Le procureur représentant des familles de personnes décédées de la maladie, Me Jean-Pierre Ménard

Santé : les libéraux colmatent des nids-de-poule, selon Jean-Pierre Ménard

Avec ses engagements en santé, Philippe Couillard ne fait que colmater des nids-de-poule, selon l'avocat spécialisé dans les services de santé Jean-Pierre Ménard.
«Ça ne touche pas les problèmes de fond de notre système de santé. Malheureusement, on est habitué à ce style de gestion depuis une dizaine d'années, qui n'a pas répondu aux besoins des patients», a-t-il déploré, mardi, au Soleil. Depuis plusieurs années, Me Ménard a défendu des patients et des familles pour de mauvais services en santé. L'an dernier, à l'enquête du coroner, il a représenté les familles de personnes décédées lors de l'épidémie de légionellose à Québec en 2012.
L'avocat doute fortement que les remèdes proposés par le chef libéral et ex-ministre de la Santé - qui est appuyé par l'ex-ministre Yves Bolduc et l'ex-président de la Fédération des médecins spécialistes Gaétan Barrette - permettent d'améliorer les services aux patients.
«Les dénonciations pour dire que le système de santé fait naufrage depuis 18 mois, c'est oublier rapidement beaucoup de choses. Ce qu'on vit maintenant, c'est l'héritage Couillard-Bolduc. Pourquoi ces personnes qui n'ont pas réussi à répondre aux problèmes du système de santé depuis une dizaine d'années y répondraient plus maintenant?» a-t-il demandé.
Selon Me Ménard, la principale réalisation de M. Couillard du temps où il a été ministre de la Santé a été une réforme de structure par la fusion d'établissements. «Cette réforme n'a pas eu beaucoup d'impact sur les listes d'attente, le fonctionnement des salles d'urgence. Le seul impact que cela a eu a été de développer une grosse bureaucratie», a-t-il souligné.
L'avocat a également déploré que les hausses de rémunération de 9 % par année accordées aux médecins par le gouvernement libéral n'aient pas eu le résultat escompté. «Les médecins sont mieux payés, mais de façon paradoxale, produisent moins, donnent moins de services. Cette entente a eu un impact à peu près nul sur l'amélioration des services, tout en coûtant beaucoup plus cher, en imposant des contraintes très lourdes au reste du réseau», a-t-il avancé.
Me Ménard croit que l'on pourrait faire davantage dans la santé avec les mêmes budgets, mais avec une meilleure organisation. «Souvent, la main gauche ne sait pas ce que fait la main droite. Le ministère de la Santé n'agit qu'en pompier pour éteindre des feux au lieu de savoir si on en a pour notre argent», a-t-il dit.
À son avis, il y a encore beaucoup de gaspillage dans les hôpitaux et les CHSLD. Il croit que l'on pourrait faire d'importantes économies en réduisant les milliers d'accidents et incidents qui surviennent chaque année dans les établissements de santé ainsi que les infections qui prolongent les hospitalisations.
Sans vouloir faire de partisanerie, l'avocat ne lance pas la pierre au gouvernement péquiste, du moins pour le moment. «Le PQ n'a pas fait grand-chose en 18 mois à la santé. Le Dr Hébert n'a pas pris de grandes décisions. Le système de santé ne peut pas se revirer de bord en 18 mois. C'est un trop gros paquebot, mais il peut commencer à se revirer de bord», a-t-il dit.