Lors de l'arrestation d'Olivier Roy, à la fin de mai 2013, les policiers ont trouvé dans son ordinateur près de 23 000 photos et 1900 vidéos de pornographie juvénile.

Six ans pour un prédateur sexuel sur Facebook

Un père de famille de Cap-Rouge, Olivier Roy, écope d'une peine de six ans de prison pour avoir, à l'aide de stratagèmes complexes, séduit sept enfants d'âge primaire grâce à Facebook et pour avoir eu une relation sexuelle complète avec l'une d'elles.
L'utilisation des médias sociaux par les prédateurs sexuels n'est pas nouvelle. Olivier Roy, un conseiller en assurances de 34 ans, père de deux jeunes enfants, l'a amenée à un niveau de sophistication très élevé afin de satisfaire ses fantasmes déviants, a souligné, lundi, le juge Alain Morand, en rendant sa sentence.
Durant une période d'un an, entre 2012 et 2013, Olivier Roy a contacté sept enfants âgés de 10 à 12 ans en utilisant trois profils Facebook fictifs.
Un de ses personnages, un étudiant en techniques ambulancières de 18 ans, a réussi à prendre dans ses filets une jeune fille de 12 ans. Ils ont eu deux rendez-vous amoureux, dont l'un au cours duquel ils ont eu une relation sexuelle complète non protégée.
«Profitant de sa petite taille et de son air jeunot», Roy a obtenu le consentement de sa victime par la fraude puisqu'elle croyait être aimée d'un cégépien, a insisté le juge Morand.
Les six autres victimes ont été contactées par Olivier Roy alors qu'il utilisait les faux profils d'une adolescente de 14 ans et d'un jeune homme du même âge.
«Manipulation psychologique»
Dans tous les cas, le but était d'obtenir que l'enfant envoie une photo de lui nu, pose des gestes de masturbation et ait des conversations à caractère sexuel avec Roy. L'accusé a utilisé «toute sorte de fourberies et de manipulations psychologiques» pour arriver à ses fins, note le juge Morand.
Lors de son arrestation à son domicile à la fin mai, les policiers ont trouvé dans son ordinateur près de 23 000 photos et de 1900 vidéos de pornographie juvénile. Il a plaidé coupable en juin à un total de 18 accusations.
Certaines victimes ont témoigné par écrit avoir ressenti beaucoup de colère envers l'accusé et pleurer régulièrement. L'une d'elles a commencé à s'automutiler.
La vulnérabilité des victimes, la grande préméditation et l'abus de confiance militent en faveur d'une sentence où prime la dissuasion, a estimé le juge. Le risque de récidive est toujours présent chez l'accusé, qui devra subir une thérapie de longue durée.
En raison de conditions de détention difficiles, le juge Morand a accepté de créditer pour un an les huit mois et demi de détention provisoire. Il reste donc cinq ans à purger à Olivier Roy sur sa sentence de six ans.
L'homme, jusque-là sans antécédent judiciaire, sera inscrit à perpétuité au registre des délinquants sexuels.