera un jour sur les Plaines d'Abraham, à Québec, pour y mourir.
Louis XIV écrit au gouverneur Vaudreuil et à l'intendant Bégon pour revenir sur l'importance de faire marier les jeunes gens au plus tard à 20 ans et les jeunes filles à 16 ans. Le roi a appris d'autre part que les colons délaissent de plus en plus la raquette pour se déplacer en hiver au profit du cheval. Il le déplore car il croit que l'usage de la raquette fait des colons en meilleure santé et plus à même de peupler la colonie.
(Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1713
La signature du traité d'Utrecht, met fin à la guerre de la succession d'Espagne et fait entrer le monde dans ce que les historiens appellent la « paix de trente ans ». La colonie et la ville de Québec entrent dans la plus longue période de paix qu'elles aient connue. Mais, c'est un traité désastreux pour la France. La Nouvelle-France est désormais réduite à un long corridor s'étendant dans la vallée du Saint-Laurent.
La Nouvelle-France compte 18 479 habitants et la villes de Québec, 1500 environ. Vaudreuil et Bégon se plaignent de la faible immigration française.
Mère de Saint-Ignace est élue supérieure des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu pour la huitième fois. Saint-Vallier revient à Québec.
Le feu détruit en partie le Palais de l'intendant.
(Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1714
Un groupe d'habitants de la région de Québec vient demander au gouverneur et à l'intendant qu'on oblige les marchands à leur fournir des marchandises à meilleur prix. Le roi refuse la demande. Une délégation de huit femmes de Québec vient protester, en juillet, devant le Conseil supérieur contre le prix exorbitant et la mauvaise qualité du pain. Les conseillers examinent quelques échantillons de ce pain dont le peuple doit se contenter. Ils le trouvent « pesant comme de la terre et de la même couleur, plat, non levé et aigre ».
Un ordonnance « fait défense à tous cabaretiers, aubergistes et autres vendeurs de boissons de recevoir chez eux aucun habitant les dimanches et fêtes, ou pendant le service divin, sous peine de prison et de vingt livres d'amende ».
(Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1715
Le 30 juillet, une ordonnance du gouverneur décrète que toutes personnes qui possèdent d'anciennes monnaies de cartes devront les porter, à Pierre Petit, trésorier de la Marine, qui leur donnera de nouvelles monnaies en retour. Le 15 août prochain, l'ancienne monnaie de cartes n'aura plus cours.
Le procureur du roi, Mathieu Ruette d'Auteuil soumet son rapport au roi sur l'état de la Nouvelle-France. La ville de Québec est au premier rang des problèmes. Selon Ruette d'Auteuil, la médiocrité du peuplement, vient du fait que les gouveneurs et intendants successifs n'ont pas tenu compte des maladies contagieuses. Quant au commerce, ce ne serait pas la faute des Canadiens mais des entreprises coloniales qui ont fait faillite, en y ajoutant le désordre de la monnaie de cartes et le commerce illégal des administrateurs coloniaux.
(Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1716
De crainte d'être de nouveau attaqué par les Anglais, les autorités entreprennent des travaux de fortification de la ville.
Le Conseil de la Marine décide que la coutume de Paris serait désormais la seule loi de la Nouvelle-France et déclare nuls tous les actes passés contre cette coutume.
Mère de Saint-Ignace, une religieuse hospitalière de l'Hôtel-Dieu, commence à dicter à mère Régnard de Sainte-Hélène une histoire générale du monastère et de la colonie, depuis les origines jusqu'en 1716.
Dans l'espoir de faire revenir sur leur terre et dans leur ville les nombreux coureurs des bois qui ont bravé la loi et préfèrent la vie sauvage, Paris leur propose une amnistie générale. En cas de récidive, ils risquent la peine du fouet et des galères.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1717
Québec, comme toute la colonie, vit une grande sécheresse. En plein coeur de l'été, on multiplie les processions et les prières publiques pour que la pluie tombe enfin. S'ajoute à cela une cruelle épidémie de fièvres malignes. À leur requête, les marchands de Québec et ceux de Montréal obtiennent le droit de se réunir quotidiennement dans un lieu appelé « bourse » pour discuter de leurs affaires et élire deux syndics pour les représenter auprès des autorités.
L'Hôpital général fait construire une annexe qui deviendra un asile d'aliénés pour femmes.
Le roi interdit à l'intendant de faire fabriquer de la monnaie de cartes.
Saint-Vallier refuse l'absolution à ceux qui ne paient pas la dîme.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1718
Jamais, de mémoire de colon, le blé et les pois ne se sont vendus aussi chers. Près de cinq fois plus qu'en 1712. Le roi permet aux intendants de limiter ou de prohiber par ordonnances la sortie des blés de la colonie.
Montréal est devenue la métropole commerciale de la Nouvelle-France. Nicolas Lanouiller de Boisclerc écrit au sujet de sa ville, Montréal: « Les marchands de cette ville font presque tout le commerce de la colonie, tant au dedans avec les sauvages, qu'au dehors avec l'étranger et Québec ne doit être regardé que comme l'entrepôt. »
Une ordonnance du gouverneur oblige les officiers de police de la ville à faire une visite chez tous les particuliers pour savoir la quantité de blé et de farine qu'ils ont chez eux ou qu'ils ont achetés.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1719
La ville, à l'image de toute la colonie, file un mauvais coton. L'abolition de la monnaie de cartes et la dévaluation au demi de la valeur du numéraire de la colonie par la métropole pour la convertir en valeur monnaie de France assomment les gens d'ici. Le commerce intérieur de la Nouvelle-France et toute son industrie s'en trouvent paralysés.
Le 4 juin, un arrêt permet aux agents de la Compagnie des Indes de s'introduire à l'improviste chez les habitants et de procéder à une perquisition afin de s'assurer qu'ils ne violent pas le monopole de la compagnie sur les fourrures.
Ainsi va la colonie, ainsi va sa capitale. La population de la Nouvelle-France est de 22 530 habitants. On compte 63 000 arpents de terre en culture. La colonie produit 234 566 boisseaux de blé. On dénombre 76 moulins à farine.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1720
L'intendant Bégon pose la première pierre des fortifications du cap Diamant. Il est aidé par Chaussegros de Léry, ingénieur du roi, qui a entrepris sa longue carrière ici quatre ans plus tôt.
Encore une fois, la récolte est mauvaise: des pluies excessives et une invasion de chenilles dévorent les jeunes blés.
Le père jésuite Charlevoix est frappé, dans ses Relations, par l'extrême pauvreté des colons: « Aussi, la plupart vont-ils tout nus, surtout ceux qui sont dans les habitations un peu écartées. Ils ne vendent même pas tout le surplus de leurs denrées aux habitants des villes, parce que ceux-ci sont obligés, pour subsister, d'avoir des terres à la campagne et de les faire valoir par eux-mêmes. »
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1721
Désormais, les capitaines des navires entrant au pays doivent jeter l'ancre à l'île aux Coudres et faire un rapport aux autorités de Québec sur l'état de santé de leurs passagers, avant de pouvoir aller plus loin.
Nicolas Lanouiller obtient le privilège d'ouvrir un service postal entre Québec et Montréal.
Charles de Glandelet devient supérieur du Séminaire de Québec.
La chasse aux perdrix est interdite du 15 mars au 15 juillet.
Introduction de la culture du tabac en Nouvelle-France.
L'amende imposée à ceux qui se font prendre à vendre ou troquer de l'eau-de-vie ou autres boissons enivrantes avec les « sauvages » est portée à 500 livres.
Le gouverneur Rigaud de Vaudreuil est fait grand-croix de Saint-Louis.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1722
Les ursulines inaugurent leur chapelle et la font admirablement ornementer par les sculpteurs Levasseur.
On adjoint à l'Hôpital général un asile d'aliénés pour hommes.
Joseph de La Colombière est promu grand chantre du chapitre de Québec.
Une ordonnance enjoint aux curés et vicaires de publier l'ancien édit du roi Henri II de 1556 condamnant à la peine de mort les femmes enceintes non mariées qui tentent de cacher leur grossesse.
Les missionnaires sont autorisés à recevoir les testaments des habitants en présence de trois témoins.
Jean-Baptiste-Julien de La Borde devient procureur de la Prévôté.
La colonie est divisée en 82 districts de paroisses.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série 2005, de Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1723
Début de l'immigration pénale. L'arrivée de prisonniers de droit commun à titre d'immigrants cause scandales et méfaits. On les accuse de ne pas contribuer au progrès de la colonie.
Michel Bégon demande au roi Louis XV d'être remplacé à son poste d'intendant.
Le peintre Michel Dessailliant exécute le portrait de soeur Jeanne-Françoise Juchereau dite de Saint-Ignace. Celle qui fut la supérieure des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu durant de nombreuses années décédera un mois plus tard.
Le gouverneur Rigaud de Vaudreuil et l'intendant Bégon ont un nouvel interlocuteur à Paris en la personne de Jean-Frédéric de Maurepas qui vient d'être nommé à la direction des colonies qui relèvera dorénavant du ministère de la Marine.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1724
Le gouverneur Vaudreuil éprouve de la compassion pour les colons dans le besoin. Il écrit à Maurepas, à Paris: « Je vous avoue que je vois avec peine, Monseigneur, que les pauvres souffrent et qu'ils ne peuvent se procurer le strict nécessaire à la vie qu'à un prix excessif... »
Le jésuite Charlevoix publie à Paris La vie de la Mère Marie de l'Incarnation, institutrice et première supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France. On y découvre le rôle essentiel qu'elle a joué dans la survie de la colonie.
Étienne Boullard est nommé supérieur du Séminaire de Québec.
Edme-Nicolas Robert est nommé intendant de la Nouvelle-France. Il mourra durant sa première traversée quand son navire, Chameau, fait naufrage.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1725
L'intendant et l'évêque font pression pour faire cesser l'immigration de prisonniers. Saint-Vallier supplie le ministre des Colonies de « ne plus envoyer de tels gens qui sont sans foy et sans religion, capables des plus affreux crimes et vices; la continuation de ces envois pourrait faire perdre la foy à ceux qui composent la colonie et les rendre semblables aux Anglais et aux infidèles ». La pression de l'évêque et de l'intendant fait son effet. La France arrête d'envoyer ici ses prisonniers de droit commun.
Guillaume de Chazelles est nommé intendant de la Nouvelle-France. Il sera bientôt remplacé par Claude Thomas Dupuy.
Le Palais de l'intendant passe au feu.
Le gouverneur Philippe Rigaud de Vaudreuil décède le 10 octobre.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière.)
Québec en 1726
Les jeux de hasard sont interdits dans les cabarets.
Le séminaire de Paris envoit du clergé séculier au petit séminaire de Québec, ce qui permet de se passer de l'aide des jésuites en introduisant l'enseignement des humanités, de la philosophie et de la théologie.
Charles de Beauharnois, baron de la Boische, est nommé gouverneur.
Jean-Baptiste Gaultier de la Varennes, vicaire général et membre du Conseil supérieur décède, à Québec, le 30 mars.
Les canadianismes ou québécismes apparaissent tôt. On doit la locution bordée de neige à l'intendant Dupuy. Le mot bordée vient de la Saintonge où il signifiait une grande quantité de pluie ou de grêle. Bordée est aussi un terme de marine.
La population de la Nouvelle-France atteint 29 396 habitants.
(Sources: Trésor de la langue française, Claude Poirier; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1727
La mort de Mgr de Saint-Vallier crée des remous et fait l'actualité toute l'année. Les chanoines ne peuvent s'entendre sur qui doit présider les obsèques. L'intendant Dupuy fait célébrer précipitamment les funérailles par un jésuite de l'Hôpital général. Furieux, le vicaire capitulaire Étienne Boullard dépose la supérieure. L'intendant est rappelé en France. Mgr Duplessis de Mornay, qui doit succéder à Mgr de Saint-Vallier, refuse de traverser l'Atlantique. La suite est encore plus rocambolesque. Mgr Pierre Herman Dosquet arrive en 1732, cinq ans plus tard. Il fait de brefs séjours à Québec puis démissionne en 1739. Un évêque prometteur débarque enfin, en 1741: Mgr de Lauberivière. Il meurt une semaine plus tard du typhus. Mgr de Pontbriand viendra mettre de l'ordre l'année suivante.
(Source: Jean-Marie Lebel, Cap-aux-Diamants, no hors série 2005)
Québec en 1728
La mort de Saint-Vallier continue de faire des vagues. Tout le monde veut s'approprier son cadavre. Une rumeur court à l'effet que les chanoines veulent enlever le corps de l'évêque, le transporter à la cathédrale et l'y inhumer. L'intendant Dupuy fait procéder immédiatement à l'enterrement de Saint-Vallier dans le cimetière de l'Hôpital Général. Les chanoines sont convoqués devant le Conseil supérieur. Ils récusent, dans cette affaire, l'autorité de l'intendant, tout comme celle du Conseil supérieur. La réunion n'a pas lieu. Les chanoines envoient un émissaire à Versailles pour dénoncer à la Cour la conduite de l'Intendant dans l'affaire des funérailles de Saint-Vallier. Le roi décide alors de rappeler l'intendant Dupuy.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1729
Gilles Hocquart succède à Dupuy, mais il n'a que le titre de commissaire général de la Marine. Ce n'est que deux ans plus tard, sous les instances du gouverneur Beauharnois, qu'il reçoit officiellement le titre d'intendant. Il sera en fonction pendant 19 ans, le plus long mandat pour un intendant dans l'histoire de la Nouvelle-France.
Le pays connaît une disette générale. La région de Québec n'y échappe pas. Les semailles sont compromises.
Une ordonnance oblige les habitants de Québec, Trois-Rivières et Montréal dont les terres se trouvent sur les grands chemins de placer aux premières neiges, sur le front de leur terre, des balises, de 24 pieds en 24 pieds. Elles doivent mesurer six pieds de hauteur.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1730
L'intendant Hocquart écrit le 16 mai que l'hiver a été fort long et que les semailles commencent à peine à se faire.
L'historien F.-X. Garneau raconte que, pour ne pas mourir de faim au printemps, les colons ont dû se résoudre à manger des bourgeons et un drôle de légume appelé « pomme de terre ».
Un nommé Cotton, établi à Québec, et les sieurs Huppé et Chauffour, de Montréal, commencent à fabriquer des chapeaux de castor à demi foulés. Jusqu'en 1735, ils en produisent douze à quinze cents par année.
Le 15 octobre, Hocquart écrit à son ministre que les fils de famille qui arrivent de France font des vols et des larcins pour vivre, car ils sont peu rompus au travail. Il demande d'obliger leurs familles à leur verser une pension de 200 livres.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1731
L'éphémère évêque de Québec, Mgr Dosquet, se plaint que le « bas peuple » s'amuse sur la terrasse de l'évêché, les jours de fête et les dimanche, et « qu'on y a la tête rompue du bruit qu'y font ceux qui jouent aux quilles et à la boule ».
L'intendant Hocquart condamne par contumace un certain Claude Lebeau à être pendu et étranglé jusqu'a ce que mort s'en suive. La sentence est exécutée le lendemain 13 janvier, alors que l'on pend Lebeau en effigie. Il est accusé d'avoir fabriqué de la fausse monnaie de cartes. Il a réussi à s'enfuir à Boston et, de là, à s'embarquer pour la Hollande.
Tous les habitants doivent faire anneler leurs cochons tous les printemps, à la fonte des neiges jusqu'aux nouvelles neige d'automne. Anneler un cochon signifie lui passer un anneau dans le groin afin de l'empêcher de fouir le sol.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1732
Les mauvaises récoltes compromettent le commerce de la colonie et l'activité portuaire et maritime de Québec. Pourtant, le 27 octobre, l'intendant Hocquart écrit à son ministre que « la culture des terres peut fournir aux habitants des Costes de quoy vivre aisément et l'industrie procure les mesmes avantages aux artisans des villes ».
La construction navale se développe à Québec. Bientôt, elle sera une industrie importante. Le roi verse un octroi de 150 livres pour chaque vaisseau construit à Québec et dont le tonnage sera de 30 à 60 tonneaux. Pour les navires de 200 tonneaux et plus, la subvention royale sera de 500 livres.
Une ordonnance interdit de faire courir les chevaux pendant le service divin et aussi de sortir de l'église durant le prône pour fumer.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1733
L'intendant Hocquart maintient le droit de posséder et de vendre des esclaves. Les esclaves d'origine amérindienne sont plus nombreux que les esclaves noirs. Les curés et les communautés religieuses sont ceux qui possèdent le plus grand nombre d'esclaves, selon l'historien Marcel Trudel qui les a tous recensés.
Les épidémies et les disettes à répétition font que l'Hôpital Général compte en même temps jusqu'à 2000 malades.
À l'automne, un tremblement de terre terrorise la région de Québec et toute la colonie. Les secousses se font sentir pendant 40 jours.
Jean Carrier obtient une commission pour devenir le taxi en chaloupe du gouverneur et de l'intendant lorsqu'ils se rendent à Montréal ou qu'ils reviennent à Québec. Il sert aussi de messager du roi pour le courrier, toujours par le fleuve.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1734
Après des années de disettes, toute la colonie connaît enfin une remarquable récolte de blé: 737 892 minots.
Il neige, à Québec, un 29 septembre.
Le roi permet aux soldats de se marier après trois ans de service dans la colonie.
Tous les charretiers de Québec employés à transporter les vidanges des terrains et vieux bâtiments situés à la basse-ville recoivent l'ordre de les jeter le long de la grève du fleuve.
De 10 qu'ils étaient en 1717, on dénombre 52 moulins à scie dans la colonie. La population de la Nouvelle-France est de 37 716 habitants.
Michel Sarazin, médecin et naturaliste meurt à Québec.
Ouverture de la route Québec-Montréal.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1735
La construction du Chemin du Roy qui mène de Québec à Montréal, sur la rive nord du Saint-Laurent, et qui vient d'être inauguré, aura pris quatre ans. Il a fallu construire 13 ponts. Sur les cours d'eau trop larges pour porter des ponts (les rivières Batiscan, Saint-Maurice et des Prairies), on traverse grâce à un service de bacs. Désormais, on peut aller d'une ville à l'autre avec un seul cheval , en quatre jours. Le développement de la colonie en est grandement favorisé.
On dénombre 300 enfants bâtards dans la colonie dont un bon nombre dans la région de Québec. Selon le clergé, la défense faite aux soldats de prendre femme en serait la cause.
En trois ans, on a lancé à Québec 41 navires de tout tonnage.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1736
Les récoltes de blé sont désastreuses. Selon l'intendant Hocquart, les pluies de septembre ont fait pourrir le blé sur pied.
Le premier récollet canadien, Joseph Denys, décède le 25 janvier.
Hocquart écrit à son ministre que les Canadiens « sont naturellement indociles » et que le problème de la main d'oeuvre qualifiée est crucial. Mais il ajoute: « Les charpentiers de ce pays ont une facilité extraordinaire à s'instruire et à se perfectionner. Le problème est qu'ils sont accoutumés à faire des ouvrages imparfaits. L'intendant demande qu'on lui envoit un bon sous-contracteur et deux ou trois bons contremaîtres pour « former les charpentiers d'ici et leur apprendre que ce n'est pas assez d'aller vite, car ils sont très expéditifs ».
(Source: Histoire populaire du Québec. de Jacques Lacoursière)
Québec en 1737
Des pluies excessives sont la cause de récoltes désastreuses et d'une nouvelle famine dans tout le pays. L'intendant Hocquart écrit que « les habitants sont réduits à manger des bourgeons d'arbres, des pommes de terre et autres choses qui ne sont point propres à la nature des hommes ».
L'intendant précise que les habitants des villes, particulièrement les artisans et les journaliers, sont dans une situation alarmante manquant tous de travail. Il doit fournir régulièrement des provisions aux plus démunis de crainte qu'ils ne meurent de faim. La crise nuit au commerce et la disette a tellement appauvri le pays et affaibli les gens que l'industrie de la construction de navires est presque paralysée.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1738
L'Hôpital Général construit une nouvelle aile pour héberger les soldats infirmes ou impotents.
Au printemps l'intendant Hocquart prend une décision courageuse qui touche autant Québec que Trois-Rivières et Montréal. Il fait vider d'autorité les greniers de quelques habitants aussi avares qu'aisés, afin de remettre ce blé aux capitaines de milice qui en assurent la répartition et l'ensemencement.
Il écrit à son ministre: « Les villes ont esté remplies tout l'hyver de ces coureurs misérables qui venoient chercher quelques secours de pain ou d'argent. Ils continuent d'estre à charge au public, à M. le Général (le gouverneur) et à moy et encore plus au roi. J'ai esté et je suis toujours dans la nécessité de faire fournir régulièrement du pain, de la viande et des légumes des magasins à ces indigents et aux pauvres infirmes. »
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1739
Les peaux de castor forment 70 pour cent de la valeur des exportations de la Nouvelle-France vers la France.
Le procureur général Verrier donne deux leçons par semaine à des jeunes gens qui cherchent à acquérier une formation juridique ou à des membres du Conseil supérieur voulant perfectionner leurs connaissances de la loi.
Depuis 1721, la production du tabac est multipliée par cinq et atteint 215 932 livres. Mais son goût âcre en empêche l'exportation.
René-Nicolas Levasseur, constructeur royal, fait commencer un premier navire pour le roi à Québec. Il jauge 500 tonneaux.
Le futur intendant maudit, François Bigot, se rapproche de Québec. Il est nommé commissaire ordinaire à l'Île Royale (Cap Breton).
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1740
La guerre éclate entre la France et l'Angleterre au sujet de la succession au trône d'Autriche. Cela rend la traversée de l'Atlantique vers la Nouvelle-France hasardeuse.
Mgr François-Louis de Pourroy de Lauberivière, que la ville et le diocèse attendaient comme un sauveur après tant d'années sans pasteur, arrive en août. Il meurt une semaine plus tard. Il a contracté le typhus lors de la traversée.
Deux autres décès plongent la colonie de Québec dans la tristesse: le chirurgien-major Michel Bernier attrape le typhus à l'Hôtel-Dieu en soignant les malades ayant voyagé à bord du Rubis, un navire arraisonné par les Anglais dans l'Atlantique et qui à mis 96 jours pour arriver; le notaire Pierre Raimbault décède le 17 octobre.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, de Jean-Marie Lebel dans un no hors série 2005)
Québec en 1741
Mgr Henri-Marie Dubreuil de Pontbriand est sacré évêque de Québec par Mgr de Vintimille, archevêque de Paris. Il arrivera à Québec quelques mois plus tard.
Depuis 1727 quatre évêques se sont succédés à Québec. L'un d'eux, Mgr Louis-François Duplessis de Mornay, n'est jamais venu au Canada tout en retirant les revenus de son vaste diocèse de Québec.
Une vingtaine de seigneurs perdent leurs seigneuries par incurie. Les seigneurs ont l'obligation de développer et de peupler leur domaine en concédant des fiefs à des vassaux. Certains seigneurs. à l'exemple de Robert Giffard, vont faire du recrutement en France dans leur patelin d'origine. C'est ainsi que Zacharie Cloutier, l'ancêtre de tous les Cloutier d'Amérique, a quitté Mortagne, dans le Perche, dès 1634, pour venir aider Robert Giffard à développer la côte de Beaupré.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1742
L'intendant signale une invasion de chenilles, des « raids d'insectes » et des pluies excessives. Les récoltes de blé sont encore plus désastreuses qu'en 1737.
Des brigades de prévention du crime prennent sur elles de faire justice au moment où la disette donne lieu à une recrudescence de vols et de brigandage. Pour sa part, le gouverneur Beauharnois forme une patrouille de 24 miliciens qui parcourent les rues durant la nuit.
L'intendant Hocquart insiste auprès de son ministre pour que la métropole sélectionne les colons qui partent pour la Nouvelle-France. Il ne veut que des laboureurs, des charpentiers, des forgerons, des tonneliers et des charbonniers. Pour l'intendant, les marchands, tisserands et autres ouvriers des manufactures « sont des hommes absolument inutiles ».
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1743
Il y a tant de chenilles que les autorités religieuses organisent des prières publiques et des processions dans les rues de la ville pour éloigner le fléau. L'intendant réclame en toute hâte à son ministre trois à quatre mille quarts de farine avant la fermeture de la navigation sur le fleuve. Il ne reste plus dans les champs que le squelette des foins et des herbes roussis comme si le feu y avait passé.
Hocquart écrit: « On me demande des secours de partout et bientost je n'auray plus rien à donner. »
Une épidémie de typhus frappe toute la colonie.
Le nombre de seigneuries créées depuis 1713 est seulement de 35. On les retrouve surtout le long de la rivière Chaudière et dans la région du lac Champlain.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1744
Le 15 mars, le roi de France, Louis XV déclare la guerre au roi d'Angleterre. Ce sera la guerre appelée « de Succession d'Autriche ».
Devant le grand nombre de fêtes chômées, Mgr de Pontbriand décide d'en renvoyer 17 au dimanche, ce qui réduit de 37 à 20 le nombre de jours chômés.
Une ordonnance permet aux sieur Estèbe de Québec, fournisseur de blé aux troupes, de recourir à la milice pour intimider les habitants récalcitrants qui refusent de céder une partie de leur récolte.
Une ordonnance interdit aux bouchers de Québec et des environs de faire des salaisons de boeufs sans la permission expresse et par écrit de l'intendant. Les permis ne seront accordés que pour la subsistance des équipages des bâtiments armés au Canada et pour les voyages.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1745
Le réveil est brutal à Québec lorsque l'on y apprend la chute de Louisbourg. Les Anglais n'ont plus d'obtacle avant d'attaquer Québec. Le gouverneur Beauharnois et les habitants de Québec n'ont qu'une préoccupation: défendre la ville qui est maintenant menacée d'invasion. Les travaux aux fortifications reprennent sous les ordres de Gaspard-Joseph Chaussegros-de-Léry.
