Suggestions de la semaine (2 novembre)

Le grand livre de la mort à l'usage des vivants
Le grand livre de la mort à l'usage des vivants
Un livre incomparable pour évoquer le sujet qui compte plus que tous les autres réunis : la mort! De tous les mystères qui nous entourent, c'est le plus oppressant, le plus incontournable et le seul qui ait vraiment un sens. Le seul? Non, j'exagère : il y a aussi l'amour. L'amour, c'est la vie. La vie et la mort, voilà les deux grands pôles de notre existence, les deux certitudes absolues. Tout le reste n'est que littérature! Bon, comment composer avec la mort, celle de nos proches et celle qui nous attend? Voilà l'idée de ce livre. Trois grands chapitres pour passer à travers ces quelques questions : 1. Qu'est-ce que la mort? Qu'en disent la médecine, les philosophies, les religions? Faut-il se taire ou en parler? 2. Comment accompagner la fin de vie? Que faire du corps : dons d'organes, inhumation, crémation? Comment célébrer les funérailles? Que dire, que faire lorsqu'on n'est pas ou peu croyant? 3. Quelles sont les démarches pratiques et juridiques à entreprendre en préparation de son décès ou après celui d'un proche?
Le grand livre de la mort à l'usage des vivants, ANDRÉ COMTE-SPONVILLE, ALBIN MICHEL, 480 PAGES
L'adieu au monde
Un livre fascinant ! Pas vraiment un roman, mais plutôt un documentaire romancé. Professeur à l'Université d'Ottawa, l'auteure raconte la vie de trois religieuses dans les années 50 : soeur Marie-Claude-de-la-Croix, infirmière, soeur Marie-Ange-de-l'Incar­na­tion, enseignante, et soeur Antoinette-de-Jésus, travailleuse sociale. Ces trois femmes sont cousines et originaires de Sainte-Claudine, en Mauricie. Toutes les trois sont issues d'un milieu aisé. Ce détail a son importance. La vie au quotidien des religieuses en ce temps-là est ahurissante. Des saintes femmes? Non, des femmes infantilisées et sévèrement tenues en laisse. Mais la société québécoise a appris à se libérer et elles aussi...
L'Adieu au monde, MICHELINE D'ALLAIRE, HURTUBISE HMH, 504 PAGES
Mon évasion
À 88 ans, la madame n'a rien perdu de sa vivacité, de sa lucidité et de sa verdeur langagière. Elle est rendue à une étape de la vie où l'on peut tout dire avec franchise et insouciance. Et elle ne s'en prive pas. Cette autobiographie constitue une sorte de suite à Histoire d'une évasion publiée en 1997. Les jeunes générations (les péronnelles d'aujourd'hui, comme dit la romancière) auraient grandement intérêt à lire ce témoignage pour juger du chemin parcouru. Ce livre est brillant, vivant, pertinent, mais il a un défaut : le vécu et les références de Benoîte Groulx sont très franco-françaises, très parisiennnes, très rive gauche, très mondaines. Hélas, aucun rapport avec la réalité d'ici.
Mon évasion, BENOÎTE GROULX, GRASSET, 334 PAGES
À l'est de minuit
PPK est bourré de talent et d'imagination. Dommage qu'on n'entende jamais parler de lui dans les médias spécialisés dans le bavardage, le copinage et le «promotionnage» de tout et n'importe quoi! L'histoire? Celle d'une croisière au départ de Miami qui tourne mal : les couleurs s'estompent, les sons perdent leur tonus, les parfums ne sentent plus rien, le champagne goûte le soda, il fait froid dans les Caraïbes, les instruments de navigation se détraquent, les gens disparaissent, etc... Au coeur de cette histoire fantastique qui défie le temps et l'espace, une Indienne à la robe violette et le souvenir de violentes amours ancillaires entre Blancs et Chickasaw sur les bords du Mississipi.
À l'est de minuit, PHILIPPE PORÉE-KURRER, LES ÉDITIONS JCL, 282 PAGES
Dix mille choses qui sont vraies
Ce livre est un recueil de capsules humoristiques qui ont été publiées dans La Presse en 2005. Quel genre, les capsules? De courtes réflexions humoristiques sur des aphorismes. Par exemple : plus qu'un combat contre le temps ou la mort, vieillir est un combat contre les poils. Bien vu, les systèmes pileux jouent des tours à tous ceux qui vieillissent. Mais, à mon avis, le vrai combat n'est pas contre les poils mais contre le... poids! Plus tard, Nicolas Langelier comprendra. Une remarque : l'auteur se dit journaliste indépendant. Les autres seraient-ils des journalistes dépendants? Et dépendants de qui et de quoi? Ce serait plus respectueux de se définir journaliste-pigiste.
Dix mille choses qui sont vraies, NICOLAS LANGELIER, LES 400 COUPS, 224 PAGES