Le professionnel André Maltais a voulu faire revivre son mentor Jules Huot.

Tournoi des maîtres: Jules Huot, une classe à part

Le contingent canadien dans l'histoire du Tournoi des maîtres n'a jamais été imposant et un seul, Mike Weir, aura réussi à porter le veston vert remis au champion. C'était en 2003.
Il n'y a toutefois qu'un seul Québécois de souche, Jules Huot, de Boischatel, qui a participé à cette prestigieuse compétition. C'était il y a exactement 80 ans. Un exploit si l'on considère qu'au nombre des invités on trouvait les Clifford Roberts, Sam Snead, Ben Hogan et compagnie. Outre sa participation en 1935, la deuxième année de la tenue du Tournoi des maîtres, Jules Huot est retourné à Augusta en 1936, puis en 1940.
Le professionnel André Maltais, qui a été son adjoint pendant plusieurs années à Laval-sur-le-Lac, a voulu faire revivre, dans un bouquin intitulé Jules Huot, coup d'envoi du golf québécois, le cheminement de cet homme ne mesurant pas plus de 5' 5'' et pesant 135 livres, qui n'avait qu'une idée en tête, celle de la victoire.
L'auteur se souvient très bien d'un moment particulier où il s'était assis dans le bureau de Jules Huot et lui avait demandé le secret de ses succès. «Il avait aussitôt frappé le bureau de son poing avec une force incroyable pour un si petit homme, raconte André Maltais, et il m'avait répondu qu'il n'avait qu'un seul but, gagner.»
Famille célèbre
Cette biographie de Jules Huot, qui a non seulement été un joueur particulièrement doué, mais aussi un enseignant hors-pair, se veut également un rappel historique très intéressant d'une famille qui a produit de grands golfeurs puisque les huit garçons de Nicolas Huot ont tous trempé dans le golf, dont quatre à titre de professionnels.
Et la tradition se poursuit puisque Rodolphe, qui avait remplacé son frère Jules comme professionnel au Royal Québec, a été suivi par son fils Rodrigue, qui a lui-même cédé sa place à son fils Nicolas il y a quelques années.
Le livre rappelle aussi, pour les plus âgés, l'évolution du Royal Québec, et devient, pour les plus jeunes, un instrument intéressant pour en apprendre un peu plus sur une page d'histoire de la région de Québec.
Petit peut-être, Jules Huot avait du cran comme pas un, et plusieurs n'ont pas hésité à le surnommer le «Maurice Richard» du golf québécois. Il n'a jamais été intimidé par un autre golfeur, fut-ce un Sam Snead ou un Ben Hogan. De compagnie agréable, il maniait aussi bien un genre d'humour caustique. Chose certaine, il avait la réplique facile.
En 1934, Huot est devenu le premier Canadien français à remporter le Championnat des golfeurs professionnels du Canada. Ce qui lui avait valu une invitation l'année suivante au Tournoi des maîtres. Lors de ses présences à Augusta, il a eu l'occasion de discuter régulièrement avec Clifford Roberts, un compétiteur et le cofondateur du Masters. Il s'est également lié d'amitié avec Sam Snead et Ben Hogan.
Jules Huot fut aussi le premier Québécois à signer une victoire lors d'un tournoi sanctionné par la PGA américaine, en 1937, lors de l'Omnium General Brock, disputé à Fonthill (Ontario).
Son désir de vaincre aura été l'une des plus grandes qualités de Jules Huot au niveau professionnel, et l'invitation reçue pour le Tournoi des maîtres il y a 80 ans était bien méritée.