Les années se suivent et ne se ressemblent pas. L'hiver est particulièrement doux. Le 25 avril, on commence les semailles de blé que l'on récolte à compter du 22 août, soit trois semaines plus tôt que les années précédentes. Le 22 juin, c'est la première récolte de fraises.
Il est interdit de tirer du fusil dans la ville. Amende: 50 livres. Récidive: punition corporelle.
(Souces: Jean-Marie Lebel, Cap-aux-Diamants, hors série 2005; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1746
Jean-François Gaultier établit une station météorologique à Québec et tient un journal quotidien d'observations jusqu'en 1756.
Les chantiers de construction navale du roi quittent la rivière Saint-Charles pour le Cul-de-Sac, pas très loin de la place Royale.
Les cabarets sont surveillés de près dans la région. Jean Guay, de la Pointe-de-Lévy, perd son permis de vente de boissons alcoolisées pour mauvaise conduite (il a vendu de l'alcool en dehors des heures permises).
Le commerce avec les « Sauvages » est formellement interdit. Cela inclut, outre l'eau de vie, les fusils, la poudre et même les vêtements. Il s'agit, en fait, de mettre au pas les coureurs des bois.
À Québec, on fait des réserves de nourriture en cas d'attaque anglaise.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1747
Rolland Michel Barrin, marquis de la Galissonière, est nommé gouverneur de la Nouvelle-France. Comme tous les autres, il est en poste au Château Saint-Louis, à Québec.
Sous la poussée de la guerre contre les Iroquois, la surproduction de monnaie de cartes plonge à nouveau la colonie dans une forte inflation avec la misère qui l'accompagne.
Avant de quitter son poste de gouverneur pour s'établir, avec son frère Claude, dans l'immense seigneurie de 600 km2 qui porte son nom, située entre les lacs Saint-François et Saint-Louis, le gouverneur Beauharnois accuse les Anglais d'avoir poussé les Iroquois à la barbarie en leur offrant cinq livres pour chaque scalp français.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1748
Le nouvel intendant François Bigot arrive à Québec. Peu de temps après, les marchands locaux se plaignent du favoritisme dans l'octroi des contrats de fournitures du gouvernement et ils appellent « La Friponne » le magasin du fournisseur Pierre Claverie, érigé près du palais de l'intendant. La spéculation sur le blé et les victuailles enrichit la « clique à Bigot » et provoque des pénuries. Les banquets de Bigot et sa passion du jeu font scandale.
Une invasion de la tordeuse des bourgeons de l'épinette frappe la région.
Une mystérieuse maladie contagieuse affecte le village de Saint-Augustin, près de Québec. Le nombre de sépultures est fort élevé comparé aux autres années: 37 contre 8 ou 9 habituellement.
(Sources: Cap-aux-Diamants, de Jean-Marie Lebel, no hors série 2005; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1749
La Galissonnière quitte et l'officier de marine Jacques-Pierre de Taffanel, marquis de La Jonquière, est nommé gouverneur.
Québec et toute la colonie sont frappés par une épidémie de fièvres virulente. On compte de nombreux décès.
L'intendant Bigot note que plusieurs habitants des environs de Québec abandonnent leurs terres pour gagner la ville « soit pour se mettre charretiers, soit pour travailler à la journée ou même pour y tenir cabaret. » Il publie une ordonnance pour mettre fin à cette situation.
L'intendant réclame de façon urgente 150 charpentiers pour la construction navale.
Un règlement fixe le nombre de charretiers à Québec et les tarifs qu'ils auront droit de réclamer pour leurs courses.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1750
Une épidémie de typhus frappe Québec.
L'intendant Bigot interdit à qui que ce soit de pratiquer la chirurgie et la médecine au Canada sans avoir subi au préalable un examen devant le médecin ou le chirurgien du roi à Québec. Les contrevenants risquent une amende de 200 livres et la confiscation de leurs instruments et remèdes. « Souvent, croit l'intendant, les remèdes prescrits rendent les gens encore plus souffrants. »
Jean Turgeon fils reçoit la commission de charpentier du roi à Québec en remplacement de Jean Turgeon père, décédé. Son travail consiste à fabriquer les potences, carcans, échafauds et autres bois de charpente nécessaires aux exécutions des criminels.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1751
C'est la disette encore une fois à Québec et dans toute la colonie. Pour mal faire, l'hiver est particulièrement rigoureux. Les pauvres n'en peuvent plus. Des émeutes éclatent. Pour calmer le peuple en colère, l'intendant Bigot fait distribuer de la farine dans les villes de Québec, Trois-Rivières et Montréal.
Une ordonnance avertit tous ceux qui ont des billets ou ordonnances écrits à la main et servant de monnaie courante de les rapporter aux trésoriers de Québec ou de Montréal. Il leur sera remis des billets imprimés pour pareilles sommes.
Les habitants du quartier du Palais se voient interdire de jeter leurs immondices dans le port, entre la digue et le hangar du chantier du roi, sous peine d'une amende de vingt livres.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1752
Le gouverneur de La Jonquière meurt. Le marquis Ange Duquesne de Menneville est nommé pour le remplacer.
Le 14 octobre, le soldat Pierre-Victor Reverd, faux-monnayeur, est pendu sur la place publique de la basse-ville de Québec.
Une ordonnance du gouverneur et de l'intendant interdit de vendre le blé, soit en grains soit moulu, au dessus de cinq livres le minot. L'amende aux contevenants est de 100 livres.
Nicolas Moran fils, un chirurgien âgé de de 21 ans, est condamné à payer à Catherine Barthe, fille mineure dont il a abusé, la somme de 800 livres.
L'intendant et le gouverneur s'entendent pour augmenter le prix de la peau de castor.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Titre
Québec en 1753
En raison des récoltes médiocres et afin de prévenir la disette, une ordonnance du gouverneur et de l'intendant interdit à tous particuliers qui auraient dessein de fabriquer ou de faire fabriquer des farines et des biscuits ou de faire des achats de légumes non seulement de les faire sortir de la colonie mais encore de les vendre à d'autres particuliers ou capitaines de navires qui pourraient en faire le commerce. Les contrevenants risquent une peine de 500 livres d'amende et six mois de prison.
Les boulangers de Québec voient le prix du pain sévèrement réglementé. Le pain blanc vendu sept sols six deniers devra avoir un poids de deux livres et demi et le pain bis blanc vendu quinze sols devra peser six livres et demi.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière
Québec en 1754
La ville de Québec compte 8000 habitants et la Nouvelle-France, 55 000.
Une ordonnance fait nouvelle défense à toutes personnes de tirer des coups de fusil dans la ville et les faubourgs de Québec. L'amende: 50 livres pour la première fois et le double en cas de récidive.
Le sieur Duverger, chirurgien résident à Berthier-sur-Mer, est condamné à payer 50 livres de dommages et intérêts à Marie-Rose Lemieux, fille de Pierre Lemieux, habitant de L'Islet, pour pourvoir aux frais de gésine et à se charger de l'enfant dont elle accouchera, le faire nourrir et en avoir soin à ses frais et dépens. Le père sera tenu de rapporter tous les trois mois au procureur du roi, à Québec, un certificat du curé de la paroisse où sera élevé l'enfant.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1755
À compter de cette année, l'imminence de la guerre ne fait plus de doute. C'est le début de l'arrivée de nombreux bataillons détachés des régiments français sous le commandement de Jean-Armand Dieskau. Ce dernier est fait prisonnier par les Anglais. Louis-Joseph, marquis de Montcalm, lui succèdera.
Pierre Rigaud, marquis de Vaudreuil, jusqu'alors gouverneur de la Louisiane, est nommé gouverneur de la Nouvelle-France.
La petite vérole (appelée la grande picote) frappe toute la colonie. On croit que l'épidémie a été amenée par les troupes revenant du fort Carillon.
Un incendie criminel détruit l'Hôtel-Dieu. Le problème de la pauvreté devient encore plus cruel. Dans la nuit du 22 au 23 novembre, un tremblement de terre secoue la région de Québec.
(Sources: Cap-aux-Diamants, de Jean-Marie Lebel, hors série 2005; Chronologie du Québec, Jean Provencher)
Québec en 1756
Le nouveau gouverneur Vaudreuil demande au ministre de la guerre que le nouveau commandant en chef des troupes françaises soit « un natif du pays », question d'inspirer confiance à la population. Le ministre de la guerre n'écoute pas le gouverneur et il nomme Montcalm commandant en chef. Montcalm arrive à Québec, le 13 mai, avec 1400 soldats.
Le 17 mai, l'Angleterre déclare la guerre à la France. Le 9 juin, la France déclare la guerre à l'Angleterre.
Le gouverneur et l'intendant publient des ordonnances visant à empêcher la sortie du pays des bois de construction, de charpente, de chauffage et de tous les autres usages. Mêmes règlements sévères concernant le blé, la farine, les légumes et la viande. On se prépare à un siège.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1757
Québec et toute la colonie connaissent un été et un automne de misère: mauvaises récoltes; navires saisis par les Anglais; épidémies de typhus et de petite vérole.
En hiver, faute de vivres, on mange du cheval pour la première fois dans la colonie. Au début de décembre, Montcalm organise un grand banquet où le cheval est à l'honneur afin d'inciter les gens à en manger. L'intendant Bigot aurait fait tuer 1,500 chevaux pour lutter contre la famine.
En décembre, les autorités doivent subventionner le prix du boeuf pour 3000 pauvres gens de Québec.
À la suite de la ruine de plusieurs officiers, négociants ou simples habitants, le roi de France interdit la pratique de tous les jeux de hasard dans la colonie.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1758
Les mois de mai et juin sont particulièrement froids à Québec. L'intendant écrit que les artisans « étoient si faibles qu'ils ne pouvoient pas travailler, plusieurs sont morts d'inanition parce qu'ils se privoient de manger pour nourrir leurs enfants ». Montcalm écrit qu'il a vu des habitants manger de l'herbe.
Le gouverneur Vaudreuil et l'intendant Bigot recoivent l'ordre du roi de faire connaître la pomme de terre. C'est une question de vie ou de mort.
Alors que la population de Québec manque de tout, l'intendant Bigot organise de grands soupers bien arrosé. Le chevalier de Lévis n'est pas d'accord. Montcalm, un aristocrate coupé du peuple, note, avec bonheur, que, chez l'intendant, « les plaisirs sont vifs » et que les jeux de hasard sont autorisés, malgré l'interdiction du roi.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière),
Québec en 1759
En janvier, 400 femmes vont manifester avec violence devant le palais de Bigot. Elles accusent l'intendant de s'enrichir pendant que leurs enfants manquent de pain.
Au printemps, Bougainville revient de France avec de mauvaises nouvelles: une importante flotte anglaise est en route pour conquérir Québec. Le 27 juin, la flotte ennemie, sous les ordres du général Wolfe, apparaît à la pointe de l'île d'Orléans. Les Anglais installent leurs canons puissants à la pointe-Lévy laissée sans défense par Montcalm. Le bombardement de Québec débute le 12 juillet. Il fera beaucoup de dommages dans la vieille ville et provoquera « le grand feu de la basse-ville ». Pourtant la ville ne se rend pas et c'est Wolfe qui est en mauvaise position. Il risque le tout pour le tout en faisant escalader la falaise par ses troupes. On connaît la suite...
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, no hors série 2005, de Jean-Marie Lebel)
Québec en 1760
Après la capitulation de Québec, les troupes françaises s'étaient repliées vers Montréal. Au printemps, sous les ordres de Lévis, les mêmes troupes marchent sur Québec. Ce sera la bataille de Sainte-Foy. Une éclatante victoire française que commémore le parc des Braves actuel. Lévis fait le siège de la ville. Il attend des renforts de la France. Hélas, c'est l'escadre du capitaine Swanton qui se présente. La France aurait donc abandonné Québec! Lévis lève le siège. À l'automne, 4000 prisonniers français partent pour la France. La bourgeoisie et la noblesse de Québec font de même. La grande majorité des gens du cru restent. Ils vivront sous le régime militaire de Murray. Québec devient la nouvelle place forte des Anglais.
(Souces: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacourssière; Cap-aux-Diamants, no hors série 2005, de Jean-Marie Lebel)
Québec en 1761
Au printemps, la vie économique reprend son cours. Elle est toujours fondée sur le commerce des fourrures. Une différence toutefois: les fourrures seront désormais expédiées en Angleterre plutôt qu'en France. Une autre différence d'avec le régime français, la traite n'est plus réglementée; elle est libre à tous.
Défense est faite aux habitants de Québec et de tout le pays d'acheter du matériel militaire et de vendre de l'eau-de-vie aux soldats ou à leurs familles. Des mesures sont aussi prises pour empêcher les habitants de donner refuge aux soldats déserteurs.
Début des négociations de paix entre la France et l'Angleterre. Les Anglais sont en position de force.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1762
La ville devient rapidement une nouvelle place d'affaires et un Bureau des douanes de sa Majesté y est établi. Thomas Knox est le premier percepteur.
Murray gouverne le pays à partir de Québec. Il note que les Canadiens sont « très ignorants et attachés à leur religion ». Il recommande de ne rien brusquer si on veut en faire des sujets dévoués à Sa Majesté. Il ajoute qu'on devrait les administrer en français et avec des lois civiles françaises. Pour leur part, les marchands anglais qui s'installent réclament les lois anglaises.
Les habitants ont deux grands motifs d'inquiétude: perdre leur religion et voir leur papier-monnaie perdre de sa valeur. Les curés dénoncent en chaire les jeunes Canadiennes qui fréquentent des soldats anglais.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacquess Lacoursière)
Québec en 1763
Par le traité de Paris, signé le 10 février 1763, la France cède à l'Angleterre le Canada, l'Acadie et la rive gauche du Mississipi. Les Canadiens ont 18 mois pour quitter le pays s'ils le désirent. Ceux qui demeurent ont le droit de pratiquer leur religion « en tant que le permettent les lois de la Grande-Bretagne ».
La ville de Québec devient la capitale de la « Province of Quebec ». Le gouverneur de Québec représente le roi.
Les dix premiers juges de paix nommés pour régir la vie urbaine à Québec sont tous des Britanniques. Les catholiques sont exclus. Il faudra faire des ajustements car le gouverneur Murray est ainsi contraint de faire appel à des hommes qu'il considère incompétents.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1764
Le pont de glace se forme devant Québec et ne fond que le 9 mai.
Deux Écossais établissent une imprimerie. Le premier numéro du premier journal publié à Québec paraît le 21 juin. Il s'agit de The Quebec Gazette/La Gazette de Québec, un journal bilingue fondé par William Brown et Thomas Gilmore.
Le 10 août, on remplace le régime militaire provisoire par un gouvernement civil. Ainsi commence officiellement le Régime anglais.
En octobre, les Britanniques demandent l'établissement d'une assemblée législative choisie parmi les seuls sujets protestants de la colonie. Le 29 octobrre, 94 commerçants canadiens présentent une pétition dénonçant ce système de gouvernement inacceptable.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1765
On compte dans la nouvelle colonie anglaise 70 000 habitants; 8,900 à Québec, 5,800 à Montréal.
Le roi de France interdisait l'imprimerie, les livres et les journaux. Le roi d'Angleterre les encourage. Le premier ouvrage imprimé à Québec est un manuel scolaire: Alphabets ou A. B. C. français complets.
Le Séminaire de Québec devient un collège classique. Il est ouvert « à tous les jeunes indistinctement ».
La Gazette de Québec cesse de paraître à cause de la loi du timbre. L'Acte du timbre taxe les imprimés. Cette loi soulève une tempête de protestations dans les colonies américaines.
Le culte presbytérien fait son apparition à Québec. Le pasteur George Henry commence à prêcher danns une pièce du collège des Jésuites.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1766
Le diocèse est privé d'évêque depuis 1763. Les autorités anglaises autorisent enfin le retour de l'évêque Jean-Olivier Briand, consacré en France. Le gouverneur le reconnaît comme surintendant de l'Église romaine, mais non vraiment comme évêque.
Au printemps, à la suite de plaintes des Britanniques de la colonie, le gouvernement de Londres rappelle James Murray et Guy Carleton devient gouverneur.
La Gazette de Québec reprend sa publication.
En août, les juges de paix s'élèvent contre la nuisance causée par les bouchers de la haute-ville. Le problème est « qu'ils jettent dans les rues les entrailles et tripailles des animaux qu'ils tuent ».
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière).
Québec en 1767
La débâcle, entre Québec et Lévis, se produit le 21 avril. Un habitant vient près de se noyer en tentant de traverser le pont de glace avec son cheval et sa voiture.
Les Ursulines de Québec reprennent leur enseignement.
Le Séminaire de Québec devient un collège classique.
Le lieutenant-gouverneur Carleton écrit à Londres qu'il appréhende un soulèvement des Anglo-Américains tout comme des Canadiens. Il craint aussi une invasion française. Il conseille d'ériger une citadelle à Québec.
Carleton écrit au comte de Shelburne que la race canadienne a des racines si vigoureuses et si fécondes qu'elle ne pourra jamais être assimilée, sauf peut-être dans les villes de Québec et Montréal.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1768
Quelque 250 000 gallons de rhum entrent à Québec, et 24 000 minots de blé sont exportés en Angleterre et aux Antilles.
Les autorités craignent le feu. Le 23 février, Carleton ordonne aux habitants de faire ramoner leurs cheminées une fois par mois, d'octobre à mai, et chaque propriété doit être munie de deux seaux en cuir, d'une hache et d'une échelle placée près de chaque cheminée.
Guy Carleton n'était que lieutenant-gouverneur. Le 26 octobre, il est proclamé gouverneur en chef du Canada et il prête le serment d'office.
Le nouveau gouverneur recommande à Londres d'adopter une politique plus souple à l'endroit des Canadiens. Il conseille de permettre à des Canadiens d'accéder à des postes de confiance.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1769
Une distillerie de rhum est ouverte. Rapidement, le produit mis sur le marché ne suffit pas à la demande.
Les lords du Commerce et des Plantations partagent un peu le même avis que le gouverneur Carleton à l'effet d'adopter une politique plus souple à l'endroit des Canadiens et de leur permettre d'accéder à des postes de confiance. Dans un rapport au roi en date du 10 juillet, ils suggèrent de porter le nombre des membres du Conseil à quinze, alors qu'il est limité à douze, et d'accorder au maximum cinq sièges à des Canadiens.
Carleton suggère en outre de leur permettre d'occuper des emplois dans la fonction publique.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1770
Flairant de bonnes occasions d'affaires, des marchands arrivent d'Angleterre et d'Écosse, prenant le contrôle du commerce et fondant des entreprises, dont la distillerie de Saint-Roch.
Malgré leur supériorité numérique, les Canadiens se rendent compte de la situation qu'on veut leur créer. Les seigneurs de Québec présentent un mémoire au roi George III où ils dénoncent, à leur tour, le sort qu'on leur réserve: « Les anciens sujets, du moins le plus grand nombre depuis l'époque du gouvernement civil, n'ont cherché qu'à nous opprimer et à nous rendre leurs esclaves et peut-être à s'emparer de nos biens »
Carleton se rend en Angleterre pour accélérer l'adoption d'une solution au problème québécois.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1771
La terre tremble dans Charlevoix.
La cathédrale de Québec, fermée depuis l'été de 1759, est de nouveau ouverte au culte.
Hector Théophilus Cramahé est proclamé lieutenant-gouverneur de la province de Québec et prête le serment d'office à Québec.
le gouverneur Carleton continue à douter de la fidélité des Canadiens, car il est convaincu « de leur attachement secret à la France ».
Les circonstances vont faire que le gouvernement anglais sera bientôt obligé de prendre position sur les problèmes canadiens, non pas tant dans un geste de bonté que pour « aider » les Canadiens à demeurer fidèles à la Grande-Bretagne.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1772
La condamnation à mort par pendaison de Marie-Josephte Corriveau, par un tribunal militaire, en 1763, fait encore jaser à Québec. Elle était accusée d'avoir assassiné son mari. Ce que les gens de Québec n'accepte pas, c'est la cruauté de la peine. Elle a été exposée, presque nue, pendant plusieurs jours, à la croisée des chemins de Lévis.
L'avocat général James Marriott vient à Québec pour étudier le problème de l'intégration des Canadiens dans l'administration de la nouvelle colonie anglaise. Son rapport prône un système mixte de lois civiles françaises et anglaises.
Le gouverneur Carleton se méfie des treize colonies américaines à la veille de la révolte. Les gens de Québec semblent sympathiques à la cause américaine.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1773
Les toitures en bardeaux sont désormais interdites à Québec, à Trois-Rivières et à Montréal. Les conflagrations répétées ont ameuté les autorités.
Le solliciteur-général, sir Alexander Wedderburn, et le procureur général, Edward Thurlow, remettent un rapport conjoint suggérant le rétablissement des lois civiles françaises d'avant la Conquête.
Les Canadiens présentent au roi George III une pétition demandant la reconnaissance de leurs droits politiques et religieux.
Un comité spécial d'habitants anglais propose au gouverneur la création d'une Chambre d'assemblée représentative des protestants.
Un comité de sujets français présente au roi un mémoire réfutant l'utilité de cette Chambre d'assemblée.
(Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1774
La débâcle entre Québec et Lévis se produit le 27 avril, au moment des grandes marées.
Les débardeurs du port de Québec manipulent 700 000 gallons de rhum. On exporte 460 000 minots de blé et 1300 barils de farine en Angleterre et aux Antilles.
L'Angleterre octroie l'Acte de Québec, une constitution qui annule la proclamation royale de 1763, remet en vigueur les lois civiles françaises, reconnaît officiellement la langue française et la religion catholique, et permet la participation des Canadiens d'origine française au gouvernement civil de la colonie. L'Angleterre veut ainsi consolider son emprise sur le Canada et résister à la poussée indépendantiste de ses colonies du sud.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec; de Jacques Lacoursière)
Québec en 1775
Le juriste François-Joseph Cugnet déplore qu'« un quart de la ville est bâti en bois; ces maisons non seulement défigurent la ville, mais encore, en cas d'incendie, elles sont extrêmement dangereuses ».
Le gouverneur Carleton revient aux affaires après quatre ans d'absence.
Le 31 décembre, en pleine tempête de neige, les troupes américaines de Richard Montgomery et celles de Benedict Arnold attaquent Québec après en avoir fait le siège. Montréal et Trois-Rivières ont déjà capitulé. Les Américains sont repoussés et Montgomery est blessé mortellement. L'invasion du Canada par les Américains a échoué à Québec.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1776
Le 10 février, une tempête de neige paralyse la ville. Un fort vent de nordet pousse une neige épaisse. Avant l'aube, la tempête prend l'ampleur d'un ouragan. Il est impossible de rester dehors plus d'une minute.
Le 3 mai, les Américains tentent à nouveau sans succès de prendre Québec. Leur plan pour brûler 60 navires amarrés au Cul-de-Sac échoue.
Les navires de renfort anglais arrivent à Québec et mettent en déroute les derniers assiégeants américains.
Mgr Briand chante un Te Deum d'Action de grâce à la basilique.
Carleton demande à François Baby, Gabriel Taschereau et Jenkins Williams de faire enquête sur la fidélité des sujets canadiens.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1777
Guy Carleton démissionne et Frederick Haldimand, né en Suisse, est nommé gouverneur de la province de Québec.
Les juges de paix réglementent le commerce de l'alimentation et interdisent la vente dans les rues sous peine de fortes amendes.
Des tribunaux réguliers, civils et criminels remplacent le tribunal militaire.
Le Conseil législatif, formé à la suite de l'Acte de Québec, siège pour la première fois le 21 janvier. Au cours de la session qui se terminera en avril, les conseillers se mettent d'accord sur seize ordonnances. Une de ces ordonnances réorganise la milice. L'article premier établit, en quelque sorte, le service militaire obligatoire.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1778
Le vendredi 26 juin au soir, le Montréal entre dans le port de Québec. À bord se trouvent le nouveau gouverneur Haldimand et sa suite. Le remplaçant de Carleton débarque le lendemain à midi. Les rues conduisant du lieu du débarquement au Château Saint-Louis sont bondés de soldats et de miliciens des deux groupes ethniques. Les conseillers législatifs accueillent le nouveau gouverneur et l'accompagnent à la salle du conseil où il prête serment.
Le représentant du roi d'Angleterre constate que les fortifications de la capitale sont dans un piètre état. La situation est grave car la France vient prêter main forte aux États-Unis. Le comte d'Estaing commande une flotte de seize navires déjà à l'ancre dans la baie de Delaware et il invite les Canadiens à se soulever.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1779
Une année de mauvaises récoltes font chuter les exportations de blé en Angleterre et aux Antilles.
Le gouverneur Haldimand annonce la création de la Bibliothèque publique de Québec, qui ouvrira ses portes plus tard, et qui offrira au grand public un choix de 1800 livres, dont un millier en français.
Un règlement défend aux propriétaires ou aux locataires de jeter des ordures dans la rue et les oblige à nettoyer la moitié de la rue devant leur propriété.
Une rumeur laisse planer dans la population l'espoir d'une invasion prochaine par une flotte française. Fausse rumeur. Le comte d'Estaing, pris dans une tempête avec sa flotte, s'est réfugié aux Antilles d'abord puis en France.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1780
La prison de Québec, rue De la Chevrotière, dans le Vieux Québec (l'actuel Morrin Center), est soudainement remplie de prisonniers politiques. Le gouverneur Haldimand déclenche la chasse aux espions américains et aux collaborateurs.
