Le rendez-vous symphonique méritait mieux que cette salle trop grande, trop froide et mal adaptée à la proposition.

Symphonie hivernale pas facile à réchauffer...

CRITIQUE / Louis-Jean Cormier n'est pas de ceux qui peinent généralement à réchauffer même les plus grands espaces : il l'a notamment prouvé sur les plaines d'Abraham il y a deux ans. Il n'a toutefois pas eu la tâche facile, jeudi soir, alors qu'il partageait la scène du Centre Vidéotron avec l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ) pour l'ouverture du Carnaval.
<p>Comme il l'avait promis, le maire Régis Labeaume a joué momentanément le chef-d'orchestre et a dirigé les musiciens de l'OSQ.</p>
Fidèle à ses habitudes, Cormier a investi les planches en tutoyant son public, bien déterminé à créer de la proximité. On était près d'y arriver lorsque l'entracte est venu interrompre la montée. Puis il a fallu tout recommencer. Si le courant passait mieux en deuxième partie, la foule n'a jamais vraiment répondu tout à fait à l'invitation qui lui avait été lancée de s'approprier la soirée. 
À plusieurs moments pendant le concert, une question pouvait légitimement être posée : qu'est-ce qu'on fait ici? Rien à redire sur la proposition artistique. Et oui, l'emballage visuel de cette Symphonie hivernale était soigné, fait sur mesure pour le lieu. Mais le rendez-vous symphonique méritait mieux que cette salle trop grande, trop froide et mal adaptée à la proposition. C'est bien beau d'essayer de créer de l'intimité dans un aréna, mais quand la musique est agrémentée d'un fond de placotage venant des concessions alimentaires (et de petite monnaie tombant au fond des tiroirs-caisses...), ça gâche un peu la magie. Autrement très belle, la rencontre avec Safia Nolin - qui a interprété sa pièce Technicolor et prêté sa voix à L'ascenseur - a été un peu ternie par ces irritants. Idem pour la chanson Le monstre, qui a permis à la chorale de l'école La Seigneurie de briser la glace. 
Heureusement, d'autres titres ont eu plus de succès à remplir l'espace sonore de l'amphithéâtre, dont les qualités acoustiques ont été mises à l'épreuve avec succès hier. J'haïs les happy ends, Le coeur en téflon (dans l'un des arrangements les plus percutants de la soirée), La seule question ou Deux saisons trois quarts ont concrétisé de belle manière le mariage pop-symphonique. 
Reste qu'il nous a paru bien loin, Louis-Jean Cormier. Une impression amplifiée par les gradins clairsemés par endroits (et qui se sont vidés avant la fin du spectacle) et l'immense espace laissé vide devant la scène. 
Le maire Labeaume chef d'orchestre
Au tout début de la soirée, le maire de Québec, Régis Labeaume, a tenu promesse en jouant momentanément le chef d'orchestre. Question de nous rappeler que la soirée symphonique était organisée dans l'éventuel domicile des Nordiques, il s'est d'abord exécuté au son du thème de la Soirée du hockey, avant de convier sur les planches l'éternel ambassadeur du Carnaval avec Salut Bonhomme.
Objectif presque atteint
L'organisation du Carnaval s'est réjouie de la vente des billets pour la Symphonie hivernale et envisage de répéter l'expérience l'an prochain. Alors que seulement 3000 billets avaient trouvé preneurs il y a quelques jours, l'organisation annonce qu'au final 5500 billets auront été écoulés. Ce ne sont pas tous les détenteurs cependant qui ont pris place au Centre Vidéotron. «Le monde n'était pas tous là, mais il y a du corporatif. On sait ce que c'est, des fois ils ne viennent pas. Mais on est satisfait du nombre de personnes qui ont répondu à l'appel. Et satisfait aussi de la foule qui est là», commente Mario Bédard, membre de l'organisation du Carnaval et fondateur de J'ai ma place. L'événement fait ses frais, a-t-il précisé, ajoutant qu'il s'en dégagerait même un petit surplus. La porte est ouverte pour répéter l'expérience l'année prochaine, dit Alain April, président du conseil d'administration du Carnaval, avec «un délai beaucoup plus long pour préparer ça et s'assurer d'avoir encore plus de gens qui vont participer», a-t-il précisé.  
Gabrielle Thibault-Delorme