Silence en cas d'élections pour André Arthur

Le député de Portneuf–Jacques-Cartier, André Arthur, cessera d'animer sa nouvelle émission présentée à TQS si des élections fédérales étaient déclenchées prochainement, comme le veulent les règlements du CRTC.
L'élu doit faire son entrée sur les ondes de TQS le 29 septembre prochain, mais des élections fédérales pourraient venir contrecarrer ses plans. Des rumeurs fortes parlent déjà du déclenchement d'un suffrage à l'automne et le premier ministre Stephen Harper ne fait rien pour les faire taire. Arthur a déjà confirmé qu'il sera candidat indépendant en vue du prochain scrutin dans le comté de Portneuf–Jacques-Cartier.
«Je pense que cette règle du CRTC est un peu exagérée et je crois qu'une entreprise qui voudrait la contester devant les tribunaux serait en mesure de brasser la cage du CRTC, avance Arthur, lors d'une entrevue téléphonique. Par contre, je suis certain que TQS ne veut pas partir dans un tel combat et moi non plus. Mais comme le veut la tradition, les candidats qui travaillent dans le monde des médias électroniques ont l'habitude de quitter temporairement leur emploi durant la campagne électorale et je compte faire de même.»
Un porte-parole du CRTC, Denis Carmel, a indiqué que le CRTC a mis cette règle en place afin d'empêcher un candidat d'avoir un avantage sur les autres qui n'ont pas accès à la même tribune durant la campagne électorale. Quand celle-ci est terminée, le candidat peut reprendre ses activités publiques.
Dans le passé, Arthur n'a pas toujours quitté son emploi d'animateur de radio pendant une campagne électorale. En 1997, s'était présenté contre feu Andrée Boucher à la mairie de Sainte-Foy tout en continuant à animer son émission radiophonique. Un citoyen s'était plaint au CRTC et ce dernier avait rejeté sa plainte, car le Conseil jugeait qu'Arthur n'avait pas manqué d'équité envers les deux autres candidats. Par ailleurs, ceux-ci ne s'étaient pas plaints au CRTC.
Par contre, lors de l'élection provinciale de 1994, Arthur s'était retiré des ondes alors qu'il affrontait le ministre Paul Bégin dans la circonscription de Louis-Hébert. Les règles du CRTC sont claires sur les élections ou référendums au cours desquels un candidat doit quitter son emploi dans les médias électroniques. Elles font référence aux suffrages fédéraux et provinciaux, mais ne font pas mention d'élections municipales. C'est pour cette raison qu'Arthur s'était faufilé en 1997 lors de l'élection municipale.
Pas en conflit d'intérêts
Selon une porte-parole du Commissariat aux conflits d'intérêts et à l'éthique, aucune règle du Code régissant les conflits d'intérêts des députés ne peut empêcher Arthur d'animer son émission à TQS. Ce commissariat a comme mandat «d'assister la Chambre des communes en vue de régir la conduite des députés».
«Le présent Code n'a pas pour effet d'empêcher les députés qui ne sont pas ministres ou secrétaires parlementaires, dès lors qu'ils s'y conforment, d'occuper un emploi ou d'exercer une profession (...)», peut-on lire à l'article sept de ce fameux Code.