Thomas Fersen: à quelques minutes du bonheur

En cuisine comme sur les planches, il y a de ces ingrédients secrets qui font toute la différence. Thomas Fersen a beau avoir ajouté une bonne dose de gingembre à son répertoire avec son dernier album, il manquait un je-ne-sais-quoi à la recette, samedi au Grand Théâtre, pour transformer une belle soirée en un grand soir.
Est-ce la faute de ce parterre trop clairsemé ou du chanteur bien peu bavard en début de prestation? La chimie n'a vraiment opéré qu'en fin de concert, bien après ce faux - on l'espère, du moins! - rappel lancé après seulement 50 minutes de spectacle. Et il aura fallu que Fersen s'éloigne de son nouveau matériel pour briser la glace. Une fois la salle conquise, toutefois, elle ne voulait plus le laisser partir, refusant à plusieurs reprises les Et si on allait se coucher? de circonstance.
Dès le départ, Thomas Fersen n'a pourtant pas offert à ses fans de raisons de se plaindre. Fidèle à ses habitudes, ce visiteur assidu - depuis plus de 20 ans - est débarqué au Québec avec des chansons truffées d'images, des monologues savoureux et une présence scénique indéniablement sympathique. Pour la tournée qui a pris fin samedi à Québec, il s'était entouré de six musiciens afin de donner vie à l'univers ludique et trempé dans le rock rétro de son dernier album, Thomas Fersen & The Ginger Accident, d'ailleurs fort bien représenté dans le programme. Levons ici notre chapeau au soin porté à la conception des éclairages, qui ont offert un complément on ne peut plus efficace à l'ensemble.
Certains retours dans le passé ont été particulièrement bien servis par la formation actuelle: La chauve-souris bien cuivrée, Croque encore plus percutante, Le chat botté, qui a marié la trompette au ukulélé. De quoi donner envie à la salle de se lever... Encore là, il a fallu attendre à la toute fin de la soirée pour voir enfin le public se dégêner.