Parmi ces prisonniers, on retrouve l'imprimeur Fleury Mesplet et le journaliste Valentin Jautard, les fondateurs de « La Gazette commerciale et littéraire, de Montréal, l'ancêtre de l'actuel journal The Gazette. Mesplet avait appris le métier d'imprimeur, à Philadelphie, avec son ami Benjamin Franklin. Ils sont emprisonnés durant plusieurs années pour leur critique du système judiciaire et la publication d'articles favorables aux Etats-Unis.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1781
Le 15 janvier, le gouverneur Haldimand signe une proclamation à laquelle l'évêque de Québec, Mgr Briand, prête son appui. Le texte rappelle qu'une invasion du territoire est toujours possible. Sa publication dans la Gazette de Québec, le seul organe d'information de la province, incite divers groupes à manifester leur appui au gouverneur. L'hebdomadaire de Québec publie le texte des pétitions dans son édition du 15 février.
Les citoyens britanniques de Québec appuient massivement leur gouverneur. Haldimand sait que l'opinion des Canadiens est moins favorable. Ils s'opposeraient à une invasion américaine. Mais si la France voulait reconquérir son ancienne colonie, il est probable que plusieurs prendraient les armes pour l'aider et que la plupart auraient une attitude sympathique.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1782
En avril, les Etats-Unis, l'Angleterre et la France entament des pourparlers de paix à Paris. Le 30 novembre, les négociateurs signent les articles préliminaires de paix. Les gens de Québec apprennent la nouvelle au printemps de l'année suivante et la Gazette de Québec publie le texte de l'entente dans son édition du 8 mai.
Au début du mois d'août, la majeure partie des troupes allemandes quitte Québec à bord de 25 vaisseaux. Les Britanniques avaient engagé des milliers de mercenaires allemands pour les aider à contenir les Américains. Quelques déserteurs et soldats allemands préfèrent demeurer ici pour s'y établir en permanence et fonder des foyers avec des Canadiennes.
(Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1783
Le théâtre Thespian, rue Buade, ouvre ses portes en février. On y présente des pièces anglaises, des opéras-comiques et des ballets.
La Gazette de Québec du 6 novembre annonce: « À vendre, jeune fille noire d'environ 18 ans, arrivée récemment de New York avec des Loyalistes. Elle a eu la petite vérole. Cette jeune fille possède un bon caractère et n'est à vendre que parce que son propriétaire n'en a aucun usage actuellement. »
Des épidémies frappent Québec et toute la province. On évalue à 1100 le nombre de personnes mortes de la picote et des fièvres rouges.
Le traité de Versailles reconnaît l'indépendance des Etats-Unis.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1784
Au printemps, le gouverneur doit remettre des fonds aux autorités ecclésiastiques pour nourrir le grand nombre d'affamés.
Québec et toute la province vivent la plus importante épidémie de variole depuis celle de 1760. Le nombre de décès double par rapport aux années précédentes.
La terre tremble à Québec. Aucune victime ni dommages importants.
Le gouverneur Haldimand quitte Québec.
L'idée d'une Chambre d'Assemblée pour la province de Québec rassemble de plus en plus d'adeptes, surtout chez les Anglais. Les Canadiens, eux, en grande majorité, n'en veulent pas. Ils souhaitent le maintient pur et simple de l'Acte de Québec qui protège leur langue et leur religion.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher).
Québec en 1785
On appelle cette année 1785 «l'année de la grande noirceur ». Les Québécois et tous les habitants de l'est du Canada connaissent, en octobre, plusieurs jours de grande obscurité. Une pluie noire tombe sur les gens et les choses. La pénombre intense et les nuages jaunes foncés semblent la conséquence des incendies de forêt qui font rage dans l'ouest et le centre du Canada.
Le mot « creton » apparaît pour la première fois dans un acte du notaire J. Cadet: « un plein pot de kerton ». Le mot « marinades » (cornichons dans le vinaigre) apparaît lui aussi pour la première fois dans une annonce de la Gazette de Québec: Jean Antrobus a à vendre, à son magasin... des marinades...
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Trésor de la langue française au Québec, Claude Poirier)
Québec en 1786
Guy Carleton, devenu Lord Dorchester, est nommé gouverneur de la province de Québec pour la seconde fois.
L'entrée en fonction de William Smith au poste de juge en chef, à la suite de son assermentation à Québec, le 23 octobre, va signifier une lutte ouverte contre l'Acte de Québec. Le magistrat, un loyaliste de New York, veut établir un nouveau mode d'administration de la justice. il croit que quand les deux parties sont anglaises leur cause doit être jugée selon les lois anglaises et non celles de la province de Québec. L'affaire est de taille car, si le juge Smith crée une nouvelle jurisprudence, cela signifiera qu'à l'avenir les lois civiles françaises ne serviront qu'entre sujets canadiens et que les Anglais auront leurs propres lois civiles.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1787
Le gouvernement anglais cède aux pressions des exportateurs installés à Québec et recommence l'importation d'essences de bois propres à la construction des navires. Cela provoque un redémarrage modeste mais tout de même de la construction navale.
Les juges de paix présentent une liste de griefs au Conseil législatif, demandant plus de pouvoirs pour régler plus efficacement les transgressions aux ordonnances.
Les deux fils du gouverneur Dorchester, âgés de 12 et 13 ans, donnent une râclée à leur précepteur. Ils se réfugient chez les Indiens de Lorette avant d'aller se cacher aux Etats-Unis. Tout finira par une réconciliation générale et un retour au bercail.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1788
Quatre moulins de la région de Québec, dont ceux de Henry Caldwell, à Lévis, et de George Allsopp, à la rivière Jacques-Cartier, assurent 45 % de toute la production de farine de toute la colonie.
Les moulins tournent quand il y a de la farine à produire. À l'automne 1788, la récolte est une perte totale. L'hiver 1788-89 en sera une de famine terrible.
Mgr Hubert ouvre une école primaire anglaise pour catholiques, mais il ne peut la soutenir plus que quelques mois, faute de ressources.
Le gouverneur Lord Dorchester établit la première société agricole.
Le même gouverneur émet une ordonnance interdisant de pratiquer la médecine sans une certificat de compétence émis par le Bureau de médecins.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1789
Les mauvaises récoltes de blé se suivent et se ressemblent. Jamais le prix des vivres n'a été aussi élevé. Dans les villes de Québec et de Montréal, on met sur pied des comités de bienfaisance pour nourrir plusieurs milliers de personnes au cours de l'hiver.
En cette année 1789, on fonde le Quebec Turf Club, le premier club de courses de chevaux au Canada. Les premières courses ont lieu sur les Plaines d'Abraham.
Pour rendre plus facile l'accès à la ville aux habitants de Charlesbourg et de la Côte de Beaupré, on construit le pont Dorchester, sur la rivière Saint-Charles, à la hauteur de la Pointe-aux-lièvres.
À Québec, le clergé et les fonctionnaires ne se montrent pas favorables à la révolution française.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1790
Plusieurs nouveaux journaux sont publiés à Québec. Outre La Gazette de Québec - The Quebec Gazette, un hebdo bilingue, les gens peuvent lire Le Courrier de Québec, The Quebec Herald and Universal Miscellany, The Times - Le cours du temps, Quebec Magazine - Le Magasin de Québec, ces deux derniers journaux étant bilingues.
Pendant l'hiver, des amateurs, sous la direction de Jonathan Sewell, organisent 24 concerts donnés par un petit orchestre de sept musiciens à la Salle des francs-maçons.
James Frost, capitaine du port de Québec, réunit tous les règlements concernant la navigation sur le fleuve et en fait imprimer 150 exemplaires tant en anglais qu'en français.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1791
Le 6 décembre, la région de Charlevoix est frappée par l'un des plus violents tremblements de terre de son histoire.
Une proclamation royale annonce la division de la province de Québec. Il faudra maintenant parler de Haut et de Bas-Canada. La ville de Québec devient la capitale du Bas-Canada. Lord Dorchester est proclamé gouverneur en chef du Bas-Canada. Il est aussi le gouverneur-général pour le Bas et le Haut-Canada.
À Québec, on fête avec éclat le nouveau mode de gouvernement. Des banquets interminables se déroulent un peu partout en ville. Selon la chronique, on lèvera le verre 23 fois à la Haute-Ville et 36 fois à la Basse-Ville. À Montréal, aucune cérémonie ne marque la nouvelle division de la province.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher).
Québec en 1792
Joseph-Octave Plessis est nommé curé de la paroisse de Québec. Il sera plus tard évêque.
Frederick Glackemeyer anime une fanfare et donne des concerts sur l'Esplanade.
Les premières élections législatives au Bas-Canada ont lieu le 7 mai. Trente-cinq députés de langue française sont élus contre quinze députés de langue anglaise. Ces derniers qui ne représentent que neuf pour cent de la population comptent pour trente pour cent de la représentation en Chambre.
Une émeute éclate à Charlesbourg où se tient, à main levée, la votation pour le comté de Québec. Seule la présence du duc de Kent empêche un drame.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher).
Québec en 1793
Patrick Beatson organise le premier grand chantier naval privé. Il l'installe à l'anse des Mères, au Cap-Blanc.
Malgré les précautions des autorités et des règlements sévères, le feu détruit le quartier du Sault-au-Matelot.
Le séjour du duc de Kent et de sa maîtresse la comtesse de Montgenet, dite Mme de Saint-Laurent, de 1991 à 1993, honore les gens de Québec et les fait jaser.
En automne, les marchands adressent une pétition au gouvernement demandant une charte d'incorporation pour la ville et les faubourgs.
Il est maintenant interdit d'annoncer dans les journaux la mise en vente d'un esclave.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série 2005, de Jean-Marie Lebel; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1794
De nombreux notables francophones doivent signer le manifeste loyaliste pour contrer la présumée menace d'agitation menée par la France révolutionnaire. Le pamphlet d'Edmond-Charles Genêt, « Les Français libres à leurs frères les Canadiens », circule en ville et dans le Bas-Canada. Une rumeur urbaine parle de la venue d'une flotte française.
Québec compte deux évêques, avec la nomination d'un évêque anglican, Jacob Mountain.
En mai, face au danger de guerre avec les États-Unis qui prônent des valeurs démocratiques, le gouvernement appelle la milice aux armes. Mais les miliciens des paroisses aux environs de Québec résistent.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1795
À Québec, les Britanniques représentent 63 % des membres des professions libérales et 44 % des hommes d'affaires. Portrait troublant, ils ne représentent que 18 % des artisans et 10 % des simples ouvriers.
La famine oblige les autorités à montrer à la population pauvre comment fabriquer du pain à la maison. Pour lutter contre la même famine, on en arrive à enseigner aux gens comment cultiver la pomme de terre.
Les juges de paix de Québec demandent que soit établi « un droit modéré sur les revenus des maisons et autres édifices dans la ville et les faubourgs ». C"est la première fois qu'il est question d'un impôt sur la propriété au Québec.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Titre
Québec en 1796
La violence reprend dans les faubourgs de Québec à la suite d'une mauvaise récolte et, surtout, en raison de l'imposition de corvées obligatoires supplémentaires pour l'entretien des chemins. À Lévis, les responsables gouvernementaux de la corvée de réparation des chemins et ponts sont enlevées par des habitants, détenus et forcés de signer leur démission.
Robert Prescott est nommé gouverneur du Bas-Canada. Lord Dorchester quitte le pays pour l'Angleterre.
Un incendie détruit le couvent des récollets. Les récollets, comme les jésuites, ne peuvent plus recruter et disparaîtront durant un long moment.
L'évêque Briand interdit le théâtre même dans un but charitable.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1797
David McLane, un Américain, venu à Québec avec l'intention de soulever les Canadiens contre la garnison anglaise, est arrêté. Son exécution publique pour sédition frappe les gens par sa cruauté. Il est pendu, puis le bourreau, un nommé Ward, lui ouvre le ventre et brûle sur un réchaud son coeur et ses entrailles. Ensuite, il lui coupe la tête pour faire bonne mesure!
La ville n'est par sécuritaire la nuit. Pour pallier à cette situation, des équipes de cinq hommes arpentent les rues du crépuscule à l'aube avec pour fonction principale la protection de la propriété privée.
Robert Prescott est nommé gouverneur en chef du Bas-Canada. Il prête le serment d'office à Québec.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1798
Le cirque Ricketts, de Philadelphie, présente durant l'été des exercices équestres et d'équilibre dans un théâtre temporaire installé sur les Plaines d'Abraham. On engage même pour l'occasion des Hurons de Lorette.
Faute d'une force policière efficace, les juges de paix assermentent 25 constables spéciaux. Ces policiers amateurs continuent de pratiquer leur métier habituel, travaillent selon un horaire flexible et recoivent, comme rémunération, la moitié des amendes. Le corps de métier le plus représenté parmi ces constables est celui de cabaretier.
On assiste à l'arrivée des premiers immigrants irlandais.
De nombreux prêtres français chassés par la Révolution s'installent ici.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1799
Début de la construction de la cathédrale anglicane.
Une messe solennelle est chantée dans toutes les églises et chapelles de Québec pour remercier Dieu d'avoir permis à la flotte anglaise commandée par le contre-amiral Nelson de remporter une victoire décisive sur la flotte française au large d'Aboukir. Pour sa part, Mgr Plessis célèbre une messe d'action de grâce à la basilique.
Le gouverneur-général Robert Prescott quitte Québec pour l'Angleterre. Le lieutenant-gouverneur Robert Milnes nomme un comité responsable de la réglementation des pilotes du Saint-Laurent, sous la présidence de John Young, conseiller exécutif et député de la basse-ville.
Le port connaît une grande année d'exportation de céréales.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1800
Le dernier jésuite, le père Jean-Joseph Casot, meurt. Le gouvernement colonial saisit les biens de sa communauté.
On note une baisse dans la qualité de l'enseignement au Séminaire de Québec; le départ de professeurs qualifiés explique en partie cet état de chose.
On compte, à Québec, trois écoles élémentaires pour garçons et trois pour filles. Les études de la plupart des garçons ne dépassent pas deux années. Les filles sont plus instruites.
Le port de Québec reçoit annuellement une centaine de navires.
Le port de Québec connaît une autre année exceptionnelle d'exportation de céréales.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1801
Jamais n'avait-on vu de plus beau printemps dans la région de Québec. Les semailles sont terminés le 19 avril et les récoltes sont abondantes partout dans la colonie.
Les hospitalières de l'Hôtel-Dieu acceptent de s'occuper des enfants trouvés.
Une loi créant la « Royal Institution for the Advencement of Learning » est sanctionnée le 8 avril, à Québec. Elle prévoit l'établissement d'écoles gratuites sous contrôle gouvernemental.
Joseph-Octave Plessis est sacré évêque de Québec par Mgr Denault.
Le révérend Benton organise la première église congrégationaliste.
Un certain Ogilvie construit un moulin à farine à Jacques-Cartier, près de Québec.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1802
Pour contrer les crimes commis la nuit, on oblige les cabaretiers à maintenir une lumière allumée à la porte de leur établissement.
La région de Québec est envahie par les chenilles et par la tordeuse des bourgeons de l'épinette.
Devant la pénurie de spectacles, des amateurs se réunissent chez Pierre-Louis Panet et forment un « Théâtre de Société ». On jouera, à partir du 15 octobre 1804, au théâtre Patagon, une petite salle voisine de la porte Hope (le côte de la Montagne). Le théâtre ne fait pas ses frais, il disparaît en 1805.
Depuis 1793, la colonie a vu s'installer 34 prêtres français fuyant la Révolution. Plusieurs curés de la région de Québec voient d'un mauvais oeil ces « prêtres cultivés » venir prendre leur place.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec , de Jacques Lacoursière)
Québec en 1803
Pour la somme de 60 millions de francs, le président Thomas Jefferson achète du premier consul de France toute la Louisiane. L'acquisition de cet immense territoire fait plus que doubler la superficie des États-Unis et garantit aux Américains la libre navigation sur le Mississippi, c'est-à-dire l'avenir économique de l'ouest. Les habitants de Québec, la capitale du Bas-Canada et de l'ancienne Nouvelle-France, comprennent, une fois pour toute, que l'empire français d'Amérique est bel et bien mort.
Vues à partir du port de Québec, les exportations de peaux de fourrures subissent un net recul en comparaison avec les 10 années précédentes: la loutre (48 % de moins); le vison (41 % de moins); le castor (24 % de moins).
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1804
Le 22 du mois de juin, le thermomètre indique 90 degrés. C'est la température la plus haute enregistrée à Québec pour ce mois de l'année.
La cathédrale anglicane toute neuve ouvre ses portes. Elle est située sur le site de l'ancien couvent des Récollets.
À L'été, la population du Bas-Canada est appelée à voter pour la quatrième fois depuis l'entrée en vigueur de l'Acte constitutionnel de 1791. Dans la haute-ville, la votation debute le 2 juillet, sur la place de l'évêché; dans la basse-ville, le 5, sur la place du marché; dans le comté de Québec, le husting est dressé à la limite de Charlesbourg. Sur les 50 députés élus, 34 sont francophones et 16 anglophones
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1805
L'évêque Joseph-Octave Plessis, sitôt installé à Québec, s'attaque à toute forme de loisir pouvant conduire au désordre: les courses de chevaux, la danse et les spectacles.
Devant l'augmentation du trafic sur le fleuve, le comité responsable de la réglementation des pilotes est incorporé sous le nom de Maison de la Trinité. Il s'occupera du pilotage et de l'inspection des navires jusqu'en 1875.
L'hôtel Union, sur la place d'Armes, ouvre ses portes en grande pompe.
La grande bourgoisie d'affaires britannique de Québec a maintenant son journal pour défendre ses intérêts. Il s'agit du Quebec Daily Mercury.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1806
Un an après la parution du Quebec Daily Mercury et dans le but de combattre la propagande britannique de ce journal, un groupe de professionnels canadiens fondent le journal Le Canadien. Ce quotidien est de toutes les luttes. Il dénonce la présence de l'oligarchie anglaise à Québec qu'il qualifie de « clique haineuse ». L'évêque Plessis s'en prend violemment au Canadien. Il s'indigne des « ravages que fait ce misérable papier dans le public et le clergé ». C'est le premier quotidien de langue française au Canada. Le Quebec Mercury ne fait pas dans la dentelle lui non plus. Il dénonce « les trop nombreux privilèges accordés aux vaincus de 1759 ».
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1807
Plusieurs médecins de Québec commencent à vacciner gratuitement les enfants contre la variole, selon la méthode mise au point par le médecin anglais Edward Jenner en 1796.
Au moins 340 trains de bois arrivent à Québec en provenance de l'Outaouais et destinés à l'Angleterre. Napoléon a imposé un blocus continental à la Grande-Bretagne, qui doit alors se tourner vers le Canada pour s'approvisionner, notamment en bois.
James Craig devient gouverneur du Bas-Canada. Sitôt arrivé à Québec le nouveau gouverneur réorganise la défense du pays.
Le Courrier de Québec publie son premier numéro.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1808
François Romain, bibliothécaire de la Quebec Library, fonde la Société littéraire de Québec.
Début de l'édification des tours Martello. Le magasin Simons ouvre ses portes.
Une certaine Jeannette Bilodeau Parent publie un placard mémorable contre son ex-amant le juge De Bonne. Elle évoque sa trahison passée pour mettre en garde contre sa perfidie toute la population. La femme trahie a choisi le bon moment, soit celui de la campagne électorale à laquelle le juge De Bonne participe comme candidat.
Au cours de la campagne électorale, Le Canadien consacre 85 % de son espace aux élections, ce qui soulève l'ire des Britanniques et du clergé catholique.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1809
Le premier vapeur à naviguer sur le Saint-Laurent, l'Accommodation, arrive à Québec le 4 novembre. Il a été construit, à Montréal, pour l'homme d'affaires John Molson. Il met 66 heures à faire le voyage. C'est déjà beaucoup mieux que la goélette à voiles qui met de trois à quatre jours pour descendre de Montréal à Québec, et 15 jours pour remonter si le vent est contraire.
Un groupe d'hommes d'affaires créent la première chambre de commerce.
Nouveau record de chaleur en juin, le 27 plus précisément. Le thermomètre indique 92 degrés fahrenheit.
La Gazette de Québec annonce une famine. Les signes en sont l'augmentation du boeuf de 60 % et du lard, 75 %.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière
Québec en 1810
Au moins 500 des 661 navires qui quittent le port de Québec sont remplis de pin blanc à destination de l'Angleterre.
En mars, le gouverneur Craig ordonne la saisie des presses du journal Le Canadien et l'arrestation des principaux rédacteurs, dont l'imprimeur, M. Lefrançois. Il accuse le journal de vouloir renverser le gouvernement. Mgr Plessis fait lire la proclamation du gouverneur dans toutes les églises.
L'église presbytérienne St. Andrew's, rue Saint-Jean, accueille ses premiers fidèles.
Jacques Viger travaille sur un manuscrit intitulé Néologie canadienne. Ce texte contient plus de 400 canadianismes dont: bleuet, licher, poutine, retontir, etc.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Trésor de la langue française au Québec, Claude Poirier)
Québec en 1811
Le chemin Craig qui relie Québec aux Cantons de l'Est et aux États américains frontaliers est ouvert à la circulation.
Georges Prevost arrive à Québec pour occuper son poste de gouverneur du Bas-Canada. Il le restera jusqu'en 1815.
Les députés du Bas-Canada adoptent un projet de loi autorisant le gouvernement à lever une armée de 2000 miliciens par voie de tirage au sort parmi les célibataires âgés de 18 à 25 ans.
On calcule que 19 000 mats de navires, en bois du Canada, ont quitté le port de Québec à destination de l'Angleterre durant cette même année.
Après quelques années de récoltes médiocres, enfin une bonne année, sauf pour le fourrage.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1812
Les Molson lancent un second navire à vapeur, le Swiftsure, qui arrive à Québec le 22 novembre. Il entreprendra un service régulier entre Québec et Montréal en mai 1813.
Début de la guerre anglo-américaine qui durera jusqu'en 1814 et perturbera l'économie de la ville de Québec et de tout le pays. La guerre entraîne une baisse considérable des exportations de bois vers l'Angleterre. L'augmentation des prix compense la perte subie.
Le 29 juin, la police émet un ordre obligeant tous les sujets américains à quitter la ville et le district de Québec le plus tôt possible.
Les chenilles, les sauterelles et la mouche hessoise font des ravages dans les récoltes.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1813
L'ordre des Récollets du Canada, une branche des frères de Saint-François d'Assises, disparaît du pays après avoir beaucoup donné.
La marguerite, la fleur de l'amour, (« Je t'aime un peu, beaucoup, passionnément ») appararaît sur les Plaines d'Abraham. On ne l'avait jamais vue auparavant. La marguerite ne peut être venue que par bateau, et de France.
Le cheval prend de plus en plus de place ici. Il est de race normande, petit, mais robuste, résistant, rapide et fiable. À l'image même de la race canadienne-française.
Le spectre de la famine se profile encore à l'horizon. Le gouverneur Prevost ordonne un embargo sur tout blé, fleur et farines, et autres nourritures exportables.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1814
Les 2 et 3 juillet, la grande région de Québec vit des phénomènes météorologiques qui alarment la population. De Québec à Cap-Chat, l'obscurité règne, le tout accompagné de fortes pluies, d'éclairs et de tonnerre, Sur le fleuve, les navires, en perdition, doivent même jeter l'ancre.
Louis-Joseph Papineau devient le chef du Parti canadien. Il le restera jusqu'en 1838.
Le Quebec Mercury fait paraître sous le pseudonyme de « Juniolus Canadensis » une lettre favorable à la cause américaine. Cary, l'imprimeur et propriétaire, est mis aux arrêts.
Le traité de Ghent met fin à la guerre entre l'Angleterre et les Etats-Unis. La ville de Québec et tout le pays respire mieux.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1815
En août, des gelées exceptionnelles sont fatales aux récoltes, de Montréal jusqu'au Bas-du-Fleuve en passant par Québec. Un comité spécial est mis sur pied avec le mandat d'étudier les moyens de faire progresser l'agriculture.
En hiver, on met sur pied une « soupe des pauvres ».
Un comité recommande au gouvernement l'appropriation d'une somme de 100 livres sterling pour promouvoir la vaccination.
Louis-Joseph Papineau, du Parti canadien, devient président de l'Assemblée législative. Il le demeurera à peu près sans interruption jusqu'en 1837. Proclamation à Québec de la paix entre l'Angleterre et les États-Unis.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1816
On l'a appelé l'« année sans été »: il neige en juin et une épaisse couche de neige recouvre les champs de la région de Québec et de tout l'est du Canada dès le 21 août.
Au musée de cire de Québec, on présente le panorama de la « Grande Bataille de Waterloo », long de 4240 pieds, devant un public enthousiaste.
Le Car of Commerce, un bateau à vapeur, assure le transport entre Québec et Montréal.
Lord Sherbrooke est nommé gouverneur du Bas-Canada.
La crise économique en Angleterre amène une importante émigration à Québec et dans tout le Canada et les Etats-Unis.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1817
Le 21 octobre, une assemblée publique, tenue à l'hôtel Union, à Québec, sous la présidence de François Blanchet , député à l'Assemblée, prépare un projet d'incorporation pour la ville. Le projet est immédiatement rejeté par le Conseil législatif.
Mgr Joseph-Octave Plessis, évêque de Québec, est nommé membre du Conseil législatif par le gouverneur Sherbrooke. Cette distinction est accordée à la personne de Plessis et non à l'évêque de Québec. Les lois de la Grande-Bretagne défendent en effet toute hiérarchie papiste dans les domaines de Sa Majesté.
Le public est maintenant admis aux délibérations du Conseil législatif « en produisant un billet d'admission d'un membre du Conseil ».
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1818
Le Lauzon devient le premier traversier à vapeur entre Québec et Pointe-Lévy.
Des lampadaires à l'huile de baleine, de loup-marin ou de morue sont installés dans les rues.
