Un cinquième incendie en moins de six mois s'est déclaré dimanche soir à l'usine de papier White Birch.

Série d'incendies à l'usine White Birch: les employés inquiets

Les employés de l'usine de papier White Birch, au centre-ville de Québec, commencent à être sérieusement inquiets. Cinq incendies en moins de six mois dans leur milieu de travail, «c'est épeurant un peu», lance Guy Riel, président du syndicat des papetiers. Il montre du doigt le manque de maintenance de l'usine.
L'incendie qui s'est déclaré dimanche et qui a incommodé 14 travailleurs est le dernier d'une série qui dure depuis le mois de juillet. L'intervention rapide de la brigade interne et des pompiers de Québec a, chaque fois, minimisé la propagation et fait en sorte que personne n'a été sérieusement blessé.
Quand même, cinq incendies, «pour nous autres, c'est beaucoup trop», clame M. Riel. Il raconte que plusieurs familles de ses collègues sont anxieuses.
«Nous, on pense que l'usine n'a pas été nettoyée à fond», dit-il quand on lui demande ce qui peut causer autant d'incidents. Des résidus de papier et de la poussière, des matières hautement inflammables, seraient présents dans la machinerie, qui fonctionne à plein régime, 24 heures sur 24.
M. Riel déplore aussi le manque de ressources sur le plancher. Auparavant, l'équipe de maintenance pour une machine était composée d'une douzaine de travailleurs. Aujourd'hui, ils sont sept ou huit pour faire le même travail, selon M. Riel, qui représente 110 employés sur les 270 que compte l'entreprise à Québec.
Annie Marmen, porte-parole des pompiers de Québec, soutient qu'après l'incendie du 5 janvier, une demande a été faite aux inspecteurs en prévention de la Ville de Québec pour voir si des améliorations ne pourraient pas être apportées en matière de sécurité dans cette entreprise. «Une visite a été faite et on a eu une bonne collaboration avec l'employeur», dit-elle.
Bien sûr, chaque fois que les pompiers se déplacent, la facture est assumée par la Ville de Québec. Le commissariat des incendies fait aussi une enquête chaque fois, sauf pour l'événement du 11 décembre, où il n'a pas été appelé sur les lieux.
La Commission de santé et de sécurité au travail (CSST) a quant à elle été informée d'un premier incendie en novembre dernier. Depuis, un inspecteur s'est rendu sur place et des mesures ont été prises pour corriger les problèmes. «L'employeur est déjà en mode solution», soutient Nicole Roy, porte-parole de la CSST. Mme Roy n'était toutefois pas au courant de tous les incendies qui s'étaient déclarés chez White Birch à Québec depuis six mois. «Normalement, l'employeur a la responsabilité de nous informer chaque fois qu'il y a un incident du genre. On va faire un suivi», promet-elle.
Usine vieillissante
Depuis la fermeture qui a duré huit mois, en 2012, aucun investissement majeur n'a été fait dans l'usine White Birch, qui contient son lot de bouilloires, de séchoirs et de cheminées. Lors de la réouverture, l'entreprise avait promis d'investir 47 millions $ pour moderniser ses équipements. Le gouvernement du Québec avait aussi signifier son intention de prêter 35 millions $. Mais depuis, l'employeur et les syndicats ont plutôt été impliqués dans une saga concernant les régimes de retraite, saga qui devrait connaître un dénouement bientôt.
La direction de l'usine White Birch de Québec ne nous a pas rappelés lundi.