Jazz avant-garde, The Rite of Spring, The Bad Plus

The Bad Plus: audacieux métissage *** 1/2

Ceux qui ont assisté à l'excellent spectacle de The Bad Plus au dernier Festival de jazz de Québec savent à quel genre d'animal ils ont affaire : le trio ne se fixe à peu près aucune limite dans son exploration musicale.
La bande du contrebassiste Reid Anderson, du pianiste Ethan Iverson et du batteur David King présente ici un ambitieux projet développé en 2010-2011, lors d'une résidence à l'Université Duke, soit une reprise en trio du ballet Le sacre du printemps d'Igor Stravinsky. Les trois gars du Minnesota sont autant capables de faire beaucoup de bruit que de jouer en subtilité; pas étonnant de les voir à la hauteur pour reprendre cette magistrale oeuvre symphonique à laquelle ils donnent un nouveau visage. Comme sur Made Possible, paru en 2012, The Bad Plus intègre des instruments électroniques, programmés par Anderson, qui rehaussent différentes parties de l'oeuvre. Certains amateurs de jazz crieront au sacrilège, mais The Bad Plus se fiche bien de la critique, lui qui en avait choqué certains en reprenant des succès populaires en version jazz. D'ailleurs, Stravinsky n'avait-il pas lui-même soulevé l'ire en 1911 avec cette oeuvre qui misait sur l'accent, la pulsation et la dissonance?