Le plus souvent, il s'agit de patients âgés de 12 à 17 ans qui s'infligent des coupures sur différentes parties de leur corps en utilisant toutes sortes d'objets, des lames de rasoir aux extrémités pointues d'un rapporteur d'angles.

Suicide d'un pompier de Québec: le harcèlement n'était pas en cause

Même si François Després, un ancien préventionniste du Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec, s'est fait harceler au travail, ce n'est pas la raison ultime qui l'a poussé au suicide, conclut le coroner Luc Malouin. Sa santé mentale précaire a joué un rôle majeur dans ce drame, affirme ce dernier.
Dans le rapport de huit pages, M. Malouin dresse un portrait complet de l'état de santé mentale de la victime, un homme qui était âgé de 46 ans quand il a lancé son véhicule dans le pilier d'un viaduc de l'autoroute 40, à la hauteur de Saint-Augustin-de-Desmaures, le 25 juin 2013, en soirée. Il portait alors son uniforme de pompier, «revêtu du symbole qui m'a tué», a-t-il écrit dans une lettre qui était destinée au chroniqueur judiciaire de TVA Claude Poirier.
«Dans toute cette histoire qui a mené à mon suicide, tous les préventionnistes du SPCI [Service de protection contre l'incendie]avaient été informés par écrit de leurs fautes et qu'ils étaient passibles de congédiement s'ils récidivaient», écrit M. Després dans cette lettre adressée à M. Poirier.
L'homme souffrait de troubles d'anxiété, de troubles dépressifs majeurs récurrents, de maladie affective bipolaire et de trait de personnalité narcissique. Il prenait une importante médication pour l'aider, mais il était tout de même fortement dépressif. Il était suivi par une équipe de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec depuis 2000.
Un consultant mandaté par la Ville a bel et bien conclu que M. Després était la cible de harcèlement de ses collègues préventionnistes du bureau de Sainte-Foy, dans son rapport daté du 15 août 2011. M. Després avait porté plainte contre eux le 7 janvier 2011, pour des gestes commis en 2007 et en 2010. Entre 2008 et 2010, M. Després était absent du boulot en raison d'une dépression majeure.
«M. Després a fait l'objet de harcèlement psychologique de la part des préventionnistes du bureau de prévention de Sainte-Foy», écrit le consultant dans son rapport.
«mise à l'écart»
«Il ne fait aucun doute que la personnalité de M. Després a contribué à sa mise à l'écart par les autres préventionnistes. Il génère des réactions de par sa personnalité. Mais cela n'excuse aucunement leur comportement à son endroit.»
Tous les préventionnistes ont ensuite pu bénéficier d'une formation sur le harcèlement au boulot.
En février 2011, la Ville choisit de changer M. Després d'arrondissement. Mais une année plus tard, c'est lui qui est la cible d'une plainte de harcèlement de la part d'une collègue. Un autre consultant donnera ainsi raison à la plaignante sur toute la ligne.
Un autre expert confirme à la Ville en 2011 que le comportement du préventionniste ne s'améliorera jamais, «parce qu'il voit les choses à travers le prisme de sa personnalité. Et ce qu'il voit, lui, ce n'est pas la réalité».
Une année plus tard, M. Després est congédié en raison d'un manque d'assiduité au boulot, lui qui affichait un taux d'absentéisme de 60 % depuis qu'il était à l'embauche de la Ville. En mai 2012, il signe une entente à l'amiable avec la Ville pour mettre fin à son lien d'emploi.
«Après avoir pris connaissance de l'ensemble du dossier, je ne suis pas convaincu que son affirmation est bien fondée en faits et que l'on peut conclure que le harcèlement dont il a été victime soit la cause réelle et directe de son décès, conclut le coroner Malouin. Il a utilisé cette raison pour justifier son geste, mais, à l'analyse de l'ensemble des éléments, je crois que les raisons qui l'ont poussé à mettre fin à ses jours sont l'ensemble de ses problèmes personnels et relationnels.»