Après avoir enregistré le 16e temps de la manche de super-G, Marie-Michèle Gagnon a skié un slalom sans erreur pour enlever, dimanche, le super combiné de la Coupe du monde d'Altenmarkt/Zauchensee, sa première victoire en carrière.

Ski alpin: or historique pour Marie-Michèle Gagnon

Sept fois parmi les 10 premières cette saison lors des épreuves de la Coupe du monde de ski alpin, mais toujours à la recherche d'un second podium en carrière, Marie-Michèle Gagnon a savouré sa première victoire sur le Cirque blanc lors du super combiné d'Altenmarkt/Zauchensee (Autriche).
Elle a du même coup signé le premier gain canadien en Coupe du monde dans cette discipline qui est composée d'une manche de super-G et d'une autre de slalom.
«C'était l'un de mes rêves de gagner une Coupe du monde, a déclaré la skieuse originaire de Lac-Etchemin à l'agence Sportcom. Ce que j'ai accompli est énorme pour moi. J'ai été aujourd'hui [dimanche] la skieuse la plus rapide au monde. J'ai des objectifs encore plus élevés, mais je viens de réaliser un grand rêve. Après la victoire de ma coéquipière Erin (Mielzynski) il y a deux ans, je m'étais dit que je voulais, moi aussi, avoir ma victoire. Et c'est fait.»
C'est il y a presque deux ans que Marie-Michèle avait décroché son premier podium en carrière en Coupe du monde. En mars 2012, elle avait terminé troisième du slalom d'Äre, en Suède. Depuis, elle n'avait jamais récolté de médailles, mais elle était passée à quelques centièmes de seconde d'un podium à plusieurs occasions, notamment cette saison où elle avait terminé deux fois sixième, deux fois cinquième et une fois quatrième.
«C'est tellement plus encourageant et gratifiant d'avoir une victoire quand tu as travaillé fort et persévéré à travers les moments difficiles. Beaucoup de filles peuvent se reconnaître dans cette situation. Elles sont rares celles qui n'ont jamais de hauts et de bas.»
Slalom parfait
Seizième à l'issue du super-G, la Québécoise s'est imposée en slalom où elle a connu une descente parfaite. Elle a donc arrêté le chrono à 2:05,55 min au terme de ses deux épreuves, soit un temps plus rapide de 32 centièmes de seconde que celui de l'Autrichienne Michaela Kirchgasser. L'Allemande Maria Hoelf-Riesch a terminé troisième à 39 secondes de la gagnante.
«Je ne m'attendais pas vraiment à ça. Après la première manche de super-G, j'avais plus d'une seconde de retard sur la meneuse. J'avais fait une bonne erreur en milieu de parcours. Dans un passage à l'aveugle, j'avais trop tourné et j'avais revolé dans les airs. Je m'étais dit : Ce n'est pas grave, on continue.»
Qualifiant sa manche de super-G de correcte, Marie-Michèle a indiqué que, comme à la suite de celle-ci, elle se retrouvait loin derrière la meneuse qui est aussi excellente en slalom, elle savait que ça serait difficile pour elle d'aspirer aux grands honneurs.
«En slalom, je me suis juste concentrée sur les points clés de mon ski. J'ai fait une bonne manche, solide et sans erreurs. Je savais que c'était une bonne performance qui me permettrait peut-être d'atteindre le podium. Et aujourd'hui [hier], c'était assez pour aller chercher la victoire.
«C'est vraiment cool comme expérience. C'est un feeling vraiment spécial.»
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De fiers parents rivés à leur écran
Comme ils le font depuis le début de la saison de la Coupe du monde de ski alpin, Marie-Luce Giguère et Daniel Gagnon n'ont rien manqué, dimanche, de la performance de leur fille Marie-Michèle qui a décroché sa première victoire sur le Cirque blanc.
«Grâce à Internet, il est maintenant possible de voir toutes les courses peu importe où elles ont lieu«, a indiqué le papa très fier. «Nous les avons donc toutes regardées même si, lorsqu'elles avaient lieu en Europe comme ce fut le cas aujourd'hui [dimanche], il fallait se lever au milieu de la nuit afin de voir la première manche. Puis après s'être recouchés, il fallait de nouveau se lever au petit matin pour regarder la seconde. Je suis évidemment très heureux de sa victoire mais en même temps, je ne suis pas surpris.»
De son côté, Mme Giguère a avoué qu'elle avait vraiment hâte de voir sa fille monter sur la plus haute marche du podium. Mais comme cette dernière, elle avait décidé de ne pas s'impatienter.
«On ne s'acharnait pas et on ne mettait pas de pression sur Marie-Michèle, a expliqué la maman. Sa devise cette année était de s'enlever le plus de pression possible. Si elle réussit aussi bien, c'est parce qu'elle a décidé de s'enlever de la pression, de skier en compétition comme elle le fait en entraînement et d'avoir du plaisir en course. J'avais donc décidé de parler le même langage qu'elle.»
Président de la Coopérative de solidarité du mont Orignal, Marc Lacroix se réjouissait lui aussi de la victoire de Marie-Michèle Gagnon. Il a rappelé que sa première implication au mont Orignal avait été il y a 12 ans quand il avait organisé une campagne de levée de fonds afin de lui permettre de prendre part à une compétition en Italie.
«C'est pour dire combien je croyais en Marie-Michèle, a-t-il lancé. Dès son jeune âge, elle sortait des autres. Et cette année, elle avait obtenu plusieurs tops 10 et souvent, c'est par quelques centièmes de secondes qu'elle avait raté le podium, je savais que ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle remporte une épreuve.»
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Une victoire inspirante
Nombreux ont été les athlètes canadiens à réagir sur les réseaux sociaux à la suite de la victoire de Marie-Michèle Gagnon au super combiné de la Coupe du monde d'Altenmarkt/Zauchensee. Ils tenaient à féliciter la Québécoise pour son exploit.
«Bien joué Mitch», a écrit la fondeuse Chandra Crawford sur Twitter. «Tu es une athlète extraordinaire en plus d'être une merveilleuse ambassadrice pour la Fondation Rapide et Radieuse. Je suis tellement heureuse pour toi.»
Julien Cousineau n'avait que de bons mots pour sa consoeur de l'équipe nationale de ski alpin. Au terme de son slalom de la Coupe du monde d'Adelboden (Suisse), il a déclaré à l'agence Sportcom : «Sa victoire est très méritée. Elle a skié comme une championne. Je suis vraiment content pour elle.»
Le mot de la fin est revenu au bosseur Philippe Marquis, qui a connu une fin de semaine difficile à la Coupe du monde de Deer Valley, dans l'Utah. «Yeahh Marie-Michèle. Tu es une gagnante. Il faut que je m'inspire de toi maintenant», a-t-il écrit sur Twitter.