Les voyageurs présents à l'aéroport de Sotchi, reconstruit à neuf pour les jeux, ont rapporté que l'attente n'était pas trop longue aux contrôles de sécurité et les horaires d'enregistrement s'étalaient de dix minutes à trois heures, selon les destinations.

Sotchi retrouve sa quiétude

Les athlètes et visiteurs du monde entier convergeaient vers l'aéroport de Sotchi, lundi, pour rentrer chez eux à l'issue d'une expérience que plusieurs Russes ont désignée de succès retentissant et que le président du mouvement olympique a qualifié avec enthousiasme de victoire pour la région et la nation hôte. «Oui, nous avons réussi!» s'est exclamé un bénévole olympique.
Après s'être retrouvé sous les projecteurs pendant 17 jours, Sotchi n'est plus animée des chants rythmés «Ro-ssi-ya! Ro-ssi-ya!» et le ménage a commencé en ville.
Les voyageurs présents à l'aéroport de la région, reconstruit à neuf pour les jeux, ont rapporté que l'attente n'était pas trop longue aux contrôles de sécurité et les horaires d'enregistrement s'étalaient de dix minutes à trois heures, selon les destinations. Pour cette journée annoncée comme la plus occupée, la situation semblait se résumer à une matinée de grande affluence comme dans n'importe quel aéroport d'une grande ville.
Au Parc olympique, situé sur le littoral de la mer Noire, qui accueillera maintenant les Jeux paralympiques du 7 au 16 mars, c'était le calme plat. Comme la ville de Sotchi à proximité, le parc était déserté sauf par les légions de volontaires vêtus de leurs vestes multicolores encore sur place. La majeure partie des barrières de sécurité sont demeurées en place en prévision des Jeux paralympiques, mais la sécurité était visiblement moins rigoureuse.
Ces Jeux d'hiver, le projet personnel du président Vladimir Poutine, se sont déroulés en dépit des préoccupations internationales au sujet des droits des homosexuels et des craintes d'une attaque terroriste. Mais les athlètes ont massivement choisi de ne pas utiliser la tribune olympique pour faire des déclarations sur les droits de la personne, et les jeux ont eu lieu sous de vigoureuses (et parfois inégales) mesures de sécurité, mais sans aucun signe d'activité violente.
Et après?
La question qui se pose désormais: qu'est-ce qui attend Sotchi? Après des milliards de dollars en investissements et des jeux couronnés de succès, on attend plus tard cette année un sommet du G8 et une course de Formule 1.
Mais cette station de villégiature a-t-elle une viabilité à long terme, ou - malgré ses montagnes et l'eau si proche l'une de l'autre - subira-telle le sort de quelques autres anciennes villes olympiques qui n'ont pas réussi à attirer les foules? Le président du CIO, Thomas Bach, soutient qu'elle «a certainement un avenir» après deux décennies de préparation.
Plusieurs Russes donnent crédit à Poutine pour cette réussite.
«C'est bon pour lui, notre président. Il a construit tout cela, développé tout cela. Nous n'avions pas ce genre de station de villégiature avant, a déclaré Sergueï Lesnikov, un entraîneur de hockey de 54 ans, originaire de la ville de Kirov. Après les Jeux olympiques, ça restera. Dites à vos amis et votre famille de venir voir ça. Ce n'est pas si mal.»
Et qu'en est-il pour la Russie elle-même? Malgré certaines images des Jeux de Sotchi qui incluent des miliciens cosaques battant des jeunes femmes activistes, l'impression générale est celle de la compétence, de l'optimisme - et, bien évidemment, des prouesses athlétiques.
Le vice-premier ministre du pays, Dmitry Kozak, dresse un tableau idyllique de la Russie d'aujourd'hui - et de demain: «Les jeux ont transformé notre pays, sa culture et les gens en quelque chose qui est beaucoup plus proche et plus attrayant et compréhensible pour le reste du monde.»