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Tentative de meurtre sur un octogénaire: un jeune de 24 ans condamné à 10 ans de prison

«Donne-moi tes clés de voiture, sinon je te tue!» Jonathan Kaven Lévesque-Gervais n'en est pas resté à ces menaces et a tenté d'égorger l'homme de 81 ans qui se trouvait sur son chemin dans la nuit du 16 mai. Un «crime gratuit et inexplicable», a déploré vendredi le juge qui lui a infligé une peine de 10 ans de prison.
Vêtu d'un coton ouaté qui ne cachait en rien sa carrure, Jonathan Kaven Lévesque-Gervais, 24 ans, n'a pas bronché lorsque le juge Jean Asselin l'a condamné pour tentative de meurtre. Du haut de ses six pieds, le résident de Québec venait de plaider coupable.
Il est plutôt rare qu'une personne accusée de tentative de meurtre - un crime passible de l'emprisonnement à vie - reconnaisse sa culpabilité aussi rapidement après les événements.
Le procureur de la Couronne, Me Justin Tremblay, a relaté l'agression «gratuite, inexpliquée et inexplicable» qu'il a commise dans la nuit du 16 mai dernier, peu avant 1h. La victime, âgée de 81 ans, rentrait chez elle après avoir passé la soirée au Patro Roc-Amadour, dans le quartier Limoilou.
Arrivé à son domicile, l'octogénaire se fait aborder par Jonathan Kaven Lévesque-Gervais. «T'es encore levé à cette heure-là?» balance le jeune homme, qui le somme aussitôt de lui donner ses clés de voiture.
La victime répond qu'elle n'a pas de véhicule, ce qui n'empêche pas l'accusé de la rouer de coups de couteau. L'homme de 81 ans a été atteint à la gorge, à l'arrière de la tête et aux épaules. Il est plus tard parvenu à se rendre à l'hôpital, d'où la police a été alertée.
Au même moment, Jonathan Kaven Lévesque-Gervais éveillait les soupçons d'un policier en zigzaguant entre les voitures garées dans une rue pour vérifier si leurs portières étaient verrouillées.
En l'accostant, le patrouilleur remarque que le jeune homme se débarrasse d'un objet, qui s'avère à être l'arme de l'agression survenue plus tôt. Elle sera plus tard récupérée par les autorités.
Preuve «accablante»
La preuve contre Lévesque-Gervais était «accablante», a souligné vendredi le procureur de la Couronne. À celle-ci s'est ajouté le lourd casier judiciaire de l'homme de 24 ans, qui a été condamné au Tribunal de la jeunesse dès l'âge de 14 ans.
Le juge Jean Asselin a tenu compte des nombreux antécédents judiciaires de Lévesque-Gervais (extorsions, violence conjugale et menaces de mort, notamment) et noté le «caractère gratuit et violent de l'agression, qui est inexplicable». Il a entériné la peine de 10 ans de prison, suggérée par la Couronne et la défense. Il faut y soustraire la détention préventive d'un peu plus de trois mois.
«Vous êtes jeune, vous pouvez vous reprendre en mains. Je souhaite que vous le fassiez et qu'on ne vous revoie plus devant les tribunaux», a lancé le juge à l'accusé.