La Quebec Bank ouvre ses portes, rue Saint-Pierre. Cette première banque québécoise est fondée par John William Woolsey, négociant de Place-Royale et propriétaire du quai de la Reine.
La même année, la Quebec Exchange, une bourse, ouvre ses portes, rue Sault-au-Matelot.
À Québec et à Montréal, à la fin de l'été on présente les premières expositions agricoles.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1819
Des Irlandais célèbrent pour la première fois à Québec une messe en l'honneur de saint Patrice. Les premiers Irlandais sont arrivés en 1816 et, trois ans plus tard, ils sont déjà plus d'une millier dans la ville. Dans 10 ans, en 1830, on en comptera 7000. La population locale passera de 15 000 habitants à 30 000 habitants durant le même laps de temps. Au Canada, Québec est le grand port d'entrée des immigrants. D'anglaise et écossaise qu'elle était au début du siècle, l'immigration deviendra très majoritairement irlandaise à partir de la fin des années 1820.
Selon la Société d'agriculture de Québec, « le mauvais état des chemins en général augmente le prix des transports et désavantage les cultivateurs ».
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, hors série 2005, de Jean-Marie Lebel)
Québec en 1820
La guerre avec les États-Unis est terminée. Le nouveau gouverneur Lord Dalhousie demeure inquiet pour la garnison de Québec. Il commence la construction de la Citadelle.
Selon le même gouverneur, l'ivrognerie est responsable de quatre cinquièmes des délits des soldats commis à Québec.
Le docteur Antoine van Iffland ouvre un dispensaire pour les pauvres à la basse-ville. Il y organise des conférences « anatomiques », les premières du genre au Canada.
Décès de George III.
Naissance, à Sainte-Marie de Beauce, de Elzéar-Alexandre Taschereau qui deviendra, en 1871, évêque de Québec et premier cardinal canadien.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1821
Le Columbus, un des plus gros navires en bois au monde, est construit à Québec.
La ville développe des sociétés d'éducation pour favoriser l'accessibilité des pauvres à l'école.
L'épidémie de variole des trois dernières années a décimé une grande partie de la population indienne de la région et de tout le pays.
La Gazette de Québec dénonce la dépendance économique quasi complète du Bas-Canada vis-à-vis l'Angleterre. Nos exportation se limitent à quelques peaux de fourrures, d'un peu de potasse et du bois qui représente 50 % de nos valeurs d'échange avec les marchandises anglaises.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1822
Le Canadien du 22 mai publie un article où il fait état de la rumeur qui court de l'union du Haut et du Bas-Canada. L'hebdomadaire énumère quelques-uns des inconvénient d'une telle fusion: le problème des distances pour les députés; leur manque de connaissance des problèmes de l'autre partie; le danger de voir une province décider du sort de l'autre, etc.
Louis-Joseph Papineau y voit des problèmes beaucoup plus menaçants. Il écrit à son frère Benjamin: « Le moment présent est un moment d'inquiétude cruelle pour tous les amis du pays. La ville de Québec tient une réunion anti-union le 15 octobre. Plus de 600 personnes y assistent. Louis de Salaberry prend la tête des contestataires.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1823
À l'initiative de Joseph-François Perrault, la Société d'éducation de Québec crée une première école française et gratuite.
Plus de 300 trains de bois font le voyage de l'Outaouais à Québec. Ruggles Wright (fils de Philémon) a fait construire une glissoire pour les billots aux chûtes Chaudière.
Une pétition circule à Québec et dans tout le Bas-Canada contre le projet d'union.
Louis-Joseph Papineau et John Neilson sont envoyés à Londres pour présenter les pétitions et pour expliquer le problème canadien. Papineau passera près de 10 mois à Londres et en reviendra passablement dépité et de plus en plus agressif à l'endroit des Britanniques.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, no hors série 2005, de Jean-Marie Lebel)
Québec en 1824
À la suite de l'échec de l'Institution royale de 1801, la législature du Bas-Canada adopte une loi pour encourager l'ouverture d'écoles de paroisse, qui relèveront du conseil de la fabrique.
Le juge en chef du Bas-Canada, Jonathan Sewell, échafaude un projet d'union des cinq colonies anglaises de l'Amérique du Nord. Une confédération, en somme. Les champions de l'union du Bas et du Haut-Canada font valoir qu'une telle confédération conduirait fatalement à une fusion avec les Etats-Unis. Sans l'union, disent-ils, les lois, la religion et la langue des Canadiens français seraient foulés aux pieds par les Américains. La menace de l'union pèse plus que jamais sur la colonie.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1825
La ville de Québec est en pleine expansion démographique. Depuis 1808, la population est passée de 8500 à 20 000 habitants. En guise de comparaison, Montréal compte 22 000 habitants.
La population du Bas-Canada est de 479 288 habitants; celle du Haut-Canada est de 157 923 habitants.
Charles James Stewart succède à Jacob Mountain comme évêque anglican de Québec.
Une nouvelle loi précise que, dans le Bas-Canada, les terres vendues seront soumises aux lois anglaises. La Chambre d'assemblée proteste auprès de Londres. Le gouverneur Dalhousie revient à Québec dans l'hostilité.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1826
Après des études à New York, François-Xavier Tessier, un jeune médecin de 26 ans, lance Le Journal de Médecine de Québec.
La Société médicale de Québec voit le jour. C'est l'ancêtre du Collège des physiciens et chirurgiens du Bas-Canada.
La Société d'agriculture de Québec propose la publication d'un périodique agricole et la création d'une ferme-école.
Le Parti canadien devient le Parti patriote.
L'Assemblée législative du Bas-Canada demande la révocation des ordonnances changeant la tenure seigneuriale et introduisant les lois anglaises.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1827
La Société pour l'encouragement des arts et des sciences en Canada est fondé, au mois d'avril. Elle fusionnera, en 1831, avec la Quebec Literary and Historical Society.
La chicane s'installe entre le Parti patriote et le parti ministériel sur l'administration municipale de Québec; tous les députés du Parti patriote perdent leur poste de juges de paix.
J. J. Audubon publie Birds of North America. Ce livre deviendra rapidement un classique et sera largement distribué à Québec.
L'Oeuvre de la propagation de la foi s'installe à Québec.
Trois anglophones sont pendus pour un vol commis au presbytère de Saint-Joseph de la Pointe-Lévy.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1828
La bouilloire du Lady of the Lake fait explosion dans le port de Québec, tuant plusieurs immigrés.
La mouche hessoise ou mouche du blé démoralise les cultivateurs de la région et de tout le pays.
L'abbé Jérôme Demers publie son fameux traité d'architecture.
Inauguration du monument Wolfe et Montcalm dans le jardin du Fort. Samuel Neilson, le propriétaire de la Gazette de Québec, est arrêté pour avoir publié dans son journal des attaques contre le gouverneur Dalhousie.
Dalhousie quitte Québec et son poste le 8 septembre. Tout le monde en est soulagé.
Québec en 1829
Afin que les usagers payent leur part pour l'entretien des chemins de la région de Québec, les autorités créent un système de chemins à barrière et ils votent un montant important pour le pavage des routes.
Un comité d'enquête nommé par l'Assemblée se penche sur l'administration de la ville de Québec. Les députés canadiens-français accusent les magistrats britanniques municipaux d'agir contre les intérêts de la population.
Le mot chantepleure figure pour la première fois dans un texte (journal La Minerve). Il commence à concurrencer champlure qui avait été apporté au Canada par les premiers colons.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Trésor de la langue française au Québec, de Claude Poirier)
Québec en 1830
Le port de Québec reçoit 80 000 immigrants de Grande-Bretagne, principalement d'Irlande. Beaucoup sont en transit vers le Haut-Canada ou les États-Unis. Plusieurs demeurent. On estime que les Irlandais catholiques forment 20 % de la population locale.
La puissante organisation des typographes déclenche la première grève de son histoire à la suite d'une rupture de contrat. Le propriétaire du Quebec Mercury révèle les noms des meneurs chez les typographes pour qu'on ne les embauche pas de crainte qu'ils ne « contaminent » d'autres travailleurs.
Lord Aylmer devient gouverneur du Bas-Canada. Il offre à Papineau et à Neilson un poste au Conseil exécutif. Ils refusent.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1831
Le Royal William, est lancé. Construit à Québec, il sera le premier navire à vapeur à traverser l'Atlantique vers l'Europe.
Les 30 médecins de la ville de Québec élisent le premier bureau d'examinateurs.
Des hommes d'affaires, dont John Neilson et Elzéar Bédard, lancent un mouvement de tempérance pour contrer le fléau de l'alcoolisme.
Alexis de Tocqueville, l'auteur du fameux ouvrage De la démocratie en Amérique, séjourne à Québec.
Une prime de deux livres et un chelin est versé pour chaque loup abattu à moins de six milles de Québec. La mesure s'applique aussi pour chaque ville et village du Bas-Canada.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, hors série 2005, de Jean-Marie Lebel)
Québec en 1832
Grosse-Isle devient une halte obligatoire pour tous les navires entrant au Canada. Les navires transportant des passagers malades doivent subir la quarantaine. Malgré ces précautions, l'épidémie de choléra qui fait rage en Europe frappe Québec: 4420 personnes sont atteintes et 1904 en meurent. On évalue à 10 000 le nombre de morts dans la province. On accuse le gouvernement anglais et celui du Bas-Canada de négligence. Bientôt, c'est toute la politique anglaise d'immigration qui sera remise en cause. Parmi les 52 000 immigrants qui débarquent à Québec, cette terrible année 1832, plusieurs ne disposent même pas du strict nécessaire.
La loi d'incorporation de la Cité de Québec reçoit la sanction royale.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1833
L'avocat Elzéar Bédard devient le premier maire de Québec.
En juin, la pluie tombe durant 18 jours consécutifs. Les 12 et 13 novembre, les Québécois peuvent observer une pluie d'étoiles filantes exceptionnelles.
Joseph-François Perrault se bat pour rendre obligatoire l'instruction élémentaire pour tous les jeunes de 6 à 15 ans. Son projet rencontre une forte opposition parce qu'il rend le gouvernement civil responsable de l'instruction des enfants.
La Maison de la douane ouvre ses portes, rue Champlain, à Québec.
Mort de Mgr Bernard Claude Panet, archevêque de Québec. Il était né à Québec, le 9 janvier 1753.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1834
Le 23 janvier, le feu détruit en partie le château Saint-Louis.
Le Parti patriote présente à l'Assemblée ses « 92 résolutions » qui énoncent les griefs des Canadiens-français contre le gouvernement britannique. L'Assemblée du Bas-Canada adopte les « 92 résolutions » après des discussions viriles. Cela provoque la scission entre les modérés et les Patriotes. Aux élections de l'automne, le Parti patriote de Louis-Joseph Papineau remporte une éclatante victoire.
Une épidémie de choléra frappe encore Québec et toute la province. Elle est heureusement moins violente qu'en 1832. Elle fait moins de victimes. Le Parti patriote demande une enquête sur les causes de l'épidémie et sur les responsables de l'introduction de cette maladie.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1835
La Quebec Journeymen Shoemakers' Society voit le jour et se donne pour objectif de créer un meilleur climat de travail et de soutenir les travailleurs de la chaussure qui tombent malades. Les patrons se plaignent des menaces de grève. Les travailleurs dénoncent leurs conditions de travail.
Archibald Acheson comte de Gosford est nommé gouverneur du Bas-Canada. Il arrive à Québec le 23 août pour remplacer le gouverneur Aylmer. Deux assistants-commissaires l'accompagnent, sir Charles Grey et sir George Gipps. Ils sont chargés d'étudier la situation dénoncée par les « 92 résolutions ». Papineau est élu orateur de la nouvelle Législature.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1836
La débâcle du pont de glace entre Québec et Lévis se produit le 7 mai.
La récolte est mauvaise dans la région de Québec et partout au Bas-Canada. Les prix des aliments ont augmenté considérablement. La misère fait de nouveau son apparition.
La loi d'incorporation de la Cité de Québec n'est pas renouvelée. Le gouverneur veut éviter toute forme d'opposition politique en prévisions des affrontements avec le mouvement patriote. Gosford revient au système des juges de paix pour l'administration de la ville. On vit maintenant sous le régime militaire tant à Québec qu'à Montréal.
Le torchon brûle entre le gouverneur et les députés réformistes.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1837
L'actualité se déplace de Québec, la capitale du Bas-Canada, vers Saint-Denis, Saint-Charles et Saint-Eustache, dans la vallée du Richelieu: c'est la révolte des Patriotes.
Tous les Québécois de Québec ne s'intéressent qu'à ce qui se passe dans ces villages dont la population ose se lever debout contre un conquérant britannique aveugle et sourd à ses revendications légitimes.
La répression de l'armée anglaise sera brutale, sans pitié: des villages brulés, la population molestée, des femmes et des enfants jetés hors de leur demeure aux portes de l'hiver.
À Québec même, des assemblées de protestation s'organisent spontanément. Elles sont réprimées militairement.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1838
L'agitation des Patriotes fait des vagues jusqu'à Québec. Le gouverneur ordonne au gouvernement de recruter 158 agents municipaux pour remplacer l'ancien corps de 24 hommes de guet de même que les constables spéciaux chargés d'appliquer les règlements municipaux. C'est le premier véritable service de police à Québec.
Plusieurs patriotes réfugiés aux Etats-Unis songent à reprendre la lutte. En février, dirigés par Robert Nelson, ils proclament la République du Bas-Canada.
La seconde répression de l'armée britannique sera encore plus cruelle: des milliers de personnes sous arrêt: une soixantaine de déportés dans un bagne en Australie: douze pendus à la prison du Pied-du-Courant.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1839
À la suite de la rébellion des Patriotes, la Chambre d'assemblée est dissoute et un conseil spécial est chargé d'administrer le Bas-Canada jusqu'en 1841. Londres envoit Lord Durham enquêter sur la situation au Canada. Six mois plus tard, son rapport est catastrophique pour les Canadiens: assurer une majorité anglaise et loyale, et angliciser les Canadiens français « qui n'ont aucune chance de survie dans une Amérique anglo-saxonne, d'autant plus qu'ils pas d'histoire ni de littérature propres ».
Pour mettre les Canadiens en état de subordination politique, Londres sanctionne la loi de l'Union qui réunit les deux Canadas. Ce grand pays s'appelle maintenant le Canada-Uni. L'anglais devient la seule langue officielle.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1840
Québec et Montréal voient à nouveau leur administration confiée à une corporation municipale.
Le premier service transatlantique régulier est inauguré.
La Société amicale et bienveillante des charpentiers de vaisseaux de Québec voit le jour.
La colonne de Tempérance de Beauport, près de Québec, est inaugurée par Mgr de Forbin-Janson.
Pour le bien-être des immigrants et des pauvres de langue anglaise, on fonde la Québec Public Baking Society.
Population du Bas-Canada: 650 000 habitants. Population du Haut-Canada: 200 000 habitants.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1841
Après plusieurs tentatives infructueuses de créer un système d'écoles primaires, la loi de l'Instruction publique est enfin adoptée. Cela marque le début des écoles primaires telles que nous les connaissons aujourd'hui. Bientôt, un surintendant sera nommé, des commissions scolaires seront créées et on construira des écoles grâce à des subventions gouvernementales.
L'Acte d'union entre officiellement en vigueur. La ville de Québec n'est plus la capitale du Bas-Canada. York (Toronto) cesse d'être la capitale du Haut-Canada. Le gouverneur Sydenhem décide que Kingston sera la capitale du Canada-Uni et le siège du nouveau parlement.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1842
On retrouve, à Québec, les restes de la Petite-Hermine, l'un des navires de Jacques Cartier.
L'écrivain britannique Charles Dickens visite Québec.
Le docteur Jean-Baptiste Meilleur est nommé surintendant de l'instruction publique. Il établira des réformes importantes et nécessaires. Il sera en poste jusqu'en 1855.
La première imprimerie française ouvre ses portes.
Fondation de la Chambre de commerce de Québec et de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec.
Joseph Cauchon fonde le Journal de Québec.
Les Jésuites reviennent à Québec.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1843
Par crainte des incendies, le Conseil municipal défend les constructions de bois à la basse-ville et à l'intérieur des murs de la haute-ville.
L'avocat Auguste Soulard fonde, à Québec, la Société canadienne d'études littéraires et scientifiques.
La Quebec Literary and Historical Society publie la relation du premier voyage de Jacques Cartier, en partant du manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France.
Deux systèmes scolaires sont mis en place, l'un pour ce qu'on appelle le Canada-Est et un autre pour le Canada-Ouest. Le docteur Meilleur est devenu surintendant de l'Éducation pour le Canada-Est.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1844
Un service municipal des incendies est mis sur pied.
Les frères Crémazie ouvrent la première librairie française, À l'enseigne du livre d'or, rue de la Fabrique. Cette librairie deviendra rapidement un foyer culturel important.
Le cirque de New York monte sa tente à l'extérieur de la porte Saint-Louis pendant une semaine.
Le nouveau palais épiscopal construit d'après les plans de Thomas Baillairgé est inauguré.
Pour la seule fois, de mémoire d'homme, un pont de glace se forme entre Cap-Saint-Ignace et l'île aux Grues, dans l'archipel de Montmagny, à 50 km à l'est de Québec.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1845
En quelques mois, deux conflagrations majeures frappent cruellement la ville de Québec. Les chroniqueurs disent que les 2/3 de la ville et tout le quartier Saint-Roch sont détruits par les flammes, au mois de mai. Quelque 15 000 personnes sont à la rue. En octobre, c'est le quartier Saint-Jean-Baptiste qui est en partie rasé. C'est la consternation. La ville et ses habitants feront preuve d'un courage admirable. Ils reconstruiront tout en quelques courtes années.
Pour lutter contre le feu, les autorités municipales pensent à un réseau d'aqueduc.
Un premier bureau de télégraphe ouvre à Québec.
François-Xavier Garneau commence la publication de sa monumentale Histoire du Canada.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1846
Le 12 juin, le feu détruit le théâtre Saint-Louis. Bilan catastrophique: 46 morts.
La première conférence de la Société de Saint-Vincent-de-Paul pour venir en aide aux familles catholiques pauvres s'organise à Québec.
Les premières machines à coudre, récemment inventées aux Etats-Unis, arrivent dans les magasins de Québec. Les journaux locaux achètent la nouvelle presse rotative inventée chez nos voisins du sud.
James Bruce, comte d'Elgin, est nommé gouverneur du Canada. Âgé de 35 ans, il vient d'épouser en secondes noces, Mary Louisa, fille de lord Durham. Il devient ainsi neveu de lord Grey, secrétaire aux colonies. Tout ce beau monde a joué ou jouera des rôles sensibles chez nous.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1847
Fondation de l'Institut canadien de Québec. Ses grands artisans sont François-Xavier Garneau, Octave Crémazie et Pierre-Joseph-Olivier Chauveau.
Jean-Baptiste Renaud ouvre à Québec le premier magasin d'alimentation tenu par un Canadien. Auparavant, le monopole du commerce de l'alimentation appartenait aux Britanniques.
Plusieurs congrégations religieuses françaises s'installent à Québec et un peu partout au Canada français.
Le journal Morning Chronicle commence sa publication.
Les immigrants sont frappés par une épidémie de typhus.
Lord Elgin est nommé gouverneur du Canada-Uni.
(Sources: Chronologie du Québec. de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1848
L'école de médecine de Québec ouvre ses portes
Un véritable service de police est mis sur pied.
Inauguration de la première église Saint-Jean-Baptiste.
La Société Saint-Vincent-de-Paul organise une caisse d'économie. Il s'agit de la première tentative de coopération financière.
Suivant les principes du « gouvernement responsable », le gouvernement LaFontaine-Baldwin forme son propre conseil exécutif, accorde les emplois publics et dispense le « patronage », une pratique alors admise.
Le parlement britannique redonne à la langue française droit de cité en Chambre et dans les documents officiels.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1849
Une terrible épidémie de choléra frappe Québec; le conseil municipal crée un bureau de santé chargé d'assurer l'hygiène publique.
Sous la direction de Marcelle Mallet, les Soeurs Grises de Montréal s'installent à Québec et prennent soin des orphelins; Elles fondent les Soeurs Grises de la Charité de Québec.
Le barreau de Québec remplace la Communauté des avocats.
Inauguration du système d'éclairage au gaz.
Après l'incendie du Parlement par les Tories, à Montréal, un député propose que le gouvernement siège alternativement à Toronto et à Québec, La suggestion est approuvée par la Chambre et appuyée par le gouverneur Elgin.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1850
Ouverture de la maison du Bon-Pasteur, rue de La Chevrotière, dirigée par une association de pieuses laïques travaillant à la réhabilitation des ex-prostituées. La maison se transformera en communauté religieuse en 1856.
La ville entreprend la canalisation et le pavage des rues.
Mère Marie-Anne, née Esther Blondin, fonde la communauté des Soeurs de Sainte-Anne pour l'enseignement dans les campagnes.
À partir de 1850, des musiciens européens viennent présenter à Québec les grandes oeuvres de la musique classique.
Le musicien et compositeur français Antoine Dessane devient organiste et maître de chapelle à la basilique.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1851
Ouverture à Québec du premier Concile de la province de Québec. On y décide de la fondation de l'Université Laval.
Après Toronto, la ville de Québec devient la capitale de la province du Canada. Les députés approuvent une résolution préconisant la construction de chemins de fer reliant Québec à Hamilton et à Halifax. L'Angleterre veut que le chemin de fer reliant les colonies maritimes à Québec soit d'abord militaire avant d'être économique.
Le parlement adopte la monnaie décimale (dollars et cents) en remplacement de la monnaie anglaise (livres, shillings et pences).
Le mot piastre (pour dollar) apparaît pour la première fois dans les documents officiels.
(Sources: Trésor de la langue française au Québec, par Claude Poirier; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1852
La fondation de l'Université Laval devient réalité après des années de questionnement venant surtout de l'archevêché de Québec qui ne veut pas perdre le contrôle. Il s'agit de la première université canadienne-française et catholique.
Durant l'été, des éboulis de pierres provenant du cap Diamant tuent sept personnes et détruisent quatre maisons.
L'abbé Joseph Auclair, curé de la cathédrale, fonde l'hospice de la Miséricorde, rue Couillard, destiné aux mères célibataires.
Le premier ministère de l'Agriculture voit le jour.
La ville de Lévis est désormais reliée à Montréal par « le Grand Tronc », au détriment de Québec.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1853
Le 9 mai, le Genova arrive à Québec, en provenance de Liverpool, après une traversée de 20 jours. Il est le premier navire à vapeur, en bois et à roues à aubes, à traverser l'Atlantique d'est en ouest. Il jauge 350 tonneaux et tire 14 pieds d'eau.
Fondation du collège de Lévis.
Pierre-Joseph-Olivier Chauveau publie Charles Guérin, roman de moeurs canadiennes.
Les conférences du moine défroqué Alexandre Gavazzi provoquent de violentes manifestations chez les catholiques locaux.
Henry Steinway et ses fils ouvrent une manufacture à New York. On peut acheter à Québec rapidement ces pianos de grande qualité.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1854
Le Parlement de Québec, siège du gouvernement canadien, est détruit par les flammes.
La région de Québec connaît durant l'été sa dernière épidémie de choléra. En 22 ans, on aura dénombré plus de 8300 victimes seulement à Québec.
L'École de médecine de Québec devient la Faculté de médecine de l'Université Laval.
Le Journal de Québec publie la plupart des poèmes d'Octave Crémazie.
Inauguration du service d'aqueduc et d'égouts.
Les presbytériens libres ont maintenant leur église. Il s'agit de l'église Chalmers.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1855
Le navire La Capricieuse fait une entrée triomphale dans le port. Aux yeux des Québécois, cette visite représente en quelque sorte le « retour de la France ».
Par mesure d'hygiène, on interdit désormais l'implantation de cimetières à l'intérieur de la ville.
Les débardeurs entreprennent leur première grève; après cinq jours, ils doivent retourner à l'ouvrage sans avoir eu gain de cause.
Fondation de la pharmacie Brunet.
Suivant le système de rotation, la ville de Québec cède à Toronto le titre de capitale de la province du Canada.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1856
Le député John Stanfield Macdonald propose de mettre fin au système qui veut que le Parlement siège alternativement à Québec et à Toronto. Il propose de choisir une seule ville parmi les suivantes: Ottawa, Montréal, Kingston, Toronto, Hamilton et Québec. La proposition est retenue et les parlementaires choisissent la ville de Québec. Les Clear Grits et autres Orangistes s'opposent fermement au choix de Québec qu'ils qualifient de « ville papiste ».
Deux immigrants sur cinq choisissent les Etats-Unis même s'ils ont demandé d'immigrer à Québec et Montréal.
Première traversée océanique de la ligne Allan et inauguration du service postal transatlantique.
(Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1857
L'École normale Laval ouvre ses portes.
Les Irlandais fondent la Quebec Ship Labourer's Benevolent Society, avec pour but principal la constitution d'un fonds de secours pour les journaliers accidentés.
À la demande du Parlement, la reine Victoria tranche le débat et choisit Bytown (Ottawa) comme capitale du Canada.
Ouverture des grandes halles du marché Jacques-Cartier.
Le Montréal, un bateau à vapeur qui fait la navette entre Québec et Montréal, est secouru par le Napoléon à un mille en amont de Cap-Rouge alors qu'il est la proie des flammes. On ne réussiera à sauver qu'une centaine des 350 passagers.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1858
La Commission du havre de Québec est fondée. Elle devient propriétaire des droits de la Couronne sur les grèves et le lit du fleuve.
Le port connaît des heures difficiles, dont des grèves de débardeurs et de violents affrontements entre débardeurs irlandais et canadiens.
Léon Provencher fait paraître son Traité élémentaire de botanique, le premier ouvrage du genre au Canada.
Les premières pièces de monnaie canadienne circulent à Québec.
