Dara Howell et Kim Lamarre

Slopestyle: Dara Howell en or, Kim Lamarre en bronze

La collection olympique de grand-maman «Gigi» vient de s'agrandir. Et comme souvenir à rapporter de Sotchi, Kim Lamarre ne pouvait pas en trouver un plus beau que sa médaille de bronze obtenue à l'épreuve de slopestyle, mardi, au parc extrême de Rosa Khutor, où le Canada y est allé d'un troisième doublé en ski acrobatique puisque sa compatriote de 17 ans, Dara Howell, a remporté l'or.
La petite-fille de Ginette Séguin avait peine à réaliser qu'elle porterait dorénavant le titre de médaillée olympique à vie. La skieuse de 25 ans de Lac-Beauport poursuit donc la tradition développée dans les pentes du Relais et le bassin d'eau du Centre d'entraînement Yves-La Roche.
«J'ai l'impression que je suis encore en train de rêver dans mon lit, c'est irréel, je suis vraiment fière de moi. Médaillée pour la vie, c'est fou, je n'en reviens pas», confiait-elle, bottes aux pieds et drapeau unifolié sur le dos.
L'humour de grand-maman
Blessée plus souvent qu'à son tour depuis deux ans, elle avait perdu sa place au sein de l'équipe nationale pour cette raison. Elle devrait donc la récupérer sous peu, podium oblige. Cette médaille de bronze fait suite à une troisième place aux X Games, récemment à Aspen, et une deuxième position au Dew Tour.
«Les Jeux olympiques, c'est différent des X Games. À la maison, j'avais toute ma famille, mes amis et les gens du secondaire que je connais depuis longtemps qui me regardaient. Pour moi, il s'agit d'un gros point d'exclamation sur mon retour», a-t-elle convenu avec le sourire d'une athlète comblée.
La famille, c'est son père qui ne rate rien de ses courses, sa mère qui n'ose jamais la regarder descendre et sa grand-mère, 18e aux Jeux de Cortina d'Ampezzo, en 1956. «J'espère que ma mère m'a regardé, cette fois, je lui avais dit qu'elle était mieux de le faire», glissait-elle avec des yeux rieurs.
Car le rire, c'est peut-être ce qui lui a permis de se rendre jusqu'à Sotchi, malgré les embûches des dernières années. Et ce rire, c'était seulement provoqué par l'humour de Gigi, qui lui a remonté le moral chaque fois qu'une articulation lâchait. Kim ne savait pas encore ce qu'elle lui dirait en lui parlant pour la première fois après avoir décroché le bronze.
«Je vais dire : salut Gigi! Je vais lui donner une grosse colle. Je sais qu'elle est super contente, on va rire ensemble. Elle va sûrement me dire une niaiserie, elle le fait tout le temps. Sans elle, je ne serais pas ici», soutenait Lamarre lorsqu'on lui a fait remarquer que la 18e place de Gigi au slalom avait été battue.
«Elle m'a beaucoup inspirée, surtout ces deux dernières années quand je restais chez elle pendant le début de mes périodes de rééducation. Elle n'a jamais cessé de croire en moi, me faisait rire parce que c'est ce dont j'avais besoin. En rentrant à la maison, cette année, elle m'a montré ses souvenirs olympiques et ça me faisait rêver. Il s'agit d'une personne merveilleuse, j'ai toujours beaucoup de plaisir en sa compagnie. Je lui rapporte un souvenir, un gros», confiait-elle à propos de sa médaille.
Après avoir chuté dans la première de deux manches (on comptabilisait la meilleure des deux), elle n'a su qu'en remontant au sommet de la piste les pointages de ses rivales. Assise dans un coin, elle eu la réflexion suivante : «Kim, fais ta run, ça s'peut bien que tu sois sur le podium.»
Et elle a tenu parole!