Une moto de livraison de Simons au début du XXe siècle

Simons: le début d'une tradition

L'histoire de la famille Simons débute à Greenock, en Écosse, où naît Peter Simons, le 18 septembre 1785, le premier de la lignée à débarquer à Québec.
<p>Publicité de La Maison Simons, parue dans Le Soleil du 14 mars 1940, pour commémorer le 100e anniversaire du magasin.</p>
Il est marin pour la flotte britannique, et participe notamment à la célèbre bataille de Trafalgar (20 octobre 1805) sous les ordres de l'amiral Nelson. En 1812, il se retire de la marine, et en récompense de ses services, reçoit une ferme au lac Duchesnay (renommé plus tard lac Beauport). Il s'y installe avec sa femme, et ils auront cinq enfants. 
La terre de la famille n'est cependant pas très fertile et, comble de malchance, Peter Simons perd la vue à la suite d'une blessure de guerre. Pour aider les siens, l'aîné, John (25 mai 1823 - 6 mars 1906), se fait engager comme commis au magasin général Lauries. C'est là qu'il fait l'apprentissage du commerce, ce qui le conduit, en 1840, à ouvrir son propre magasin sur la rue Saint-Jean, au coin de Sainte-Angèle. John Simons a alors seulement 17 ans.
Tout de suite, Simons & Orkney (James Orkney est alors associé) attire l'attention pour la qualité de ses lainages et de ses toiles, qui sont les principaux produits en magasin. On y vend aussi des articles de cuir, de lin, de même que des aiguilles, des boutons et des dentelles. La marchandise vient d'Angleterre et du continent européen, où John va lui-même s'approvisionner, deux fois par année.
Dès le départ, John Simons démontre un sens indéniable des affaires. Il jette les bases de la philosophie commerciale de La Maison Simons, axée sur la satisfaction et la fidélité de la clientèle, avec sa politique de «satisfaction totale ou argent remis».
En 1870, le commerce s'installe à son emplacement actuel du 20, côte de la Fabrique. L'année suivante, Archibald (16 septembre 1857 - 16 juillet 1935), son fils, entre au magasin (il en prend les rênes en 1893), et y commence une carrière qui durera 64 ans.
Comme son père, il voyage régulièrement pour l'entreprise. L'histoire familiale dit qu'en carrière, il a fait 72 fois l'aller-retour entre Québec et l'Europe, en voilier, pour faire des achats.
Vers 1929, le magasin est complètement rénové, à l'intérieur comme à l'extérieur. À la mort d'Archibald Simons, son fils Gordon, déjà dans la compagnie depuis 1920, lui succède officiellement. Sous sa gouverne, un virage mode est amorcé en 1937, avec l'ouverture du deuxième étage, consacré à la vente de confections pour dames.
En 1940, Le Soleil consacre plusieurs pages de l'une de ses éditions au 100e anniversaire de La Maison Simons. On y précise que le magasin a toujours comme spécialité les toiles et les lainages, et qu'il offre également un assortiment complet de manteaux, de costumes, de robes et d'accessoires pour dames... et demoiselles.
Les associés du passé 
Pendant 78 ans, les Simons auront des associés. D'abord, James Orkney est le partenaire d'affaires de John Simons jusqu'en 1865 (Simons & Orkney), suivi d'Archibald Foulds, jusqu'en 1898 (Simons & Foulds). L'établissement prend ensuite le nom de Simons & Minguy, quand Jean Minguy (dans l'entreprise depuis 1893) s'associe officiellement à Archibald Simons. À la retraite de M. Minguy, en 1918, la compagnie devient une véritable entreprise familiale, qui s'incorpore en 1934 (Simons & Company Limited).
Souvenirs...
Au début des années 50, le magasin de la côte de la Fabrique a tenu un comptoir de vente d'alcool hors taxes. Les meilleurs clients étaient, dit-on, des touristes américains qui se faisaient livrer chez eux les bouteilles de spiritueux à la caisse. En 1948, Simons a aussi exploité brièvement une succursale à Sainte-Anne-de-Beaupré, près du Cyclorama.