Au coeur de sa meilleure saison en carrière, où il a notamment enregistré une 14e place à la Coupe du monde de Pietermaritzburg, en Afrique du Sud - sa meilleure performance -, Raphaël Gagné roulera mardi sans complexe à Glasgow.

Sur la poussière de Glasgow

Pour Raphaël Gagné, les jeux multisports riment avec succès, alors qu'il avait été double médaillé d'or à ceux du Québec et du Canada. À ses premiers grands jeux, ceux du Commonwealth, le vététiste vise un top 5, et se laisse rêver à un podium pour son unique course à Glasgow, mardi.
Arrivés en Écosse jeudi, le cycliste de montagne et ses trois compatriotes ont roulé à quelques reprises sur leur terrain de compétition. Aucune surprise pour Raphaël Gagné qui avait déjà une bonne idée, lors de notre rencontre la veille de son départ, du parcours qui l'attendait, grâce à quelques visionnements du tracé déniché sur Internet. Un parcours sans secret et sans réel défi.
«C'est presque de la poussière de pierre. Typique de ce que l'on voit en Angleterre», a expliqué, entre deux gorgées de café latte, celui qui se définit comme l'un des bons pilotes du circuit. Si un parcours plus technique lui sied davantage, l'excellente forme dans laquelle se trouve l'athlète de 27 ans lui permet de se visualiser à l'avant du peloton. 
Au coeur de sa meilleure saison en carrière, où il a notamment enregistré une 14e place à la Coupe du monde de Pietermaritzburg, en Afrique du Sud - sa meilleure performance -, le cycliste de Lac-Beauport roulera mardi sans complexe. «Il y a l'Australien Daniel McConnell, vu par un peu tout le monde comme le favori, mais sinon c'est ouvert», a-t-il expliqué. «Une médaille, ce serait merveilleux. Et c'est possible, j'ai déjà battu McConnell.»
Ce ne sont d'ailleurs pas les podiums canadiens qui manquent à Glasgow alors que l'unifolié a, jusqu'à présent, été hissé à 24 reprises. Les Québécois ont participé à cette récolte à la hauteur de 10 médailles, dont celles d'or des nageuses de Pont-Rouge Katerine Savard au 100 m papillon et Audrey Lacroix au 200 m de la même discipline, ainsi que celle de bronze de l'étudiant en médecine de l'Université Laval Rémi Pelletier-Roy, à la course scratch sur le vélodrome.
En vélo de montagne, les coéquipiers de Gagné, Catharine Pendrel, Emily Batty et Max Plaxton, auront certainement quelque chose à prouver alors que leurs derniers grands Jeux, en 2012, à Londres, avaient été une expérience frustrante pour les trois cyclistes. 
Arrivée à Londres comme championne du monde en titre et en tête du classement mondial, Pendrel, vue comme un grand espoir de médaille, avait terminé neuvième. Préférée à Marie-Hélène Prémont, Batty, qui s'était fracturé la clavicule en entraînement, avait dû se contenter du 24e rang et Plaxton avait été contraint à l'abandon. 
Rendez-vous au Mont-Saint-Anne 
Alors que le cross-country des hommes des Jeux du Commonwealth est lancé ce matin (9h, heure du Québec), Raphaël Gagné prendra l'avion moins de 24 heures plus tard. Pas le temps pour l'équipe de vélo de montagne de profiter de l'ambiance et de la bière écossaise. Dommage, direz-vous, mais vie d'athlète oblige, ils ont rendez-vous en fin de semaine au Québec avec la foule du Mont-Saint-Anne pour la Coupe du monde.
Courir devant une délégation de proches et d'amis est une tout autre expérience que de participer à une Coupe du monde au fin fond de l'Europe, et le cycliste de l'équipe Rocky-Mountain le sait trop bien, alors que sa première présence sur le grand circuit au Mont-Saint-Anne remonte à 2006.
En 2008, à 21 ans, il avait signé sa meilleure performance en carrière en Amérique du Nord, avec une 20e place, alors que le scénario a été tout autre l'année dernière. «L'an passé, j'ai eu la pire compétition de la saison. Ça s'oublie moins rapidement quand c'est devant ton monde. Mais je m'étais rapidement repris aux Championnats du monde», s'est rappelé celui qui complètera d'ici un an son baccalauréat en enseignement de l'éducation physique. Un exploit silencieux digne de mention pour tout athlète-étudiant.