Les Québécois ont rendez-vous avec la démocratie le 7 avril prochain.

Sondage CROP: l'économie, priorité des électeurs

De la charte de la laïcité ou de la «classique» santé, laquelle devrait être l'enjeu principal de la campagne, aux yeux des électeurs? Eh bien, ni l'une, ni l'autre, d'après un sondage récent CROP-Le Soleil-La Presse : c'est l'économie qui préoccupe le plus les Québécois.
Après des années à placer la santé en tête des priorités électorales, tant au provincial qu'au fédéral, et après des mois à débattre de la charte, 46 % des 1000 personnes sondées par CROP ont indiqué que l'économie serait l'«enjeu déterminant dans le cadre d'éventuelles élections provinciales» (l'échantillonnage a été réalisé du 13 au 16 février). La santé arrive au second rang, mais tout de même loin derrière, à 28 %, tandis que la «question identitaire» que martèle le Parti québécois (PQ), non sans un certain succès populaire, ne fait guère mieux que 8 %.
«Le fait que l'économie dépasse la santé, c'est nouveau, commente Youri Rivest, sondeur chez CROP. [...] Ça date d'il y a un an ou deux. Ça a commencé avec la crise de 2008, mais la préoccupation est venue plus tard.»
Alors comment expliquer la popularité actuelle du PQ, lui qui tape sur un clou apparemment sans importance pour les électeurs? Selon M. Rivest, cela ne devrait pas nous surprendre.
«Les gens ne mentionnent pas spontanément les questions identitaires comme des priorités. En 1994, ils ne le faisaient pas non plus, et un an plus tard, on avait un référendum sur la souveraineté qui finissait 50-50.»
Pour qu'un thème s'impose comme enjeu électoral, poursuit-il, il doit toucher une corde sensible (ce qui est le cas d'un sujet «viscéral» comme la charte), il doit permettre aux partis en présence de se différencier les uns des autres (ce qui est aussi le cas de la charte), et les politiciens doivent pouvoir en parler avec un minimum de crédibilité - ce qui est aussi vrai, dit M. Rivest, puisqu'«avec les questions identitaires, un parti peut faire une charte, alors que pour l'économie, par exemple, les gens savent que les politiciens n'ont pas énormément de leviers».
Méthodologie
Le sondage a été réalisé auprès d'un panel Web de 1000 répondants à la mi-février. Ce genre de panel n'est pas considéré comme un échantillon aléatoire, si bien que la notion de marge d'erreur ne s'y applique pas vraiment. Mais si, pour se faire une petite idée de la précision du sondage, on calculait quand même cette marge d'erreur, elle serait dans ce cas-ci de plus ou moins 3 %, 19 fois sur 20.