Depuis la mort de son fils Pier-Yves, Denis Bouchard trouve inconcevable que des jeunes jouent au soccer en gymnase.

Soccer intérieur: la coroner juge dangereux de jouer au ras des murs

La coroner Louise Nolet recommande d'interdire le recours aux murs pour délimiter un terrain de soccer intérieur, dans un rapport visant à éclairer les circonstances du décès accidentel de Pier-Yves Bouchard en mars 2009 des suites d'un traumatisme crânien dans un match au Cégep de Sainte-Foy.
L'athlète Pier-Yves Bouchard, as du ballon rond depuis sa tendre enfance et entraîneur d'une équipe, a subi un traumatisme craniocérébral lors d'un tournoi de soccer intérieur le 28 février 2009. Le jeune homme de 21 ans se dirigeait vers le filet de l'adversaire quand il a perdu pied pour ensuite percuter tête première un mur de ciment.
Le mur servait alors à délimiter le terrain de jeu et les rebonds sur les murs étaient ainsi autorisés. Des lignes plus éloignées des murs offraient certes une surface de jeu plus sécuritaire, mais bien des joueurs préfèrent faire fi de celles-ci et recourir plutôt aux murs du gymnase comme ligne de démarcation.
Après le décès de son fils, Denis Bouchard trouvait inconcevable que des jeunes pratiquent le soccer ainsi cloisonnés entre des murs de béton. Le coroner vient aujourd'hui lui donner raison. La pratique du soccer en gymnase ne peut pas être proscrite, mentionne le rapport du coroner, mais le recours aux murs en tant que limites du terrain devrait être interdit.
Dégagement sécuritaire
Ami de la famille Bouchard, le thérapeute sportif des Remparts de Québec, Philippe Fait, semblait heureux des conclusions du coroner. «Il ne faut pas empêcher les gens de faire du soccer intérieur, mais il faut seulement les empêcher de jouer avec les murs par contre. On veut promouvoir l'activité chez les jeunes. Si on commence à couper ça... C'est juste qu'on veut le faire dans un contexte sécuritaire.»
Depuis l'accident, le Cégep de Sainte-Foy assure être plus vigilant envers les organisateurs de tournoi afin qu'ils respectent les lignes tracées sur le terrain. La Fédération de soccer du Québec prévoit, dans son règlement de sécurité, qu'il y ait un mètre de dégagement entre le mur et la surface de jeu durant les compétitions et les entraînements.
L'Association régionale de soccer de Québec ne permet pas dans ses règlements le recours aux murs dans les gymnases.
Par ailleurs, le nouveau stade de soccer intérieur de Chauveau à Québec intègre un dégagement supérieur aux exigences. Le terrain se termine ainsi à trois mètres du mur, un dégagement plus coûteux, mais jugé plus sécuritaire.
Nombreuses malchances
Le thérapeute Philippe Fait a participé à la création de la Fondation Pier-Yves Bouchard, qui vient en aide aux traumatisés craniocérébraux. Lundi matin, Le porte-parole de la Fondation, le hockeyeur Mikaël Tam, lui-même victime d'un traumatisme crânien, a annoncé le 24 heures de soccer, le 19 juin à Lévis. La série de rencontres organisée par la Ligue des Vieux crampons de Lévis vise à amasser des fonds pour les athlètes ayant subi un traumatisme crânien.
D'ailleurs, selon Philippe Fait, les sportifs ayant eu cette malchance sont nombreux. «Qu'il y ait un décès des suites de ça, c'est plus rare. Mais des traumatismes crâniocérébraux, j'en vois tous les jours. Les gens pensent que ça arrive par-ci, par-là, mais c'est vraiment plus commun qu'on pense.» Des cas déplorables, mais rarement inévitables. «Dans la majorité des cas, ça peut être prévenu», conclut le chercheur.