M. L'abbé Jean Langevin, curé de Beauport, est nommé principal de l'École normale Laval.
Parution à Québec des Relations des jésuites, imprimées à Québec.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1859
La ville et la région connaissent l'un des mois de janvier les plus froids de mémoire: durant plusieurs jours le mercure se maintient à moins 43 °F.
La ville de Québec devient à nouveau la capitale de la province du Canada en attendant que la construction des édifices parlementaires à Ottawa soit terminée.
François-Xavier Garneau publie la dernière édition de sa monumentale Histoire du Canada. L'auteur est considéré par les Canadiens-Français comme le premier « historien national ».
La première école d'agriculture ouvre ses portes à Saint-Anne-de-la Pocatière. Elle formera avec succès des dizaines d'agronomes et d'agriculteurs de la grande région de Québec.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1860
Les Irlandais forment près du tiers de la population de la ville de Québec. Après quelques frottements, les Irlandais et les Canadiens-Français se mélangent facilement et font de beaux enfants. Le fait qu'ils soient de religion catholique joue un grand rôle de rapprochement,
C'est le printemps et l'été de la sécheresse. Les cours d'eau sont à sec. Les incendies embrasent le ciel de la région de Québec et de tout le Bas-du-Fleuve. Le foin manque partout. Une invasion de chenilles attaquent ce qui reste des récoltes.
En route pour Montréal où il va inaugurer le pont Victoria, le prince de Galles débarque à Québec où Georges-Étienne Cartier lui souhaite la bienvenue.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1861
Antoine Gérin-Lajoie et l'abbé Henri Raymond Casgrain fondent « Les Soirées canadiennes ».
Charles Stanley, Lord Monck, devient gouverneur du Canada-Unis.
La population du Bas-Canada est de 1 111 566 habitants; celle du Haut-Canada, s'est redressée de façon spectaculaire pour atteindre 1 396 091. Les États-Unis, forts de 31 443 000 habitants, sont maintenant la quatrième puissance économique du monde.
Lévis, en face de Québec, devient officiellement une ville.
L'écrivain de Québec, James Macpherson LeMoine obtient beaucoup de succès avec son livre sur les Oiseaux du Canada. Il est intitulé: Ornithologie du Canada.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1862
Elzéar-Alexandre Taschereau devient grand vicaire de Québec. Il sera dans moins de dix ans, archevêque de Québec et le premier cardinal canadien.
L'instrument en usage pour battre le beurre est maintenant le « moulin à beurre » plutôt que la baratte.
Léon Provencher publie son fameux ouvrage Flore canadienne, ou description de toutes les plantes des forêts, champs, jardins et eaux du Canada, donnant le nom botanique de chacune, ses noms vulgaires français et anglais, etc.
Le libraire et poète Octave Crémazie est tout sauf un bon homme d'affaires. Il ne peut plus rembourser ses dettes. Humilié, il s'exile en France où il mourra dans la plus extrême pauvreté.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)Titre
Québec en 1863
Les premiers tramways hippomobiles circulent dans les rues.
Au printemps, la rivière Chaudière se paye une crue des eaux exceptionnelle. Les Beaucerons souffrent mais s'accrochent à leur beau coin de pays.
Philippe Aubert de Gaspé publie Les Anciens Canadiens.
Une invasion de la tordeuse des bourgeons de l'épinette dévore les boisés de la région.
Le Révérend James-William Williams est élu évêque anglican de Québec.
Le monument des Braves, sur le chemin Sainte-Foy, qui commémore la dernière victoire française en Amérique, est inauguré. L'oeuvre majestueuse est signée Charles Baillairgé.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1864
La grande région de Québec connaît une remarquable saison de sucre d'érable, en particulier dans la Beauce.
Les produits que l'habitant achète le plus souvent chez le marchand général sont le tabac, le thé, le sucre et le cotonnage.
Les chantiers maritimes de Québec et de Sillery connaissent une baisse de production catastrophique.
Antoine Gérin-Lajoie publie: Jean Rivard, économiste.
Deux conférences, l'une à Québec et l'autre à Charlottetown, préparent le texte fondateur de la Confédération canadienne.
Louis-Hippolyte La Fontaine, « le grand défenseur des droits du français en ce pays » meurt trop tôt et dans le regret de ses concitoyens.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1865
Après avoir déménagé huit fois entre Kingston, Montréal, Toronto et Québec, le Parlement du Canada-Uni est établi définitivement à Ottawa.
Le printemps fait des siennes: violentes tempêtes de pluies et de vent; inondations et glissements de terrain qui font des victimes.
Les chroniqueurs notent que la charrue de fer remplace la charrue de bois, alors que la moissonneuse et la faucheuse remplacent le travail à la main.
Ernest Gagnon publie Chansons populaires du Canada.
Le feu détruit une partie du Séminaire de Québec.
La revue Les Soirées canadiennes, fondée en 1861, cesse de paraître.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1866
La basse-ville brûle. Le feu rase 2219 maisons et jette à la rue plusieurs centaines de familles dans les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur. On estime que près de 3000 personnes ont perdu tous leurs biens. La ville organise la première brigade du feu.
Notre historien national, François-Xavier Garneau, meurt le 3 février.
Philippe-Aubert de Gaspé publie ses Mémoires. L'expression « gelé comme un creton » y apparaît pour la première fois. Elle aurait été apportée en Nouvelle-France par des colons venus du Poitou.
On parle de plus en plus de la confédération canadienne. Quatre colonies sont en faveur: le Canada-Ouest, le Canada-Est, le Nouveau Brunswick et la Nouvelle-Écosse.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Trésor de la langue française au Québec, de Claude Poirier)
Québec en 1867
La constitution canadienne, dite Acte de l'Amérique du Nord britannique, entre en vigueur le 1er juillet. Elle réunit le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario et le Québec. L'article 133 donne au français le statut de langue officielle aux Parlements d'Ottawa et de Québec et devant les tribunaux fédéraux et québécois.
John A. Macdonald, conservateur, devient le premier premier ministre du Canada. Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, conservateur, devient le premier premier ministre du Québec. La ville de Québec est choisie comme capitale de la province de Québec.
Hector Fabre fonde le journal L'Événement.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)Note à l'éditeur: pour publication mardi le 14 août 2007
Québec en 1868
La région de Québec est marquée par un été excessif: des chaleurs extrêmes, de grandes sécheresses, de la foudre et une mystérieuse épidémie qui fait mourir le bétail. Pourtant, les récoltes sont relativement bonnes.
Les premiers Zouaves canadiens quittent le port de Québec à destination de Rome. Ils vont sauver la papauté menacée par Garibaldi.
Les premières parties de sucre sont organisées dans des cabanes à sucre joyeuses.
Les responsables de l'agriculture lancent 25 couples de moineaux domestiques importés d'Irlande. On dit que ce sont des insectivores fort utiles à l'agriculture.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1869
Léon Provancher fonde la première revue scientifique canadienne de langue française, Le Naturaliste canadien.
Pour faire connaître aux entrepreneurs les innovations techniques, on met sur pied le Conseil de l'agriculture ainsi que le Conseil des arts et manufactures.
Les gens de Québec comme tous les Canadiens francophones ont une sympathie naturelle pour les Métis de la Rivière-Rouge et pour leur chef Louis Riel. L'archevêque de Québec, Charles-François Baillargeon, invite les curés de son diocèse à organiser une collecte en faveur des Métis qui font face à des sinistres naturels qui ont détruit leurs récoltes. Leur soulèvement contre les autorités canadiennes ajoutera à leur misère.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1870
Un nouveau sinistre frappe le quartier Saint-Roch. Le feu détruit 400 maisons.
Le ciel de Québec était déjà obscurci par les feux de forêt qui ravagent le Saguenay et le Lac-Saint-Jean et qui ont rasé plusieurs villages.
De très violents tremblements de terre secouent les régions de Charlevoix et de la Côte-du-Sud. La terre tremble aussi à Québec mais les dégâts matériels sont minimes comparés aux deux autres régions.
La pyrale de la pomme, un ver rongeur originaire d'Europe, commence à faire des ravages dans nos vergers.
L'écrivain Mcpherson LeMoine note que la tourte, jadis si nombreuse, est quasi disparue.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1871
Année importante. La garnison britannique quitte Québec. C'est la fin d'une époque. Le gouverneur Lord Dufferin met de l'avant un vaste projet d'aménagement pour intégrer les fortifications au tissu urbain. Plus clairement, les commerçants de la ville et le conseil municipal veulent démolir toutes les portes fortifiées sous prétexte qu'ils nuisent au passage des voitures à chevaux. Après les avoir traités de vandales, Dufferin, avec l'appui des architectes Baillairgé, impose son idéé. Il vient de sauver le cachet historique de Québec qui en fait, aujourd'hui, une ville du patrimoine mondial. Sans Dufferin, Québec serait devenue une ville portuaire banale en Amérique du Nord.
La population du Québec: 1,191,516 habitants. Celle du Canada: 3,689,257 habitants.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière;Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1872
Pendant que le curé Labelle organise des corvées de bois de chauffage pour aider les familles pauvres de Montréal, et que la cantatrice Emma Lajeunesse, dite Albani, séduit Covent Garden, à Londres, les élections fédérales locales tournent au drame.
Dans la circonscription de Québec-Centre, Joseph-Édouard Cauchon, qui vient de quitter la présidence du Sénat, affronte James G. Ross, l'homme de la minorité anglophone et ses « bullies », des vrais durs.
Le Journal de Québec rapporte que « les partisans de M. Cauchon s'étaient réunis dans les rues Saint-Jean et d'Aiguillon. Les gangs de M. Ross leur arrivèrent dessus par le haut de Saint-Augustin et firent usage de décharges de révolvers pour les intimider ». Bilan: un mort chez les hommes de Ross. Et élection de Cauchon.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1873
Les pompiers locaux utilisent pour la première fois une pompe à incendie à vapeur.
Ouverture de la première beurrerie. Ouverture du premier club de golf.
La région de Québec, comme toute l'Amérique du Nord, traverse la pire période de froid de mémoire d'homme.
Gédéon Ouimet, conservateur, devient premier ministre du Québec.
Les augustines ouvrent les portes de leur Hôtel-Dieu du Sacré-Coeur.
Boisseauville, apparue au tournant des années 1850, devient Saint-Sauveur; cette ville sera annexée à Québec en 1889.
Le feu détruit une partie du Palais de Justice.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1874
The Quebec Gazette, fondée en 1764, cesse de paraître.
Naissance du journaliste Olivar Asselin.
L'affaire toute montréalaise des Tanneries rebondit à Québec. Le fait que plusieurs députés conservateurs soient impliqués dans une transaction immobilière douteuse amène la démission du gouvernement conservateur et la démission du premier ministre Gédéon Ouimet.
Charles Boucher de Boucherville, conservateur, devient premier ministre du Québec.
La quatrième session de la deuxième Législature de la province de Québec débute le 3 décembre.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1875
Le feu de l'asile de Beauport fait six morts.
Une énorme masse de neige se détache de la falaise, rue Champlain, et tue huit personnes.
Fondation de la fonderie F.-X. Drolet.
Le ministère de l'Instruction publique est aboli.
Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau défend aux catholiques de l'archidiocèse de Québec de lire le Daily Witness, de Montréal, sous peine de privation des sacrements, même à l'article de la mort. Le journal mis à l'Index attaque régulièrement l'Église catholique et les « papistes ». Des membres du clergé local font de la politique. Ils menacent de priver des sacrements ceux qui votent pour les libéraux.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1876
L'Université Laval ouvre une succursale à Montréal. Elle deviendra, en 1920, l'Université de Montréal.
La Loi des cités et villes est adoptée.
Le chemin de fer Intercolonial entre Québec et Halifax est complété. Le coût de sa construction dépasse les prévisions de 20 millions de dollars.
Le gouvernement fédéral adopte la Loi des Indiens et institue les « réserves ».
L'archevêque Taschereau modère les transports de certains membres de son clergé face à la politique. Il ne dénonce ni le libéralisme ni le parti libéral. « Chacun est libre de choisir », écrit-il.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1877
La tordeuse des bourgeons de l'épinette fait de nouveau des ravages dans la région.
Le doryphore, l'insecte ennemi no un des pommes de terre, terrifie les producteurs et les mangeurs de patates. On va même jusqu'à faire des processions religieuses pour être délivré du fléau.
Fondation des Annales de la propagation de la foi.
Wilfrid Laurier devient le député imbattable de Québec-Est. Il fait de Québec un château fort libéral.
Le délégué apostolique, Mgr Conroy, arrive à Québec pour enquêter sur l'ingérence du clergé dans les élections fédérales.
Première conversation téléphonique entre Québec et Montréal.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux Diamants no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1878
On démolit l'église de Sainte-Anne-de-Beaupré pour en construire une plus majestueuse encore.
Pendant que Montréal vit la première utilisation de l'éclairage électrique au Canada, Québec fait l'expérience de la première utilisation commerciale du téléphone.
Henry-Gustave Joly de Lotbinière, libéral, devient premier ministre du Québec.
John A, Macdonald, conservateur, redevient premier ministre du Canada.
Le marquis de Lorne, qui a épousé Louise, la fille de la reine Victoria (le bassin Louise, dans le Vieux-Port, c'est elle), devient gouverneur-général du Canada.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1879
La compagnie North Shore Railroad réunit par voie ferrée Québec à Montréal par la rive nord du Saint-Laurent.
Les journaux anglophones de Québec et de Montréal sont de plus en plus agressifs à l'endroit des Canadiens français: ils réclament une plus forte immigration anglophone et affirment, comme si c'était une tare, que tous les Canadiens français ont du sang indien dans les veines.
Probablement pour répondre à ces attaques, le journal La Patrie publie son premier numéro. L'hebdomadaire de combat sera largement distribué dans toute la province.
Le poète Octave Crémazie meurt en France dans une grande misère. Louis Fréchette publie Fleurs boréales.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1880
Parution du premier numéro du journal L'Électeur, l'ancêtre du Soleil. Fondé par Wilfrid Laurier et Ernest Pacaud, la nouvelle publication est l'organe officiel du Parti libéral fédéral et provincial. Il est écrit et imprimé d'abord sur la rue Saint-Joseph puis ensuite dans la côte de la Montagne, le quartier des imprimeurs.
Les fruits et les viandes en conserve font leur apparition dans les magasins.
Adolphe-Basile-Routhier compose l'Ô Canada, qui sera mis en musique par Calixa Lavallée. L'hymne national sera joué pour la première fois à Québec.
Le poète Louis Fréchette, de l'École littéraire et patriotique de Québec, est honoré par l'Académie française.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière).
Québec en 1881
Le faubourg Saint-Jean-Baptiste brûle. Près de 1500 familles sont jetées à la rue. Plus de 600 maisons sont détruites. On évalue les pertes matérielles à 1 500 000 $.
Fondation du journal La Vérité de l'ultramontain Jean-Paul Tardivel.
La population de la ville de Québec est de 62 441 habitants. Celle du Québec de 1 359 027 habitants. La population du Canada est de 4 324 810 habitants.
Pamphile Lemay publie Fables canadiennes.
L'abbé Joseph Laflamme publie Éléments de minéralogie et de géologie, petit manuel destiné aux étudiants des collèges et de l'Université Laval. En usage jusqu'en 1930.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1882
Le premier tronçon du chemin de fer de Québec et du lac Saint-Jean est inauguré. Il se rend jusqu'à Saint-Raymond, dans Portneuf.
François Langelier est élu maire de Québec.
L'abbé Henri-Raymond Casgrain compile puis publie la plupart des poèmes du poète et patriote Octave Crémazie, mort il y a trois ans en France.
J.-Alfred Mousseau, conservateur, devient premier ministre du Québec.
Mère Marie-Léonie fonde la congrégation des Soeurs de la Sainte-Famille pour assurer le service matériel des autres communautés religieuses.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1883
L'Armée du salut s'installe à Québec.
L'architecte Eugène-Étienne Taché ajoute une devise aux armoiries du Québec: Je me souviens.
L'ornithologue Charles-Eusèbe Dionne publie Les Oiseaux du Canada.
La deuxième session de la cinquième Législature s'ouvre le 18 janvier, à Québec. Honoré Mercier est le chef de l'opposition libérale. Les libéraux sont accusés de vouloir laïciser l'enseignement. Mgr Laflèche, de Trois-Rivières, s'en prend à l'influence de l'Université Laval et des prètres libéraux sur Mgr Taschereau. Il accuse ce dernier de timidité dans la défense de l'enseignement religieux. Rome doit trancher. Mgr Laflèche est prié de modérer ses ardeurs ultramontaines.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1884
Les pères et les frères de Saint-Vincent-de-Paul arrivent au pays et prennent en charge les patros pour la jeunesse.
Fondation, à Montréal, du journal La Presse, bientôt le quotidien français le plus largement diffusé sur le continent nord-américain.
Les jésuites fondent les Ligues du Sacré-Coeur qui deviennent le fer de lance des militants religieux dans les paroisses catholiques.
Le premier ministre Mousseau démissionne sous les scandales financiers, vrais ou faux. John Jones Ross, un conservateur, devient premier ministre du Québec.
Le 21 novembre, la femme Boulet est condamnée à être pendue, à Québec, pour l'empoisonnement de Célina Guay, de Baie-Saint-Paul.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher).
Québec en 1885
La ville de Québec, comme tout le Québec, manifeste sa colère à la suite de la pendaison du chef des Métis de la rivière Rouge, Louis Riel. La blessure sera longue à guérir.
Mgr Taschereau interdit les Chevaliers du Travail (Nobel Order of the Knights of Labor), sous prétexte que ce mouvement ouvrier à caractère plus politique que syndical prône l'agitation, l'éducation des travailleurs et leur organisation.
L'Assemblée législative adopte la Loi des manufactures sur la limite des heures de travail: 60 heures par semaine pour les femmes et les enfants; 72 1/2 pour les hommes. Plusieurs dérogations permettent aux employeurs de dépasser ce maximum.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1886
Georges-Émile Amyot fonde la fabrique Dominion Corset, à Saint-Roch, qui se développera au point de pénétrer les marchés étrangers de façon spectaculaire et unique à l'époque.
La « picote » (variole) fait des ravages. L'Assemblée législative vote une loi créant un Conseil provincial d'hygiène et obligeant les municipalités à établir un bureau local de santé.
Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque de Québec, devient le premier cardinal canadien.
Le grand magasin Le Syndicat ouvre ses portes sur la rue Saint-Joseph.
À partir de maintenant, des maisons et des commerces sont éclairés par l'électricité provenant du barrage sur la Montmorency.
(Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1887
Le chemin de fer Québec-Lac-Saint-Jean est inauguré.
Le poète Louis Fréchette publie La Légende d'un peuple. L'ouvrage est couronné par l'Académie française.
Le 25 janvier, L.-Olivier Taillon, conservateur, devient premier ministre du Québec. Quatre jours plus tard, grâce à la vague de fond nationaliste provoquée par l'affaire Riel, Honoré Mercier, libéral, lui succède et forme un cabinet « national ». Pour discuter de l'autonomie provinciale et obtenir une révision de la subvention fédérale aux provinces établie d'après la population, Mercier convoque, à Québec, en octobre, une conférence interprovinciale - la première dans l'histoire de la Confédération.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1888
La région et une partie de la province sont secouées par des tremblements de terre, des tornades et des orages dévastateurs.
La chapelle du Séminaire de Québec est dévastée par un incendie.
Le gouvernement québécois adopte la loi sur les biens des Jésuites. La loi avantage ces derniers. Les Orangistes protestent.
L'arrivée de Mercier au pouvoir donne de l'importance au Soleil, l'organe officiel du Parti libéral provincial et fédéral. Selon l'historien Robert Rumilly, le directeur du quotidien, Ernest Pacaud, qui est aussi l'ami imtime et l'organisateur politique de Wilfrid Laurier et d'Honoré Mercier, en profite pour organiser le « patronage ». Rumilly qualifie Pacaud « d'intermédiaire universel, unique, obligatoire ».
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1889
Le feu détruit de nouveau le quartier Saint-Sauveur. C'est la troisième fois en moins de 40 ans. Plus de 700 maisons sont rasées. On compte 1600 sans abri et au moins deux morts.
Un éboulis dans la rue du Petit-Champlain tue 49 personnes. Quelques semaines plus tard, l'explosion de la manufacture Quebec Worsted fait aussi des dizaines de victimes.
Le monument Cartier-Brébeuf est inauguré près de la rivière-Saint-Charles.
Le gouvernement Mercier fonde l'Ordre du mérite agricole. Cette distinction existe toujours. Elle est remise chaque année, notamment, lors de la tenue de l'Exposition provinciale de Québec.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1890
Les premiers Pères Franciscains et les premiers Pères Eudistes arrivent à Québec. Il fonderont et animeront des écoles réputées encore aujourd'hui.
Le gouvernement encourage la culture du maïs à ensilage et la construction des silos. Dans certaines régions, on battait encore le blé à la main ou à la batteuse à vent.
On arrose, pour la première fois, les arbres fruitiers à l'aide d'une pompe: le produit s'appelle alors la bouillie bordelaise et le vert de Paris. C'était avant nos insecticides.
Le 23 février, à Saint-Alban de Portneuf, Rodolphe Dubois assassine sa femme, ses deux enfants et sa belle-mêre dans des conditions indescriptibles. Ce genre de fait divers familial était rare à l'époque.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1891
Les Jésuites débutent les fameuses « retraites fermées » à la Villa Manrèse, sur le chemin Saint-Foy, dans le quartier Montcalm.
Le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers destitue le premier ministre Honoré Mercier à la suite du scandale des chemins de fer de la baie des Chaleurs. Une partie des subventions avait été détournée par le trésorier du Parti libéral. Le patron du Soleil, Ernest Pacaud, n'était pas loin de toute cette affaire. Mercier méritait mieux que cette disgrâce, selon tous les historiens sérieux. Il faut lire l'historien Gilles Gallichan à ce sujet.
Charles Boucher de Boucherville, conservateur, redevient premier ministre du Québec.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1892
Début de la construction du Château Frontenac.
Louis Fréchette publie Originaux et détraqués.
Le renvoi du premier ministre Mercier par le lieutenant-gouverneur Angers et son remplacement à la tête du gouvernement par Charles de Boucherville suscite de l'agitation partout au Québec. À Québec même, les autorités craignent des émeutes dans les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur. La police reçoit l'ordre de protéger Spencer Wood, la demeure du lieutenant-gouverneur. Mercier réunit 5000 partisans à la salle Jacques-Cartier. Cela ne l'empêche pas de perdre les élections de 1892 et Louis-Olivier Taillon, conservateur, de devenir premier ministre du Québec.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1893
Les soeurs de la Charité prennent possession de l'Asile de Beauport et en font l'Hôpital Saint-Michel-Archange.
On verra bientôt des automobiles dans les rues de Québec: Henry Ford vient de construire sa première voiture.
Après avoir gagné son procès dans l'affaire du libraire de Québec, Joseph-Alfred Langlais, qui aurait rempli sa caisse électorale en échange du contrat de fournisseur exclusif de la papeterie du gouvernement, Honoré Mercier, qui est toujours député, se lève en chambre et prononce un dernier discours, un discours célèbre que Jacques Lacoursière reproduit intégralement dans le tome 3 (page 467) de son Histoire populaire du Québec. On dit que ceux qui l'ont entendu à l'époque en ont parlé toute leur vie.
Québec en 1894
Simon-Napoléon Parent, un protégé de Wilfrid Laurier, est élu maire de Québec. Il dote la ville d'un véritable gouvernement municipal. Il demande aux employés de la ville de faire preuve de professionnalisme. Une de ses sortie publiques a fait rire toute la ville. Il s'en prenait aux « pompiers de Québec qui ont peur de monter dans les échelles ».
Attaqué de toutes part, ruiné, Honoré Mercier meurt d'épuisement et probablement de tristesse. Les historiens nous disent qu'il fut l'un des grands premiers ministres du Québec.
Le ministère de l'Agriculture du Québec crée le premier organisme de promotion du porc à bacon et des salaisons.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1895
Une énorme masse de neige tombe du Cap-Diamant sur les maisons de la rue Champlain, au Cap-Blanc. Huit personnes meurent ensevelies sous la neige.
Les journaux L'Événement, l'Électeur et Le Courier du Canada nous apprennent que durant le mois de décembre, surtout durant la période des fêtes, plus précisément du 19 au 30 décembre, le temps a été exceptionnellement doux. La température aurait atteint 40 degrés C.
Inspiré par le courant conservationniste américain, le gouvernement québécois crée deux grands parcs nationaux: celui des Laurentides, au nord de Québec, et celui du Mont-Tremblant. Objectif triple: protèger les forêts, les eaux et la faune.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1896
Le lundi 28 décembre, Le Soleil paraît pour la première fois. Toujours organe officiel du Parti libéral fédéral et provincial, le journal est né sur le cadavre encore chaud de son ancêtre L'Électeur mis à l'Index par les autorités religieuses.
Le maire Simon-Napoléon Parent inaugure l'hôtel de ville actuel.
Wilfrid Laurier, député de Québec-Est, devient premier ministre du Canada. Il sera une idole pour une génération de Québecois de Québec et plus encore. Les gens plaçait sa photo à côté de la statue du Sacré-Coeur. Jusqu'à sa mort en 1919, il sera le directeur politique du Soleil.
La statue du chevalier de Lévis est dévoilée devant le Palais législatif. C'est une oeuvre de Philippe Hébert.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1897
Le 18 janvier, en l'espace de quelques heures, on passe de fortes averses à une température de moins trente degrés farenheit. Les gens de Québec ne se rappellent pas d'un plus dur hiver pour les arbres. Un premier grand parc public, le parc Victoria, à la basse-ville, est ouvert au public.
