Gisèle Casadesus - qui a eu 100 ans en juin! - incarne Selma, une veuve de 95 ans qui se meurt d'un cancer, mais qui veut partir le sourire aux lèvres.

Sous le figuier: chronique d'une mort annoncée

Il n'y a rien comme une bonne petite vieille pour insuffler un brin de sagesse et de sérénité dans nos vies désorientées... Je me moque, mais Sous le figuier exploite un thème souvent rabâché sans particulièrement d'originalité. Le film inconsistant d'Anne-Marie Étienne (Si c'était lui...) est rempli d'intentions louables, d'observations assez justes et de belles images, mais ce n'est pas suffisant.
La vieille en question, c'est Selma (Gisèle Casadesus). La veuve de 95 ans se meurt d'un cancer, mais elle veut partir le sourire aux lèvres. La nouvelle bouleverse sa nièce, qui décide de louer une maison d'été pour l'accompagner dans ses derniers jours. Nathalie (Anne Consigny) demande à son meilleur ami Christophe (Jonathan Zaccaï) de les accompagner. Selma insiste pour que sa protégée Joëlle (Marie Kremer) en soit aussi.
Les trois n'ont rien en commun si ce n'est une crise existentielle. Nathalie, une chef cuisinière intransigeante qui refuse de s'adapter, rumine sa dernière peine d'amour et a peur, à 50 ans, de se retrouver seule. Christophe, monoparental avec trois petites filles, vient de perdre son poste de cadre. Joëlle, en perpétuel désarroi, laisse tellement le travail empiéter sur sa vie qu'elle est en train de perdre l'affection de sa fille et l'amour de son mari.
Sous le figuier nous présente les personnages dans une laborieuse mise en place qui surligne ce que le spectateur a compris en 10 minutes. Et à part Christophe, bon bougre sans témérité, il est très difficile d'éprouver de la sympathie pour les deux femmes. Ça part mal.
L'arrivée à la campagne améliore les choses. La maladie de Selma agit peu à peu comme un révélateur, et ses conseils, remplis de gros bon sens, guident le trio vers une «renaissance». Le film propose aussi, sans trop insister, des réflexions intéressantes sur le droit à mourir dans la dignité, l'acharnement thérapeutique, les angoisses causées par la mort, le deuil...
Rien de transcendant, mais c'est quand même assez adroit, même si le film peine à trouver le ton juste. Par contre, il faut reconnaître à Anne-Marie Étienne un réel talent de dialoguiste - les réparties étant assez vives et pleines d'esprit. La réalisation, par contre, est assez schématique.
Chapeau, Madame
La présence de Gisèle Casadesus (Les enfants du marais de Becker), qui a eu 100 ans en juin!, rehausse évidemment l'intérêt pour le film. Pas en raison de son âge, ce qui demeure anecdotique, mais en raison de la qualité de son jeu naturel. Chapeau, Madame. D'ailleurs, les acteurs s'en tirent plutôt bien dans ce scénario indolent qui favorise les décrochages. Et à défaut de filmer ceux-ci avec éclat, il faut avouer que la réalisatrice filme les enfants de façon magnifique.
Contrairement à Milou en mai (Louis Malle, 1990) ou à Ceux qui m'aiment prendront le train (Patrice Chéreau, 1998), le microcosme de Sous le figuier n'en révèle que très peu sur la société qui a produit ces trois êtres en crise. Et le film croule sous les bons sentiments, sans parler de l'intrusive trame sonore, forte sur les cordes, qui tente de nous titiller la glande lacrymale. Très maladroit, en somme.
AU GÉNÉRIQUE
Cote : **1/2
Titre : Sous le figuier
Genre : comédie dramatique
Réalisatrice : Anne-Marie Étienne
Acteurs : Gisèle Casadesus, Anne Consigny, Jonathan Zaccaï et Marie Kremer
Salles : Clap au Musée dela civilisation, Clap
Classement : général
Durée : 1h36
On aime : les images lumineuses, la vivacité de certaines répliques
On n'aime pas : les bons sentiments, la longue mise en place, l'aspect artificiel