Les planchistes québécois Ariane Lavigne, Charles Reid et Caroline Calvé s'envoleront bientôt pour Sotchi.

Surf des neiges: sur la vraie route des Jeux

«Le compte à rebours commence pour vrai!» a lancé Caroline Calvé, pour réchauffer ses coéquipiers planchistes entassés dans l'Hôtel de glace de Québec. «Je suis contente d'être sur la vraie route pour Sotchi!»
La rencontre de mardi après-midi servait d'annonce officielle des athlètes qui représenteront le Canada aux Jeux olympiques en surf des neiges. Cinq étaient déjà qualifiés, 19 se sont ajoutés. Vingt-quatre planchistes dans cinq disciplines, dont sept Québécois, pour une récolte escomptée de cinq médailles.
«La cérémonie d'ouverture est dans deux semaines et demie. Notre point de mire est de plus en plus précis», a indiqué l'athlète de 35 ans, résidente de Lachine. La spécialiste de la planche alpine compte deux victoires et trois podiums en Coupe du monde au cours de la dernière année. Les attentes sont élevées.
«Tu ne penses pas à une médaille quand tu es dans les portes de départ. Tu penses à une décente, un virage à la fois. Ce qui fonctionne pour moi, c'est d'être calme et confiante», explique celle qui a fini 20e au slalom géant parallèle des Jeux de 2010.
À l'opposé d'une Calvé, sa coéquipière Ariane Lavigne et l'expert de la descente acrobatique (slopestyle) Charles Reid en seront à leur première expérience olympique. Reid avait loupé sa sélection de demi-lune en 2010. Le planchiste de 23 ans de Mont-Tremblant a décroché son billet pour Sotchi, dimanche, grâce à une cinquième place à la Coupe du monde de Stoneham.
Lavigne, recrue de 29 ans de Lac-Supérieur, se doute depuis près d'un an qu'elle concourra sous les anneaux. Depuis sa médaille de bronze à la Coupe du monde de Sotchi, en février dernier. «Je n'ai pas vraiment eu de stress depuis, mais l'annonce officielle est quand même un grand soulagement. Il y a tellement de gens qui m'en parlent depuis des semaines et là, je peux enfin leur dire: "Oui, je m'en vais à Sotchi !"»
Maltais à l'avant-scène
En cross, le Canada fonde de gros espoirs sur Dominique Maltais, de Petite-Rivière-Saint-François, triple championne de la saison de la Coupe du monde, et Maëlle Ricker, championne olympique et championne du monde. En slopestyle, Sébastien Toutant, de L'Assomption, gagnant des X Games européens l'an dernier et des X Games américains en 2011, Maxence Parrot, de Bromont, vainqueur de la récente Coupe du monde de Stoneham et deuxième aux X Games 2013, Mark McMorris, vainqueur aux X Games 2013, et Spencer O'Brien, championne du monde, devraient amasser leur part de breloques.
Sans oublier le vétéran de l'alpin de 38 ans, Jasey-Jay Anderson, qui, malgré des résultats récents moins probants, participera à ses cinquièmes JO. De Mont-Tremblant, il avait gagné l'or à Vancouver.
NOTE : Au lendemain de l'étape de Coupe du monde de Stoneham-Québec, les organisateurs et Snowboard Canada se sont entendus pour les trois prochaines années. Reste à recevoir l'approbation annuelle de la Fédération internationale de ski (FIS) pour s'assurer une place au calendrier jusqu' en 2017.
De riders à athlètes
Quand le préparateur physique Matt Fisher a joint l'équipe canadienne de surf des neiges acrobatique, pour la saison 2012, il a vite compris la somme de travail qui l'attendait. «Au début, j'ai dû leur apprendre à s'échauffer. Ils sortaient de l'auto, sautaient dans les gondoles et partaient sur les pentes. Je leur ai montré à s'étirer après, pour se sentir mieux le lendemain. Une partie de mon travail consistait aussi à m'assurer qu'ils avaient de l'eau et des collations, a expliqué Fisher. Je devais transformer des riders en athlètes.»
À la veille des Jeux olympiques, Fisher estime avoir parcouru 60 % du chemin. «Ils auront besoin d'être à 100 % pour demeurer au sommet en 2018», a affirmé ce produit de sports traditionnels comme le soccer, le rugby et l'aviron, disant être arrivé avec «un plan de sept ans, sachant qu'on avait juste trois ans pour l'implanter». Augmenter les performances et diminuer les blessures constituent son duo d'arguments. «Plusieurs n'avaient jamais mis les pieds dans une salle d'entraînement à part pour se rétablir d'une blessure. Moi, je leur propose d'y aller plus souvent avant pour éviter d'y aller après», a-t-il résumé.