Les Ice Crocs de l'Australie

Tournoi pee-wee: tour du monde sur glace

Lee, Doornbos, Campeau, Zhang, Costa, Dimopoulos, Berthold, Mayer. Juste en parcourant leur alignement, on fait le tour du monde. Et c'est ce que les Ice Crocs de l'Australie ont fait, le tour du monde, pour venir jouer au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec.
«Chez nous, ceux qui jouent au hockey sont un petit peu spéciaux», lance en riant l'entraîneur David Costa, doigt sur la tempe pour asticoter ses protégés. Les joueurs... ou leurs parents. Car pour venir fouler la mythique patinoire de Limoilou, chaque jeune a dû fournir un chèque de 5500 $.
Heureusement que l'organisation a déniché 6000 $ pour payer de l'équipement neuf à chacun. «En Australie, c'est assez difficile de trouver des commanditaires pour le hockey», s'excuse presque Costa, dont le fils Kale joue dans l'équipe. Il a marqué, lundi, dans un revers crève-coeur de 4-3 contre Megève, une formation de France.
1300 $ par saison par enfant
L'État de la Nouvelle-Galles du Sud compte cinq équipes pee-wee pour un bassin d'environ 75 patineurs de 11 et 12 ans. Il en coûte au bas mot 1300 $ par saison par enfant, sans compter le voyage à Québec et le championnat national, au terme de la saison. Les entraînements sont souvent tenus très tôt le matin, à 5h30 ou 6h.
Costa et son adjoint Tomas Manco n'ont donc choisi que parmi 25 joueurs présents aux essais, à Sydney, pour assembler des Ice Crocs potables en vue de la compétition de Québec. Ils se sont entraînés une dizaine de fois ensemble, à raison d'une fois par semaine. Certains faisaient jusqu'à deux heures et demie de route. Louer la glace une heure coûte 400 $.
«Cette année, on savait plus à quoi s'attendre», affirme Joel Berthold, l'un des quatre joueurs qui étaient aussi de l'aventure québécoise l'an passé. «Le défi est moins grand parce que chacun peut aider», reconnaît Thomas Moncrieff. «On est meilleurs cette année», résume Connor Lee, auteur d'un beau but contre Megève.
Lee porte le numéro 87, en l'honneur de son idole, Sidney Crosby. Il dit soutenir le Canada aux Jeux olympiques. Il espère aussi se faire remarquer à Québec dans l'espoir de venir faire son école secondaire dans un programme hockey-études en Amérique du Nord.
L'entraîneur Manco est Hongrois d'origine. Il a joué au tournoi pee-wee en 2002, avec Budapest. Maintenant établi en Australie, il évolue en ligue australienne, dorénavant télédiffusée, et fait partie de l'équipe nationale. L'Australie se classe en quatrième division mondiale (groupe IIA) avec la Belgique, l'Estonie, l'Islande, Israël et la Serbie.
Son ancien coéquipier Nathan Walker pourrait devenir le premier Australien à jouer dans la Ligue nationale (LNH). Le petit ailier gauche a été invité au camp principal des Capitals de Washington, en septembre dernier. Walker s'aligne cet hiver dans la Ligue américaine (LAH) et cumule 11 points en 32 matchs avec les Bears de Hershey. Dimanche, il a été retranché de l'alignement contre Wilkes-Barre/Scranton.
Des 14 pee-wees des Ice Crocs, un seul n'est pas né en Australie, Zhentianhang Zhang, un Chinois. Nicolas Campeau a pour père Pierre Campeau, un natif d'Ottawa établi Down Under depuis 20 ans. L'Australie en est à sa quatrième présence aux pee-wees de Québec depuis 2011.