«Les jeunes vont consommer beaucoup de drogue, beaucoup de pot. C'est dans la nature de cette drogue... ils se tiennent plus tranquilles, plus mollos [...] On peut dire que c'est une clientèle plus ralentie», explique Patrick Martin, directeur de la production au Festival d'Été de Québec.

Snoop Dogg: une clientèle «plus ralentie»

Les spectacles de hip-hop comme ceux présentés samedi sur les plaines d'Abraham sont loin d'être les plus épuisants pour les services de sécurité du Festival d'été. Du moins en comparaison avec les soirées de musique électronique.
«Contrairement à ce qu'on aurait tendance à croire, ce ne sont pas des spectacles [comme celui de Snoop Dogg] à sécurité maximum», explique Patrick Martin, directeur de la production au Festival d'Été de Québec (FEQ).
Selon celui qui coordonne la sécurité du festival depuis 11 ans, ce type de prestations ne rassemble pas les éléments les plus «explosifs» pour faire d'une foule une petite bombe à retardement.
En fait, la clientèle présente samedi, relativement jeune, se tient plutôt tranquille. «Simplement parce que les jeunes vont consommer beaucoup de drogue, beaucoup de pot. C'est dans la nature de cette drogue... ils se tiennent plus tranquilles, plus mollos [...] On peut dire que c'est une clientèle plus ralentie», explique M. Martin. Et évidemment, «ce n'est pas la majorité [qui consomme]», ajoute-t-il.
N'empêche, suffisait de franchir l'entrée du site samedi pour constater que les fouilles étaient plus poussées que la veille pour la performance de Lady Gaga. À gauche et à droite, des groupes de jeunes laissaient aller des nuages de fumée.
Les sacs, fouillés de fond en comble, les vêtements tâtés attentivement. Malgré ce premier filtre, les jeunes - et les moins jeunes - arrivent à entrer avec certains stupéfiants ou de l'alcool, que ce soit sur les Plaines ou un autre site. «On retrouve surtout de l'alcool.»
Cocktail explosif
Selon Patrick Martin, les soirées les plus intenses sont celles des ÉlectroFEQ, mettant en vedette la musique électronique. La soirée du 9 juillet, culminant avec le D.J. canadien Deadmau5, risque d'être la plus animée cette année sur les Plaines. «La musique électronique, c'est toujours explosif», admet M. Martin.
«La combinaison la pire, ça commence avec le problème de la consommation de drogue chimique.» Des festivaliers arrivent entre autres à consommer des substances telles que du speed sur le site ou avant d'y entrer. «Ça donne des gens qui bougent beaucoup, qui s'agitent beaucoup. Ils peuvent avoir plus d'incidents. Ils sont plus dangereux pour eux-mêmes que pour les équipements ou les artistes. «Certains vont être en surconsommation» et être victimes de malaises, de déshydratation.
Un dispositif de sécurité plus imposant est déployé les soirs de musique électronique. «Je parle aussi des services médicaux qui viennent avec, les premiers soins.» Tout ceci ne signifie pas que les spectacles ne sont pas sécuritaires, nuancera le directeur de production. «Ce n'est pas la majorité» qui se comporte mal.