St. Vincent

Théâtrale St. Vincent

Il n'y avait pas une, mais bien deux divas excentriques en spectacle à Québec vendredi soir. Cantonnée sur les planches de l'Impérial, la chanteuse et guitariste texane St. Vincent n'avait bien sûr pas un public aussi nombreux que Lady Gaga, mais elle sait tout autant se montrer théâtrale et tenir ses fans dans le creux de sa main.
Avec sa démarche robotique, sa minijupe ornée de décorations dorées, ses paroles un peu iconoclastes et ses conversations complètement délirantes avec son public, celle dont le nom véritable est Annie Clark n'a rien à envier à qui que ce soit pour ce qui est de l'originalité.
Son talent est toutefois à la hauteur de son style extravagant. Très en voix et armée de sa guitare qu'elle sait faire hurler quand le besoin s'en fait sentir, elle prend toute la place sur scène pendant que son batteur et ses deux claviéristes demeurent la plupart du temps en retrait.
Puisant un peu partout dans son répertoire, mais gardant une place de choix pour les titres de son dernier album, St. Vincent avait concocté un programme éclectique où la musicienne pouvait mettre en valeur tous les aspects de sa démarche artistique, vulnérable quand elle se laissait choir dans l'escalier installé sur scène ou remplie d'assurance quand elle jouait à la «guitar hero».
San Fermin
Avec une armée de musiciens sur scène, la voix masculine d'Allen Tate et la voix féminine de Charlene Kaye qui se donnent la réplique et une violoniste qui ressemble étrangement à Sarah Neufeld, on pourrait bien dire que le groupe San Fermin, qui a précédé St. Vincent, emprunte un peu à Arcade Fire.
C'est toutefois la dynamique Kaye, fraîchement arrivée au sein de la formation new-yorkaise depuis le départ de la chanteuse originale Rae Cassidy, qui retient immédiatement l'attention.
Même si elle fait partie du groupe depuis moins de trois mois, la jeune femme moulée dans une minirobe noire semblait tout à fait à son aise, ayant toujours la note juste et la dégaine d'une véritable bête de scène. Il faut dire que dans une autre vie, elle se glisse dans la peau du flamboyant guitariste Slash au sein d'un groupe féminin hommage à Guns N' Roses appelé Guns N' Hoses.
San Fermin aura finalement livré neuf pièces, dont une nouvelle composition, Parasite, qui figurera sur son deuxième album. L'octuor a conclu son spectacle avec The Count, probablement la pièce la plus solide et achevée de son répertoire.
Brièvement Thus Owls
Toujours apprécié à chacun de ses passages dans la capitale, le groupe montréalais Thus Owls, mené par Simon Angell, ex-guitariste de Patrick Watson, et sa femme, la chanteuse Erika Alexandersson, avait lancé la soirée avec une courte prestation de sept chansons.
Les nombreux spectateurs qui sont arrivés à la toute fin ou même après leur performance auront raté l'une des bonnes voix et l'un des bons guitaristes du rock indépendant au Québec.