Genisys offre ce qu'on attend d'une superproduction, ni plus ni moins.

Terminator - Genisys: variation sur les mêmes thèmes

Paramount n'a pas caché vouloir se servir de Terminator - Genisys pour relancer la célèbre franchise. C'est à moitié réussi. La production a tellement misé sur le passé que Genisys souffre d'un gros déficit d'originalité et, surtout, de crédibilité tant sur le plan du récit que du jeu des acteurs principaux. Sauf, étonnamment, Arnold Schwarzenegger.
Genisys se résume à peu de choses : Kyle Reese (Jai Courtney) est envoyé du futur en 1984 pour sauver Sarah Connor (Emilia Clarke). Le film recrée d'ailleurs, image par image, son arrivée et celle du cyborg comme dans le premier Terminator. Mais Reese arrive dans un passé différent de celui de la création de John Cameron : ça ne se passe pas comme prévu. Dans ce nouveau présent, le T-800 (Schwarzenegger) est arrivé plus tôt et a tout appris à Sarah de son futur imposé. Il est vieux - Sarah le surnomme affectueusement Papi.
Ce cinquième tome utilise un truc de plus en plus commun à Hollywood. La production reprend l'histoire au pic de la réussite (après les deux premiers) pour conforter les nostalgiques et attirer de nouveaux amateurs, tout en écartant commodément les films moins bien réussis (les deux derniers).
Sauf que Genisys a bien peu de nouveauté à offrir et exploite les codes habituels. L'histoire se répète, utilise les mêmes phrases-cultes (avec une nouvelle : «vieux, mais pas obsolète»), et multiplie les courses-poursuites parsemées d'abondantes explosions et d'effets spéciaux générés par ordinateur (CGI).
Bien sûr, on a tenu compte de l'évolution de la technologie pour cristalliser notre peur de la machine. La menace vient cette fois d'une plate-forme (Genisys), qui va relier tous les appareils numériques et les réseaux sociaux dans un seul nuage informatique.
La critique de notre société trop branchée est explicite. Comme le reste, d'ailleurs : on prend le spectateur par la main pour être certain qu'il a bien compris. Le film en souffre terriblement. On est loin de la part de mystère et d'association d'idées qui parsemaient les deux films de Cameron auxquels Genisys multiplie pitoyablement les clins d'oeil.
La mise en scène générique et plate d'Alan Taylor (Thor - Un monde obscur) souffre aussi de la comparaison. Son abus de gros plans et le manque d'imagination dans l'utilisation de la caméra démontrent ses limites à la réalisation. Un tâcheron.
Plus de 30 ans se sont écoulés depuis le film original, et le jeu de Schwarzy s'est considérablement amélioré. Il est toujours aussi imperturbable, mais offre, ici et là, quelques réels moments d'émotion.
On n'en dira pas autant d'Emilia Clarke (Le trône de fer) et de Jai Courtney (Divergence), qui ne font aucune étincelle dans leurs rôles, pas plus qu'entre eux. Clarke n'a pas le coffre et les tripes de Linda Hamilton, l'interprète originale de Sarah Connor. Quant à Courtney, il aurait été meilleur dans la peau d'un Terminator...
Par contre, Jason Clarke (L'aube de la planète des singes) fait preuve d'une rare intensité en John Connor, tant comme révolutionnaire que comme incarnation du futur. On aurait souhaité le voir plus, tout comme J.K. Simmons (Whiplash), sous-utilisé.
En résumé, Genisys offre ce qu'on attend d'une superproduction, ni plus ni moins. Il est mieux réussi que Salvation (2009), mais pas à la hauteur, loin de là, de l'ingéniosité et de la réflexion thématique du très bon T2 (1991) de Cameron. Ça n'empêchera probablement pas Paramount d'en produire d'autres. 
=> Au générique
Cote : ** 1/2
Titre : Terminator - Genisys 3D
Genre : fantastique
Réalisateur : Alan Taylor
Acteurs : Arnold Schwarzenegger, Jason Clarke, Emilia Clarke et Jai Courtney
Salles : Alouette, Beauport, Cartier, Des Chutes, IMAX, Lido et Sainte-Foy
Classement : 13 ans et plus
Durée : 2h06
On aime : le rôle paternel d'Arnold, un certain humour
On n'aime pas : le manque d'originalité et de mystère, la réalisation convenue, le déficit de crédibilité, l'abus d'autoréférences