Sondage: le bonheur à l'école, ça dépend...

Quand les élèves du secondaire sont démotivés, des si­gnes se manifestent. En voici qui laissent penser que les jeunes ne sont peut-être pas aussi heureux à l'école qu'ils le prétendent. Mais rassurez-vous, la bouffe et l'uniforme ne semblent pas responsables.
Alcool et drogues
Un élève du secondaire sur 13 (7,5 %) admet avoir déjà consommé de la drogue ou de l'alcool à l'école, qu'il s'agisse de mettre du fort dans sa bouteille de jus, de fumer un joint à la pause ou d'avaler un speed pour rester éveillé dans les cours.
Les jeunes qui forment le un treizième ne semblent pas con­sommer souvent. Les deux tiers disent avoir bu ou s'être drogués entre une et cinq fois au cours de la dernière année. Mais la moyenne se situe à environ sept fois par année.
«Il y en a plusieurs pour qui c'est juste une expérience, pour essayer», soutient Odélie Fortin-Toutant, élève de quatrième secondaire à la polyvalente de Charlesbourg.
Raynald Harvey, président d'Uni­marketing, pense que les résultats du sondage ne traduisent pas parfaitement la réalité. Selon lui, la proportion réelle des consommateurs pourrait être plus élevée. «On ne s'attendait pas à ce que les jeunes se mettent à table sur la consommation de drogue et d'alcool», dit-il.
Sans surprise, les consommateurs d'alcool et de drogue à l'école ont tendance à consacrer moins de temps à leurs devoirs, à manquer plus de cours et à songer davantage à décrocher.
Séchage de cours
Un peu plus du quart des élèves du secondaire (27 %) sèchent des cours. Une proportion qui grimpe à 32 % chez les jeunes qui fréquentent l'é­cole publique, à 37 % chez les 15 à 17 ans et à 36 % chez ceux qui n'aiment pas les cours ou leurs professeurs.
Plus de la moitié des jeunes (58 %) qui sèchent leurs cours affirment l'avoir fait entre une et cinq fois dans la dernière année. La moyenne, toutefois, se situe environ à 12 fois, signalant que plusieurs «foxent» les cours régulièrement.
Selon les professeurs interrogés par Le Soleil, il s'agit de cas isolés. Un peu comme pour la consommation de drogue et d'alcool.
«Quand tu manques un cours, il y a toujours des conséquences, c'est se mettre dans le trouble pour rien», dit Anne-Marie Couture, élève de cinquième secondaire.
Décrochage
Près d'un élève sur 10 (9,7 %) a songé à quitter l'école avant la fin de son secondaire. La proportion des décrocheurs potentiels est plus élevée à l'école publique, chez les 15 à 17 ans et chez ceux qui n'aiment pas les cours ou les professeurs.
Mais dans l'ensemble, elle semble basse par rapport au taux de décrochage officiel au Québec, qui est de 24,9 %. À croire que plusieurs autres élèves finiront par y penser.
«Il y en a beaucoup qui prennent un break de l'école, mais qui comptent bien y retourner plus tard, souligne Claude Guay, conseiller en orientation à l'école secondaire Cardinal-Roy. Pour eux, ils n'ont pas vraiment lâché l'école.»
Avec la collaboration de Daphnée Dion-Viens