Le nouveau cardinal en compagnie ici de l'un de ses prédécesseurs, l'archevêque émérite Maurice Couture, celui-là même qui a ordonné prêtre Gérald Cyprien Lacroix en 1988.

Sept questions au cardinal

De retour de Rome depuis quelques jours, où il a été officiellement nommé cardinal par le pape François, Mgr Gérald Cyprien Lacroix se dit fin prêt pour son nouveau défi. Voici l'essentiel d'un échange réalisé avec le nouveau cardinal à la veille de son départ de Québec pour Rome. Des questions sur l'homme, sa vision et son parcours.
Q Devenir cardinal représente quoi pour vous?
R C'est un appel à servir davantage et ouvrir le regard et le coeur pour servir plus grand encore qu'actuellement. Devenir cardinal est une invitation de la part du pape à l'aider lui dans son ministère à veiller à l'Église universelle. Je serai un des conseillers du pape et cela ouvre encore le regard plus loin.
Q Est-ce que vous aimeriez être pape un jour?
R Non [a-t-il dit avec le sourire]. Je n'ai pas les qualités pour cela. Moi, je suis une personne de terrain, je trouve que le diocèse de Québec est déjà grand et beau. Non, je n'ai pas d'aspirations.
Q Votre plus grand défi à ce jour?
R Le plus grand défi pour moi est double. D'abord, c'est que nous, à l'intérieur de l'église, les pasteurs, les évêques, les prêtres [...] continuent de marcher ensemble pour avoir une vision d'avenir pleine d'espérance. Devant les défis de taille qu'on voit, il y a de belles opportunités. Alors, c'est de rassembler toutes les personnes qui sont engagées dans l'Église d'une façon ou d'une autre afin qu'on marche ensemble et qu'on puisse vivre la mission qui est la nôtre. Le deuxième défi, c'est à travers ce que je vis, mes prises de parole, mes comportements, ma façon d'être, être un témoin de l'Évangile pour montrer que l'évangile de Jésus-Christ est une bonne nouvelle pour nous aujourd'hui. L'Évangile a encore beaucoup à dire au peuple québécois. C'est une mission vers les gens, de dialogue, de partage, de rencontres et d'écoute.
Q Votre plus grande réalisation?
R L'une des réalisations dont je suis le plus fier est d'être rendu à 56 ans et être encore passionné pour la parole de Dieu, l'Évangile, et passionné pour l'humanité. De demeurer un homme passionné malgré toutes les difficultés de la vie, de rester centré sur la mission.
Q Québec représente quoi pour vous?
R Québec, c'est ma terre natale. Je suis né dans ce diocèse-ci, dans la Beauce. Québec, c'est quatre siècles d'histoire. C'est une histoire extraordinaire d'un peuple qui a passé à travers toutes sortes de belles époques, de tempêtes, de tsunamis, de bombardements, de révolutions. C'est un peuple qui veut vivre. Je suis profondément amoureux du peuple québécois et du Québec.
Q Avez-vous déjà songé à une autre vocation?
R Oui, à l'adolescence toutes les options étaient possibles. J'aurais beaucoup aimé fonder une famille. J'ai pensé un jour devenir agriculteur. Dans ma famille, il y avait des agriculteurs et le travail de la terre m'inspirait beaucoup. Être pilote d'avion est aussi un métier qui m'aurait intéressé. Travailler dans la restauration aussi, avoir mon restaurant. J'ai travaillé dans la restauration durant cinq ans aux États-Unis, de 13 à 18 ans. J'ai beaucoup aimé mon expérience, car c'est un service au public et j'adore travailler avec les gens. J'ai travaillé dans le Queen City restaurant durant trois ans et ensuite durant deux ans dans une chaîne qui se nommait Fridley. J'ai commencé par laver la vaisselle et j'ai terminé comme gérant. Lorsque je suis revenu au Canada à l'âge de 19 ans, j'ai travaillé six ans comme graphiste dans une imprimerie. À 25 ans, j'ai demandé un congé sans solde pour aller travailler en Colombie avec un ami missionnaire qui était là depuis plusieurs années. C'est à travers cette expérience que j'ai ressenti un appel à donner ma vie comme prêtre. Par la suite, j'ai fait mes études et en 1988, j'ai été ordonné prêtre.
Q Quels sont vos loisirs?
R J'aime beaucoup la marche, la lecture, les nouvelles technologies, la natation et aussi j'ai joué un peu au hockey plus jeune. Je continue aussi à m'intéresser au graphisme.
L'entrevue a été réalisée avant le départ pour Rome de Mgr Gérald Cyprien Lacroix
Ce qu'ils en disent...
Steven Blaney
Député fédéral de Lévis-Bellechasse et ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile
«Je suis très heureux que Mgr Gérald Cyprien Lacroix, primat de l'Église canadienne, soit élevé au Collège des cardinaux. Lorsque je rencontre Mgr Lacroix, je suis toujours frappé par sa bonhomie. Il dégage une sérénité contagieuse qui réchauffe le coeur et nous ramène à l'essentiel, mais ne vous y méprenez pas, c'est un homme d'action et de convictions!»
Agnès Maltais
Députée de Taschereau et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale
«Gérald Cyprien Lacroix s'est profondément engagé dans son mouvement. Il est reconnu aujourd'hui comme étant un homme de qualité et de compétence. Avoir dans notre région des gens qui sont reconnus mondialement de la sorte, c'est toujours un honneur. Et oui, c'est un rayonnement pour la capitale. Et l'ayant côtoyé quelques fois, je suis sûre qu'il portera très bien l'image des gens de Québec.»
Régis Labeaume
Maire de Québec
«Qu'on soit de n'importe quelle croyance religieuse, c'est un honneur que l'archevêque de Québec, mon voisin d'en face, devienne cardinal. Et je vous rappelle qu'il est très jeune! C'est vraiment un gars extraordinaire, accessible, drôle. C'est un gars qui aime le monde, qui est près du monde. Le prototype du pasteur, ça doit être Gérald Cyprien Lacroix. Les gens l'aiment. C'est un bel individu. Moi, je l'aime beaucoup.»
Propos recueillis par Camille B. Vincent,
avec la collaboration de Valérie Gaudreau et d'Annie Mathieu