Le dentiste Henri-Edmond Casgrain est le premier automobiliste à Québec. Il fait du dix-huit milles à l'heure, en troisième vitesse, sur le chemin Saint-Foy.
Le recensement de 1891 montre que le Québec a le plus fort taux d'analphabétisation au Canada. Le quart des Québécois âgés de plus de 9 ans ne savent ni lire ni écrire. La ville de Québec dépasse à peine la moyenne.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1898
Le Soleil est fier de publier la première photographie dans un quotidien québécois. Moins d'une année après un grand journal américain. Auparavant, les illustrations dans les journaux étaient des dessins ou des gravures.
Un grand moment de célébration: le dévoilement du monument Champlain, près de la terrasse des Gouverneurs et du Château-Frontenac.
La Quebec Railway, Light & Power entre en opération.
Le maire Parent est réélu par acclamation. Il vient de s'entendre avec l'Institut canadien pour doter Québec d'une bibliothèque publique.
Le fleuve est ouvert à la navigation le 31 mars.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1899
L'usine de la Rock City Tobacco entre en opération.
La librairie Garneau ouvre ses portes.
Les soeurs de la Charité fondent le pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague.
Le Dominion, le premier navire océanique de la saison, arrive à Québec le 23 avril.
Le premier contingent canadien à destination du Transvaal, en Afrique du Sud, s'embarque, à Québec, à bord du Sardinian. Nos soldats vont faire la guerre aux Boers. Plus de 7000 volontaires canadiens dont plusieurs québecois participeront à cette guerre.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1900
Le maire de Québec, Simon-Napoléon Parent, un libéral, devient premier ministre du Québec. La double fonction était permise à l'époque. C'est un cas unique dans l'histoire politique du Québec.
L'Académie de musique est détruite par le feu.
Pour améliorer leurs conditions de travail, les travailleurs de la chaussure se syndicalisent. Cela déplaît aux 22 employeurs. Ces derniers se regroupent et mettent en lock-out 3800 ouvriers. Après deux mois, Mgr Bégin est choisi comme arbitre. L'archevêque reconnaît aux ouvriers le droit de se syndiquer selon leur métier, en autant qu'ils respectent la doctrine catholique. C'est la naissance du syndicalisme catholique au Québec.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1901
Mgr Bégin règle, temporairement, le conflit entre les manufacturiers et les 3800 ouvriers de la chaussure.
Le 27 janvier, les journaux de Québec annoncent le décès du journaliste et pamphlétaire Arthur Buies.
La goélette La Presse quitte le port de Québec le 7 mars. Elle va faire l'expérience de la navigation d'hiver. L'équipage est de retour le 11 avril avec des renseignements précieux sur la navigation dans le golfe et sur le fleuve durant la saison froide.
La Loi d'hygiène publique de Québec est sanctionnée. Cette loi permet au Conseil d'hygiène de la province d'exercer un contrôle sur les politiques municipales en matière de santé.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1902
L'Orchestre symphonique de Québec présente son premier concert à L'Auditorium (aujourd'hui Le Capitole). L'ensemble s'appelait, à l'époque, la Société symphonique, dirigée par Joseph Vézina. Elle fusionnera avec le Cercle philarmonique, animé par Edwin Bélanger, pour donner L'Orchestre symphonique de Québec.
Mort de Lord Dufferin, ancien gouverneur-général du Canada. C'est lui qui a sauvé Québec des « vandales » du conseil municipal qui voulaient raser les fortifications de Québec et ses portes monumentales qui gardent le Vieux-Québec.
L'hôtel Victoria est entièrement détruit par le feu. Deux employées périssent dans les flammes.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1903
Un « médecin municipal » est nommé à Québec. Cela amène des mesures d'assainissement et l'abaissement du taux de mortalité.
Le Music Hall est la proie des flammes. La même année on construit L'Auditorium qui deviendra Le Capitole d'aujourd'hui.
Ouverture des fêtes marquant le cinquantenaire de la fondation du collège de Lévis, l'un des bons collèges classiques de la grande région de Québec.
Le Quebec Mercury, un influent quotidien anglophone de Québec, cesse de paraître.
Un tremblement de terre ébranle Québec et toute la vallée du Saint-Laurent.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1904
Le 3 novembre, Wilfrid Laurier est réélu premier ministre du Canada et député de Québec-Est. Simon-Napoléon Parent est réélu premier ministre du Québec. Il a pris tout le monde par surprise en déclenchant des élections le lendemain même des élections fédérales. Les conservateurs ne sont pas prêts. Ils fulminent.
La boucherie W.-E. Bégin ouvre ses portes.
Le 1er janvier, le feu détruit les magasins McCall, Sheyn.
Ernest Pacaud, le propriétaire et fondateur du Soleil meurt du cancer à l'âge de 53 ans. Wilfrid Laurier dira de lui qu'il était « l'âme » du Soleil.
Thomas Chapais, professeur d'histoire à l'Université Laval et auteur, publie une biographie de l'intendant Jean Talon.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1905
S.-N. Parent est attaqué par des membres influents de son propre parti. On l'accuse de s'être enrichi en favorisant de riches marchands de bois. Il est blanchi de toutes les accusations mais il donne tout de même sa démission. Lomer Gouin, son principal accusateur, devient le quinzième premier ministre de la province de Québec.
La compagnie d'assurances L'Industrielle voit le jour de même que la biscuiterie Leclerc.
La grande tragédienne Sarah Bernhardt est chassée de Québec et bousculée par une foule composée surtout d'étudiants du Séminaire. En conférence de presse, elle avait traité les Canadiens français de « peuple d'arriérés ». Elle avait surtout le tort d'avoir joué La Dame aux Camélias, à l'Auditorium, malgré l'interdiction du clergé.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1906
Joseph Vézina présente à l'Auditorium son opéra comique Le Lauréat.
En ce début de siècle. la ville de Québec est touchée par la vogue de la statuaire monumentale. C'est surtout l'époque héroïque de la Nouvelle-France que l'on met en valeur. Pas moins de 25 monuments et statues de bronze seront dévoilés à travers la ville entre 1889 et 1920. Les gens de Québec n'oublieront jamais les paroles de Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada et député de Québec-Est: « Hommes de Québec, vous êtes des privilégiés... Vous vivez, vous respirez une poussière de héros. À chaque pas que vous faites dans la ville, un monument, un édifice, une pierre fait (sic) surgir un monde d'événements héroïques. »
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1907
Mgr Louis-Nazaire Bégin crée le mouvement l'Action social qui publie le journal L'Action catholique. Ce journal fait une lutte féroce au Soleil qui défend des idées libérales. Les curés en chaire promettent le ciel aux lecteurs de L'Action catholique et l'enfer aux lecteurs du Soleil.
Le jeudi 29 juillet, vers dix-sept heures et demie, la superstructure du pont de Québec en construction depuis deux ans s'effondre. On compte 75 victimes. Tous des ouvriers. Ils ont été pour la plupart broyés par les immenses piliers de fer et les lourds blocs de pierre.
La Loi des établissements industriels qui défend à tout enfant de moins de 14 ans de travailler est sanctionnée.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1908
Les célébrations du tricentenaire de Québec sont éblouissantes aux yeux des participants et des chroniqueurs. Les contemporains en ont parlé toute leur vie à leurs enfants et à leurs petits-enfants. La Commission des champs de bataille nationaux fait des plaines d'Abraham une grand parc public. C'est le cadeau du fédéral. On dit que c'est l'un des plus beaux en Amérique, de par sa situation sur les hauteurs de Québec, avec vue sur le grand fleuve et sur Lévis.
Armand Lavergne et Henri Bourassa font leur entrée à l'Assemblée législative du Québec.
Le scoutisme arrivera bientôt dans la région. Baden-Powell a profité de la guerre des Boers pour fonder ce mouvement mondial.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1909
La ville de Québec agrandit son territoire en annexant Limoilou, après avoir annexé Saint-Malo deux ans plus tôt; le tour de Ville Montcalm viendra en 1913.
La Société coopérative agricole des fromagers de Québec vient d'être fondée dans le but de favoriser la vente du beurre et du fromage de ses membres.
Le Jésuite Papin Archambault crée l'oeuvre des retraites fermées.
Le grand concile plénier des évêques catholiques s'ouvre à Québec. Les évêques canadiens adressent des félicitations au roi d'Angleterre.
L'Université Laval se dote d'une faculté de musique.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec de Jacques Lacoursière)
Québec en 1910
Les brise-glace Montcalm et Lady Grey rompent le pont de glace entre Québec et Lévis.
Napoléon Drouin, l'un des propriétaires de la compagnie de tabac Rock City, est élu à la mairie.
Le premier Congrès de la langue française se tient à Québec.
Armand Lavergne pilote une loi rendant le bilinguisme obligatoire dans les entreprises de services publics.
Lord Baden-Powell, fondateur du scoutisme, est en visite à Québec.
Ouverture d'un grand congrès de tempérance.
Des étudiants de l'Université Laval brûle en effigie le maire de Rome qui a insulté le pape.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1911
Ouverture à Cap-Rouge de la première station agronomique fédérale au Québec.
La tordeuse des bourgeons de l'épinette fait des ravages dans les forêts de la régions de Québec et de toute la province.
L'Académie de musique de Québec fonde le Prix d'Europe. Ce prix couvre les frais d'un séjour de deux ans d'études en Europe.
L'École technique ouvre ses portes, boulevard Charest devant la gare d'autobus.
Le monument de Montcalm est dévoilé le 16 octobre. Il est situé, près de la Grande Allée, sur ce qui est devenu le Cours du général de Montcalm, qui mène aux Plaines d'Abraham, face à l'hôtel Loews le Concorde.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1912
L'équipe de hockey locale, les Bulldogs, remporte la coupe Stanley. La même équipe refera le même coup l'année suivante. Le 11 août, une violente tempête de pluie persiste durant près de cinq jours. Plus précisément 108 heures de pluie, à Québec.
La Société du parler français au Canada convoque son premier congrès à l'Université Laval.
Le 15 avril les gens de Québec et de partout dans le monde ne parlent que de cette tragédie: Le Titanic, fierté de la flotte commerciale anglaise, heurte un iceberg au sud-est de Terre-Neuve. Quelque 1500 passagers y trouvent la mort.
L'Exposition provinciale ouvre ses portes. Elle dure encore aujourd'hui chaque début septembre.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1913
Les Québécois découvrent les mots croisés dans leurs journaux. Les premiers réfrigérateurs et les premiers récepteurs radio arriveront bientôt.
Le roi George V interdit aux femmes de son royaume de monter à cheval à califourchon. L'interdiction s'adresse aussi aux femmes de Québec. Elles monteront dorénavant « en amazone », c'est-à-dire les jambes les mêmes côtés du cheval.
La grande compagnie ferroviaire National Transcontinental construit ses usines dans le quartier Saint-Malo.
Début avril, le pont de glace qui reliait la pointe de l'île d'Orléans (Sainte-Pétronille) à Québec est cassé par le brise-glace Montcalm.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1914
Les soeurs du même nom fondent l'Hôpital Saint-François-d'Assise.
L'Empress of Ireland heurte le Storstad dans le fleuve Saint-Laurent, avant Rimouski, et coule en 15 minutes. Le bilan est cruel: 1024 victimes. Une épaisse brume est responsable du drame. Le port de Québec se transforme en une gigantesque morgue. C'est la deuxième plus importante catastrophe maritime en temps de paix, tout de suite après celle du Titanic.
C'est la première Guerre mondiale: le premier bataillon canadien, formés de volontaires, traverse l'Atlantique le 3 octobre. Quelques jeunes gens de Québec francophones se sont enrôlés. Pas nombreux.
L'Association catholique des voyageurs de commerce est fondée.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1915
La gare du Palais et l'hippodrome sont inaugurés. La laiterie Laval vend ses premières pintes de lait, en verre s'il vous plaît!
Le gouvernement fédéral lance sa première campagne de vente d'obligations de la Victoire. Il fait appel à tous les investisseurs canadiens, petits et gros, qu'ils habitent Toronto, Vancouver, Montréal, Québec ou ailleurs au Canada.
On vient d'aménager la base de Valcartier, à proximité de Québec. Des milliers de travailleurs, la plupart de la région de Québec, l'ont construite en 20 jours. Le camp accueille immédiatement 25 000 hommes et 10 000 chevaux. La présence continue de militaires qui hantent la ville jour et nuit, le plus souvent ivres, cause problème.
(Sources: Québec 1900-200, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1916
Les Québécois francophones ne s'enrôlent pas facilement malgré la présence dans toutes les villes de recruteurs musclés. Dans son édition du 5 juin, Le Soleil recommende aux jeunes gens de s'enrôler en grand nombre, mais il suggère de former des « bons bataillons canadiens-français ». Le ministre de la Milice préfère les disperser dans des unités mixtes à majorité anglophone. Au camp de Valcartier, les autorités militaires avaient eu quelques problèmes de discipline avec deux bataillons uniquement composés de Canadiens français.
La ville accorde dix ans de franchise à la cartoucherie Ross.
H. E. Lavigueur est élu maire par acclamation. Le club de la Garnison expulse le député Armand Lavergne. Il est contre l'enrôlement.
(Source: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1917
La travée centrale du pont de Québec est enfin posée avec succès. Cette travée maudite était tombée deux fois pendant la construction faisant en tout 88 morts chez les ouvriers. Un train spécial transportant 400 invités de marque traverse le pont pour la première fois. Le 3 décembre, le pont est définitivement ouvert au trafic ferroviaire.
Le gouvernement fédéral ordonne la fermeture de l'armurerie Ross. On y fabriquait un fusil qui, dit-on, s'enrayait trop facilement, surtout sur un champ emboué. Pour le bouillant Armand Lavergne, la raison est tout autre: « Le War Office, dit-il, a fermé l'armurerie de Québec dans la crainte qu'en cas de conflit, nous en usions contre l'Angleterre. »
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1918
La grippe espagnole fait 452 morts à Québec et des centaines de milliers dans le reste de l'Occident.
L'application de la Loi de la conscription par le gouvernement fédéral provoque des émeutes. L'armée intervient. Le lundi de Pâques, les troupes ouvrent le feu contre les émeutiers dans le quartier Saint-Sauveur. On relève quatre morts et 70 blessés. Quelque 60 personnes sont arrêtées. Le lendemain, c'est la proclamation de la loi martiale.
Le sanatorium (ou hôpital) Laval est inauguré à Sainte-Foy. Il accueillera les tuberculeux.
La ville accueille le premier congrès des syndicats catholiques.
Inauguration de la Société des arts, sciences et lettres.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1919
Wilfrid Laurier, ancien premier ministre du Canada, député imbattable de Québec-Est, et un demi-dieu pour les gens de Québec, s'éteint à l'âge de 78 ans.
L'équipe professionnelle locale, Les Buldogs, font leur entrée dans la Ligue nationale de hockey.
Le prince de Galles séjourne à Québec dans le cadre d'une visite officielle au Canada.
Signature, à Versailles, du Traité de paix et du Protocole mettant fin à la Première Guerre mondiale. Nos soldats, du moins ceux qui n'ont pas laissé leur vie dans les tranchées de cette « drôle » de guerre seront bientôt de retour chez eux.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1920
Blanche Garneau, 22 ans, est retrouvée sans vie dans le parc Victoria. Elle a été violée et battue. Même une Commission royale d'enquête, en 1922, ne pourra élucider ce meurtre qui fait courir bien des rumeurs. Les gens de Québec parlent encore de « l'affaire » Blanche Garneau et croient toujours que les autorités ont voulu protéger des fils de familles de parlementaires influents.
Le 9 juillet, Louis-Alexandre Taschereau, chef du Parti libéral, devient premier ministre. Toute sa vie, il est demeuré un citoyen de Québec, sa ville natale. Il s'est fait construire une des belles maisons de la Grande Allée. La ville perd le procès intenté par Ludger Bastien, de Loretteville, pour cause d'abaissement du niveau de la Saint-Charles.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1921
Les policiers et les pompiers déclenchent la grève. C'est la panique en ville. L'armée est appelée en renfort pour maintenir l'ordre.
L'abbé Joseph-Arthur Ferland crée l'Oeuvre des terrains de jeux.
Fondation de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), pour représenter l'ensemble du mouvement syndical catholique. C'est à Québec, boulevard Charest, que la confédération établira son siège social. La CTCC deviendra la CSN au début des années 1960.
Plusieurs manufactures de la basse-ville sont rasées par les flammes. On évalue les pertes à 500 000 $.
Dévoilement de la statue d'Honoré Mercier, oeuvre de Paul Chevré.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1922
Deux grandes institutions voient le jour: L'École de musique de l'Université Laval et le Musée du Québec. Le musée de la province est situé dans le parc des Champs de bataille (les Plaines). Il est construit selon les plans de l'architecte Wilfrid Lacroix.
Un incendie détruit la basilique. Elle sera reconstruite telle qu'elle était.
La ville de Québec vit le début des années 1920 au rythme des « années folles »: le charleston fait danser la jeunesse; la radio entre dans les foyers; le cinéma se met à parler; l'automobile envahit les rues; les courtiers de la rue Saint-Pierre sont fort occupés et les richesses s'accumulent à la bourse de Québec.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1923
Québec bat un record de froid en janvier: 54 degré C. Le feu ravage l'hôtel Saint-Roch.
Irma Levasseur, la première femme médecin à Québec, inaugure son Hôpital de l'Enfant-Jésus pour les enfants.
Les « suffragettes », menées par Thérèse Casgrain, assaillent tous les jours le bureau du premier minstre Taschereau. Elles réclament le droit de vote pour les femmes et plus encore. Selon Le Devoir, cette délégation « ne créa pas, au Parlement, un mince émoi. S'il en est ainsi quand ces dames viennent demander des droits politiques, qu'en sera-t-il quand elles les exerceront? »
Au sud de Québec, dans la grande région de la Beauce, Arcade Vachon et son épouse, Rose-Anna Giroux, inventent les petits gâteaux Vachon.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy;
Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1924
La Banque Nationale passe à des intérêts montréalais.
Le quotidien Le Soleil ouvre une première station de radio à Québec: CKCI. Les stations CHRC et CKCV entreront en ondes, en 1926, et CBV, en 1938.
En visite au Canada, le prince de Galles est reçu officiellement à Québec.
La Croix du Sacrifice est dressée à l'entrée du parc des Champs de bataille à la mémoire des disparus de la Première Guerre mondiale.
Dans la foulée du Congrès eucharistique de l'an dernier, l'église du Très-Saint-Sacrement est inaugurée et le père oblat Victor Lelière crée la Maison Jésus-Ouvrier.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1925
Les ingénieurs de la Cité se penchent pour la première fois sur le phénomène de la croissance urbaine et sur l'augmentation très rapide du nombre d'automobiles. Québec connaît un important problème de circulation dans le centre-ville où les rues sont étroites. Les ingénieurs mettent de l'avant un projet d'aménagement du trafic qui prévoit la construction du boulevard Charest, l'élargissement des côtes d'Abraham et du Palais, et la transformation de l'ancienne place du marché Montcalm en place d'Youville. Ce premier plan d'aménagement à Québec est soumis à un référendum, puis approuvé par le Conseil municipal en 1928. L'année suivante, la municipalité est autorisée à emprunter 3,9 millions de dollars pour réaliser son projet.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1926
Les ouvriers de la chaussure sont de nouveau en grève. Cette fois, le conflit sera long et dur. L'utilisation des briseurs de grève et l'implication de la police provinciale provoquent des échauffourées. Affamés, les ouvrier finissent par rentrer au travail, mais l'industrie de la chaussure se remettra difficilement de ce conflit.
Joseph Kerhulu, d'origine bretonne, obtient un succès remarquable avec son restaurant-pâtisserie ouvert il y a un an à peine dans la côte de la Fabrique.
Le feu détruit l'ancienne partie du Château Frontenac, causant des pertes estimées à un million et demi de dollars.
Le peintre Pelland reçoit une bourse pour aller étudier à Paris.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1927
L'industrie de la chaussure est en difficulté, mais on reprend espoir à Québec avec l'ouverture de l'usine de papier de l'Anglo Canadian Pulp and Paper et la construction de l'édifice Price, le premier gratte-ciel de Québec.
L'incendie de l'Hospice Saint-Charles provoque la mort de 33 enfants.
Le père assomptionniste Clément-Marie Staub ouvre le Montmartre canadien.
Le pain se vend 9 cents l'unité; le beurre 35 cents la livre; les patates 25 cents pour un sac de 10 livres.
À l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste, Mgr Omer Cloutier, administrateur du diocèse de Québec, permet à ses ouailles de faire gras ce vendredi-là...
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1928
L'aviateur Charles Lindbergh se pose sur les plaines d'Abraham. Il vient porter un antidote à un virus rare pour un ami hospitalisé au Jeffery Hale. Il arrivera malheureusement trop tard pour sauver son copain.
Les soeurs de la Charité fondent l'Hôpital du Saint-Sacrement, sur le chemin Sainte-Foy.
Le cinéma Cartier, sur la rue du même nom, ouvre ses portes. Le cinéma de Paris, place d'Youville, fera de même dix ans plus tard.
Mgr Camille Roy, recteur de l'Université Laval et critique littéraire, publie Études et Croquis. Ce texte et son Manuel d'histoire de la littérature canadienne-française a mis en valeur la littérature d'ici auprès de plusieurs générations d'étudiants.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1929
Le krach de la bourse de New York jette Québec dans la Grande Crise. Des fortunes de la Grande Allée et de l'avenue des Braves fondent comme neige au soleil. Des manufactures ferment. De 7,7 % qu'il est en 1929, le taux de chômage chez les syndiqués du Québec passe à 26,4%, en 1932. Les chiffres ne sont pas meilleurs dans la région de Québec. Les soeurs de la Charité instaureront bientôt et pour longtemps l'Oeuvre de la soupe pour nourrir des milliers de gens sans travail. Des « Travaux de crise » sont organisés par les gouvernements.
Le premier Congrès marial de Québec attire des milliers de fidèles.
Fondation de la Société linnéenne de Québec qui oeuvre pour la conservation de la nature.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1930
Le dirigeable allemand R-100 survole Québec après avoir traversé l'Atlantique.
L'Auditorium change de nom et devient le Capitol.
Les ursulines ouvrent leur École normale Mérici.
Le peintre Charles Huot s'éteint le 27 janvier.
Dans le numéro d'avril du National Geographic Magazine, le journaliste William Dow Boutwell rapporte que si, grâce à l'industrialisation, la modernisation du Québec est évidente à Montréal, Trois-Rivières, Thetford-Mines, Arvida et Rouyn, par contre, la ville de Québec vit à l'heure de son glorieux passé et rien n'y change. Cet avis est partagé par plusieurs observateurs.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1931
Fondation d'une première section de la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) et des Cercles des jeunes naturalistes.
Une première troupe de scouts est formée.
Le nombre d'employés du « service civil » a doublé en dix ans. On en compte maintenant 5745. La majorité de ces fonctionnaires travaillent et vivent à Québec et dans la région.
Henry Arthur Scott, curé de Sainte-Foy et historien, s'éteint le 23 janvier.
Le nouveau tunnel percé sous le cap Diamant par le Canadien Pacific est inauguré.
Mort du cardinal Rouleau, archevêque de Québec.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1932
La ville se dote d'un théâtre municipal qui s'appellera le Palais Montcalm.
Le mouvement de la Jeunesse étudiante catholique est créé. Il est calqué sur la Jeunesse ouvrière catholique, c'est-à-dire solidement encadré par le clergé.
La crise se poursuit et le taux de chômage chez les ouvriers atteint 26,4 %.
La Société des arts, sciences et lettres de Québec lance une grande campagne de « refrancisation », afin de redonner une « psysionomie française » à la ville et à ses environs. l'organisme dénonce l'américanisation de la ville.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1933
Alain Grandbois publie la biographie romancée de l'explorateur Louis Jolliet, Né à Québec.
Le Musée provincial et le jardin zoologique sont inaugurés.
Selon un relevé effectué dans deux grandes artères commerciales de Québec, sur un total de 499 enseignes, 131 sont unilingues anglaises, 125 sont bilingues et 243 sont unilingues françaises.
Rodrigue Villeneuve, archevêque de Québec, est nommé cardinal. Il reçoit le chapeau cardinalice des mains de Pie XI.
Le camp de Valcartier est aménagé pour recevoir 2000 chômeurs.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1934
Un ancien postier tire des coups de feu dans le bureau de poste de Québec. Il tue six employés.
Raoul Jobin, un jeune ténor de Québec âgé de 27 ans, fait ses débuts à l'Opéra de Paris.
La parution du roman Les Demi-civilisés, de Jean-Charles Harvey, fait scandale dans la bonne société de Québec. Le livre est mis à l'Index par les autorités religieuses et l'auteur est chasssé de Québec.
Le port passe sous le contrôle du Conseil des ports nationaux du Canada.
Le quotidien L'Action catholique commence à publier, en français, La Souris Miquette, de Walt Disney,
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1935
Les jésuites fondent le collège Garnier, un collège classique qui a formé des générations de futurs professionnels, et encore aujourd'hui.
Maurice Duplessis fonde l'Union nationale, un parti politique qui prendra beaucoup de place à Québec et partout au Québec.
Fondation, à New York, du mouvement des Alcooliques anonymes. Les AA remplaceront rapidement, chez nous, les grands mouvements de tempérance.
C'est l'année du premier tournoi de golf du duc de Kent.
L'Académie française décerne une médaille d'or à l'Université Laval « en reconnaissance des services signalés rendus à la langue française. »
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1936
Le 20 mai, il neige à plein ciel.
L'explosion des réservoirs de la Canadian Oil fait trembler le quartier Saint-Malo.
Edwin Bélanger forme son Cercle philharmonique.
Joseph-Ernest Grégoire est réélu maire.
