Les compressions touchent neuf postes de la Surêté du Québec : Montréal (photo), Bellechasse, Vaudreuil-Soulange, Beauce-Sartigan, l'Outaouais, la Mauricie, Rimouski, Les Maskoutains, et Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec.

SQ: 92 employés au chômage

La Sûreté du Québec (SQ) a amorcé sa cure d'amaigrissement vendredi avec la mise à pied d'une centaine de personnes, a appris Le Soleil.
Ces mesures surviennent quelques jours après l'annonce du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, souhaitant réduire les effectifs de 2 % dans la fonction publique dès l'exercice 2015-2016. Quatre-vingt-douze personnes, principalement des employés de bureau, se retrouveront donc au chômage pour le temps des Fêtes. Plusieurs d'entre eux ont appris la mauvaise nouvelle mercredi.
Selon le nombre d'années de service, «les coupes sont effectives pour certains travailleurs à compter du11 décembre, d'autres le 27 décembre et d'autres le 9 janvier», a indiqué au Soleil Denise Boileau, vice-présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). «Le mot de remerciement de la direction est: "On peut vous référer au programme d'aide des employés et du chômage." C'est quand même triste...»
Les compressions touchent neuf postes de la SQ: Montréal, Bellechasse, Vaudreuil-Soulange, Beauce-Sartigan, l'Outaouais, la Mauricie, Rimouski, Les Maskoutains et Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec. Sur les 67 employés remerciés représentés par la SFPQ - les autres employés licenciés étant des professionnels -, on trouve notamment des agents de bureau, des techniciens en administration, des techniciens en informatique, des agents de secrétariat, des préposés au matériel et des techniciens en droit. Aucun poste d'agent de policier ne fait partie des compressions.
Effets ressentis
Pour l'heure, même si les coupes s'adressent seulement aux travailleurs avec un statut occasionnel (sous contrat), les impacts se feront assurément ressentir à travers tout le réseau, estime Mme Boileau. Par exemple, «les techniciens en informatique ont un rôle assez important, même stratégique. Ce sont eux qui sont en soutien au centre de gestion des appels pour l'ensemble du réseau informatique. Lorsqu'il y a un bogue, soit à l'interne ou dans les voitures de police, ce sont eux qui interviennent. C'est un rôle très important au niveau de l'efficacité».
Par année, les techniciens en informatique traitent en moyenne60 000 demandes. En coupant11 personnes, «il va certainement y avoir des conséquences sur le travail», note la représentante du SFPQ, qui compte environ 42 000 membres à travers le Québec, dont quelque 31 000 d'entre eux sont issus de la fonction publique québécoise.
De plus, les coupes auront des conséquences directes sur les demandes d'accès à l'information. «Les personnes qui s'occupent de ça, ce sont des techniciens en administration et en droit.» À l'heure actuelle, il y a entre 3000 et 4000 demandes par année qui sont traitées à la Sûreté du Québec, «mais il y a entre deux et trois ans de retard», indiqueMme Boileau. «Normalement, la loi prévoit qu'il faut traiter la demande en 30 jours... avec deux à trois ans de retard, ça va être presque impossible de penser à un accès à l'information à la Sûreté du Québec».
Les heures d'ouvertures des postes de la SQ seront aussi touchées par les compressions. «Plusieurs postes étaient encore ouverts de 8h à 17h. Maintenant, tous les postes vont être ouverts de 8h30 à 16h30», a conclu la vice-présidente de la SFPQ, qui s'inquiète pour l'avenir du personnel occasionnel de la fonction publique. «Nous avons environ 30 % de personnel occasionnel, on commence à se poser la question si on [le gouvernement] ne met pas la hache dans tous les occasionnels. Un bref coup de baguette magique comme si ce monde-là ne faisait rien...»
Au mois de septembre, Radio-Canada avait souligné que 30 millions $ en dépenses devaient être supprimés à la Sûreté du Québec d'ici l'an prochain.