Arnold Palmer

Tournoi des maîtres: la véritable armée d'Arnold Palmer

Le monde du golf tournait bien avant l'arrivée de Tiger Woods. Aussi populaire soit-il - et autant il manquera au présent Tournoi des maîtres -, son absence n'éclipsera pas le toujours charismatique «King», Arnold Palmer.
Ce matin, cette légende du golf, qui donne le coup d'envoi du 78e tournoi en compagnie de ses deux amis moins âgés, Jack Nicklaus et Gary Player, célèbre le 50e anniversaire de sa dernière victoire dans un tournoi majeur. Un événement qui attire encore une bonne foule malgré l'heure hâtive de la cérémonie officielle.
Le club Augusta National sied vraiment bien à cet homme qui a su donner un élan spécial au golf alors que la société américaine sortait d'une période un peu noire. C'est ici, à Augusta, que le fameux «Arnie's army», l'armée d'Arnold, a pris naissance.
À quelques kilomètres du terrain de golf se trouve le complexe de Fort Gordon, la plus grosse base de communications de l'armée des États-Unis. Actuellement près de 4000 personnes y travaillent. Dans le temps, les soldats formaient le gros des bénévoles à Augusta. À la fin des années 1950, lors du quatrième tournoi à être télévisé, «le King» a jeté, à un moment donné, un coup d'oeil sur un tableau indicateur, où un membre des forces armées agitait un panneau sur lequel était écrit «Arnie's army».
C'est à ce moment, raconte-t-il, qu'il a pris conscience de sa popularité. Et l'expression continue d'être vraie depuis ce temps.
Outre son jeu, qu'est-ce qui a fait, la réputation d'Arnold Palmer? Ce fut d'abord son style agressif sur le terrain et sa relation avec les amateurs. À 84 ans, c'est sûr qu'il ne peut parcourir les terrains de golf comme avant, mais il aime bien faire quelques rondes avec ses amis de Latrobe, là où il est né et là où il possède le club de golf.
N'empêche qu'il frappe encore bien la balle et il aime bien rappeler que lors de la cérémonie d'ouverture l'an dernier, son coup de départ a dépassé ceux de ses deux amis.
Autographe soigné
Ce qui impressionne beaucoup chez Arnold Palmer, c'est sa façon de signer un autographe. Alors que pour beaucoup de joueurs la signature n'est qu'une fioriture, le «King» écrit très lisiblement. «Tout est une question de respect», a-t-il déjà dit. «Si on te demande un autographe, c'est important que la personne qui le reçoit soit capable de le lire comme il faut.» Tiens! Tiens!, ça rappelle Jean Béliveau, une autre grande célébrité sportive québécoise qui a toujours pris soin de soigner son écriture et de faire plaisir à ses admirateurs.
Au Tournoi des maîtres, Arnold Palmer aime bien s'installer à une table au parterre près du gros arbre. Il y a deux ans, nous sommes allés lui demander de poser en notre compagnie. Il s'est levé de bonne grâce pour la photo, un souvenir maintenant bien en vue dans l'album photos. Et ensuite la poignée de mains. Une vraie patte d'ours.
Lors de la compétition «normales 3», le «King» et ses deux amis sont attendus avec impatience sur le premier tertre de départ et, à l'issue de la ronde, ils passent de longues minutes à donner des autographes. Comme dans le bon vieux temps, Arnie a retrouvé une partie de son «armée».