En octobre, 15 000 personnes, dont le maire Grégoire, le premier ministre Duplessis et le cardinal Villeneuve, sont réunis au Petit-Colisée, à l'occasion de la fête du Christ-Roi, pour exiger la répression du communisme.
Suite à la parution du roman Les Demi-civilisés et sous les pressions du cardinal Villeneuve, Jean-Charles Harvey est destitué de son poste de rédacteur en chef du Soleil.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1937
L'Université Laval accueille le deuxième Congrès de la langue française, sur le thème « L'esprit français au Canada, dans notre langue, dans nos lois, dans nos moeurs ». Un Franco-Ontarien prend le micro pour affirmer solennellement que « Québec, pour nous, Canadiens ou Américains de langue française, est en quelque sorte une ville sacrée ».
L'Externat classique Saint-Jean-Eudes ouvre ses portes à Limoilou.
L'érection de l'édifice Price dans le Vieux-Québec suscite une vague de protestations. Cela pousse l'administration municipale à limiter à 20 mètres la hauteur des édifices dans ce secteur de la haute-ville.
L'Inventaire des oeuvres d'art que dirige Gérard Morisset est logé au Musée de la province sur les Plaines.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1938
À l'initiative du cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, un grandiose Congrès eucharistique national se tient à Québec. C'est le triomphe de l'Église catholique canadienne. Une foule de 100 000 personnes participent à une messe de minuit célébrée sur les plaines d'Abraham par le cardinal. Pour l'occasion, l'Hôtel du Gouvernement est décoré aux couleurs du pape.
La statue équestre de Jeanne-d'Arc est érigée au centre du jardin Jeanne-d'Arc du parc des Champs-de-Bataille.
Construction du stade municipal.
Le père Georges-Henri Lévesque fonde l'École des sciences sociales de l'Université Laval.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1939
La ville accueille, pour la première fois, la monarchie britannique. En mai, le roi George VI et la reine Élisabeth sont accueillis officiellement par le premier ministre du Canada, Mackenzie King, et le ministre fédéral de la Justice, Ernest Lapointe. La Deuxième Guerre mondiale débute quelques mois plus tard. L'aéroport de l'Ancienne-Lorette est inauguré pour la Royal Air Force.
Le 10 septembre, le Canada déclare la guerre à l'Allemagne.
Début de la radiodiffusion de Un homme et son péché, de Claude-Henri Grignon.
L'église des Saints-Martyrs-Canadiens, de la rue Père-Marquette, quartier Montcalm, devient officiellement le coeur d'une nouvelle paroisse.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1940
Le premier ministre Adelard Godbout accorde le droit de vote aux femmes du Québec.
Les grandes usines du Canadien National ferment et deviennent l'Arsenal de Saint-Malo. Cela ramène une certaine prospérité à Québec. Les maison familiales de la Wartime Housing, une compagnie de la couronne, sont construites dans le secteur de l'Arsenal. Le spectre de la conscription obligatoire vient de nouveau hanter les esprits.
Les autorités provinciales font plancher leurs spécialistes sur un projet d'aménagement des abords de l'Hôtel du Gouvernement cerné par les taudis des faubourgs Saint-Louis et Saint-Jean-Baptiste. La guerre retardera de 20 ans ce beau projet de cité parlementaire.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1941
Un curé de Courville, en banlieue de Québec, dont la fabrique est endettée demande l'aide de M. J.-E. Prudhomme qui organise alors ses premiers grands bingos.
La JOC (Jeunesse ouvrière catholique) lance son Service de préparation au mariage qui, au cours de conférences hebdomadaires, invite les futurs époux à venir rencontrer un prètre, un notaire, un avocat, un médecin et une infirmière.
Inauguration d'un service aérien entre Montréal et Québec.
La « Première exposition des Indépendants » est présentée au Palais Montcalm, sous la direction du père Alain Couturier. Parmi les exposants: Borduas et Pellan.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1942
L'Aréna municipal brûle et l'on transforme le Palais de l'agriculture en Colisée.
Les citoyens se prononcent majoritairement contre la conscription lors d'un plébiscite.
Le Conservatoire de musique et d'art dramatique vient au monde.
Le gouvernement rationne le sucre: 12 onces par personne, par semaine. Le rationnement touche aussi le café et le thé.
Louis Saint-Laurent est élu député de Québec-Est, le comté chéri de Wilfrid Laurier. Le premier sera premier ministre du Canada dans six ans.
Le 18 août, près de 3000 soldats canadiens meurent sur les plages de Dieppe, en Normandie. Parmi eux, plusieurs Québécois de Québec.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1943
Le président américain, Franklin D. Roosevelt, suggère à son allié britannique, le premier ministre Winston Churchill, une rencontre au sommet, en août, à Québec, pour faire le point sur les opérations alliées. Roosevelt trouve la ville sécuritaire et pas trop loin de Washington. Pour Churchill, ce choix démontrera à Hitler l'unité du Commonwealth. Les deux hommes d'État logent à la Citadelle, protégés par des canons antiaériens. La rencontre de 1943 donne les résultats souhaités: le débarquement de Normandie est un succès pour les forces alliées. Une autre rencontre au sommet aura lieu l'année suivante au même endroit. On discutera de l'après-guerre et du sort de l'Allemagne et du Japon.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1944
Chubby Power, député de Québec, démissionne avec fracas de son poste de ministre dans le cabinet de Mackenzie King afin de protester contre l'envoi en Angleterre de 16 000 conscrits canadiens.
L'Anglo Canadian Pulp and Paper devient le plus gros employeur privé de Québec avec 580 travailleurs. Des grands journaux de New York et de Londres sont imprimés sur du papier provenant de Québec.
Les autorités religieuses catholiques annoncent qu'un grand séminaire sera construit à Québec.
Sir Georges Garneau, ancien maire de Québec et grand artisan du succès des fêtes du troisième centenaire de la ville, meurt à l'âge de 80 ans. Il est inhumé au cimetière Belmont.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1945
Le 8 mai, le cardinal Villeneuve chante un Te Deum sur le parvis de la basilique devant des milliers de personnes. La Deuxième Guerre mondiale est terminée! Le 1er octobre, les soldats du Royal 22e Régiment, de retour des champs de bataille d'Europe, débarquent dans le port.
La fin de la guerre fait mal à Québec. Elle provoque la fermeture de l'Arsenal de Saint-Malo. À l'arrière du Manège militaire des familles démunies sont logées dans des baraquements de l'armée. On appelle cette honte locale (les Cove Fields) le « faubourg de la misère ». L'administration municipale du maire Lucien Borne se donne le mandat de relancer l'économie locale.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1946
Le premier ministre Duplessis accueille à l'Hôtel du Gouvernement le maréchal Montgomery, commandant des forces terrestres alliées lors de la Seconde Guerre mondiale.
La tenue des Conférences de Québec, en 1943 et 1944, avait attiré les regards du monde entier sur la « Vieille Capitale » comme lieu propice à la tenue d'événements internationaux. Le maire Lucien Borne rêve d'implanter à Québec le siège des Nations Unies. Il demande aux architectes Adrien Dufresne et Édouard Fiset d'ébaucher les plans d'un vaste palais des Nations sur les plaines d'Abraham. L'ébauche telle que dessinée donne le vertige. On connaît la suite. Tout cela n'était que le beau rêve d'un maire qui voulait relancer sa ville.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1947
L'équipe de hockey Les Citadelles fait ses débuts. Jean Béliveau et Camille Henry en seront les vedettes.
Le grand magasin La Compagnie Paquet organise le premier défilé du Père Noël.
La Gare centrale d'autobus est inaugurée, entre le boulevard Charest et la rue Saint-Vallier. Les tramways disparaîtront l'année suivante.
Le cardinal-archevêque de Québec, Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, s'éteint à l'âge de 65 ans. Selon les observateurs de l'époque, il aura été tout sauf progressiste dans ses idées. Mgr Maurice Roy le remplacera. Il sera lui aussi nommé cardinal. Son règne sera moins agité et moins triomphant que l'autre.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1948
Roger Lemelin publie Les Plouffe, et Saint-Georges Côté devient un populaire « morning man » à la radio de CKCV.
Le 9 décembre, les maires de 16 villes de la région de Québec se réunissent pour réclamer une commission d'urbanisme régionale. Les maires demandent une aide au développement régionale. Ils font valoir que « la région de Québec contient la capitale de la province et moralement de tout le Canada français ». L'administration municipale retient les services de Jacques Gréber et d'Édouard Fiset, déjà à l'emploi de la Commission de la capitale nationale à Ottawa. Elle leur donne comme mandat de réaliser un plan d'ensemble pour la ville de Québec.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1949
Le bijoutier Albert Guay fait exploser l'avion dans lequel se trouve son épouse Rita Morel. L'avion s'écrase à Sault-au-Cochon entraînant dans la mort ses 23 passagers. Guay et sa complice Mme Pitre seront pendus. C'est le journaliste de L'Événement, Edmond Chassé, qui a mis les policiers sur les traces des assassins.
Charles Trenet dit « le fou chantant » fait du café chez Gérard une scène fort populaire.
Un incendie détruit le Colisée de Québec.
L'archevêque de Québec, Mgr Camille Roy, demande qu'une quête soit organisée dans toutes les églises de la ville et du diocèse au profit des grévistes de l'amiante. Il en sera de même dans tous les diocèses.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1950
Plusieurs citoyens de Québec périssent lorsque leur avion frappe le mont Obiou au retour d'un pèlerinage à Rome pour l'année sainte.
Le Colisée actuel est inauguré.
Lancement de la Croisade du chapelet en famille.
La résidence du lieutenant-gouverneur à Québec change de nom officiel: de Spencerwood, elle devient Bois de Coulonge.
Une conférence fédérale-provinciale dans le but « de trouver une méthode satisfaisante d'amendement à la Constitution canadienne » se tient à Québec». La conférence est un échec.
De nombreuses familles quittent Québec pour s'établir dans des bungalows de banlieue. Le boulevard Laurier vient d'être inauguré.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1951
Les prêtres du Séminaire supervisent l'ouverture de la Cité universitaire à Sainte-Foy. Le quartier latin dans le Vieux-Québec est orphelin.
En novembre, les urbanistes dévoilent devant le Conseil municipal et les représentants de nombreuses associations les grands traits du projet d'urbanisme en préparation, présentation suivie d'une exposition pour le grand public au Palais Montcalm.
L'Académie française décerne le prix Ferrières au lieutenant-colonel Pierre Sévigny, de Québec, pour son livre Face à l'ennemi.
Le club de hockey les Citadelles de Québec gagne le championnat de la ligue junior « A » provinciale.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1952
Les As de Québec remportent la coupe Alexander, le trophée qui couronne les champions de la Ligue de hockey sénior du Québec.
Le troisième Congrès de la langue française se tient à Québec. Plus de 6000 participants venus de partout en Amérique et d'ailleurs.
Le maire Lucien Borne fait une sortie oratoire musclée sur la question du statut de la capitale. C'est une première. Le maire souligne le fait que la présence à Québec du siège du gouvernement et d'institutions religieuses et éducatives cause à la municipalité des problèmes financiers considérables. Ces institutions occupent plus du tiers des immeubles de la ville et ne payent pas de taxes foncières. Le maire propose de revoir le partage des revenus et des responsabilités entre les divers niveaux de gouvernement. Ces réformes seront au coeur de la Révolution tranquille.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1953
Le pain blanc enrichi fait son apparition dans le commerce. Le grille-pain n'est pas loin.
Inauguration de l'actuel hôpital Jeffery Hale, sur le chemin Sainte-Foy, dans le quartier Saint-Sacrement.
Québec fait vite la conquête de la télévision naissante. L'émission la plus populaire du réseau français de Radio-Canada a pour décor la « Vieille Capitale ». En effet, dans son téléroman La famille Plouffe, l'écrivain Roger Lemelin décrit les joies et les peines d'une famille modeste du quartier Saint-Sauveur.
À sa demande, Elisabeth 11 est proclamée « reine par la grâce de Dieu du Royaume-Uni, du Canada et autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth et défenseur de la foi ». Le Canada s'incline.
(Sources: Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1954
La télévision débute à Québec avec l'ouverture du Canal 4 (CFCM).
La production à la grande cimenterie des Ciments du Saint-Laurent se met en branle et pour longtemps.
En juin, le Congrès marial de Québec attire au Colisée plusieurs dizaines de milliers de croyants.
L'Hôpital des Anciens Combattants, du boulevard Laurier, ouvre ses portes.
Le 22 janvier, le premier front commun dans l'histoire du syndicalisme québécois organise une réunion monstre au Palais Montcalm. Il s'agit protester contre les bills 19 et 20 qui interdisent la grève dans les services publics et font la chasse aux communistes.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1955
Le premier carnaval d'hiver de l'ère moderne est organisé avec un grand succès par les chambres de commerce et le journal Le Soleil, entre autres.
Au parc Victoria, l'Aréna de l'OTJ (Organisation des terrains de jeux) ouvre ses portes.
Fondation du Club des ornithologues de Québec, le premier groupe structuré d'ornithologues francophones au Québec.
Les communautés religieuses agrandissent et modernisent leurs hôpitaux. Sont touchés l'Hôtel-Dieu, et les hôpitaux de l'Enfant-Jésus, Saint-François-d'Assise, Laval et Saint-Michel-Archange (aujourd'hui, Robert-Giffard).
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)Titrer:
Québec en 1956
Les urbanistes Jacques Gréber, Édouard Fiset et Roland Bédard déposent leur important et très attendu plan d'aménagement de la ville et de la région. L'administration du maire Wilfrid Hamel, plutôt conservatrice et dépassée par les événements, manque de vision d'avenir. Elle met le plan d'aménagement sur une tablette. Plusieurs des recommandations des trois urbanistes seront appliquées dans les décennies qui suivront.
La cause de la protection du patrimoine et du Vieux Québec gagne des partisans.
La construction de la tour de l'Hôtel-Dieu sur l'emplacement de l'ancien pavillon d'Aiguillon soulève un tollé.
(Source: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1957
Un Congrès de la refrancisation se tient à l'Université Laval, sous la présidence de Paul Gouin, conseiller technique du premier ministre Duplessis. Ce congrès suit une campagne de refrancisation menée dans le but de consolider l'identité canadienne-française. Cela a d'importantes conséquences pour la ville, en particulier pour la préservation du Vieux-Québec.
Le 8 septembre, le premier ministre John Diefenbaker vient assister à Québec aux fêtes commémorant le 400e anniversaire de la mort de Jacques Cartier. Le premier ministre canadien annonce que le parc Cartier-Brébeuf deviendra un parc national.
Un buste de l'ancien maire Garneau est installé sur les Plaines.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1958
La ville fête le 350e anniversaire de sa fondation. C'est l'occasion de remettre à l'honneur le fondateur, Samuel de Champlain. On ne parlait pas à l'époque de Du Gua de Monts, le patron du premier. Les fêtes sont plus modestes que celles de 1908, mais elles font courir un public nombreux. Elles s'ouvrent le 21 juin par un grand banquet populaire au Pavillon de l'industrie du parc de l'Exposition, sous la présidence du premier ministre Maurice Duplessis. Des célébrations ont lieu un peu partout dans la région jusqu'au 6 juillet. Parmi les faits marquants, signalons: un grand défilé historique en costumes d'époque par les rues de la ville et une cérémonie au monument Champlain marquée au coin du patriotisme.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1959
Les As de Québec font leur entrée dans la Ligue américaine de hockey.
Le ténor Raoul Jobin a donné son récital d'adieu.
Les urbanistes Gréber, Fiset et Bédard se battent depuis des années pour construire une véritable « cité parlementaire », pour faire de la place d'Youville « le plus beau square d'Amérique » et pour restaurer le Vieux-Québec. Ils se butent à l'inaction du gouvernement. Comme moyen de pression, ils organisent une table ronde pour montrer les avantages de l'adoption d'un programme d'aménagement de Québec. Sans succès. Il faudra attendre l'élection de l'équipe de Jean Lesage à la tête de la province pour que l'aménagement de la capitale prenne un autre tournant.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1960
Gérard Thibault ouvre La Boîte aux Chansons, rue Saint-Jean, et Gilles Vigneault y fait ses débuts.
Le premier Tournoi international de hockey pee-wee a lieu au Colisée; il devient une des activités les plus populaires du Carnaval.
Les fêtes du 20e anniversaire du mouvement Lacordaire attirent 25 000 personnes.
L'« équipe du tonnerre » de Jean Lesage prend le pouvoir. Le rôle de la capitale est renforçé. Bientôt de grands chantiers de construction feront surgir une nouvelle colline parlementaire et des autoroutes. La modernisation de la ville va de pair avec la préservation de l'arrondissement historique du Vieux-Québec et la restauration de Place-Royale.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1961
Le plus grand centre commercial au Canada, Place Laurier, ouvre ses portes.
L'Académie commerciale passe au feu.
Création de la Régie des alcools du Québec, qui deviendra la Société des alcools.
La loi créant le ministère des Affaires culturelles, l'Office de la langue française et le Conseil des arts du Québec est sanctionnée.
La Commission royale d'enquête sur l'enseignement tient sa première audience publique à Québec.
Les liens entre la France et le Québec se raffermissent avec l'ouverture d'une Maison du Québec à Paris.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1962
Des notables et des membres de la Chambre de commerce locale, dont Gilles Lamontagne, insatisfaits de l'administration du maire Wilfrid Hamel, forment le mouvement du Progrès civique. Ce mouvement deviendra, trois ans plus tard, un véritable parti politique, le premier à Québec. Il prendra le pouvoir pour longtemps.
Le campus de l'Académie de Québec voit le jour,
La Commission d'enquête sur la situation du logement à Québec, présidée par Jean-Marie Martin, révèle que 45 % des citoyens vivent dans des logements insalubres, dans bien des cas des taudis.
La Commission Martin propose la construction de 35 000 logements sur vingt ans et le déplacement de 34 000 personnes.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1963
Léopold Dion, un pédophile et assassin d'enfants, terrorise la ville et la région.
La statue de la reine Victoria est dynamitée. L'Hôpital du Christ-Roi ouvre ses portes, de même que Place Fleur de Lys. La Québec Power est nationalisée. La station de radio CJLR (CJRP) entre en ondes.
La Commission d'aménagement de Québec rend public un premier plan d'aménagement complet de la colline parlementaire. On propose de percer le boulevard Saint-Cyrille (aujourd'hui la partie est du boulevard René-Lévesque) et de construire une imposante « cité administrative » au sud du boulevard, réservant le côté nord pour une zone commerciale.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1964
Le 10 octobre, la reine Elizabeth II est en visite à Québec. Pierre Bourgault et quelques centaines de militants du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) manifestent contre la présence de la souveraine. C'est ce que Le Soleil a appelé en titre le « samedi de la matraque ». La police disperse brutalement les manifestants. Plusieurs journalistes sont matraqués.
La télévision de Radio-Canada à Québec (canal 11) entre en ondes.
Le projet de regrouper les édifices gouvernementaux sur la colline parlementaire aura de lourdes conséquences: on devra raser un quartier de 53 acres densément peuplé. Plus de 2000 ménages des faubourg Saint-Louis et Saint-Jean-Baptiste seront déplacés.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1965
Deux nouvelles institutions voient le jour: le Campus Notre-Dame-de-Foy et le Séminaire Saint-Augustin.
Le rapport Sylvestre est rendu public. Il est dévastateur pour l'administration du maire Wilfrid Hamel: structures municipales surannées, patronage, corruption et ingérence.
Gilles Lamontagne devient maire de Québec à la tête du Progrès civique, le premier parti politique municipal à Québec. Il le demeurera jusqu'en 1977. Suivant les recommandations du rapport Sylvestre, l'équipe Lamontagne fonctionne avec de nouvelles structures politiques et électorales. Un comité exécutif remplace les vieux comités,
(Source: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1966
Le dimanche 20 février, le lieutenant-gouverneur du Québec, Paul Comtois, perd la vie dans l'incendie de la résidence de Bois-de-Coulonge. Le Soleil rapporte que le lieutenant-gouverneur serait mort en tentant de sauver les Saintes Espèces dans la chapelle de la résidence vice-royale.
La police quitte l'hôtel de ville pour s'installer à la Centrale du parc Victoria.
Le « scandale de la bière Dow » fait jaser dans les tavernes. Des gros buveurs de cette marque de bière seraient morts empoisonnés.
Le gouvernement du Québec lance le projet Place-Royale. Il en est le seul maître d'oeuvre.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1967
Trois cégeps accueillent leurs premiers étudiants la même année: Sainte-Foy, Limoilou et François-Xavier Garneau.
Le vendredi 3 mars, le quotidien L'Événement publie sa dernière édition et se saborde. Le passage du grand format à un format tabloïd lui aura été fatal. Véritable institution à Québec, ce journal, propriété de la famille Gilbert, venait de fêter ses cent ans d'existence.
Le 23 juillet, le général de Gaulle arrive dans le port à bord du croiseur Le Colbert. Il visite la région et prend la parole sur le balcon de l'hôtel de ville. Il est accueilli par une foule innombrable dans un enthousiasme délirant. Malheureusement, il gardera son fameux «Vive le Québec libre » pour le balcon de l'hôtel de ville de Montréal.
(Sources: Magazine souvenir soulignant les 100 ans du Soleil; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1968
Les travaux d'assainissement et de canalisation de la rivière Saint-Charles débutent. Un barrage est construit au pont Samson pour stabiliser le niveau d'eau. La construction des murs et de promenades en béton enserrant la rivière se poursuivra de 1969 à 1974.
Le Centre hospitalier de l'Université Laval ouvre ses portes.
Le tout premier Festival d'été se met en marche, avec succès.
Pour l'accès au centre-ville et à la colline parlementaire, le rapport Vandry-Jobin propose, entre autres, la construction de l'autoroute Dufferin-Montmorency. Un urbaniste de la ville, Serge Rousseau, déclare au magazine L'Actualité que la région de Québec comptera en l'an 2000, près d'un million d'habitants.
(Source: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1969
L'équipe de hockey junior les Remparts de Québec font des débuts prometteurs. Deux ans plus tard, il remporteront la coupe Mémorial, avec leur joueur étoile Guy Lafleur.
La princesse Grace de Monaco est l'invitée d'honneur du Carnaval d'hiver de Québec.
Une longue partie de la rue Saint-Joseph est transformée en rue piétonnière. La ville, répondant aux réclamations des marchands, va encore plus loin et recouvre la rue d'un mail, entre les rues de la Couronne et l'actuel boulevard Jean-Lesage.
Le 31 octobre, plus de 50 000 personnes manifestent pacifiquement, devant le Parlement de Québec, contre le bill 63 et la politique linguistique du gouvernement du Québec. La manifestation dégénère.
(Sources: Magazine souvenir soulignant les 100 ans du Soleil; Cap-aux Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1970
Le pont Pierre Laporte est ouvert à la circulation, le 7 novembre.
Le Centre de détention de Québec ouvre ses portes. Les clients se bousculent, dirait-ont, pour venir y séjourner,
La banlieue saigne la ville en chiffres de démographie. Au milieu des années 1970, elle double de population pour atteindre un demi million d'habitants autour de Québec. Cette diminution est compensée en partie par les fusions municipales de 1970-1973: Duberger et Les Saules, suivies par Neufchâtel et Charlesbourg-Ouest (qui deviendra Lebourgneuf en 1988). La ville centre retrouvera plus de 177 000 habitants en 1776.
La région métropolitaine est maintenant composée de 38 municipalités, réunies au sein de la Communauté urbaine de Québec.
(Source: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1971
Les Remparts avec leur étoile Guy Lafleur remportent la coupe Mémorial.
Paul Hébert et Laurent Lapierre fondent le théâtre du Trident, et, la même année, le Grand Théâtre est inauguré.
Les marchands du Centre d'affaires Saint-Roch, inspirés par la Plaza Saint-Hubert de Montréal, demandent et obtiennent que l'on recouvre une partie de la rue Saint-Joseph, à l'est de la rue de la Couronne, pour constituer un mail. Les travaux vont commencer l'année suivante et aboutiront à ce qu'on a appelé le Mail Saint-Roch, puis Mail Centre-Ville.
Fin de la construction du HLM Place Bardy, le plus gros de la région.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel ; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1972
Le 17 novembre, le meurtrier d'enfants Léopold Dion est assassiné dans sa cellule à Sainte-Anne-des-Plaines. Âgé de 52 ans, il purgeait une sentence à perpétuité pour des meurtres commis dans la région de Québec en 1963.
La tour de 30 étages de l'édifice Marie-Guyart est inaugurée. Le gouvernement ne respecte pas le plan de la Commission d'aménagement en construisant les édifice H et J (le « calorifère ») sur la Grande Allée, détruisant ainsi treize belles maisons du tournant du siècle.
Les Nordiques se joignent à l'Association mondiale de hockey.
Le premier Salon international du livre de Québec ouvre ses portes.
(Source: Magazine souvenir marquant le centenaire du Soleil; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1973
CKRL MF, la première radio communautaire de langue française au monde, entre en ondes.
Une tempête de verglas paralyse la ville à la veille de Noël.
25e anniversaire du drapeau du Québec qui flotte toujours sur le parlement à Québec.
L'Autoroute Dufferin-Montmorency est érigée de 1972 à 1976 et traverse, ou surplombe, les quartiers Saint-Jean-Baptiste, Saint-Roch et Limoilou. On estime que les coûts d'expropriation, à eux seuls, vont atteindre 10 millions de dollars. La crise économique des années 1970 laissera inachevés certains rêves autoroutiers. Ils ont pourtant causé de nombreuses démolitions, déchiré des quartiers et coûté très cher.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière)
Québec en 1974
Le curé de Saint-Roch, Mgr Raymond Lavoie, réussit à faire enlever les les voies ferrées dans le quartier Saint-Roch.
