Dans Tammy, la truculente Susan Sarandon fait ce qu'elle peut en mamie indigne, tandis que Melissa McCarthy répète son numéro d'inculte bourrue qu'elle nous a servi dans Un duo d'enfer (2013).

Tammy: amateurisme embarrassant

Tammy est ce qu'on appelle un «véhicule» - ça tombe bien, c'est un road movie - pour Melissa McCarthy, longtemps considérée comme la reine des seconds rôles. Un parcours qui culminera d'ailleurs avec Demoiselles d'honneur (2011), qui lui vaut une nomination à l'Oscar... du second rôle! Tammy, coécrit avec son mari Ben Falcone, qui réalise, se voulait donc une occasion pour l'établir comme une actrice comique de premier plan. C'est raté.
Évidemment, on ne s'attend pas à ce qu'un tel long métrage batte des records d'originalité et de crédibilité. Voyez : le jour où sa voiture rend l'âme, la rondelette et pathétique Tammy perd son emploi et surprend son mari avec la voisine. Rien que ça. En désespoir de cause, elle se réfugie chez sa mère pour emprunter une auto qui lui permettra de fuir son bled perdu.
Clin d'oeil à Thelma et Louise
Cette dernière refuse net, mais sa grand-mère alcoolique (Susan Sarandon) la convainc de l'accompagner à Niagara Falls. Voilà donc le prétexte du road movie et du clin d'oeil très appuyé à Thelma et Louise (jouée par Sarandon en 1991), mais on est loin du film-culte du mouvement féministe. Même si on assiste à une célébration lesbienne du 4 juillet, la fête nationale américaine. Tammy véhicule des valeurs et des préjugés d'une autre époque.
McCarthy a voulu se donner le beau rôle de la grosse sympathique et maladroite, pleine de bons sentiments. Le scénario inconsistant lui réserve d'ailleurs plusieurs scènes qui misent sur ses routines comiques, qui tombent singulièrement à plat, tout comme la plupart des gags éculés.
Tammy est une comédie où on ne rit pas et, donc, où on s'ennuie. Le format de sketches désordonnés s'avère un bien pauvre fil conducteur. Les saynètes sont souvent l'occasion de morale à cinq sous sur l'acceptation de soi et sur l'alcoolisme comme maladie.
En humour, la transgression s'avère souvent très porteuse. La truculente Sarandon fait ce qu'elle peut en mamie indigne, mais la minceur du scénario et la mise en scène anémique ne lui laissent que peu de marge de manoeuvre. C'est à peine subversif.
Le long métrage traite d'ailleurs avec légèreté les thèmes qu'il aborde, dont certains sont néanmoins porteurs : les défauts physiques et le rejet qui en résulte sur le plan de la séduction, le conformisme, etc.
On aura compris que tout le film tourne autour de McCarthy et de sa popularité qui repose sur son aspect de fille ordinaire obèse (comme un quart de la population américaine). Or, cette dernière répète son numéro d'inculte bourrue qu'elle nous a servi dans Un duo d'enfer (2013), qui bénéficiait, lui, d'un semblant d'histoire.
Bref, Tammy n'est pas drôle et relève tellement de l'amateurisme qu'il devient embarrassant.