Pauline Marois

Sondage CROP: le PQ séduit les femmes

Que se passe-t-il dans l'électorat féminin québécois? Le sondage Crop-Le Soleil-La Presse publié jeudi met en exergue des différences inédites dans les intentions de vote des femmes : un appui prononcé au Parti québécois (PQ) et une désaffection pour la Coalition avenir Québec (CAQ) par rapport à ces messieurs, des disparités qui ont provoqué autant de curiosité que de froncements de sourcils.
Méthodologie du sondage CROP: La collecte téléphonique des  données s'est déroulée du 12 au 14 août; 1005 entrevues ont été  réalisées. Les résultats ont été pondérés afin de refléter la  distribution de la population adulte du Québec selon le sexe, l'âge, la  région de résidence ainsi que la langue maternelle. La marge d'erreur  maximale de ce sondage est de 3,1 points, et ce, 19 fois sur 20. Les  résultats sont ceux «avant répartition» des indécis et des discrets.
En effet, en comparaison aux hommes, les électrices se montrent beaucoup plus favorables au PQ (+ 9 %) et beaucoup plus réservées envers la CAQ (- 8 %). Youri Rivest, le vice-président de CROP, assure que ces données sont significatives d'un point de vue statistique, mais reste très prudent. «On ne peut pas dire qu'il y a une tendance.» Dans le sondage de la semaine dernière, les appuis étaient distribués plus également entre les sexes.
Ces différences sont-elles attribuables aux chefs ou aux partis? M. Rivest a fait la comparaison, et là encore, des surprises l'attendaient. Si les hommes aiment leurs partis à peu près autant que leurs chefs respectifs, les électrices, elles, sont plus volages. Par exemple, 32 % d'entre elles voteraient pour Mme Marois, mais elles sont seulement 24 % à trouver que cette dernière ferait la meilleure chef de gouvernement. À la place de Mme Marois, «je me poserais des questions à savoir pourquoi les gens appuient mon parti, mais ne m'appuient pas moi», commente Youri Rivest.
Legault avant la CAQ
Dans le cas de la CAQ, c'est le contraire : ces dames sont plus nombreuses à appuyer le chef que le parti. «Je ne m'énerverais pas si j'étais François Legault», analyse M. Rivest. «Ce n'est pas anormal de convaincre les hommes en premier. [...] Les femmes sont plus disponibles à une offre politique, à écouter, à comparer. Si un nouveau parti qui arrive n'a pas encore réussi à avoir l'appui des femmes, ce n'est pas catastrophique. Je n'aime pas ça dire ça, mais elles magasinent plus [et] se décident plus tard» dans les campagnes électorales. François Legault, qui s'inquiétait jeudi de son choix de cravates, peut dormir tranquille puisqu'il n'aura pas à interrompre sa campagne pour aller en magasiner.
Il existe bel et bien des différences vieilles comme la Terre entre les sexes. Les hommes sont plus portés vers la droite, et les femmes, vers la gauche. «C'est comme ça partout dans le monde», assure M. Rivest.
Avant de se lancer avec Québec solidaire, Élaine Hémond, candidate dans Jean-Lesage, a vérifié ces faits autant en Afrique qu'en Amérique latine avec le Groupe Femmes Politique et Démocratie, dont elle est la fondatrice.
«Elles sont plus sensibles à tout ce qui est programmes sociaux qui facilitent la vie parce qu'elles sont plus nombreuses à s'occuper des enfants et de leurs parents. C'est encore nous [les femmes] qui sommes davantage les aidantes pour nos aînés. Elles sont plus près de ces réalités-là que celle d'aller travailler dans les mines du Grand Nord.» Elles sont aussi plus attirées par les mesures progressistes parce qu'elles sont encore aujourd'hui frappées plus durement par la pauvreté, note-t-elle.
La représentante péquiste dans Taschereau abonde dans le même sens et ne peut que se réjouir de la confiance exprimée envers son parti. Quant aux différences hommes-femmes, elle minimise leur importance. «On ne fait pas campagne en fonction des sexes, ou de l'âge, souligne Agnès Maltais. On ne fait pas campagne par clientélisme.»