L'univers musical de Benoit Pinette, alias Tire le coyote, lui vaut un nombre grandissant d'admirateurs.

Tire le coyote: les hasards de la route

Un an et demi après la parution de son deuxième album, Benoit Pinette, alias Tire le coyote, a fait beaucoup de millage avec ses compositions folk teintées de country. Sur la route, elles l'ont mené à des endroits qu'il n'aurait pas imaginés: vers des inspirations jazzées qui augurent bien pour la suite des choses... et dans une ville prise en otage par un tireur en cavale.
Début juin, Pinette se trouvait à Moncton pour l'enregistrement de l'émission Pour l'amour du country, alors que la ville était en émoi après la fusillade qui a causé la mort de trois agents de la GRC. «On était au restaurant quand on a vu plein d'autos de police passer. La serveuse nous a dit : "Vous ne sortez pas d'ici, il y a un tireur en ville"», raconte l'auteur-compositeur-interprète, qui a été contraint de passer la majorité de son séjour au Nouveau-Brunswick dans sa chambre d'hôtel. «Tout était fermé, ajoute-t-il. C'était comme une ville fantôme. Je ne peux pas dire qu'on a eu peur, mais c'était toute une ambiance, très lourde. On sentait vraiment les gens émus par ça.» 
Benoit Pinette a mis ce temps à profit pour travailler sur de la musique toute neuve, qu'il compte immortaliser sur un nouvel album prévu pour janvier 2015. Héritier artistique - et grand fan! - de Neil Young, le jeune trentenaire cultive l'art chansonnier entre un attachement à ses racines et une volonté d'originalité, entre un amour pour le folk à l'américaine et un autre tout aussi fort pour la langue d'ici. Son univers musical et sa signature vocale haut perchée lui ont gagné un nombre grandissant d'admirateurs ces derniers temps. Son horaire de tournée a été bien rempli, si bien que le résident de Québec peut maintenant se consacrer presque exclusivement à la musique. 
«Souvent, les gens sont accrochés par la voix, qui sort du lot, reconnaît le chanteur. Certains m'ont dit qu'ils retrouvaient le côté chansonnier québécois des années 70. Quelques personnes m'ont dit que je faisais de la musique du terroir. Ils sentent des racines de bois, je parle beaucoup des villages. Ils retrouvent une sorte de ruralité.»
Trois concerts en résidence
Tire le coyote a enregistré dans une église les airs trempés dans le western de Mitan, son précédent album. On peut s'attendre à un virage plus bluesé, voire jazzé, pour la suite des choses. En route vers Rouyn-Noranda, l'auteur-compositeur-interprète s'est laissé inspirer par la musique de Sidney Bechet. Résultat? Il conviera un trompettiste et un clarinettiste en studio. «J'aime donner une couleur différente à chaque album», explique Benoit Pinette, qui profitera du Festival d'été pour s'offrir une résidence de trois concerts au Petit Impérial. 
Au menu de ces soirées cartes blanches: un concert de style «americana acoustique» livré avec le complice Éric Goulet le 10 juillet, une collaboration avec la consoeur Sylvia Beaudry, qui se joindra à la formation habituelle de Tire le coyote le lendemain et un groupe bonifié par Marie-Christine Roy (violon), Fred Desroches (piano) et Simon Pedneault (guitare et lap-steel) le 12 juillet. 
Mononc' Serge a aussi bénéficié d'une résidence au Petit Impérial depuis le début du Festival d'été. Une représentation est encore au programme ce soir, dès 23h30. 
Vous voulez y aller?
Qui: Tire le coyote
Quand: du 10 au 12 juillet à 23h30
Où: Petit Impérial
Accès: laissez-passer ou 10 $ à la porte