Selon le président de Concert'Action Portneuf, Alain Blanchette, il n'y a pas de «gangs de rue» à Saint-Basile. Des jeunes décrochent néanmoins et pourraient éventuellement basculer, se joindre à des groupes criminels.

Subventions pour combattre les gangs de rue à Saint-Basile et à Beaupré

Le gouvernement du Parti québécois a annoncé une série de subventions afin de combattre le phénomène des gangs de rue dans les «milieux les plus à risque»... notamment Saint-Basile, dans Portneuf, et Beaupré.
Le Plan d'intervention québécois sur les gangs de rue relève de la Sécurité publique. C'est d'ailleurs le cabinet du ministre, Stéphane Bergeron, qui a publié les communiqués de presse détaillant le versement de près de 696 000 $ de fonds publics à des organismes communautaires, lundi. Malheureusement, personne n'y était disponible pour nous expliquer l'octroi de ces budgets.
On nous a plutôt renvoyés aux fonctionnaires du Ministère. Ceux-ci ne nous avaient pas rappelés au moment de rendre cet article. Nous voulions connaître les raisons pour lesquelles la Maison des jeunes l'Énigme de Beaupré et Concert'Action Portneuf, basé à Saint-Basile, comptent parmi les heureux élus. Pour un non-initié, il est plus aisé de comprendre que des groupes communautaires de la métropole se partagent le gros de l'enveloppe. Mais Beaupré et Saint-Basile, même combat?
Car le Plan d'intervention québécois sur les gangs de rue cible «les milieux les plus à risque», nous apprend le document disponible en ligne. Il finance la répression des gangs bien établis. Il soutient également la prévention afin d'éviter que «la clientèle à risque» adhère à des bandes de jeunes délinquants ou à des gangs en émergence et qu'elle assure ainsi une relève pour les gangs de rue majeurs, ajoutent les auteurs.
«Ce n'est pas parce qu'on est à la campagne qu'on n'a pas de problèmes», commente le président de Concert'Action Portneuf, Alain Blanchette. Pas de «gangs de rue» à l'horizon, toutefois. Des jeunes décrochent néanmoins et pourraient éventuellement basculer, se joindre à des groupes criminels. «On veut fermer le robinet.»
«C'est important de travailler en région», ajoute le travailleur de rue Martin Pouliot, coordonnateur de la Maison des jeunes l'Énigme de Beaupré. Hors des grands centres, des exclus ont aussi besoin d'un coup de pouce, insiste-t-il. Sinon, certains partiront pour les grands centres, où ils pourraient joindre les rangs de groupes criminels.
Pour l'anecdote, soulignons que lundi, plusieurs ministres péquistes ont célébré l'octroi de subventions à des établissements de leur circonscription... et que tous ont choisi essentiellement les mêmes mots pour s'exprimer. Pauline Marois dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Jean-François Lisée à Montréal, Agnès Maltais dans la Capitale-Nationale et Marie Malavoy en Montérégie ont tous déclaré, par voie de communiqués de presse plutôt mimétiques : «Par leur engagement et leurs actions ciblées, les intervenantes et intervenants de [ces organismes] contribuent à prévenir et à contrer le phénomène des gangs de rue, et c'est avec fierté que nous les soutenons concrètement dans leurs démarches.»