Les comédiens occupaient l'avant-scène, l'orchestre était placé derrière, un peu en retrait.

Songe d'une nuit d'été: un exploit drôle et féerique

La magie a opéré très tôt, mercredi soir à la salle Louis-Fréchette. Ce n'était pas à un simple concert que nous conviaient l'Orchestre symphonique de Québec et son chef Fabien Gabel, mais au Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare accompagné par la musique de Mendelssohn. Pour le dire en trois mots, une véritable féerie.
Les comédiens occupaient l'avant-scène, l'orchestre était placé derrière, un peu en retrait. Oubliez le spectacle à grand déploiement. En fait de décors, quelques escabeaux, des grands et des petits, un lit à roulettes, et rien d'autre. La richesse de l'oeuvre, l'ingéniosité de la mise en scène, la qualité des éclairages et la solide prestation des interprètes ont fait facilement oublier la modestie des moyens. Totalement. On peut sans conteste parler d'un exploit.
L'intention, voilà tout ce qui comptait. Or, celle-ci s'est révélée tout à fait désintéressée. On n'était pas là pour prouver quoi que ce soit, mais pour réaliser un rêve.
Et quel rêve! Le spectacle fut d'une incomparable fraîcheur. Rien de pompeux, tout pour divertir et amuser.
Le côté ensorcelé de la musique de Mendelssohn semble parfaitement s'accorder au clair-obscur dans lequel baigne la scène. Un climat s'installe dès l'ouverture. La direction de Fabien Gabel est précise et le son de l'orchestre limpide. Quant à la mise en scène de Jacques Leblanc, celle-ci n'est pas seulement claire, elle est lumineuse.
Feu roulant
Les personnages entrent l'un après l'autre, tout naturellement. C'est le moment des présentations, avec mise en contexte et résumé de l'histoire. Et c'est parti pour près de deux heures, sans la moindre anicroche. Un feu roulant.
On se régale du jeu des comédiens et de la justesse du ton des répliques. On se réjouit du rythme des dialogues que viennent appuyer les interventions de l'orchestre. Tout est parfaitement en place. C'est presque miraculeux.
Tous les personnages avaient de la profondeur. Puck (Ariane Côté Lavoie), Helena (Chantal Dupuis), Bottom (Jean-Michel Girouard) et Quince (Danièle Belley) m'ont personnellement beaucoup charmé. Mais je dirais que Guillaume Pépin a remporté la palme avec sa folle, étonnante et vaudevillesque Thisbé.
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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC. Le songe d'une nuit d'été de William Shakespeare. Direction musicale : Fabien Gabel, chef d'orchestre. Mise en scène : Jacques Leblanc, assisté d'Alexandre de Grandpré. Comédiens : Catherine Simard, Jocelyn Paré, Ariane Côté Lavoie, Jean-Michel Girouard, Danièle Belley, Guillaume Pépin, Nicola Boulanger, Paul Fruteau de Laclos, Chantal Dupuis, Dominic Desnoyers et Amélie Laprise. Avec Judith Bouchard et Marie-Michèle Roberge, sopranos, et la Maîtrise des Petits chanteurs de Québec. Mercredi soir à la salle Louis-Fréchette.