La grande voie de contournement de la ville, l'autoroute de la Capitale, est inaugurée.
La Superfrancofête attire des foules énormes sur les Plaines.
Le nouveau centre municipal des congrès est inauguré. La ville l'a érigé sur la nouvelle colline parlementaire, entre Place Québec et l'hôtel Hilton.
Le 12 janvier, le journal Le Soleil, propriété jusque-là de la famille Gilbert, passe aux mains de l'homme de presse québécois Jacques Francoeur, président du groupe Unimédia.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Magazine souvenir du Soleil pour marquer son centenaire)
Québec en 1975
La fête de la chanson, la Chant'Août, se déroule, du 10 au 17 août. Plus de 500 artistes y prennent part. Elle dépasse en succès de participation populaire, si c'est possible, sur les Plaines, celui de la Superfrancofête.
Les comités de citoyens de quartier demandent aux autorités de mettre l'accent sur l'habitation, la qualité de la vie, le patrimoine et l'environnement.
Ces préoccupations croissantes suscitent une approche nouvelle pour la colline parlementaire et l'ensemble de la ville. La Commission d'aménagement de la CUQ souligne que « la tranformation de la colline s'est effectuée avec une densification démesurée. »
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1976
Le boxeur Fernand Marcotte devient champion canadien des poids moyens.
Aux élections du 15 novembre, le Parti québécois, dirigé par René Lévesque, remporte la victoire. On croise le nouveau premier ministre régulièrement dans la rue d'Auteuil, où il habite, et dans les restaurants du Vieux-Québec, dont l'Aquarium, rue Sainte-Anne.
Des finissants du Conservatoire créent le Théâtre de la Bordée; l'année suivante le comédien Jean-Marie Lemieux fonde le Théâtre du Bois-de-Coulonge.
En avril, une centaine de citoyens s'opposent avec succès au projet de construire le nouveau palais de justice sur le site du couvent des soeurs du Bon-Pasteur.
(Source: Cap-aux-Diamants: no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1977
La construction de la marina Saint-Roch, sur la rivière Saint-Charles, permet de promouvoir le canotage. Quelque 70 canots peuvent être loués. L'hiver, la rivière devient une longue patinoire à ciel ouvert, très fréquentée quand le temps le permet.
Gilles Villeneuve remporte le premier Grand Prix automobile de Québec, couru sur les terrains de l'Exposition provinciale.
Un incendie détruit l'église de Sainte-Foy.
On entreprend de restaurer de fond en comble l'Hôtel du Gouvernement, afin de lui redonner son lustre d'antan, tout en l'adaptant aux besoins contemporains.
Jean Pelletier est nommé à la tête du Progrès civique et élu maire sans opposition.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1978
Un incendie détruit le Patro Roc-Amadour.
Le jardin Roger-Van den Hende est ouvert au public.
La restauration de Place-Royale se réalise dans un esprit de reconstitution intégrale de bâtiments du Régime français semblable à celui de Louisbourg, en Nouvelle-Écosse. Un colloque permet de rectifier le tir et de poursuivre la restauration de Place-Royale dans un esprit plus respectueux de la trame urbaine existante.
La Commission d'aménagement de la Communauté urbaine de Québec rend public son Schéma d'aménagement de la Colline parlementaire, qui suggère de contrer la forte décroissance démographique du quartier en favorisant la construction de 1080 logements.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Réjean Lemoine)
Québec en 1979
Un avion F-27 s'écrase à Sainte-Foy faisant dix-sept morts.
Le Schéma d'aménagement de la Colline parlementaire déposé par la Commission d'aménagement de la Communauté urbaine de Québec ne reçoit pas l'approbation officielle du gouvernement et cette commission disparaît.
En janvier, l'École d'architecture tient pour sa part un colloque sur l'aménagement de la colline parlementaire. Les 150 participants, dont plusieurs représentent des groupes populaire et des comités de citoyens, se prononcent pour la sauvegarde du jardin et du boisé des Franciscaines, qui disparaîtront malgré tout en avril pour faire place aux édifices du complexe Saint-Amable.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1980
Mgr François de Laval et Marie de L'Incarnation sont béatifiés.
Toute la journée du 20 mai, les citoyens de Québec comme les habitants de toute le Québec et du Canada retiennent leur souffle: le gouvernement de René Lévesque demande à la population, par voie d'un référendum, de lui accorder le mandat d'entreprendre avec le gouvernement fédéral des négociations devant mener à la souveraineté-association pour le Québec. Le taux de participation est de 86 %. Près de 60 % des Québécois répondent par la négative.
En août, les édifices parlementaires, identifiés depuis 1938 par les lettres A, B, C et E, sont nommés respectivement Hôtel du Parlement, édifice Pamphile-Le-May, édifice Honoré-Mercier et édifice André- Laurendeau.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1981
Révolution dans les grands magasins et les centres commerciaux: les magasins Paquet et Syndicat ferment, rue Saint-Joseph, à Saint-Roch, et les Galeries de la Capitale ouvrent, en banlieue.
Plein Art présente, avec succès, sa première exposition. La première mondiale du film Les Plouffe, de Gilles Carle et Roger Lemelin, a lieu au Capitole.
La Société du Vieux-Port, créée cette année-là, va restaurer l'édifice de la Douane et l'édifice du Port, construire une agora de 7000 places et un Centre d'interprétation, refaire les quais et remettre en valeur la Pointe-à-Carcy.
Ces constructions vont être critiquées sévèrement par la Commission des monuments et sites.
(Source: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Réjean Lemoine et par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1982
Le premier Salon international de l'auto de Québec voit le jour.
Le 25 octobre, une jeune étudiante, France Alain, est assassinée, à la carabine, en pleine rue, rue Chapdelaine, à Sainte-Foy. L'animateur de radio, Benoît Proulx, est finalement blanchi, définitivement, de ce meurtre après plusieurs procès, et malgré les insinuations propagées par la radio poubelle de l'animateur André Arthur.
La bibliothèque centrale Gabrielle-Roy est inaugurée à la place Jacques-Cartier. Son succès populaire remarquable fait que des bibliothécaires de partout en Amérique et en Europe la visitent pour s'en inpirer.
Le professeur d'économie politique à l'Université Laval, Hugh Hambleton, est comdamné pour espionnage au profit de l'Union soviétique.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Réjean Lemoine; Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1983
Le nouveau palais de justice ouvre ses portes.
La romancière Gabrielle Roy décède, à Québec, à l'âge de 74 ans.
Un incendie détruit le Collège Jésus-Marie.
Des communautés religieuses fondent la Maison de Lauberivière pour venir en aide aux démunis et aux itinérants.
Le 7 juin, près de Québec, un orage violent, accompagné de grêlons et de rafales de vent de 100 km/h, abat des gros arbres et des lignes à haute tension.
Début, le 27 septembre, du Sommet économique de Québec, La région métropolitaine de Québec veut s'affirmer comme deuxième centre économique du Québec et comme capitale nationale.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1984
Le 8 mai, le caporal Denis Lortie s'introduit à l'Assemblée nationale et abat quatre personnes en plus d'en blesser neuf autres. Il cherchait le premier ministre René Lévesque. Aucun parlementaire n'était présent.
En juillet, les festivités entourant les célébrations de Québec 1534-1984 sont assombries par l'échec retentissant de « Québec mer et monde ». Le défilé des grands voiliers sur le fleuve plaît beaucoup, mais l'organisation connaît plusieurs ratés. C'est aussi le départ de la première Transat Québec-Saint-Malo. Ces célébrations lèguent à Québec un long quai-promenade,
Durant le même été, Québec accueille le pape Jean-Paul II.
La première Opération Nez Rouge est organisée avec succès.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1985
L'arrondissement historique du Vieux-Québec est inscrit par l'Unesco sur la liste du patrimoine mondial. Le 3 juillet suivant, une cérémonie haute en couleurs souligne l'événement à la Place d'Armes où sont dévoilés pour l'occasion une plaque et un monument commémoratif.
Le Sommet de la Saint Patrick, réunit à Québec, le premier ministre Brian Mulroney et le président Ronald Reagan.
L'Institut national d'optique est fondé et la fibre optique sera à l'origine de la création de plusieurs entreprises.
La construction des Terrasses du Vieux-Port et d'un stationnement étagé sur le bord du fleuve déclenche un important débat public sur l'aménagement urbain de ce quartier.
(Source: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel et Réjean Lemoine)
Québec en 1986
Une coalition de groupes de citoyens, sous le leadership de l'École d'architecture de l'Université Laval, réclame des audiences publiques à l'annonce de la construction d'un important projet hôtelier du groupe Pérez-Rocois dans le Vieux-Port.
Le débat sur l'aménagement du Vieux-Port s'inscrit dans un contexte de vives tensions politiques entre le gouvernement souverainiste de René Lévesque qui entreprend la construction du Musée de la civilisation et les autorités fédérales qui veulent construire un quartier neuf dans le secteur portuaire.
La population du Vieux-Québec à la haute-ville a diminué de 11 000 résidents à 4 500 en 50 ans.
(Source: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Réjean Lemoine)
Québec en 1987
L'ex-caporal Denis Lortie est condamné à la prison à perpétuité pour la fusillade meurtrière à l'Assemblée nationale dont il est l'auteur et qui a fait 3 morts et 9 blessés.
Le 27 mai, l'homme d'affaires Conrad Black acquiert Le Soleil, en même temps que les quotidiens Le Droit et Le Quotidien, de Chicoutimi.
Le 1er septembre, le premier ministre Brian Mulroney ouvre, à Québec, le second Sommet de la francophonie. À l'ordre du jour, il est notamment question de créer le réseau de télévision francophone international TV5.
À Rendez-vous 87, les étoiles de la Ligue nationale de hockey affrontent l'Union soviétique au Colisée.
(Sources: Magazine souvenir du Soleil pour marquer son centenaire; Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel)
Québec en 1988
À partir du 22 juin, l'autoroute 20, entre Montréal et Québec, sur la rive sud, porte le nom d'autoroute Jean-Lesage, en l'honneur de l'ancien premier ministre du Québec qui a ouvert la voie à la Révolution tranquille.
Le poète et chansonnier Félix Leclerc meurt d'une crise cardiaque, à huit heure du matin, un huit, du huitième mois de l'année 1988. Il venait de préparer et de servir le petit déjeuner à son épouse et à ses enfants.
Le Musée de la civilisation ouvre ses salles, l'année de la première remise des Prix de la culture.
Le Parc technologique du Québec métropolitain est créé. Des entreprises biopharmaceutiques s'y établissent.
Le projet commercial de la Grande Place, à Saint-Roch, est lancé. Un projet mort-né.
(Sources: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1989
Mort du peintre Alfred Pellan, né à Québec en 1906.
Le 5 novembre, Jean-Paul L'Allier est élu à la mairie de Québec sous la bannière du Rassemblement populaire. Il met fin à un règne de 25 ans du Progrès civique.
La nouvelle administration municipale s'attaque à la revitalisation du quartier Saint-Roch. Son geste le plus significatif est d'investir six millions de dollars dans la réalisation d'un parc au coeur de l'espace vacant de la Grande Place. Suivra la restauration de la côte d'Abraham et du bâtiment industriel de la Dominion Corset, devenu La Fabrique. Elle y installera l'École des arts visuels de l'Université Laval. Puis, elle invitera l'École nationale d'administration publique à s'installer dans une ancienne banque désaffectée sur le boulevard Charest. C'est parti.
(Source: Cap-aux-Diamants, no hors série de 2005, par Jean-Marie Lebel et Réjean Lemoine)
Québec en 1990
Le Plan d'action pour Saint-Roch, est déposé par la nouvelle administration L'Allier. Il met fin définitivement au projet de l'administration Pelletier d'implanter dans la Grande Place des tours de plusieurs étages, un hôtel, des commerces et des logements de luxe. Le nouveau projet veut faire du quartier Saint-Roch un grand pôle du centre-ville de Québec et ainsi « renforcer le rôle de capitale que Québec joue en favorisant l'implantation d'institutions, de fonctions administratives prestigieuses ».
Le secteur du Vieux-Port est l'objet de bien des convoitises et il suscite des polémiques épiques: le projet, avorté, de construire un cinéma Imax sur les quais du bassin Louise en est un bel exemple.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Cap-aux-Diamants, de Réjean Lemoine dans un numéro hors série 2005)
Québec en 1991
À partir du 3 juillet, le ciel de Québec est obscurci et ça sent le feu de forêt partout. C'est que le Québec connaît les plus grands incendies de forêt à survenir sur son territoire depuis 1941. Plus de 3600 kilomètres de forêt seront détruites par des incendies.
Les citoyens de l'Îlot Fleurie exigent des arbres et des fleurs; deux ans plus tard, le jardin Saint-Roch sera inauguré.
Le jeune joueur de hockey Éric Lindros a été repêché par les Nordiques. Sur les conseils de son père et gérant, Il refuse de se joindre à l'équipe de Québec.
La Grande Place s'appelle dorénavant l'« Espace Saint-Roch ». Ce trou béant était le résultat d'une centaine d'expropriations qui ont déplacé près de 1000 personnes.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean-Provencher; Cap-aux-Diamants, de Jean-Marie Lebel dans un numéro hors série 2005)
Québec en 1992
Le 6 janvier, une jeune femme de 25 ans, maintenue artificiellement en vie à l'Hôtel-Dieu de Québec, Nancy B., obtient du juge Jacques Dufour, de la Cour supérieur, le droit de mourir comme elle le souhaitait. Le 13 février, elle met fin à ses jours.
Tous les fans de hockey de la ville en font une maladie: les joueurs de la Ligue nationale déclenchent, le 1er avril, la première grève de l'histoire de la ligue. L'arrêt de travail des joueurs prend fin le 10 avril, à temps pour la présentation des séries éliminatoires de la coupe Stanley.
La Maison Dauphine, et son École de la rue, ouvre ses portes, près de place d'Youville. Mort du journaliste et écrivain Roger Lemelin.
(Sources: Cap-aux-Diamants, de Jean-Marie Lebel dans un numéro hors série de 2005; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1993
Catherine de Saint-Augustin et Dina Bélanger sont béatifiées la même année.
Le Challenge Bell de tennis vient au monde.
À Québec, comme partout dans le monde, les cinéphiles et les mélomanes sont fascinés par Trente-deux films brefs sur Glenn Gould, réalisé par François Girard.
En août, les fêtes Médiévales, organisées par Rémy D'Anjou, attirent des foules jamais vues dans les rues du Vieux-Québec. Des problèmes administratifs amènent les organisateurs à se retirer, après deux présentations triomphales. Les fêtes de la Nouvelle-France prendront la relève.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy; Chronologie du Québec, de Jean Provencher)
Québec en 1994
Le mois de janvier est le plus froid depuis 50 ans, selon Environnement Canada. La demande en électricité auprès d'Hydro-Québec atteint un record, soit 30 583 mégawatts.
Le 13 février, Myriam Bédard, qui vit et s'entraîne dans la région de Québec, décroche l'or au biathlon et est couronnée championne du monde, aux Jeux de Lillehammer,
Un premier Wall-Mart ouvre à Québec.
Les retombées de la création du jardin Saint-Roch ne se font pas attendre. L'arrivée de la Télé-université, de l'Université du Québec et de l'Institut national de la recherche scientifique sont dans cette mouvance, avec la construction du Théâtre de la Bordée et la restauration du Théâtre Impérial, rue Saint-Joseph.
(Sources: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux Diamants, de Réjean Lemoine dans un numéro hors série de 2005)
Québec en 1995
Le 26 mai, 550 femmes, menées par Françoise David, entament une marche de 10 jours vers Québec, pour y faire valoir des revendications à caractère socio-économiques. La marche « Du pain et des roses » mobilise 15 000 personnes dans la ville de Québec seulement.
L'École navale s'établit à Québec. La même année, la ville est dotée d'une Commission de la capitale nationale.
La coopérative d'artistes Méduse s'installe dans la côte d'Abraham.
L'École de cirque vient au monde et s'installe à Limoilou, dans l'église Saint-Esprit recyclée.
Les premiers Grands Feux Loto-Québec illuminent toute la région à partir des chutes Montmorency.
(Sources: Cap-aux-Diamants, de Jean-Marie Lebel et Réjean Lemoine, dans un numéro hors série de 2005)
Québec en 1996
Le funiculaire, qui relie la terrasse Dufferin à la rue du Petit-Champlain, décroche. Bilan tragique: 2 morts et 14 blessés.
Inauguration du Centre des congrès.
La création de la Commission de la capitale nationale par le gouvernement Parizeau donne un élan à la mise en valeur et à l'aménagement de la ville. Plus de 100 millions de dollars seront investis dans des parcs, des places publiques et des projets d'embellissement. L'effort essentiel de la comission se concentrera sur la revitalisation et l'humanisation de la colline parlementaire. Le boulevard René-Lévesques et l'avenue Honoré-Mercier sont complètement réaménagés.
(Sources: Cap-aux-Diamants, de Jean-Marie Lebel et Réjean Lemoine, dans un numéro hors série de 2005)
Québec en 1997
Les premières Fêtes de la Nouvelle-France tiennent leurs promesses. Elles émerveillent les citoyens et les visiteurs. Elles culmineront en 2008.
La Commission de la capitale nationale prend son mandat très au sérieux. Elle trace des circuits de randonnées pédestres, organise des conférences et des expositions, comme celle sur l'histoire de la colline parlementaire, présentée dans le corridor reliant le Centre des congrès à la colline parlementaire.
La même commission et la ville, conjointement, investissent dans les places publiques. Le premier grand projet touche la place de la Gare. On y installe, notamment, une sculpture fontaine monumentale signée Charles Daudelin.
(Sources: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1998
La première course du premier Marathon des Deux-Rives obtient un franc succès.
Après l'installation de la fontaine sculpture de la gare du Palais, la ville et la Commission de la capitale nationale s'attaquent à deux réalisations majeures: la place de l'Institut canadien et la chaussée des Écossais, au Morrin collège, devenu le Morrin Center.
D'autres projets sont sur la planche à dessin pour les prochaines années et concernent notamment la place de l'église Saint-Roch, le parvis de l'église Saint-Jean-Baptiste, le secteur de l'îlot des Palais et le parc du Cavalier-du-Moulin, dans le Vieux Québec haute-ville.
Auparavant, on avait réaménagé l'espace Saint-Louis, coin D'auteuil.
(Source: Québec 1900-2000, de Jean-Marie Lebel et Alain Roy)
Québec en 1999
Un secteur de Saint-Roch devient le centre national des nouvelles technologies de Québec, favorisant ainsi l'éclosion de boîtes de logiciels et de jeux vidéo.
Deux grand festivals de musique entament leurs activités annuelles: le Festival de musiques sacrées de l'église Saint-Roch; et le Festival de musiques militaires autour du Manège et de la Citadelle.
Québec est l'hôte du premier Sommet mondial de la nordicité. Le grand Louis-Edmond Hamelin, géographe et inventeur d'un dictionnaire de l'hiver, est l'animateur de l'événement.
L'équipe de baseball, les Capitales, fait ses débuts La même année le Rouge et Or, de l'Université Laval, gagne sa première coupe Vanier.
(Source: Cap-aux-Diamants, de Jean-Marie Lebel dans un numéro spécial hors série de 2005)
Québec en 2000
La poète, romancière et nouvelliste, Anne Hébert, s'éteint en janvier. Toute son oeuvre, en filigrane, a été influencée profondément par la ville de Québec, ses institutions d'enseignement et sa grande région.
Au début de février, se tient ici le Sommet de la jeunesse où le gouvernement et les groupes de jeunes arrivent difficilement à s'entendre. Des manifestation extérieures et la formation d'un « contre-sommet » marquent l'événement.
Le Jam des neiges rassemble les scouts de plusieurs pays sur les Plaines. Des ratés dans l'organisation laissent un goût amer à plusieurs des participants d'ici et d'ailleurs.
Le 1er janvier, le bogue informatique de l'an 2000 se révèle être un pétard mouillé.
(Source: Chronologie du Québec, de Jean Provencher; Cap-aux-Diamants, de Jean-Marie Lebel dans un numéro hors série de 2005)
Québec en 2001
L'actualité locale est bouleversée comme tout le monde occidental par les attentats terroristes contre le World Trade Center, à New York. Le monde vient de basculer. Nos repères ont changé. Chaque habitant du globe est directement concerné, disent les experts.
Des manifestations monstres marquent le Sommet des Amériques, à Québec, où sont réunis en avril 34 chefs d'État, dont le président Bush. Bilan des manifs: 34 arrestations.
La bataille des fusions municipales éclipse tous les autres problèmes politiques dans la région de Québec. Promoteur de la fusion, le maire L'Allier obtient une victoire décisive en défaisant l'ancienne mairesse de Sainte-Foy, Andrée Boucher, par près de de 60 % des suffrages.
(Sources: Cap-aux-Diamants, de Réjean Lemoine dans un numéro hors série de 2005; Le Soleil, revue de l'année)
Québec en 2002
Un réseau de prostitution juvénile est démantelé à Québec. Des personnalités du monde des communications et des affaires sont impliquées. Cette affaire changera le portrait de la radio à Québec. Des poursuites de plusieurs millions de dollars sont encore devant les tribunaux.
Les fusions des villes de la Communauté urbaine de Québec créent la nouvelle grande ville de Québec qui compte maintenant huit arrondissements.
La Loi 170 de la ministre Harel a forcé, sans consultation populaire, la fusion des 13 villes de la Communauté urbaine de Québec.
Le port ouvre son terminal de croisière.
(Sources: Cap-aux-Diamants, de Réjean Lemoine dans un numéro hors série de 2005; Le Soleil, revue de l'année)
Québec en 2003
Le Centre mère-enfant ouvre ses portes.
L'archevêque Maurice Couture avait annoncé sa retraite. Il est remplacé par Mgr Marc Ouellet, un proche du Vatican. Ce dernier planifie un Congrès eucharistique international et la visite du pape en 2008.
Les projets de la Commission de la capitale nationale sont ralentis par des coupures budgétaires avec l'arrivée du gouvernemnt libéral de Jean Charest, en avril 2003. La commission travaille actuellement sur le projet de la promenade Samuel-de-Champlain, sur le bord du fleuve, en prévision des Fêtes de 2008.
Des grandes disparus: l'auteur-compositeur-interprète Sylvain Lelièvre; le chroniqueur sportif Claude Larochelle, membre du Temple de la renommée du hockey.
(Source: Le Magazine Prestige, de Jean-Marie Lebel)
Québec en 2004
Le Parti libéral, nouvellement élu, avait promis de tenir un référendum sur les fusions forcées de 2001. Ce sera le référendum du 20 juin. Seules les villes de l'Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin décident de quitter la nouvelle ville de Québec. Le débat sur les fusions est clos.
Le Queen Mary 2, le plus grand navire de croisière de tous les temps, fait sa première escale dans le port de Québec. Il mesure 1132 pieds. Il attire des foules considérables sur les quais.
Le 13 juillet, le CRTC annonce qu'il ne renouvelle pas la licence de la station de radio CHOI-FM, couramment appelée la Radio-X. Plus de 50 000 auditeurs protestent contre cette décision dans les rues de Québec. On n'avait rien vu de tel depuis le Bill 63, en 1968.
(Sources: Le Magazine Prestige, édition de mai 2006, de Jean-Marie Lebel; Cap-aux-Diamants, de Réjean Lemoine dans un numéro hors série de 2005).
Québec en 2005
Jean-Paul L'Allier quitte la mairie de Québec après 16 ans (un record). Sans parti et sans programme, Andrée Boucher réussit l'exploit de le remplacer.
À la suite d'un procès entamé le 28 février, la cour condamne l'animateur de CHOI-FM Jean-François Fillion et son ancien employeur, Genex Communications, à verser 340 000 $ à Sophie Chiasson, pour des propos jugés injurieux tenus contre elle en ondes.
Tous les catholiques pratiquants de Québec et du monde pleurent la mort du pape Jean-Paul II. Le cardinal Joseph Ratzinger devient le 265e pape et prend le nom de Benoît XVI.
Québec accueille les Jeux mondiaux des policiers et pompiers.
(Sources: Le Magazine Prestige, mai 2006, de Jean-Marie Lebel; Le Soleil, cahier anniversaire pour ses 110 ans)
Québec en 2006
Les amateurs de sport vivent une année fastueuse. Les trois équipes locales remportent les grands honneurs dans leur ligue respective: au hockey, l'équipe des Remparts se mérite la coupe Memorial; au football, les joueurs du Rouge et Or, de l'Université Laval, écrivent leurs noms sur la coupe Vanier; au baseball, l'équipe des Capitales se sauve avec le championnat de la ligue Can-Am. Patrick Roy est asmis au Temple de la renommée du hockey professionnel.
La ville et la région perdent leur zoo. Le gouvernement Charest met la clé dans la serrure, fin mars, malgré l'opposition d'une large partie de la population.
Les gouvernements annoncent des travaux de modernisation et d'agrandissement de l'aéroport aux coûts de 65,8 millions $.
(Sources: Archives Le Soleil)
Québec en 2007
La mairesse de Québec, Andrée Boucher, décède subitement le 24 août.
Le 2 décembre, l'homme d'affaires Régis Labeaume est élu à la tête de la ville avec 59 % des votes. Le Soleil titre: « Le raz de marée Labeaume ». Anne Bourget, la candidate défaite du Renouveau municipal (RMQ), quitte la vie municipale.
Le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et primat du Canada, envoie une lettre ouverte aux catholiques du Québec dans laquelle il demande pardon pour « tout le mal » dont se sont rendus responsables certains membres du clergé.
La Maison de la musique, qui occupe le nouveau Palais Montcalm, est inaugurée le 17 mars. La salle de concert, remarquable pas son acoustique, rend hommage au ténor Raoul Jobin.
(Source: Archives Le Soleil)