Monique Leroux, pdg de Desjardins, et Jacques Ménard, président de BMO Groupe Financier, entourent Robert Lepage, l'homme de théâtre

Théâtre Le Diamant: 10 millions $ espérés du privé d'ici 2015

Deux «poids lourds» du secteur financier s'allient pour attirer les fonds privés dans les coffres du Théâtre Le Diamant. Monique Leroux, pdg de Desjardins, et Jacques Ménard, président de BMO Groupe Financier, se donnent un an pour amasser 10 millions $.
La campagne de financement privé du théâtre de Robert Lepage a été officiellement lancée, vendredi matin, à la Caserne de sa compagnie Ex Machina.
Le nom de Jacques Ménard était déjà associé à la campagne depuis l'an dernier. Voilà que le président de BMO Groupe Financier Québec s'est adjoint les services de sa «grande amie» Monique Leroux, présidente du Mouvement Desjardins, pour lancer un appel aux mécènes.
Sur un budget toujours évalué à 60 millions $, ils visent à récolter 10 millions d'ici «12 à 15 mois». «J'ai déjà dirigé des campagnes 10 à 15 fois plus grosses que celle-là. Disons que je perds pas de sommeil là-dessus», lance Jacques Ménard, confiant.
Des gens d'affaires ont déjà démontré de l'intérêt, précise-t-il. BMO Groupe Financier et le Mouvement Desjardins ne feront pas exception, et prévoient faire des contributions «importantes» au Diamant. Des annonces se feront d'ici juin, a révélé Monique Leroux.
Fort de cette alliance, Robert Lepage se considère comme «très supporté». «Je trouve remarquable que deux institutions financières qui sont habituellement en compétition décident d'épauler le projet de façon équitable», a exprimé l'homme de théâtre.
Labeaume ravi
Le maire Régis Labeaume s'est lui aussi réjoui de voir deux «poids lourds» du secteur bancaire s'associer au projet de théâtre de la place D'Youville. «Je n'ai absolument aucun doute sur la réussite de la campagne», a-t-il souligné.
Loin de se limiter aux grands financiers, Robert Lepage sollicite également les «petits mécènes». «C'est un projet pour tout le monde, ce n'est pas un projet secret, caché, élitiste. Ça va être un projet très populaire qui va être situé dans un quartier très populaire. On va faire du carré D'Youville un petit quartier des spectacles», a-t-il rappelé.
Le metteur en scène a toujours espoir d'obtenir l'appui financier du gouvernement fédéral. «Pour l'instant, ce n'est pas dans les cartons. Mais je pense que ça va être inévitable, un moment donné, que le fédéral montre son intérêt», a-t-il laissé tomber.
Ex Machina maintient le cap en parlant de 60 millions $ nécessaires au projet du Diamant, malgré des documents d'appels d'offres dévoilés par Le Soleil faisant état d'un budget revu à 54 millions $.
Le gouvernement provincial allonge 30 millions $, alors que la Ville de Québec a promis 7 millions $. Avec les 10 millions $ espérés du secteur privé, il reste toujours 13 millions à trouver. La compagnie de Robert Lepage ne se montre pas inquiète et s'active à fignoler le montage financier en visant une ouverture pour l'automne 2016.
Pas d'inquiétude pour la façade
La construction du Théâtre Le Diamant n'est «pas du tout» compliquée par la conservation de la façade de l'ancien YMCA de la place D'Youville. C'est ce que Robert Lepage a assuré vendredi, lors du lancement de la campagne de financement privé du projet de 60 millions $. En décembre, le maire Régis Labeaume avait laissé entendre qu'il y avait deux options pour la façade de l'ancien YMCA qui abritera Le Diamant. «La défaire ou la refaire brique par brique, parce que le ministère [de la Culture] l'exige, mais c'est un peu compliqué», avait-il indiqué.
Le grand manitou d'Ex Machina a tempéré ces propos, vendredi. «On va probablement conserver plus que la façade, on va essayer d'éviter de faire du façadisme», a dit Robert Lepage, en référence à la pratique qui consiste à ne conserver que la façade d'un bâtiment pour imposer une nouvelle construction à l'arrière. M. Lepage a reconnu du même souffle que la restauration de l'ancien YMCA représentait un défi. «On ne veut pas non plus mettre en danger les spectateurs et garder des parties de la structure qui pourraient être dangereuses. Mais c'est quand même un lieu patrimonial. Ç'a été la première galerie d'art bien avant le YMCA. Ç'a toujours été à caractère culturel, donc c'est sûr qu'on veut le préserver», plaide-t-il.