Steve Morency, ce passionné de la restauration asiatique, a tout du maître zen dans sa façon de voir la vie comme «une source de bonheur qu'il faut garder équilibrée».
Steve Morency, ce passionné de la restauration asiatique, a tout du maître zen dans sa façon de voir la vie comme «une source de bonheur qu'il faut garder équilibrée».

Steve Morency, propriétaire de Yuzu Sushi

Nadia Ross
Nadia Ross
Le Soleil
Lauréate : Steve MorencyOccasion : il a remporté le titre de jeune personnalité d'affaires 2009
Un vent de fraîcheur est venu souffler dans le quartier Saint-Roch, il y a sept ans. Prenant racine au coin du boulevard Charest et de la rue du Parvis, le Yuzu sushi-bar ne cesse depuis de répandre sa brise dans toute la ville. À la tête de ce petit empire du maki, se trouve un jeune homme humble au visage rieur.
Au coeur de son resto tendance où règnent Bouddhas, bonsaïs et sculptures asiatiques, Steve Morency se confond presque avec le décor par son équilibre et sa sobriété. Même s'il n'a jamais mis les pieds au Japon, ce passionné de la restauration asiatique a tout du maître zen dans sa façon de voir la vie comme «une source de bonheur qu'il faut garder équilibrée».
La famille ne doit jamais être délaissée au profit du travail, précise ce père de deux enfants. Un esprit sain doit du coup habiter un corps sain, ajoute-t-il. Kayak, ski alpin, golf, vélo de montagne et même jogging font partie de son régime sportif. Aucune contradiction donc, avec le produit qu'il vend. «Le sushi est de plus en plus en demande parce que c'est un repas santé, comparativement au fast-food qui perd de la popularité», estime-t-il.
Ainsi, il ne craint point la crise économique qui gronde à l'horizon. «Dans les comptoirs pour emporter, les gens vont pouvoir faire des économies sans se priver d'un bon produit. Je ne crois pas que la crise va nous toucher, au contraire.»  
Pendant que flotte dans l'air des effluves du vinaigre de riz maison, il raconte comment il a débuté en affaires. À partir d'un projet de baccalauréat qu'il a terminé au printemps 2002, il a réalisé son rêve et ouvert son propre restaurant à l'automne de la même année. À l'époque, il n'était âgé que de 24 ans. «Les banques étaient assez frileuses. Alors, c'est mon père qui m'a aidé à tout mettre en oeuvre, dit-il, une note d'admiration dans la voix. J'ai beaucoup appris de lui. Il est parti de rien et a monté les échelons. C'est un modèle pour moi.»
Une fierté qui doit être réciproque quand le père regarde le bilan de son fils. En deux ans, huit comptoirs Yuzu Sushi ont vu le jour un peu partout à Québec et huit autres — dont un à Montréal — seront ouverts d'ici la fin de l'année. En tout et partout, environ 100 personnes travaillent dans un Yuzu et le chiffre d'affaires annuel approche les 5 millions $.
Depuis l'ouverture du restaurant de la rue du Parvis en 2002, l'entreprise est toujours en croissance. Mais ce qui a mis le Yuzu sur la carte du Québec, c'est bien sûr la visite de Daniel Pinard l'année dernière. «Il a dit qu'il n'avait jamais aussi bien mangé de sa vie!» relate le jeune homme d'affaires. Depuis, à l'heure du lunch, la file s'allonge et le petit restaurant affiche souvent complet.
Évidemment, ce succès pourrait lui monter à la tête. Mais la jeune personnalité d'affaires de l'année dégage plutôt de la confiance, du respect et de l'intégrité. Ces trois valeurs en poche, il rêve voir rayonner ses «sushis uniques» à travers le Canada, voire dans le monde. «Mais avant, il faut que je continue de construire des bases solides dans la province, on verra ensuite!»
Cha­que se­mai­ne, un ju­ry for­mé de re­pré­sen­tants des ré­dac­tions du So­leil, de la ra­dio et de la té­lé­vi­sion de Ra­dio-Ca­na­da à Qué­bec nom­me un lau­réat ­afin de sou­li­gner une ré­ali­sa­tion ex­cep­tion­nel­le ou une contri­bu­tion si­gni­fi­ca­ti­ve à la vie ou au rayon­ne­ment de Qué­bec. Ren­con­trez le lau­réat de la se­mai­ne ­dans Le So­leil le dimanche, à la ra­dio de Ra­dio-Ca­na­da à l'émission de Michel Lamarche où l'entrevue a lieu à 17h20 et à la télévision dans le té­lé­jour­nal de fin ­d'après-mi­di. ­Vous connais­sez une per­son­ne qui mé­ri­te­rait ­d'être nom­mée lau­réat ?
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