Serge Fiori: le grand retour ***1/2

Voilà des retrouvailles sur disque qu'on n'attendait plus. Pour ses 62 ans, Serge Fiori s'offre mardi un nouvel album de compositions, près de 30 ans après le précédent.
Fiori a repris la plume pour développer des thèmes parfois sombres (la solitude, la mort, le manque de repères), pour servir quelques coups de gueule contre la droite ou les moyens de communication qui isolent plus qu'ils ne rapprochent, pour rire un peu du temps qui passe, du fait de vieillir. La première bonne nouvelle pour les fans du leader d'Harmonium, c'est qu'il n'a pratiquement rien perdu de sa voix, toujours aussi souple et racée. La deuxième, c'est qu'il s'est attaqué à ces nouvelles chansons avec un souci d'actualité dans le propos et dans le son, mais sans renier ses racines musicales. Les références au passé sont multiples et fort bien servies dans l'album qu'il coréalise avec Marc Pérusse : on se reconnaît dans les guitares agiles, dans l'échafaudage soigné de chansons qui peuvent nous amener d'un dénuement piano-voix ou guitare-voix vers des constructions plus complexes, plus aériennes.