L'infirmière se souvient d'avoir été conviée, par une femme enceinte qu'elle suivait, au «walking out» de son enfant.

S'ouvrir aux communautés autochtones

Travailler dans le Grand Nord, c'est aussi accepter de s'ouvrir aux communautés autochtones. Julie McCormick avait déjà côtoyé les Innus lors de ses années de travail à Sept-Îles et Schefferville, mais les Inuits et les Cris, jamais.
«C'était tout nouveau», dit-elle. Depuis plus de deux ans, elle parcourt les neuf communautés cries de la Baie-James. Un périple qui a donné lieu à d'innombrables rencontres culturelles. 
«La communauté, ils vont t'inviter à des activités ancestrales, à des rites», assure-t-elle. L'infirmière se souvient d'avoir été conviée, par une femme enceinte qu'elle suivait, au «walking out» de son enfant. C'est une cérémonie ancestrale où le bambin effectue ses premiers pas à l'extérieur du tipi. «Quand tu participes, ils sont super contents.»
«Veux, veux pas, il y a un très grand roulement de personnel, surtout chez les infirmiers et les professeurs. C'est pas évident pour eux de faire confiance aux gens qui passent. Quand tu participes à leurs cérémonies, ça leur démontre que t'es intéressé en à apprendre plus, que t'es pas ici que pour l'argent», illustre-t-elle. 
Parce que oui, l'appât du gain attire aussi les professionnels dans le Grand Nord, selon Julie McCormick. «On ne se le cachera pas, il y en a qui ne vienne pas ici que pour la culture et l'aventure.» Une infirmière au-delà du 55e parallèle peut gagner près du double que si elle travaillait à Québec, par exemple, estime-t-elle. 
Les dommages du pensionnat 
L'époque noire des pensionnats autochtones a laissé ses traces autant au sud qu'au nord, se désole Julie McCormick, ce qui teinte aussi sa pratique. «Il y a beaucoup d'abus de drogue et d'alcool, de la maladie mentale aussi. Les pensionnats, qu'on le veuille ou pas, ç'a vraiment fait de gros dommages. Il y a beaucoup de souffrance», rapporte-t-elle. 
Mais c'est une réalité qui fait partie de l'équation. «Ce n'est pas juste ça», assure la jeune infirmière, qui s'est aussi donné la peine d'apprendre quelques mots en Cri et qui parvient même à parler un peu l'inuktitut (langue inuit). «[Travailler avec eux], ça m'apporte d'être plus zen, d'avoir le temps de prendre le temps avec eux». 
«Leur relation avec la terre m'interpelle. [...] J'adore ça ici. J'aime vraiment ma job