Toujours le doute autour de P.K.

Un entraîneur peut difficilement sortir gagnant d'un dossier comme celui de P.K. Subban. Qui a tort, qui a raison? Le concept d'équipe ou les succès de l'équipe?
Michel Therrien n'a pas aidé son équipe en laissant Subban sur le banc pendant de longues minutes dans la troisième période du match de mercredi dernier contre les Flyers de Philadelphie. Surtout qu'on se plaît à répéter que les succès du Canadien passent par Carey Price et Subban.
D'un autre côté, c'est peut-être l'accumulation de plusieurs irritants qui ont finalement incité Therrien à se priver des services de son meilleur joueur - et de son meilleur pointeur - pendant plusieurs minutes. Subban n'est pas un jeune de 18 ou 19 ans. Il aura bientôt 25 ans et d'autres avant Therrien ont employé la méthode forte pour lui faire entendre raison.
Ne l'oublions pas, Subban n'est pas un joueur facile à diriger. On lui reproche toujours les mêmes choses. Son attitude et son arrogance tombent sur les nerfs de bien du monde. Certains de ses coéquipiers se réjouissent sans doute de la fermeté de Therrien à son endroit.
Un entraîneur n'a pas intérêt à garder un joueur comme Subban sur le banc. Surtout si son équipe tire de l'arrière par deux buts. Therrien doit encore s'asseoir avec lui pour régler les problèmes. Des problèmes, il y en a.
Les derniers événements soulèvent d'autres interrogations. Subban est à la recherche d'un nouveau contrat de huit ans de l'ordre de 64 millions $. L'entente n'est pas encore signée et je me demande si le Canadien ne se pose pas encore des questions avec son défenseur étoile. Sera-t-il encore plus difficile à diriger avec un long contrat en poche?
Il y a toujours un doute autour de Subban. Certains ne le voyaient pas au sein de l'équipe olympique canadienne. Il a finalement été choisi. Il a remporté le trophée Norris envers et contre tous. Joue-t-il pour lui ou pour l'équipe? Le doute, toujours le doute dans son cas.
Mais les succès du Canadien passent surtout par Price et Subban. On ne peut pas ignorer cette réalité.
Saint-Louis : une injustice
L'exclusion de Martin Saint-Louis de l'équipe olympique canadienne constitue une grave injustice. Steve Yzerman, son patron à Tampa Bay, est l'un des principaux responsables de cette aberration. Ça me donne des boutons!
Les explications données par Yzerman, Kevin Lowe et les autres ne tiennent pas la route. Ils ont misé sur la rapidité et le physique. Ils ont sans doute oublié que Saint-Louis est le meilleur pointeur de la Ligue nationale depuis 2010-2011. Et voulez-vous bien me dire ce que Kevin Lowe fait comme adjoint de Yzerman au sein d'Équipe Canada? Ces postes ne doivent-ils pas être attribués au mérite?
Saint-Louis avait été victime d'une première injustice aux Jeux de Vancouver. On vient de la répéter. Comment Yzerman s'y est-il pris pour l'expliquer à l'un de ses piliers.
Saint-Louis est un exemple pour les petits joueurs. C'est également un exemple de persévérance. C'est indéniablement un vrai pro, un leader chez le Lightning. Il a pris les choses en main après la blessure de Steve Stamkos pour garder son équipe dans le haut du classement de l'association de l'Est. Il a disputé deux gros matchs depuis l'annonce de son exclusion de l'équipe olympique canadienne. Le soir même de cet affront, il inscrivait deux buts dans un gain du Lightning.
Je ne suis pas le seul à ne pas digérer l'injustice commise envers Saint-Louis. Surtout que son boss à Tampa Bay y a largement contribué.
La surprise : l'Avalanche
On ne débat même pas de la question. La plus grosse surprise dans la Ligue nationale de hockey cette saison, c'est l'Avalanche du Colorado. Et je ne vois pas comment cette équipe pourrait ralentir dans la dernière portion du calendrier régulier.
L'Avalanche évolue dans l'association la plus forte de la Ligue nationale. Dans sa division, cette équipe doit se frotter à des adversaires comme les Blues de St. Louis et les Blackhawks de Chicago. Les Bruins de Boston, les meneurs de la division Atlantique, viennent d'encaisser deux revers d'affilée devant les Ducks d'Anaheim et les Kings de Los Angeles, deux autres puissances de l'Ouest.
Patrick Roy accomplit un boulot formidable à sa première saison derrière le banc d'une formation de la LNH. Les gens se méprennent dans son cas. Il n'est pas un entraîneur recrue. Il a sept ans de coaching derrière la cravate avec les Remparts de Québec. Il a appris son métier et il n'hésite pas à sortir des sentiers battus.
Il vient de payer la traite à son vétéran gardien de but Jean-Sébastien Giguère. Pas sûr qu'il aurait apprécié une telle apostrophe à la fin de sa carrière. Il s'est imposé devant des vétérans entraîneurs très tôt dans la saison. Il a assuré le jeune Nathan MacKinnon de son poste avant même l'ouverture du camp d'entraînement. Il a enlevé la pression sur les épaules de ce jeune surdoué qui, incidemment, demeure chez Giguère.
Même avec une défensive méconnue, l'Avalanche tiendra son bout jusqu'à la fin de la saison régulière.
Propos recueillis par Maurice Dumas