Snoop Dogg allume la foule

Vétéran de plus de deux décennies sur la scène hip-hop, Snoop Dogg n'a eu aucun mal à mettre le party sur les plaines d'Abraham samedi avec son rap californien et ses échantillonnages dansants à saveur estivale, alignant une vingtaine de pièces dans une trop brève prestation d'environ 75 minutes.
Les lunettes fumées collées au visage, les dreadlocks attachés en queue de cheval sur sa drôle de tête, sans oublier son débit et son timbre de voix caractéristiques, on reconnaîtrait Snoop entre mille.
«Est-ce qu'il y en a parmi vous qui fument de l'herbe?» a évidemment lancé cet aficionado avoué du cannabis alors qu'un nuage de fumée flottait au-dessus de la foule pendant qu'il interprétait sa portion de California Girls, le succès de Katy Perry auquel il participe. Il a d'ailleurs lancé un Smoke Weed, Motherfuckers! bien senti tout juste avant de quitter la scène.
À travers ses classiques comme So Fly, P-I-M-P et What's My Name, le grand escogriffe a inséré plusieurs pièces qu'il interprétait au départ avec d'autres artistes, notamment Young, Wild & Free (Wiz Khalifa et Bruno Mars), Drop it Like It's Hot (Pharrell Williams) et 2 of Amerikaz Most Wanted (Tupac Shakur).
Avant de se lancer dans I Wanna Fuck You, le vieux gangster a demandé à la foule comment on disait «I wanna make love with you» en français. Il n'a jamais compris la réponse, mais qu'importe, le public prenait son pied.
Snoop s'est aussi amusé à chanter sur un enregistrement de I Love Rock N' Roll de Joan Jett, puis à y aller d'une partie de la pièce Jump Around, qu'il s'est un peu appropriée depuis que son auteur Erik «Everlast» Schrody ne daigne plus l'interpréter en spectacle.
Trois recrues
Si Snoop est un vieux routier du hip-hop, les trois rappeurs new-yorkais qui ont occupé la scène avant lui étaient des recrues qui totalisent ensemble deux albums seulement si on exclut leurs nombreux «mixtapes».
Abbas «Bas» Hamad a donné le ton dès le début de sa performance en s'allumant un gros pétard, puis plus tard en faisant monter sur scène une vendeuse de shooters de Jack Daniels qui lui en a versé une rasade directement dans la bouche. Quelques minutes plus tard, c'est un spectateur qui lui lançait un autre «joint» sur scène qu'il allait aussi allumer avant de dire merci à celui qu'il a qualifié de «champion». Cette soirée allait assurément être un gros party.
C'est ensuite Joey Badass qui a pris la relève, vêtu d'un chandail des Coyotes de Phoenix qui aurait été un joli clin d'oeil à Québec dans une époque pas si lointaine où plusieurs croyaient que l'équipe de la LNH pourrait déménager à Québec. Accompagné de son pote Kirk Knight et présentant un rap plus «hardcore», il a rapidement fait bondir tout le monde sur les Plaines.
Finalement, Rakim «ASAP Rocky» Mayers, dont l'album Long. Live. ASAP. a été numéro un au Canada et aux États-Unis l'an dernier, s'est amené à son tour. Commençant son spectacle masqué comme un touareg, il était entouré d'un claviériste, d'un batteur et d'un bassiste en plus de son D.J., ce qui apportait une dimension plus musicale à son rap. Lui et sa bande ont su enflammer la foule avant l'arrivée attendue de Snoop.
<p>Le rappeur de Québec, Webster</p>
Coup d'envoi signé Webster
C'est au rappeur de Québec Webster qu'avait été accordée la tâche de lancer la soirée hip-hop hier soir au Festival d'été de Québec. Avec ses acolytes Assassin et Valérie Clio, Webster a livré pendant une vingtaine de minutes son rap intelligent et lettré, retraçant notamment l'histoire des Noirs au Québec dans Qc History X. Pour la dernière pièce du programme, il a même été rejoint par sa soeur, la chanteuse Marième.
Français, mais pas franco
Même s'il est né à Paris et qu'il a passé les huit premières années de sa vie en France, le rappeur new-yorkais d'origine soudanaise Abbas «Bas» Hamad avoue bien humblement être plus à l'aise dans la langue de 50 Cents que dans celle d'Akenathon.
Celui qui était monté sur scène tout juste après la performance toute francophone de Webster n'a pas prononcé un seul mot de français durant son spectacle. «Je suis capable de comprendre le français, mais pas de le parler. J'étais tellement jeune quand j'étais là-bas. Mon grand frère est ici cependant et lui, il parle très bien français», a déclaré Bas en entrevue au Soleil quelques minutes après sa prestation.
L'auteur de Mook in New Mexico et Vacation a cependant avoué avoir adoré son premier passage dans la capitale, notamment le fait que plusieurs spectateurs lui aient lancé des cigarettes de marijuana. «Non, toutes les foules ne sont pas comme ça, mais la foule de Québec est très très amicale», a conclu le rappeur barbu en souriant.