Stacey Kent fait montre d'un immense respect pour la musique et son public.

Stacey Kent: la grande classe

De la classe, de la générosité et de l'amour. Déployé autour de ces trois axes, le retour dans la capitale de la femme de jazz Stacey Kent ne pouvait pas faire fausse route. Les spectateurs réunis à l'Impérial ont été conviés à un magnifique voyage musical, samedi, guidés par la lumineuse chanteuse.
Les retrouvailles étaient visiblement attendues : alors que le théâtre affichait complet en début de soirée, la file de festivaliers qui espéraient quand même obtenir une place s'étirait sur la rue Saint-Joseph. Et semble-t-il que les admirateurs s'étaient aussi manifestés sur les réseaux sociaux depuis quelques mois en prévision de la visite de l'Américaine, qui n'a pas manqué de noter au passage des demandes spéciales. Visiblement, celles-ci lui ont aussi fait plaisir : quand est venu le temps d'interpréter Ces petits riens de Gainsbourg, elle a murmuré, l'air radieux, un sincère «merci de l'avoir demandée!»
S'adressant en français à son public (avec un accent qui est loin d'être «affreux», contrairement à ce qu'elle a prétendu), prenant le temps d'expliquer le sens des chansons et de souligner l'identité de leurs créateurs, Stacey Kent fait montre d'un immense respect pour la musique et son public. Le tout se double d'un plaisir évident sur les planches : il faut voir la chanteuse à la voix souple savourer le sourire aux lèvres les solos de ses complices, dont ceux de son multi-instrumentiste de mari, Jim Tomlinson.
En français, en anglais ou en portugais, Stacey Kent et ses musiciens auront au final offert un concert à la fois feutré, subtil, romantique et pétillant... Ils ont récolté une longue ovation pleinement méritée. 
Emma Frank Quintet
La première partie du spectacle a été assurée par l'une des admiratrices de Stacey Kent. La chanteuse Emma Frank a en effet par deux fois mentionné à quel point elle était excitée d'être là et combien elle avait hâte de l'entendre. À sa première présence au Festival d'été, le Emma Frank Quintet (contrebasse, piano, batterie et trompette) a ouvert une fenêtre sur son univers musical à la fois aérien... mais aussi quelque peu aquatique : avec ses longs cheveux blonds et ses vocalises flûtées, Mlle Frank avait toutes les allures d'une sirène sur la scène de l'Impérial. Si l'ensemble pouvait à la longue devenir un peu répétitif, ses charmes ont visiblement fait leur effet. Il y a bien eu ce spectateur qui lui a déclaré son amour entre deux titres... Mais le public, en général, a aussi beaucoup apprécié, si l'on se fie à l'accueil chaleureux qui lui a été réservé.