Alex Harvey (au centre, en blanc) et Devon Kershaw, que plusieurs experts voyaient monter sur le podium après leur quatrième place à Vancouver, ont complété le parcours en 24:20,37, à plus de 44 secondes des Allemands Hannes Dotzler et Tim Tscharnke.

Ski de fond : le tandem Harvey-Kershaw s'écroule au sprint par équipe

«Vingt jours à mettre à la poubelle.» Son verdict était sans appel, ni faux-fuyant. «De floper comme ça, c'est la première fois que ça m'arrive», admettait Alex Harvey à la suite de la débâcle du tandem qu'il formait avec Devon Kershaw au sprint par équipe, mercredi aux Jeux olympiques de Sotchi. Cette épreuve devait être la meilleure chance de médaille du Canada en ski de fond, elle fut plutôt son pire résultat depuis des lunes.
Harvey et Kershaw ont pris le 12e rang au Centre de glisse Laura, au terme d'un après-midi dominé par la Finlande, la Russie et la Suède. Sixièmes de leur demi-finale, les champions mondiaux de 2011 n'ont même pas réussi à se faufiler parmi les six «perdants chanceux» déterminés au chrono.
Bref, ça n'a pas été mieux pour le Canada au sprint par équipe que dans les autres épreuves disputées jusqu'à présent. Et cette fois-ci, aucun blâme aux techniciens.
«Les conditions étaient lentes et personne n'avait des skis de la mort, mais on en avait des compétitifs. C'est juste que dans le premier tour, j'ai forcé un peu pour nous repositionner et j'ai payé à partir de mon deuxième. Parfois, tu peux récupérer, mais aujourd'hui [mercredi], je n'étais pas capable», avouait Harvey, déçu.
Incommodé par une grippe qui l'a forcé à déménager lors des quatre derniers jours afin de ne pas propager le virus à ses coéquipiers, Kershaw pensait être assez rétabli pour glisser jusqu'en finale. Le hic, c'est qu'il a éprouvé des ennuis dans les montées, obligé de grimper en «arêtes de poisson», notamment au troisième tour.
«Il est difficile de compenser pour l'un et l'autre, il faut être dans le coup du début à la fin. Moi non plus, je n'étais pas assez fort. Si j'avais été un superhéros, j'aurais remonté. Au sprint par équipe, on meurt ou on survit ensemble, on est tombé tous les deux», constatait le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges sans imputer le blâme à son ami.
À la fin, Harvey ne pouvait plus réduire l'écart, ni espérer ramener un temps potable. Cette course restera à jamais sa plus grande déception des Jeux, peut-être même de sa carrière.
«Au cours des quatre dernières années, c'est la journée à laquelle j'ai le plus pensé. J'y pensais à tous les jours. Il n'y a pas grand-chose à apprendre de ça. Ça va être 20 jours à mettre à la poubelle. À Vancouver, j'étais là pour apprendre, mais là, je sais quoi faire pour gagner, mais ça n'a pas cliqué, il faudra attendre encore quatre ans», avouait l'athlète de 25 ans, qui avait le podium dans sa mire.
Après tout, le Canada avait connu du succès au sprint par équipe, ces dernières années, avec un titre mondial (2011) et deux quatrièmes places (2010 et 2013). Selon Harvey, double vainqueur d'une étape au Tour de ski et d'une Coupe du monde, cette saison, les attentes n'étaient pas trop élevées.
«Je pense qu'on était dans le coup. On l'est depuis 2010. Des fois, ça marche, d'autres fois, ça ne marche pas. Je n'avais pas de doute, ce matin [mercredi], peut-être que j'aurais dû en avoir. Pour l'expérience sportive, j'ai un plus beau souvenir de Vancouver que de Sotchi.»
Il ne lui reste qu'une course avant de plier bagage, soit le 50 km, dimanche, à la dernière journée des Jeux. Il ne se berce pas d'illusions. «Je vais la faire, mais t'sé...», disait-il d'un ton résigné.
Harvey complétera le calendrier en Coupe du monde, mais confiait avoir encore plus hâte de préparer la saison prochaine. Les Jeux olympiques comptaient pour 90 % de celle-ci. «Je ne passe pas mon examen, je double mon année», illustrait-il sans se défiler.
Dasha Gaïazova
Jones et Gaiazova éliminées
Du côté féminin, les Canadiennes Perianne Jones et Daria Gaiazova ont été éliminées à l'issue des demi-finales de l'épreuve de sprint par équipes de ski de fond, mercredi, aux Jeux olympiques de Sotchi.
Jones et Gaiazova se sont contentées d'un chrono de 17 minutes 09,13 secondes, une performance qui a laissé le duo au cinquième rang de la demi-finale A, à quelque 25 secondes du duo norvégien composé de Ingvild Flugstad Oestberg et Marit Bjoergen.
Bjoergen a d'ailleurs offert à la Norvège une victoire convaincante, décrochant sa cinquième médaille d'or olympique.
Bjoergen a créé un écart assez important à sa première des trois boucles en finale et elle a ensuite accru cette avance. Sa coéquipière Flugstad Oestberg a contribué à maintenir cette avance pendant ses trois tours et elle a obtenu sa première médaille d'or, qui s'ajoute à celle d'argent acquise au sprint individuel.
La Norvège a triomphé avec une priorité de 9,09 secondes devant la Finlande. La Suède a mis la main sur la médaille de bronze quand Stina Nilsson a devancé l'Allemande Denise Herrmann au sprint.
Gaiazova a reconnu que cette performance est décevante puisque les Canadiennes visaient au moins une participation à la finale.
«J'ai une erreur au premier tour, je n'ai pas choisi la paire de skis qu'il aurait fallu pour cette neige-là - une neige collante. Je n'avais pas de «kick» à ma première montée. J'ai perdu beaucoup d'énergie et de temps juste à essayer de rester avec le groupe. Après, j'ai changé pour les skis 'no wax» et ça allait bien. Mais il était trop tard. C'est le temps et l'énergie perdus au premier tour qui auraient pu faire la différence en bout de ligne.» La presse canadienne