Pour le capitaine du Chasseur d'écume, Jeff Vollant, c'est une fierté pour un Autochtone de pratiquer la pêche commerciale.

Source de fierté pour les Autochtones

Pratiquer la pêche est synonyme de fierté pour bon nombre d'Autochtones qui renouent ainsi avec les pratiques traditionnelles de leurs ancêtres.
«Avant ça, mon grand-père était nomade, alors quand je suis embarqué sur un bateau, j'ai eu comme un déclic, c'était d'un coup normal pour moi», raconte Jeff Vollant, capitaine du crabier, Le Chasseur d'écume depuis cinq ans. À peine descendu du bateau, après une sortie de quelques jours, son sourire parle de lui-même. 
«Ça fait 14 ans que je suis pêcheur. Quand j'ai commencé, on me voyait comme un des premiers, jeune. Mais aujourd'hui, c'est encore un bon métier. Je pense que beaucoup de monde a réussi à s'en sortir avec la pêche», poursuit l'Innu, dont le bateau appartient à Uashat mak Mani-Utenam (Sept-Îles) et Pessamit (Baie-Comeau). 
Relève
Les Autochtones seraient également de plus en plus nombreux à reprendre la mer, selon le directeur général de l'AMIK, Léo St-Onge. «C'est de plus en plus populaire, on le voit sur les bateaux, les gens aiment vraiment ce qu'ils font», assure-t-il. L'AMIK en fait d'ailleurs beaucoup pour donner le goût de la pêche très tôt à «la relève». 
Depuis deux ans, l'organisme tient entre autres ses «camps de la mer», destinés aux enfants âgés entre 9 et 11 ans, pendant lesquels l'AMIK se déplace dans les communautés de la côte. «On leur explique les métiers de la mer, les aînés participent, on leur donne une nouvelle vision des possibilités.»
Notons le fait suivant : l'entrée officielle des Autochtones dans les pêches commerciales a découlé du jugement Marshall, rendu en 1999, reconnaissant aux Premières Nations des droits d'exploitation pour leur subsistance et leur développement.
<p>L'équipage du<em> Chasseur d'écume</em> avec le capitaine, Jeff Vollant, à droite</p>
Les Autochtones en Gaspésie
En Gaspésie, les Micmacs occupent également une place importante dans l'industrie de la pêche. La communauté de Listuguj se distingue avec ses permis totalisant cinq millions de livres de crevette et 1,8 million de livres de crabe. Les retombées estimées pour 2016 approcheront 14 millions $.
Gesgapegiag et Gespeg, qui pêchent en plus le homard, devraient pour leur part générer des revenus de plus de 10 millions $ cette année. L'industrie de la pêche crée environ 75 emplois pour ces trois communautés gaspésiennes. Au Bas-Saint-Laurent, la réserve malécite de Viger touche de la pêche commerciale, des revenus avoisinant 1 million $. Gilles Gagné