Le Québécois Maxence Parrot a enlevé les honneurs dimanche en Coupe du monde de slopestyle devant le Suédois Niklas Mattson et le Norvégien Torgeir Bergrem.

Snowboard Jamboree: Maxence Parrot souverain, Charles Reid à Sotchi

Maxence Parrot a démontré toute son ambition pour les Jeux olympiques, dimanche, à Stoneham, en surplombant la dernière Coupe du monde de slopestyle en planche avant Sotchi. Un autre Québécois, Charles Reid, a décroché son passeport pour la Russie grâce à une cinquième place.
«Je ne peux pas décrire comment je me sens, je suis tellement content», a laissé tomber Reid, encore abasourdi. Il naviguait entre énorme soulagement et joie intense, alors que ses parents sont venus de Mont-Tremblant pour assister à ce moment magique.
En 2010, le planchiste de 23 ans avait loupé sa qualification olympique en demi-lune au dernier instant, à cause d'une commotion cérébrale subie à la Coupe du monde de Stoneham, en entraînement. Deux opérations au genou en deux ans et des tendinites au pied ont depuis rendu son parcours cahoteux. Il a passé un an sans toucher à sa planche.
«Mon rêve avait été brisé en 2010, mais dès que j'ai appris que le slopestyle devenait olympique [pour 2014], j'ai tout de suite visé les Jeux. Puis avec les blessures, tu en viens à te demander : "Est-ce que je vais être capable de revenir en forme? Est-ce que je vais être capable de suivre les autres?" J'ai tellement travaillé fort, je suis vraiment fier», affirme Reid.
La partie n'était pas gagnée. Dimanche matin, cinq hommes étaient toujours en lice pour deux des quatre sélections canadiennes en slopestyle. Absents à Québec, Sébastien Toutant, de L'Assomption, et Mark McMorris, de la Sasktachewan, avaient réservé leur billet. Les chances de Parrot étaient excellentes, tandis que Reid, Matts Kulisek (11e, Saint-Sauveur), Jonathan Versteeg (18e, Colombie-Britannique) et Darcy Sharpe (20e, C.-B.) espéraient.
Reid a obtenu 80,50 points pour son premier essai de la finale. Loin des 94,50 décernés à Parrot, maître du parcours composé de trois sauts et de trois rampes d'escalier (rails). Aussi médaillés, le Suédois Niklas Mattson (87,50) et le Norvégien Torgeir Bergrem (83,00) ne s'en sont pas approchés.
«Les sauts étaient un peu petits, je n'ai pas pu faire de triple cork (tire-bouchon), mais le parcours était en très bonne condition. J'aime rider quand il neige beaucoup, ça me met dans ma bulle, alors ça n'aurait pas pu être plus parfait», a commenté Parrot, après sa première victoire en 10 départs de Coupe du monde.
Le réservoir de confiance rempli, le Bromontois de 19 ans part pour Aspen, aux X Games, où il est inscrit au slopestyle et au big air. «Après, ce sera 100 % Sotchi», assure-t-il. Aspirant au podium autant au Colorado qu'en Russie, il devra élever son jeu d'un cran sur des modules plus imposants.
Voigt en attente
Dans le volet féminin, l'Albertaine Brooke Voigt a sans doute aussi mérité une tuque et des mitaines unifoliées avec une participation à la finale (sixième). Elle attend l'annonce officielle, mardi, avant de festoyer. L'autre dossard remis aux Canadiennes en slope à Sotchi appartient à la championne du monde de la discipline, Spencer O'Brien (C.-B.).
La Néo-Zélandaise Christy Prior (89,75) a gagné devant la Néerlandaise Cheryl Maas (85,25) et l'Autrichienne Anna Gasser (84,25). Déjà assurée d'aller aux Jeux en slopestyle en accédant à la demi-finale, l'Australienne Torah Bright, championne olympique de demi-lune, a déclaré forfait pour la journée.
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Les vedettes américaines se rapprochent
Année sandwich. L'an dernier, on accueillait les Championnats du monde de surf des neiges. Cette année, l'étape de Coupe du monde de Québec-Stoneham se retrouvait juste avant les Jeux olympiques. Pourtant, pas de creux de vague, assure l'organisatrice Chantal Lachance, vice-présidente de Gestev.
Le beau temps était au rendez-vous, les spectateurs ont suivi. Lachance parle d'un record d'affluence en 16 présentations annuelles. L'épreuve du big air de vendredi soir, dans le quartier Saint-Roch, et celle de la demi-lune de samedi après-midi, à la montagne, ont attiré comme jamais auparavant, selon elle.
Manquait néanmoins les vedettes américaines, les gros noms de la planche qui ne daignent pas se déplacer jusqu'ici. L'équipe nationale de snowboard des États-Unis tenait sa sélection au même moment, en Californie. C'est le seul pays à procéder ainsi. Mais tout ne serait pas perdu.
Pour la première fois, l'étape de Québec-Stoneham recevait l'assentiment du Ticket To Ride (TTR) World Snowboard Tour, en plus de la traditionnelle Fédération internationale de ski (FIS). Rapprochement unique qui pourrait faire des petits, croit la directrice du TTR.
«Les règles d'admissibilité de la FIS sont très strictes, ce qui nous empêche d'inviter certains planchistes. Mais dans le futur, si les deux parties montrent davantage de flexibilité, on pourrait avoir plus de vedettes ici», avance Fabia Laura Gruebler.
Elle donne l'exemple du Shred Show de Whistler, tenu en avril et sanctionné TTR, où les Américains Sage Kotsenburg et Eric Willett étaient en action en 2013. Les Québécois Maxence Parrot, Charles Reid, Antoine Truchon et Matts Kulisek aussi. Notons que Kotsenburg et Willett étaient chez nous l'an dernier, mais parce qu'il s'agissait des Mondiaux et non d'une Coupe du monde régulière. Des bourses plus substantielles ne nuiraient pas.
Gruebler s'est dite impressionnée par les nombreux spectateurs, les infrastructures d'accueil et les activités auprès des jeunes. «Ce soir, je vais envoyer un courriel à notre comité pour dire que je suis impatiente de continuer à travailler avec cette organisation», affirme-t-elle.
Lachance commente aussi le virage 100 % style libre, qui permettra sans doute d'intégrer un volet ski à partir de 2016. Pour le reste, la Coupe du monde de 2015 se tiendra en février ou en mars, mais les dates ne sont pas fixées.