Le secondeur des Seahawks Malcolm Smith a reçu le titre de joueur par excellence.

Super Bowl: la recette gagnante de Seattle

Il dit quoi donc, le bon vieux dicton? Ah oui, que les attaques donnent le spectacle et que les défenses gagnent les championnats dans le sport professionnel. Et au football, on répète également depuis des lunes que les équipes qui provoquent plusieurs revirements ont l'habitude d'accumuler les victoires. Si je comprends bien, voilà les deux principales raisons pour lesquelles les Seahawks de Seattle n'ont fait qu'une bouchée des Broncos de Denver, dimanche soir, lors du XLVIIIe Super Bowl présenté au MetLife Stadium, au New Jersey.
Avez-vous pensé, quand le centre des Broncos a lancé le ballon par-dessus la tête de Peyton Manning, au moment où ce dernier s'approchait pour crier de nouvelles instructions à ses coéquipiers, que ce jeu bizarre allait être un aperçu des trois pénibles heures qui allaient suivre pour Denver? Après 12 secondes, les Seahawks menaient 2-0 en raison de ce touché de sûreté, et le ton était déjà donné à cette rencontre à sens unique que très peu d'observateurs avaient vu dans leur boule de cristal.
Heureusement que la défensive des Broncos est parvenue à limiter les Seahawks à deux placements après ce touché de sûreté, car l'écart aurait pu être beaucoup plus élevé après les 15 premières minutes de jeu. À 8-0 en faveur de Seattle, Denver s'en tirait plutôt bien, mais le pire était à venir pour Peyton Manning et sa bande...
C'est bien simple, dimanche soir, les joueurs des Seahawks étaient nettement plus rapides que leurs vis-à-vis dans toutes les facettes du jeu, incluant les unités spéciales. Les receveurs de passes des Broncos ont passé la majeure partie de la rencontre à courir sur la largeur du terrain plutôt que sur la longueur, comme s'ils semblaient redouter les solides contacts des dynamiques membres de la défense des Seahawks.
Les athlétiques secondeurs et demis défensifs des Seahawks étaient prêts pour réagir aux courtes passes de Manning, dont les cibles ne sont jamais parvenues à se défaire du premier adversaire qui les attendait. Les précieuses verges gagnées après avoir saisi le ballon qui peuvent souvent faire la différence en transformant de courtes passes en longs gains se sont faites très rares dans le clan des Broncos.
Le secondeur Malcolm Smith est sorti de l'ombre de ses coéquipiers plus tapageurs en réussissant le jeu-clé de la rencontre avec un peu plus de trois minutes à écouler au deuxième quart, quand il a inscrit le deuxième touché des Seahawks sur un retour d'interception de 69 verges. Pour la première fois de la rencontre, l'attaque des Broncos avait accumulé quelques premiers jeux au cours des cinq minutes précédentes, et les amateurs se croisaient les doigts pour que Denver inscrive un touché avant la fin de la première demie, question d'avoir droit à un semblant de match par la suite...
Ce fut loin d'être le cas puisque Percy Harvin s'est ensuite assuré que tous les fans des Broncos ferment la télé en retournant le botté d'envoi de Denver jusque dans leur zone des buts. Il n'y avait que 12 secondes écoulées au troisième quart et la marque était de 29-0 en faveur des champions de la Conférence nationale.
Souvenirs du XXXVIIe SB
Plus la semaine avançait, plus je revoyais des images du XXXVIIe Super Bowl, qui avait opposé en janvier 2003, à San Diego, les Buccaneers de Tampa Bay aux Raiders d'Oakland. Avant le duel de dimanche, il s'agissait de la dernière fois que l'attaque la plus productive de la NFL s'était frottée à la plus solide défensive du circuit.
Cette journée-là, les rapides et agressifs demis défensifs des Buccaneers s'étaient montrés beaucoup plus agiles que les expérimentés receveurs des Raiders pour saisir les ballons lancés par le vétéran Rich Gannon. La défense des Buccaneers avait terminé la rencontre avec cinq interceptions, et la rencontre avait pris fin avec un pointage de 48-21 en faveur des protégés de Jon Gruden.
Dimanche, les Seahawks ont provoqué quatre revirements contre une attaque qui a inscrit 606 points en saison régulière, en plus de ne pas laisser une seule seconde de répit à un des meilleurs quarts-arrières de l'histoire.
À la lumière de ce qu'on a vu, dimanche, il n'y a aucun doute que le véritable SB avait été présenté il y a deux semaines à Seattle, quand les protégés de Pete Carroll ont éliminé les 49ers de San Francisco au compte de 23-17 lors du match de championnat de la Conférence nationale. Une rencontre palpitante dont l'issue n'avait été décidée que dans la dernière minute du quatrième quart.
En terminant, j'ai une mauvaise nouvelle pour les 31 autres formations de la NFL qui se lanceront aux trousses des énergiques Seahawks la saison prochaine : la moyenne d'âge de cette équipe est seulement de 26,4 ans. Vous n'avez donc pas fini d'entendre parler des Russell Wilson, Richard Sherman, Doug Baldwin, Kam Chancellor, et cie.