St. Vincent: sur les planches depuis l'adolescence

Le monde des tournées n'a pas de secret pour la chanteuse et guitariste texane Annie Clark, alias St. Vincent. Et pour cause, l'artiste de 31 ans qui se produira ce soir à l'Impérial organise des tournées depuis qu'elle est adolescente!
«Mon oncle et ma tante forment le duo de jazz vocal Tuck and Patti et ils m'ont prise comme gérante de tournée quand j'avais 15 ou 16ans. C'est vraiment comme ça que j'ai appris les rudiments de la vie d'artiste en tournée», explique la chanteuse en entrevue téléphonique avec Le Soleil.
«Ce travail m'a permis de voyager partout avec eux : en Europe et même au Japon. Mon travail était de m'assurer que tout le matériel était installé comme il faut, les loges, la scène, l'hôtel. J'avoue que ça m'a aidée beaucoup quand je suis moi-même devenue musicienne professionnelle et que j'ai commencé à faire des tournées. Je savais à quoi m'attendre.»
Musicalement, celle qui a commencé à gratter la guitare à l'âge de 12 ans, dit avoir été grandement inspirée par les groupes qui s'arrêtaient à Dallas. «Moi et mes copines, on se sauvait souvent de l'école pour aller voir les musiciens qui faisaient des apparitions dans les magasins de disques. On allait voir beaucoup de spectacles aussi, des groupes comme Cibo Matto, Sleater-Kinney et Sonic Youth.»
La Belle et la Bête
Parmi les groupes que la jeune Annie appréciait particulièrement, on comptait les Talking Heads. Jamais elle n'aurait cru qu'un jour, elle enregistrerait un album avec le chanteur et guitariste David Byrne, leader de la célèbre formation new wave.
«Je l'ai rencontré lors d'une activité organisée par une oeuvre de charité [NDLR : Red Hot Organization, un organisme dédié à la lutte contre le sida]. Quelqu'un nous a alors suggéré de travailler ensemble. On pensait que ce serait seulement quelques chansons, mais, finalement, on a continué à écrire, et ça a donné un album», explique-t-elle à propos de Love This Giant lancé en 2012.
La pochette de l'album montre une St. Vincent au visage déformé au côté d'un Byrne au faciès trop parfait. «Le concept était La Belle et la Bête, sauf que c'était moi, la bête!» explique la chanteuse.
Nouvelle étiquette
Depuis, St. Vincent a travaillé à son dernier album, lancé en février et dont elle fait présentement la promotion en tournée. Il s'agit de son premier effort depuis qu'elle a été recrutée par Republic Records, une filiale d'Universal, après trois albums publiés sur des étiquettes indépendantes.
«Tu sais, aujourd'hui, ça ne fait pas vraiment une énorme différence d'être sur une étiquette majeure ou sur une étiquette indépendante. L'industrie de la musique a changé de façon dramatique, alors le changement d'étiquette n'amène pas vraiment de changement dans ma vie de tous les jours», confie-t-elle.
«En fait, si j'ai décidé de quitter l'étiquette 4AD pour aller chez Republic, c'est parce que je savais que Republic avait vraiment une bonne équipe», poursuit celle qui a toutefois gardé avec elle le producteur John Congleton, qui avait produit ses albums Actor et Strange Mercy. «J'adore travailler avec John, car on est tous les deux du Texas et qu'il a une grande habileté à créer un monde sonore particulier.»
Pour sa tournée qui l'amène pour la première fois à Québec, St. Vincent sera accompagnée de la claviériste et guitariste Toko Yasuda, du claviériste Daniel Minsteris et du batteur Matt Johnson, qui a entre autres enregistré avec Jeff Buckley, Rufus et Martha Wainwright.
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Vous voulez y aller?
Qui : St. Vincent (invités : Thus Owls et San Fermin)
Où : Impérial de Québec, 252, rue Saint-Joseph Est
Quand : vendredi, 22h15
Billets : laissez-passer du FEQ ou 15 $ à la porte
Tél. : 418 523-4540
Info : www.infofestival.com