Les trois soeurs - Maxime, Chloé et Justine Dufour-Lapointe - seront de la même compétition (en bosses) lors de la même présentation des Jeux olympiques. Il s'agit non seulement d'une première canadienne, mais d'une première mondiale, selon le président du Comité olympique canadien, Marcel Aubut. «Nous en sommes très fières», a déclaré Justine, la cadette des trois soeurs.

Ski acrobatique: Audrey Robichaud et Kim Lamarre à Sotchi

Huitième à Turin et absente à Vancouver, Audrey Robichaud sera à Sotchi. La bosseuse de Val-Bélair fait partie des 20 skieurs acrobatiques qui représenteront le Canada aux Jeux olympiques. Tout comme Kim Lamarre, une experte du slopestyle originaire de Lac-Beauport.
Ces deux artistes de la voltige sur spatules montrent un historique de blessures qui aurait pu les détourner de leur rêve olympique. Robichaud n'a même pas participé à l'étape de Coupe du monde de la fin de semaine, à Val Saint-Côme, dernière épreuve de qualification pour les JO. Une «clause blessure» lui a néanmoins permis de passer.
«J'étais nerveuse parce que je n'avais aucun contrôle, alors c'était encore plus difficile», a-t-elle expliqué, lundi, après l'annonce officielle de sa sélection. Robichaud s'est déchiré le ligament collatéral du genou au premier degré, le 4 janvier. Le 8, elle a reçu une injection de cortisone. Les médecins lui prédisent une remise en forme complète pour le soir du 6 février, début de la ronde des qualifications en bosses féminines.
«C'est comme si, enfin, c'est mon tour. En 2010, je n'étais pas en pleine forme et pas prête techniquement. Là, j'ai plus de maturité et je sais m'en servir. J'essaie de ne pas dire que je suis vieille, mais plutôt expérimentée», rigole l'athlète de 25 ans, qui était l'une des plus jeunes membres de la délégation canadienne en 2006, à 17 ans.
À Montréal lundi pour l'annonce, Robichaud est revenue faire ses valises à Québec, en soirée. Elle part aujourd'hui en France, pour un camp d'entraînement préolympique.
Lamarre est au Colorado, où elle participe cette semaine aux X Games. Les blessures ont plombé ses dernières saisons. «Plusieurs personnes m'ont suggéré de laisser tomber, mais je ne me suis jamais découragée», a-t-elle confié, lundi, avant de quitter Park City, dans l'Utah.
Aussi âgée de 25 ans, Lamarre a encore eu maille à partir avec un genou enflé, en décembre. Elle revenait d'une deuxième opération subie en février. Mais le physiothérapeute californien Brad Jones, qui travaille avec plusieurs gros noms de la glisse acrobatique, est venu à la rescousse.
Comme grand-maman
Au lieu de déclarer forfait pour la première étape du Dew Tour, Lamarre a fini deuxième! «Ç'a été le point tournant. Ça m'a donné une grosse impulsion de confiance.» Et beaucoup de points aux yeux des décideurs de l'Association canadienne de ski acrobatique.
La grand-mère de Lamarre a participé aux JO de 1956 en ski alpin, à Cortina d'Ampezzo, en Italie. Ginette «Gigi» Séguin avait fini 18e en slalom, 33e en descente et 36e en géant. La dame aujourd'hui âgée de 79 ans a ressorti vêtements et épinglettes olympiques depuis l'annonce officieuse de la sélection de sa petite-fille. Ceux-là mêmes que la petite Kim paradait dans la maison en disant à qui voulait l'entendre qu'un jour, ce serait son tour.
La région de Québec aura un autre skieur acrobatique olympique à Sotchi en slopestyle, Alex Beaulieu-Marchand. L'athlète de Saint-Augustin-de-Desmaures avait scellé sa participation aux Jeux dès décembre. Sur 20 appelés, 10 sont des Québécois.